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La sécheresse, l’inflation et l’insécurité augmentent les populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) au Nord-Ouest

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Avril 2023
La sécheresse, l’inflation et l’insécurité augmentent les populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) au Nord-Ouest

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mises à jour
  • Perspectives estimée jusqu'en septembre 2023
  • Messages clé
    • Les impacts de l’insécurité routière sur l’économie, de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages et de la sécheresse atypique prolongée sur la production agricole et l’élevage continuent de limiter considérablement les moyens d’existence des ménages pauvres, accentuant le nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC). Une augmentation de cas de mendicité, vol, et vente de bois est observée. Une augmentation de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC), notamment dans les première et deuxième sections de Bombardopolis au Nord-Ouest, est anticipée au cours de cette période de soudure entre avril et juin.

    • Les pluies inférieures à la moyenne entre mars et avril continuent d’avoir un impact négatif sur la campagne agricole de printemps et sur l’état physique des animaux, en particulier dans le Nord-Ouest. Depuis février, l’indice de végétation normalisé s’écarte progressivement de la normale, avec un écart plus important dans le Nord-Ouest. Les agriculteurs attendent un minimum d’humidité dans le sol pour semer leurs terres, mais ils ne peuvent toujours pas le faire, malgré la préparation des terres depuis la fin de février et de mars. Cela se produit dans un contexte où la surface agricole utile a considérablement diminué par rapport à la moyenne quinquennale. Cette situation s’est légèrement améliorée dans le grand Sud où quelques pluies pendant la mi-avril ont déclenché l’ensemencement des terres.

    • La rareté du carburant, la dépréciation de la gourde et les taxes illégales imposées par les gangs continuent d’augmenter les prix alimentaires et de réduire l'accès à la nourriture des ménages pauvres et très pauvres qui dépendent surtout des marchés. Les prix des denrées alimentaires de base ont plus que doublé en avril par rapport à la moyenne quinquennale. Parallèlement, la gourde a perdu plus de 31 pour cent de sa valeur par rapport au dollar américain, entre avril 2022 et avril 2023, atteignant plus de 154 HTG/USD au 19 avril 2023.

    • La situation sécuritaire demeure volatile, en particulier à Port-au-Prince, et dans les départements du Nord-Ouest et de l'Artibonite. Les gangs continuent d’étendre leur territoire, principalement dans la Capitale, par la violence et l’enlèvement de civils, ce qui perturbe périodiquement le fonctionnement des marchés et la capacité des ménages à s’engager dans des activités génératrices de revenus. En conséquence, le flux commercial entre les marchés ruraux et ceux de la Capitale a considérablement diminué, entrainant une baisse de la disponibilité des produits sur les marchés.


    Situation actuelle

    Situation sociopolitique : La situation sociopolitique continue de se détériorer avec la hausse du nombre d'incidents et de décès perpétrés par les gangs. Selon le Centre d’Analyse et de Recherche des Droits de l’Homme (CARDH), 389 cas d’enlèvements ont été recensés pour le premier trimestre de 2023, soit une augmentation d’un peu plus de 173 pour cent par rapport à 2021 et de 72 pour cent par rapport à 2022. Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Port-au-Prince et Pétion-Ville restent encore les communes les plus touchées par ce phénomène, qui perturbe les activités génératrices de revenus et les flux commerciaux sur les grands marchés ruraux et urbains.       

    La rareté de carburants : La montée de l’insécurité dans l’environnement du principal terminal de stockage du carburant à Varreux, Cité Soleil, a entraîné la diminution du nombre des camions citernes qui assurent la distribution de produits pétroliers au niveau de la Capitale et surtout dans les villes de province, conduisant à un approvisionnement irrégulier du carburant et augmentant ainsi le prix du carburant. Ainsi, la vente illégale de carburant à des prix supérieurs à ceux fixés par le gouvernement se poursuit. Présentement, le gallon de carburant se vend à plus de 1500 gourdes sur le marché informel à Port-au-Prince et ses environs. Une situation qui exaspère au niveau des autres départements où ce produit est totalement absent ou le gallon de gazoline s’y vend entre 2500 et 5000 gourdes.

    Dépréciation de la gourde : La dépréciation de la gourde se poursuit. Au 19 avril, le taux de change de la gourde par rapport au dollar américain atteint plus de 154 gourdes pour un dollar, ce qui représente une dépréciation en glissement annuel de plus de 30 pour cent.

    Les marchés et les prix : L’insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans d'autres zones telles que l'Artibonite, le Nord-Ouest (Bassin Bleu et Gros Morne) ainsi que la rareté du carburant entraînent une augmentation atypique du coût du transport par rapport à la normale. Par conséquent, les prix des produits alimentaires restent supérieurs à ceux de l’année précédente et à la moyenne quinquennale, ceci de manière atypique. Cette situation, combinée avec la dépréciation de la gourde, amplifie l’inflation alimentaire.

    De plus, le prix du charbon de bois a considérablement diminué par rapport à la moyenne quinquennale. Des informateurs clés à Bombardopolis ont signalé une baisse de plus de 40 pour cent du prix d'un sac de charbon de bois, passant de 700 HTG à 400 HTG entre mars 2022 et mars 2023.

    Conditions pluviométriques et évolution de la campagne agricole : Les faibles précipitations ont un impact majeur sur la campagne agricole de printemps, en particulier dans la région du Nord-Ouest, où les conditions de sécheresse sont les plus sévères (Figure 1). Les agriculteurs ont préparé leurs terres depuis février et mars, mais ils ne peuvent pas les semer, le niveau d'humidité des sols étant insuffisant.

    Selon des informateurs clés, la surface agricole utile (SAU) a été considérablement réduite par rapport à la moyenne quinquennale. Cependant, il y a eu une légère amélioration dans le grand Sud, où des pluies, bien qu’en dessous de la moyenne, ont déclenché l'ensemencement des terres pendant la mi-avril. Une situation similaire tend à se développer dans l’Artibonite, à la suite des pluies enregistrées au cours du weekend et au début de la deuxième décade d’avril. Les agriculteurs ont commencé à planter, bien que la pluviométrie soit encore en dessous de la normale. Dans l'ensemble, la situation agro-climatique reste préoccupante.

    Figure 1

    Indice de différence normalisée de végétation (NDVI), anomalie du 6 au 15 avril 2023, comparée à la moyenne
    HT map

    Source: FEWS NET

    Sources de revenus : Toutes les sources de revenus des ménages très pauvres, que ce soit en zone rurale ou urbaine, sont inférieures à la moyenne en raison de la baisse générale de l'activité économique, résultant de la crise sécuritaire actuelle et aussi de la sécheresse qui paralyse les activités agricoles. Cela affecte la capacité des employeurs les mieux lotis à embaucher des travailleurs. En milieu rural, particulièrement dans le Bas Nord-Ouest, la production de charbon de bois est principalement effectuée par les personnes aisées, qui emploient les pauvres et les très pauvres comme main-d'œuvre. Cependant, le risque élevé d'insécurité routière ainsi que les coûts élevés de transport causés par la rareté du carburant et le fait que les camions transportant du charbon de bois doivent prendre des itinéraires plus longs en raison de l'insécurité, ont limité la demande de charbon de bois.

    Cela a entraîné une diminution des revenus générés par la production de charbon de bois et donc limité la capacité des personnes aisées à embaucher les pauvres et les très pauvres. Le revenu provenant de la pêche est en dessous de la moyenne. Malgré l’intensification des efforts de pêche, les prises de pêche ont baissé en raison de la gestion et l’exploitation irrationnelle de la ressource côtière entrainant la destruction des habitats de pêche. De plus, en raison de l'insécurité, les pêcheurs grossistes et les agences de pêche ont du mal à vendre leurs produits sur le marché des Gonaïves, qui est important pour le Bas Nord-Ouest, notamment Baie-de-Henne et Bombardopolis. Ils sont obligés de les vendre sur d’autres marchés locaux à des prix plus bas. Par conséquent, ils répercutent ce manque à gagner dans les prix offerts aux pêcheurs, qui sont obligés de vendre car ils n’ont pas de moyen de conservation des prises qui sont déjà très périssables.

    Malnutrition : Les statistiques nationales sur la malnutrition ne sont pas encore disponibles, bien qu'une enquête nutritionnelle SMART soit en cours. Toutefois, une augmentation des cas de malnutrition par rapport à l'année dernière a été signalée dans le Bas Nord-Ouest et particulièrement à Bombardopolis. Les ménages très pauvres présentent des signes visibles de malnutrition liée à une alimentation inadéquate. Cette situation a été confirmée par les centres de santé des municipalités. De plus, les autorités locales et d'autres membres participant au groupe de discussions ont déclaré que plusieurs cas de décès liés à la famine ont été enregistrés.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire : Le niveau élevé des prix, le faible niveau de revenu et la sécheresse continuent d’impacter négativement le pouvoir d’achat des ménages et donc leur condition de sécurité alimentaire. Les moyens d'existence demeurent fragiles dans la plupart des zones et très perturbés dans le Nord-ouest HT01 et Cité soleil au niveau de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. La majorité des zones du pays est en crise et adoptent des stratégies de Crises telles que l’intensification de la vente de charbon et d’animaux, la consommation des semences et d’aliments à faible valeur nutritive, afin de se procurer de la nourriture. Dans des zones irriguées et semi-humides, moins affectées par les chocs climatiques, les ménages ont recours à des stratégies de Stress (Phase 2 de l’IPC) telles que la réduction des dépenses non-essentielles, l’intensification des achats de nourriture à crédit, la consommation de nourriture non préférée, la réduction de la consommation des adultes au profit des enfants, pour maintenir leur consommation courante.


    Suppositions mises à jour

    Les hypothèses du rapport sur les perspectives de la sécurité alimentaire de février à septembre 2023 se maintiennent, à l'exception de celles mises à jour ci-dessous :

    Les prévisions de l’USGS suggèrent une température supérieure à la moyenne et une pluviométrie encore en dessous de la moyenne pendant la campagne de printemps, en raison de la présence du phénomène « El Niño ».

    Les conditions macroéconomiques resteront volatiles, caractérisées par la persistance d'une inflation élevée et la poursuite de la dépréciation de la monnaie haïtienne. L'insécurité et la violence des gangs vont probablement se poursuivre, car les gangs étendent leur contrôle sur l'ensemble du pays. La violence contre les civils, y compris les enlèvements, entraînera une augmentation des déplacements, en particulier à Port-au-Prince.


    Perspectives estimée jusqu'en septembre 2023

    L’inflation, le niveau élevé du coût du transport dû à la rareté de carburant et à l’insécurité, impactera négativement la sécurité alimentaire en Haïti pendant toute la période de perspective, par son impact sur les prix locaux et donc sur l’accès alimentaire. L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) restera répandue dans le pays jusqu’en septembre. Pendant la soudure agricole entre avril et mai, où les ménages sont fortement dépendants sur le marché comme source de nourriture, une augmentation de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) est anticipée à travers le pays. De plus, dans les zones les plus affectées par les crises multiples telles que la sècheresse, l’insécurité, et les pauvres conditions macroéconomiques, une augmentation de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) est anticipée, notamment dans le Nord-Ouest. Bien qu’il y aurait une légère amélioration en juillet avec les récoltes de printemps, caractérisée notamment par une baisse générale de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC), les récoltes anticipées en dessous de la moyenne ne vont pas mitiger les déficits de consommation pour les ménages pauvres pour plus d’un mois. Ainsi, la Crise (Phase 3 de l’IPC) restera répandue dans le pays. La zone la plus préoccupante reste la commune de Cité de Soleil, la plus touchée par la violence des gangs et où une situation d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) est toujours attendue.

    Citation recommandée : FEWS NET. Haiti Mise à jour des Perspectives sur la Sécurité Alimentaire, avril 2023 : la sécheresse, l'inflation et l'insécurité augmentent les populations en Urgence (Phase 4 de l'IPC) au Nord-Ouest, 2023.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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