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Une amélioration temporaire de la crise sociopolitique alors que les récoltes d’automne sont peu performantes

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Décembre 2019
Une amélioration temporaire de la crise sociopolitique alors que les récoltes d’automne sont peu performantes

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  • Messages clé
  • SITUATION ACTUELLE
  • SUPPOSITIONS MISES À JOUR
  • PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À MAI 2020
  • Messages clé
    • Malgré une amélioration de la situation sociopolitique et un regain des activités économiques, les ménages pauvres continueront de recourir à des stratégies de crise et de stress pour maintenir leur consommation alimentaire. Conséquemment, une insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) et en Stress (Phase 2 de l’IPC) se maintient, avec un nombre important de ménages en Crise.

    • Avec la reprise des activités économiques, perturbées depuis deux mois, un approvisionnement régulier des marchés est observé, sauf Croix-des-Bossales et Gonaïves. Toutefois, la situation reste imprévisible et risque de se détériorer, les causes profondes de la crise actuelle n’ayant pas été adressées. Le prix des produits alimentaires demeure significativement au-dessus de la moyenne.

    • L'indice de végétation par différence normalisée (NDVI) atteste un niveau d'humidité suffisant des sols, profitable aux pois Congo, maraîchères, racines et tubercules et aux bananerais. Les récoltes d’automne (maïs et haricot) sont en cours, améliorant sensiblement la disponibilité alimentaire des ménages.

    • La migration, la vente de charbon, entre autres, constitueront des sources de revenus des pauvres et très pauvres jusqu’au démarrage de la campagne de printemps, la campagne d'hiver n'étant pas importante en termes d’offre de main-d'œuvre.


    SITUATION ACTUELLE

    Le contexte sociopolitique. Depuis la mi-novembre, la situation sociopolitique tend à redevenir normale dans la plupart des régions. Les activités ont repris, notamment le transport, les écoles et le commerce. Toutefois, l’évolution de la situation reste imprévisible et pourrait se détériorer rapidement en janvier puisque les causes de fond de la crise demeurent sans réponse. Ainsi, l’approvisionnement des marchés reste fragile car la sécurité du transport des marchandises n’est pas garantie. En effet, la situation sécuritaire sur certaines routes (entre Arcahaie et Cap-Haïtien ainsi qu’entre Gressier et Miragoâne notamment) est très volatile. Il existe sur ces axes la présence d'individus armés imposant des droits de passage exorbitants aux chauffeurs transportant des marchandises, et aux véhicules publics ou privés transportant des passagers.

    Les conditions météorologiques. Entre le début d’octobre et la fin de novembre, le pays a fait face à des déficits pluviométriques de modérés à importants. Toutefois, des précipitations supérieures ou égales à la normale ont été enregistrées dans la Grand’Anse, le Nord-Ouest et le Sud, les Nippes au cours de cette période. Malgré le déficit observé, le NDVI indique un niveau de végétation proche de la normale dans l'ensemble des régions, en raison de l'humidité des sols. Par ailleurs, début décembre, des précipitations importantes ont été observées notamment dans le Nord, le Nord-est, le Nord-Ouest et les Nippes.

    La situation agricole. Les récoltes d’automne de maïs et haricot présentent des résultats en dessous de la normale, en raison notamment de la distribution temporelle irrégulière des pluies. Elles ont été plus proches de la moyenne dans certaines zones comme le Sud, la Grand’Anse, le Nord-Ouest, les Nippes. Le pois Congo, les racines et tubercules et les produits maraîchers sont récoltés, notamment dans le Haut Artibonite, le Sud, les Nippes, l'Ouest, le Nord-est et le Centre. On retrouve aussi du maïs, du haricot, du sorgho et de l'arachide mais en quantité moins importante. En outre, les récoltes de riz sont en cours dans le Nord-Est (Ferrier et Ouanaminthe), le Sud et l'Artibonite. Parallèlement, des activités de repiquage sont en cours dans ces régions.

    Les préparatifs sont en cours pour la campagne d’hiver, notamment dans une partie de la presqu'île du Sud, la région rizicole du Nord-Est, l’Artibonite et la plaine de l’Arcahaie. Toutefois, les surfaces emblavées devraient être inférieures à la normale, en raison des pertes enregistrées au cours des campagnes précédentes et du faible moyen économique dont disposent les agriculteurs.

    Disponibilité alimentaire. La disponibilité alimentaire des ménages est composée des récoltes récentes d’automne de maïs et de haricot. Additionnellement, ils disposent de bananes, pois Congo, racines et tubercules et de produits maraichers.

    Marchés et prix des produits alimentaires. Tous les marchés, hormis ceux de la Croix-des-Bossales et des Gonaïves, sont très bien approvisionnés et achalandés depuis environ trois semaines. Les produits importés sont prédominants, mais les produits locaux comme les racines, les tubercules, la banane, et surtout le pois Congo et les produits maraîchers, y sont très remarqués. Malgré la relative stabilité du taux de change depuis le mois de juin, les prix des différents produits alimentaires, en particulier le maïs en grain, le haricot et le riz importé, ont maintenu leur tendance à la hausse, hormis dans certaines régions comme Jérémie, Hinche et Jacmel. Les prix de ces produits demeurent cependant au-dessus de ceux de l'année dernière et de la moyenne de cinq ans.

    Main-d’œuvre agricole et autres sources de revenus. Malgré les préparatifs dans le contexte de la campagne d'hiver et de semis ou de repiquage du riz, la demande de main-d’œuvre est plus faible que d’habitude. En effet, en raison du ralentissement considérable des activités économiques, les agriculteurs ont des moyens réduits pour entamer cette campagne et embaucher des travailleurs. Par ailleurs, la migration et l’intensification de la vente de charbon vont constituer des sources de revenus importantes pour les ménages pauvres et très pauvres, ceci jusqu’aux prochaines activités agricoles (notamment la campagne de printemps 2020). Cette situation s’observera notamment dans le Haut Plateau, le Nord-est, le Nord, les Nippes, le Sud-est.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire. Les moyens d'existence demeurent fragiles, en raison de l’augmentation des prix des produits de base et de la faible performance de la campagne d’automne. Le pouvoir d’achat continue à diminuer et certains ménages ont toujours recours à des stratégies d’adaptation négatives (consommation des stocks de semence qui devaient être gardés pour la campagne d’hiver ou autre), afin de se procurer de la nourriture, tandis que d’autres ont des difficultés à engager des dépenses non alimentaires. Une insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) et en Stress (Phase 2 de l’IPC) se maintiennent dans tout le pays, avec un nombre important de ménages en Crise.


    SUPPOSITIONS MISES À JOUR

    Le développement de la situation actuelle reflétant en majeure partie les suppositions émises dans les perspectives d’octobre 2019 à mai 2020, les mêmes hypothèses peuvent être maintenues. Malgré la reprise récente des activités économiques et d’un retour apparent au calme, il n’y a pas d’éléments qui permettent de conclure sur une stabilisation à long terme de la situation et l’hypothèse selon laquelle les troubles sociopolitiques perdureront jusqu’à mai 2020 est maintenue.


    PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À MAI 2020

    Les récoltes de la campagne d’automne permettent d’améliorer temporairement la disponibilité alimentaire pour certains ménages, mais ceci de façon limitée. Les régions qui font l’objet d’une vulnérabilité importante à l’insécurité alimentaire du fait de facteurs chroniques (taux de pauvreté plus importants, accès difficile aux marchés), ou qui n’ont pas bénéficié de précipitations suffisantes et qui ont essuyé des pertes de récoltes ont une disponibilité alimentaire plus faible, Par ailleurs, de nombreux ménages subissent toujours les effets des perturbations sociopolitiques, même si la situation tend vers une amélioration depuis quelques semaines. De nombreuses zones devraient se maintenir donc en Stress (Phase 2 de l’IPC) et Crise (phase 3 de l’IPC) jusqu’en janvier 2020.

    La deuxième période du scénario coïncide avec le pic des récoltes d'hiver, qui ne sont pas importantes en termes de volume et qui sont dominées par le haricot en plaines irriguées et montagnes humides ainsi que par le pois Congo, puis de quelques racines et tubercules, de la banane et par le lancement de la campagne de printemps 2020. Une fois les stocks des récoltes d’hiver et d’automne épuisés, les ménages devront donc s’approvisionner au marché. Les sources de revenus non agricoles pourraient être perturbées par les troubles sociopolitiques. Ceci ajouté au niveau élevé des prix des produits de base pourrait diminuer le pouvoir d’achat des ménages. Ainsi, les ménages les plus pauvres devraient encore avoir recours à des stratégies de crise comme l'intensification de la vente de charbon, la consommation des aliments de faible qualité ou la réduction du nombre de repas journalier. Ceci contribuerait à amplifier l'érosion des moyens d'existence. Dans ce contexte, le nombre de zones en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaire pourrait augmenter.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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