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La répartition appropriée des pluies du printemps apporte de bonnes perspectives de récoltes

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Mai 2012
La répartition appropriée des pluies du printemps apporte de bonnes perspectives de récoltes

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  • Messages clé
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    • Les pluies saisonnières sont supérieures à la moyenne et bénéfiques aux cultures à travers le pays. Elles facilitent les opérations culturales qui créent des emplois en faveur de la main-d’œuvre agricole.  Les perspectives de récolte en juillet sont bonnes.

    • La période de soudure se poursuivra jusqu’à la fin du mois de juin dans la plupart des régions du pays, et on s’attend à une amélioration graduelle de la situation alimentaire au cours des prochaines semaines.  Les récoltes débuteront dès juin dans la péninsule du sud, l’ouest, le bas Artibonite, le Centre et le nord où les pluies ont démarré depuis mars.

    • Avec les récoltes, une plus grande disponibilité alimentaire pourra être observée un peu partout dans le pays.  Une chute des prix est plus que probable entre juillet et septembre, améliorant l’accès à l’alimentation à septembre.    La plupart des pauvres qui étaient en situation précaire pendant la période de soudure seront en insécurité alimentaire aiguë minime dès juillet.

    Mise à jour des projections de sécurité alimentaire

    L’agriculture haïtienne dépend à plus de 90 pour cent du régime pluvial.  L’eau étant le principal facteur limitant, une bonne saison pluvieuse, particulièrement la première saison qui s’étend généralement de mars à juin, se traduit par l’obtention de récoltes moyennes ou supérieures à la moyenne et par une amélioration de la sécurité alimentaire de la population.  Cette année, la première saison pluvieuse a commencé dans la plupart des régions agricoles dès le mois de mars, contrairement à 2011 où elle a débuté avec deux mois de retard.  Les régions les plus sèches comme la péninsule du Nord-ouest et le Nord-est ont reçu les premières chutes de pluies respectivement à la mi-avril et à la fin du mois de mars.   Depuis le début de la saison  jusqu’à la mi-mai, les précipitions sont bien réparties avec des surplus de 50 à 100 millimètres par rapport à la moyenne.  Dans certaines régions du Plateau central, elles tendent à etre excessives et gènent la conduite des opérations culturales. 

    Les travaux d’entretien des cultures se poursuivent dans presque toutes les régions agricoles du pays.  Dépendant du déclenchement de la saison des pluies et de la période de semis, les cultures sont à différentes phase de développement.  Dans le sud et le sud-est, la récolte des haricots et du maïs vert a déjà commencé.  La grande récolte du maïs, du haricot et du pois inconnu aura lieu entre juin et juillet.  Vu la bonne distribution des pluies, on espère des récoltes supérieures à la moyenne dans la plupart des zones.  On peut s’attendre à une amélioration graduelle de la situation alimentaire dans le pays à partir de juillet.  Des récoltes de haricots, de maïs verts, des fruits d’arbres véritables seront effectuées dès la mi-mai comme c’est souvent le cas dans une année normale dans de nombreuses localités de la péninsule du sud, de l’ouest, du bas Artibonite, du Centre et du nord où les pluies ont commencé depuis mars ou disposant de systèmes d’irrigation.  Par contre, d’autres régions du pays comme le bas nord-ouest, le haut Artibonite, certaines communes du Nord-est, du Plateau Central et de nombreuses poches à l’intérieur des communes qui ont souffert d’une longue sécheresse et qui ont perdu les récoltes de février/mars, continueront, jusqu’à la fin juin, période des prochaines récoltes, à être en état de stress (IPC Phase 2).  Ces régions pour la plupart d’entre elles ne bénéficieront pas de récoltes précoces en mai, susceptibles d’atténuer l’épuisement des réserves et assurer une disponibilité et un accès aux aliments. 

    La Vallée de l’Artibonite où se produisent les 80 pour cent du riz national entamera la grande campagne de l’année en juin.   Certains riziculteurs ont déjà commencé avec la préparation des sols et le semis en pépinière.  Les engrais ne sont pas encore disponibles en quantité adéquate sur le marché et les prix seront plus élevés par rapport aux années antérieures (environ 200 pour cent) suite à la réduction des subventions et à l’augmentation du cours des fertilisants sur le marché mondial.  De plus, le service de mécanisation offert en grande partie par l’Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite ne sera peut-être pas à point.  Presque tous les tracteurs de cet organisme sont défectueux et on ne pense pas qu’ils seront opérationnels avant la fin de la campagne, ce qui entrainerait des retards dans le repiquage en champs et une réduction de la surface plantée, résultant dans l’éventualité d’une baisse de la production du riz.

    Les prix des produits importés sont généralement stables sur la plupart des marchés départementaux, comme c’est souvent le cas en pareille époque.  On a même observé une baisse du prix du riz importé sur le marché de Hinche au cours du mois d’avril de 4 pour cent par rapport à mars 2012 et avril 2011, et où la moyenne des cinq dernières années indique de préférence une tendance à la hausse.  Une situation qui s’explique par la compétition grandissante entre importateurs sur les marchés locaux et aussi par la stabilité du prix du riz sur le marché mondial.  La baisse du prix du riz s’amorce sur tous les marchés au début du mois de mai et cette tendance pourra se maintenir avec l’arrivée des prochaines récoltes en juin/juillet dont particulièrement le maïs, les fruits d’arbres véritables, les bananes, les légumes-feuilles et les haricots.  La récolte des mangues en cours va atteindre son pic a la fin du mois de mai.

    Un facteur susceptible d’influencer la sécurité alimentaire dans le pays est la propagation du choléra.  D’après les autorités sanitaires plus de 500 000 personnes représentant environ 5 pour cent de la population ont été atteintes du choléra depuis le début de l’infection en octobre 2010.  Certaines régions du centre, de l’Artibonite, de l’ouest et du sud où les services d’eau potable et d’assainissement sont défectueux sont les plus vulnérables à la recrudescence de la maladie.  Dans un ménage où les apporteurs de ressources sont infectés, les autres membres ne pourront se nourrir que très difficilement pendant la période de convalescence.

    Apres trois mois de vide gouvernemental, un nouveau gouvernement vient d’être établi, ce qui favoriserait le vote d’un nouveau budget et des allocations de fonds au secteur agricole.  Des mesures pourraient être prises pour renforcer l’encadrement technique fourni aux riziculteurs de l’Artibonite soit en rendant fonctionnel les équipements motorisés ou en agissant de manière à rendre disponibles les intrants en quantité et qualité requises.  Ces mesures, si elles sont prises auront des effets positifs sur la production rizicole car plus de terres seront ensemencées et les rendements à l’unité de surface plus élevés.  Les travailleurs agricoles recrutés parmi les plus pauvres bénéficieront d’emplois rémunérateurs.  Si par contre rien n’est fait, il en résultera une réduction des terres plantées en riz, une baisse de la productivité et le maintien d’un nombre élevé de ménages dépendant des activités rizicoles en insécurité alimentaire, comme c’est souvent le cas quand le Gouvernement est très limité dans son appui saisonnier.  Bien avant l’installation de ce nouveau gouvernement, le Ministère de l’Agriculture avait distribué des semences dans le Nord-ouest.  

    Haut Artibonite (Anse-Rouge, Gros-Morne, Terre-Neuve, section Nord commune des Gonaïves)

    La saison pluvieuse a débuté dans cette zone à la mi-avril.  Contrairement à l’année 2011, le démarrage s’est effectué dans les délais habituels.  Les agriculteurs sont parvenus à emblaver leurs champs avec très peu d’assistance en semences du Gouvernement Haïtien et de ses partenaires.  Les cultures comme le maïs, les haricots, les tubercules et les légumes-feuilles sont au stade végétatif.  Il faudra attendre fin juin/ début juillet pour effectuer les récoltes qui s’annoncent prometteuses.  La récolte des mangues est aussi en cours.  Bien que la production de ces fruits soit en-dessous de la moyenne dans cette régionx cette année, les mangues, comme toujours, constituent une stratégie de survie utilisée par de nombreux ménages de la zone pendant presque tout le mois de mai.  Elles sont vendues sur les marchés de Port-de-Paix, Port-au-Prince et Gonaïves, et sont aussi exportées vers le marché nord-américain.  La filière mangue emploie de nombreuses personnes dans la cueillette, la manutention, le transport et la vente, comme cela a toujours été le cas en pareille période de l’année. 

    La perte des récoltes de sorgho et du pois congo en janvier/février suite à la sécheresse ont provoqué un déficit alimentaire qui n’a pas épargné les pauvres de cette région.  La saison des semis qui requiert de tous les agriculteurs des dépenses additionnelles pour l’emblavement de leurs champs exacerbe encore davantage ce déficit alimentaire.  Beaucoup de ménages affirment ne pas avoir suffisamment de fonds pour engager des travailleurs agricoles dans leurs champs et entreprennent eux-mêmes les travaux.  Des retards dans les opérations culturales pourraient en découler entrainant une baisse de la production.  Les prix des aliments sont très élevés, et certains produits tels les haricots et le maïs ont subi des hausses dépassant une année moyenne suite à la demande des grains utilisés comme semences.  Le prix du maïs grain a presque doublé.  De plus, toute la zone continuera à être vulnérable aux inondations et à l’épidémie du choléra au cours de la saison pluvieuse dont le premier pic correspond au mois de mai et le deuxième au mois de septembre.   Cependant, la sécurité alimentaire des ménages s’améliorera avec des récoltes qui s’échelonneront de juillet  à septembre.  La situation de stress à laquelle font face maintenant de nombreux ménages s’atténuera au fur et à mesure pour passer à partir de juillet à une insécurité alimentaire aiguë minime.

    La pointe occidentale du Nord-ouest

    Frappée par une longue sécheresse qui a conduit à la perte des récoltes de février, la pointe occidentale du Nord-ouest reçoit depuis plus d’un mois des pluies bien distribuées qui favorisent le développement des cultures.  Les pauvres qui dépendent de la vente de la main-d’œuvre pour se nourrir, ont vu s’offrir à eux pendant ces dernières semaines des opportunités d’emploi.  Leur revenu potentiel journalier est maintenant de 200 gourdes, un peu plus élev’e que la moyenne des cinq dernières années.  Ces pluies favorisent également le développement de l’élevage.  Le fourrage et l’eau pour l’abreuvage des animaux deviennent disponible.  Ces derniers dont l’état physique s’était détérioré au cours des derniers mois, suite à la sécheresse, continueront à récupérer augmentant ainsi leur valeur marchande.  Cependant, les prix des produits alimentaires sont toujours élevés particulièrement les produits locaux tels que les haricots et le maïs dont la demande par les agriculteurs pour des semences a augmenté.  Le Ministère de l'Agriculture a mis à la disposition des agriculteurs 35 tonnes métriques de semences de maïs, 25 tonnes métriques de haricots et 15 000 boutures de manioc

    La Zone métropolitaine de Port-au-Prince

    A l’instar de nombreuses régions du pays, la zone métropolitaine qui fait  face à des problèmes sérieux d’assainissement, est aussi menacée par retour du choléra.  En outre, l’organisation de manifestations violentes comme celles auxquelles on a eu à faire face au début du mois sont de nature à affecter les pauvres qui ne peuvent ne pas vaquer à leurs occupations.  Ces derniers dépendent de leur revenu journalier pour se nourrir.  Toute journée de travail perdue par un apporteur d’un ménage pauvre est une menace a sa sécurité alimentaire.  Ces journées de turbulence ont aussi pour impact une augmentation des prix des produits alimentaires, car elles provoquent le dysfonctionnement des marchés.  Outre ces menaces, les prix des produits alimentaires ont marqué une légère tendance à la hausse comme c’est souvent le cas en cette période de l’année, mais ils sont plus élevés qu’en 2011.  Par exemple, les produits de base comme le riz importé, le maïs et les haricots ont subi des augmentations de 6, 15 et 8 pour cent respectivement par rapport au mois d’avril 2011 et par rapport à la moyeenne des cinq dernières années.  Les revenus potentiels demeurent à peu près les mêmes, soit environ 400 gourdes par jour de travail pour un ménage pauvre de 6 dont 2 sont actifs.   La situation alimentaire de ces derniers ne va pas changer avant les prochaines récoltes, qui conduiront à une baisse des prix des produits de base. La plupart des ménages pauvres seront alors en insécurité alimentaire aiguë minime. 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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