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La sécurité alimentaire aggravée par des pertes des cultures et la hausse des prix

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Septembre 2012
La sécurité alimentaire aggravée par des pertes des cultures et la hausse des prix

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective à décembre 2012
  • Messages clé
    • La période sèche enregistrée à travers le pays en mai et juin pendant la phase critique du développement des cultures de printemps a provoqué des pertes de recolte estimées à plus de 40 pour cent. En outre, dans le nord-ouest et le sud-est particulièrement, où les pertes des cultures étaient des plus sévères, les déficits de production et de revenu saisonnier entrainent les pauvres à la Phase 2 de l’IPC ou Stress plus tôt que prévu.  

    • Le passage de l’ouragan Isaac a eu l’impact le plus sévère dans les départements du sud-est  et l’ouest, en aggravant un deficit global de production agricole de printemps. Suite à la tempête, les cultures pérennes d’automne comme les bananes, le café, les arbres fruitiers et les cultures semés en août  (maïs, haricots) ont essuyé des pertes supérieures à 60 pour cent.

    • Suite aux multiples chocs sur la disponibilité des denreés locales, la tendance haussière des prix des produits alimentaires importés, et l’appréciation du dollar americain, les ménages pauvres font face aux contraintes croissantes de pouvoir d’achat et un allongement probable de la période de soudure dans les departements de l’ouest et du sud-est entre autres.

    • La deuxième saison pluvieuse est en cours, mais les pluies sont mal distribuées dans les départements du nord, du nord-est et du nord-ouest, compromettant la réussite de la campagne agricole d’automne dans ces départements.


    Mise à jour de la perspective à décembre 2012

    Entre le 24 et le 25 août, le passage de l’ouragan Isaac a déversé plus de 100 mm de pluies sur presque tout le pays, ce qui représente près du quart de la pluviométrie annuelle reçue dans la péninsule du Nord-ouest.  Ces pluies ont endommagé considerablement les infrastructures agricoles dans le département du Sud-est, et ont causé une destruction importante aux plantations de bananes et abattu nombre d’espèces fruitières, comme par exemple, l’arbre véritable dont les fruits sont grandement consommés par les pauvres, et dont la cueillette constitue une source importante de revenu saisonnier pour les ménages des zones rurales.   La deuxième saison pluvieuse a commencé timidement avec des chutes modérées, particulièrement dans la péninsule du Sud, l’ouest et le Plateau Central.  Depuis le passage de l’ouragan où les pluies étaient abondantes, les précipitations ont diminué sur le pays, de légères à même nulles pour certaines régions comme le Nord, le Nord-est et le Nord-ouest. Ces pluies sont  critiques pour le succès de la campagne d’automne pendant laquelle sont produits les haricots, le pois congo, le maïs, le sorgho, la banane, et de nombreux fruits qui sont les denrées de base pour les pauvres et très pauvres entre octobre et décembre.  De plus, les revenus tirés de la main d’oeuvre saisonnière pour les récoltes d’automne sont critiques pour assurer un certain pouvoir d’achat qui permet aux ménagse pauvres et très pauvres de se nourrir pendant cette période. Vers la fin du mois de septembre, les précipitations sont plus ou moins normales dans la péninsule du sud, l’ouest et le Plateau Central. La poursuite d’une deuxième saison pluvieuse normale jusqu’à la fin de novembre est de la plus haute importance pour les ménages qui ont déjà perdu les récoltes du printemps, les opportunités d’emploi dans les champs et qui ont subi l'impact de l’ouragan Isaac.  Ces facteurs ont exacerbé les risques à l’insécurité alimentaire dans les zones définies comme prioritaires par le Groupe Technique de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle à cause de leur niveau élevé de vulnérabilité aux multiples chocs (Fig. 3).

    Production Agricole

    La production agricole a sérieusement souffert du passage de la tempête Isaac, particulièrement dans les départements du sud-est, l’ouest, une partie du nord-ouest et du Plateau Central. Outre les dommages sur les infrastructures, certaines espèces fruitières, le bétail et les bananeraies ont été les plus sévèrement touchées.  Les bananeraies de l’Archaie, l’une des plus grandes zones de production de bananes du pays, largement consommées par tous les groupes de richesse et principales cultures de rente  pour les producteurs, retrouvés parmi les differents groupes de richesse, sont dévastées par la tempête Isaac.  Selon les techniciens du projet WINNER, environ 60 pour cent des bananiers porteurs de régime et qui devaient être récoltés entre octobre et décembre sont abattus. La CNSA estime les pertes enregistrées dans l’ouest et le sud-est où se concentre la grande production de la banane à 100 000 TM, soit environ le quart de la production nationale annuelle.  Les bananiers qui se tiennent encore debout seront prêts pour des récoltes à partir de février.   Cette situation se traduira par une réduction sensible de la disponibilité  et un enchérissement des fruits de banane sur les grands marchés de Port-au-Prince jusqu ‘en février/mars.

    Dans le département du nord-est, l’amélioration de la disponibilité en eau des sols qui a suivi le passage de la tempête a permis le semis du riz et du maïs, surtout dans les zones de montagnes, mais une récolte normale est pour l’instant incertaine du fait que la pluie a cessé de tomber depuis fin août dans les zones de plaine.   Dans la plaine de Maribaroux, les activités de récolte du riz continuent, ce qui a généré un certain nombre d’emplois au profit des journaliers agricoles dont le coût varie entre 150 et 200 gourdes, comme à l’ordinaire. Parallèlement, dans les zones irriguées, les préparations de terrain vont bon train pour le semis du riz et des haricots.  Par contre, une faible pluviométrie dans les communes de Ferier, Caracol, Terrier Rouge a ralenti les activités agricoles démarrées à la faveur des précipitations générées par le passage de la tempête Isaac. 

    Comme conséquence de la sécheresse et du passage de la tempête Isaac, la disponiibilité des produits locaux tels que le maïs,  les haricots les bananes, et les fruits d’arbres veritable, les avocats, et les agrumes entre autres sera nettement en-dessous de la moyenne pendant toute la période de la perspective, particulièrement dans le Sud-est, le Nord-ouest, la Gonâve, le Nord-est pour ne citer que ces régions où le maïs, les haricots et les bananes particulièrement sont parmi les aliments de base.  La hausse des prix de ces produits ainsi que ceux importés, affectera les ménages pauvres en diminuant leur pouvoir d’achat jusqu’à probablement la fin de la perspective ou même au-delà.  Le riz à lui seul entre pour environ 22 pour cent dans la composition du panier de la ménagère.  Le riz, les haricots, le blé, le maïs, les bananes ont tous subi des augmentations inhabituelles pendant les mois d’août et de septembre. Cette tendance est observée tant sur les marchés de Port-au-Prince que sur ceux de province ( Jacmel, Cap haitien, et Hinche).

    Evolution des Prix des Produits alimentaires  

    Après un mois de relative stabilité des prix des produits de consommation de base sur les différents  marchés en juillet 2012,  une tendance haussière atypique est observée durant tout le mois d’août et de septembre. Vu la faible récolte du printemps, le passage de l’ouragan et le déficit hydrique qui affecte déjà les cultures de l’automne, cette tendance haussière pourra se poursuivre jusqu’à la fin de 2012.  Par exemple, sur le marché de la Croix-des-Bossales, un regime de banane se vend actuellement entre 400 et 450 gourdes contre 250 et 300 gourdes au mois de juillet (+ 63%-66% ), ce qui est inhabituel pour cette période de l’année.  Cet accroissement atypique des prix est la conséquence directe d’une rareté de bananes qu’a occasionné le passage de la tempête Isaac.  Sur le marché international, l’indice de la FAO des prix des céréales a maintenu durant le mois d’août le niveau du mois de juillet, car la  hausse des prix du blé et du riz est compensée par un recul du prix du maïs. Sur le plan local, le dollar américain s’apprécie de facon continue sur le marché des changes.  De mars 2012 à septembre, la gourde s’est dépréciée de 2.6%  par rapport au dollar. Cette dépréciation de la gourde est un élément qui a contribué  à une augmentation des prix des produits importés sur presque tous les marchés du  pays.   A  Croix-des-Bossales, la marmite de riz importé se vend actuellement à 125 gourdes, soit respectivement 8 et 10 pour cent plus cher qu’en juillet 2012 et  la moyenne des 5 dernières années. Cette tendance, plutôt atypique, est la même dans les villes de province au Cap-Haitien, ou par exemple, il est passé de 120 à 132 gourdes pour la même période. Le gouvernement annonce l’arrivée en don de près de 30.000 TM (equivalent a un mois d’importation) de riz qui seront injectées sur le marché national en vue de stabiliser les prix.                                             

    Le Département du Sud-est

    Dans le département du sud-est, les chocs qui se sont succédés ont chacun laissé leur empreinte sur le secteur agricole et sur la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables à ces anomalies. Alors que la sécheresse a provoqué des pertes dans la production du maïs et des haricots estimées à environ 40 pour cent, l’ouragan Isaac a détruit les bananeraies, endommagé les cultures des haricots et du maïs plantés en août, dévasté les fruitiers comme les arbres véritables et les agrumes et aussi le café. Ces cultures constituent la base de l’alimentation et du revenu des différents groupes de richesse entre juillet et decembre.  De plus, la perte de ces récoltes va diminuer les opportunités d’emploi pour les pauvres vivant des travaux agricoles. Si dans la grande majorité des cas, particulièrement dans la zone sèche d’agriculture et de pêche, les ménages s’adonnent entre septembre et octobre à la vente du charbon, du bétail et de la migration interne comme principales activités, en novembre et décembre, ils comptent sur les récoltes venant de la campagne d’automne du sorgho, du pois congo, du maïs, de  l’arachide et de la migration  externe comme sources de revenu et de nourriture. 

    Dans cette zone, on a constaté une hausse des prix des produits alimentaires de base amorcés au cours du mois d’août.  Par exemple, le riz importé et les haricots ont subi des hausses variant respectivement de 19 et de 28 pour cent entre juillet et septembre. Ce qui est nettement différent de la situation dans la Grand’Anse où les prix sont plus stables au cours de cette période, n’ayant été pas trop affecté par la sécheresse du printemps et de l’autome ni par la tempête Isaac.  Comme la dépendance du marché après ces anomalies va continuer d’augmenter, le pouvoir d’achat des ménages s’amoindrira. Pour satisfaire les besoins alimentaires d’ici décembre, les ménages pauvres pourraient adopter des strategies  se traduisant par une augmentation du nombre de candidats à la migration saisonnière, ou à la vente des actifs tels que le bétail et   la coupe du bois pour la fabrication du charbon. Les ménages pauvres seront en situation de stress jusqu’en décembre 2012 due aux pertes des récoltes du printemps et d’automne, l’impact des dégats du cyclone Isaac, de la baisse des opportunités d’emplois dans les champs et de la tendance haussière des prix des produits alimentaires de base.

    Le Nord-Ouest

    L’ouragan Isaac a frappé la pointe occidentale du Nord-ouest endommageant les bananeraies, les arbres fruitiers et le sorgho sur environ 900 ha de terre selon la CNSA.  Si la zone a reςu beaucoup de pluies lors du passage de l’ouragan en août, en septembre une carence hydrique affecte des cultures comme le pois congo et ce qui reste du sorgho semés au printemps ou en août.  De plus, les semis des haricots d’automne n’ont pas pu avoir lieu faute de pluies, conduisant à un manque à gagner pour les ménages en comparaison à une année normale.  Cependant, le Ministère de l’Agriculture entreprend des activités de cash for work qui engagent sur une base rotative 200 personnes en août et septembre dans les communes de Mole St Nicolas, Baie de Henne et Bombardoplis. Les ménages pauvres dependent presqu’exclusivement du marché pour se nourrir dans un contexte d’augmentation atypique, mais généralisée des prix des produits alimentaires de base.  Les  pauvres déjà classés en situation de stress y resteront jusquá la fin de decembre au moins.

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Carte de vulnérabilité multi-variable par commune

    Figure 2

    Carte de vulnérabilité multi-variable par commune

    Source: CNSA, Août 2012

    Evolution des prix de denrées de base, 2011-2012

    Figure 3

    Evolution des prix de denrées de base, 2011-2012

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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