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Les prix élevés des produits alimentaires de base et la crise sociopolitique continuent d’impacter négativement la sécurité alimentaire

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Avril 2022
Les prix élevés des produits alimentaires de base et la crise sociopolitique continuent d’impacter négativement la sécurité alimentaire

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  • Messages clé
  • SITUATION ACTUELLE
  • SUPPOSITIONS MIS À JOUR
  • PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • Entre février et mars, des précipitations de l’ordre de 7 pour cent au-dessus de la moyenne ont été globalement enregistrées au niveau national. Ces conditions ont favorisé les plantations et le développement des cultures de printemps, comme en témoigne l’indice de végétation au-dessus de la moyenne pendant la même période. Malgré ces conditions favorables, le coût élevé des intrants (engrais, semences, pesticides) et de main-d’œuvre a obligé les agriculteurs à limiter leur superficie emblavée avec ses conséquences négatives directes sur la production agricole de la saison.

    • La situation politique et sécuritaire continue de se détériorer. De plus, les zones contrôlées par des gangs s’étendent dans les régions du Centre, Sud, et Sud-est. Principale victime de cette insécurité, la population civile est obligée de ralentir leur activité économique en vue de limiter leur exposition au risque d’enlèvement. La migration interrégionale, et internationale constitue aussi une autre forme de stratégie de la population pour faire face à l’insécurité dans le pays.

    • D’avril 2021 à avril 2022, la monnaie nationale a perdu plus de 20 pour cent de sa valeur par rapport au dollar américain. Sur le marché informel, la gourde est encore plus dévalorisée. Une différence allant jusqu’à 16 pour cent peut être observée entre le taux officiel et le taux du marché informel, auquel les prix des produits importés sont plus fortement corrélés. Ainsi, ils maintiennent leur tendance élevée, comparée à la moyenne quinquennale.

    • La hausse de prix des produits alimentaires de base et la manque d’opportunité d’emplois détériorent le pouvoir d’achat des pauvres, très dépendants du marché pour leur consommation alimentaire. Leurs moyens d’existence étant perturbés, ils continueront à adopter des stratégies de crise ou de stress pour maintenir leur niveau actuel de leur consommation alimentaire. L’insécurité alimentaire persiste, notamment dans les quartiers pauvres de Port-au-Prince, les zones subissant l’impact du séisme, ayant reçu peu d’assistance, et dans les zones sèches privées de système d’irrigation qui sont plus vulnérables aux irrégularités pluviométriques et aux chocs de prix. Ces zones seront en Crise (Phase 3 de l’IPC) ; les autres resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC).


    SITUATION ACTUELLE

    Hausse de prix du pétrole. Depuis le conflit opposant la Russie à l’Ukraine depuis fin février, le prix du pétrole sur le marché international a montré une importante volatilité, alimentée surtout par les réactions des principaux acteurs (La Russie, l’Union Européenne, les États-Unis, entre autres) face à la crise Ukrainienne. Le dernier ajustement de prix des produits pétroliers remonte au 10 décembre 2021. Au moment de cet ajustement, le prix sur le marché international était de l’ordre de 70 dollars le baril.

    Le gouvernement haïtien a annoncé un ajustement progressif du prix. Toutefois, malgré une augmentation du prix de plus de 30 pour cent sur le marché international, amplifiant la facture pétrolière d’Haïti, le gouvernement ne s’évertue pas encore à ajuster une nouvelle fois le prix dans les stations d’essence, le contexte pour la mise en œuvre de cette décision n’étant pas favorable. Le prix du transport reste déjà très élevé. Néanmoins, la rareté artificielle observée ces derniers jours dans les stations d’essence provoque la panique au sein des automobilistes qui s’empressent de s’en approvisionner, ce qui induit un accroissement du prix sur le marché parallèle. En effet, le prix d’un gallon de gazoline sur le marché parallèle est de 500 gourdes, alors qu’il a été fixé par l’Etat haïtien à 250 gourdes depuis le 10 décembre 2021.

    Dépréciation de la gourde. Du 12 avril 2021 au 12 avril 2022, le taux de change de la gourde par rapport au dollar est passé de 81 HTG à 106 HTG, soit une perte de valeur de plus de 23 pour cent par rapport au dollar. Cette dépréciation du taux de change a maintenau l’inflation à son niveau très élevé de 25 pour cent en mars, 2022 contre 17 pour cent en mars 2021.

    Situation sociopolitique. L'instabilité sociopolitique continue de perturber les activités de subsistance, en particulier dans les centres urbains, ceci même dans d’autres zones du pays comme le Centre, et l’Ouest, entre autres. Souvent victime de ce climat d’insécurité, la population dans ces zones se voit obligée de ralentir leur activité économique en vue de limiter leur exposition aux enlèvements contre rançon. La migration (intercommunale, interdépartementale et même internationale) constitue aussi une autre forme de stratégie de la population pour faire face à l’insécurité dans le pays.

    Conditions pluviométrique et évolution de la campagne agricole. Les conditions de végétation sur le terrain continuent de s’améliorer à la faveur des précipitations moyennes, voire au-dessus de la moyenne, dans la plupart des endroits du pays, cela depuis le mois de février (Figure 1). Ces conditions ont favorisé les opérations de semis et le développement normal des cultures de printemps, bien que les activités agricoles de cette campagne aient été déjà limitées par le manque d’accès aux intrants (semences, engrais, pesticides) et à la main-d’œuvre par les agriculteurs, lequel manque limite la superficie emblavée. De la troisième décade de mars à la deuxième décade d’avril, le prix de l’engrais complet a enregistré une hausse de l’ordre de 6 pour cent, pour s’établir autour de 6900 gourdes par sac de 50 Kg.

    Sources de revenus. Bien que la demande de main-d’œuvre ait connu une augmentation saisonnière avec les activités de préparation de la campagne de printemps, le revenu provenant de cette source se trouve entre moyenne et  en dessous de la moyenne en raison de la faible capacité d’embauche des agriculteurs, causée, entre autres facteurs, par les impacts résiduels des chocs climatiques, sociopolitiques, et économiques, lesquels reduisent leur capacité d’investir dans l’agriculture. Le revenu de la migration en République Dominicaine reste en dessous de la moyenne à cause de la poursuite de la déportation des Haïtiens en République Dominicaine et de l’accès de plus en plus difficile au visa dominicain (augmentation du prix et du temps de traitement des demandes de visas).

    Disponibilité alimentaire sur les marchés et prix.  Les marchés ont fonctionné normalement, mise à part quelque distorsions liées aux activités des gangs dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier Croix- des-Bossales et Croix-des-Bouquets. Parallèlement, les prix de la quasi-totalité des produits alimentaires suivis ont montré des fluctuations à la hausse, en particulier celui du maïs en grain local, qui maintient sa tendance haussière, et de la farine de blé. Bien qu’ils s’affichent à la hausse, les prix du haricot local, du riz importé et de l’huile de cuisine, montrent une relative stabilité, ayant fait montre de fluctuations positives autour de quatre pour cent (4 pour cent). Cela dénote que, indirectement, l’impact du conflit russo-ukrainien commence à se faire sentir sur les différents marchés haïtiens, en particulier ceux du carburant, des céréales et d’autres produits non alimentaires. Tous les prix restent toujours au-dessus de leur niveau de mars 2021 et, de manière très atypique, de leur moyenne de cinq ans.

    Par ailleurs, la disponibilité des produits locaux (racines, tubercules, banane) déjà très faible par rapport à la consommation nationale, est en-dessous de la moyenne saisonnière. Le maïs et le haricot sont très rares en cette saison de semis, ceci jusqu’aux récoltes en juin/juillet. En outre, la mangue est observée dans plusieurs endroits, ce qui représente, pour l’instant, une source d’aliment importante pour les plus pauvres. Amplifiés par la dépréciation du taux de change de la gourde par rapport au dollar américain, l'anticipation d'un éventuel ajustement des prix du carburant et la période de soudure, les prix élevés des denrées alimentaires de base continuent de détériorer l'accès et, par conséquent, la sécurité alimentaire des ménages pauvres et très pauvres.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire. La hausse des prix et le faible niveau de revenu continuent d’impacter négativement le pouvoir d’achat des ménages et donc leur condition de sécurité alimentaire. Les moyens d'existence demeurent fragiles.  Certains ménages, principalement dans le Bas-Nord-Ouest, le Haut Plateau Central, le Haut Artibonite, les quartiers pauvres urbains, les zones sèches dans le Nord, les zones affectées par le séisme difficilement accessibles, ont recours à des stratégies de crise (Phase 3 de l’IPC) telles que l’intensification de la vente de charbon et d’animaux, la consommation des semences et d’aliments à faible valeur nutritive, etc., afin de se procurer de la nourriture.

    Dans des zones irriguées et semi humides, moins affectées par les chocs climatiques, les ménages ont recours à des stratégies de Stress (Phase 2 de l’IPC) telles que la réduction des dépenses non essentielles, l’intensification des achats de nourriture à crédit, la consommation de nourriture non préférée, la réduction de la consommation des adultes au profit des enfants, pour maintenir leur consommation courante.


    SUPPOSITIONS MIS À JOUR

    Les hypothèses du rapport sur les perspectives de la sécurité alimentaire de février à septembre 2022 se maintiennent, à l'exception de celles mises à jour ci-dessous :

    • A cause de la crise ukrainienne, l’écart prévu entre la hausse mondiale de la production de céréales et la demande serait plus grand, ce, à cause d’une baisse de la production en Ukraine et en Russie et les contraintes commerciales dues aux sanctions et aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Ainsi, l’impact sur l’indice des prix des produits alimentaires (farine de blé, le maïs, l’huile végétale,) sur le marché international. Vu l’importance des produits importés en Haïti, des hausses de prix sur le marché international induirait des hausses sur le marché en Haïti.
    • La flambée des prix des intrants agricoles induirait une baisse des superficies cultivées et de la demande de main-d’œuvre agricole pendant la campagne agricole de printemps.
    • Les prévisions de l’USGS suggèrent une température légèrement supérieure à la moyenne pendant la campagne de printemps.

    PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À SEPTEMBRE 2022

    Tout compte fait, la flambée des prix sur le marché international, conséquence de la guerre russo-ukrainienne, impactera les prix locaux et l’accès alimentaire, notamment des ménages pauvres. Le nombre de personne en insécurité alimentaire augmentera entre avril et mai et sera à la baisse entre mai et septembre. La hausse entre avril et mai est due à la forte dépendance des ménages pauvres sur le marché pendant cette période, laquelle dépendance est due à l’épuisement des réserves et à l’offre réduite de produits locaux pendant cette période, dans un contexte de prix élevé et de faible revenu. L’amélioration de la sécurité alimentaire à partir de juin jusqu’en septembre est due à une légère baisse du niveau de dépendance à cause des récoltes de printemps.

     

    La plupart des zones du pays, en particulier, HT08 Sud et Grand’Anse, HT07 Nippes, Ouest et Sud-est, HT02 Nord-ouest, Haut Artibonite, Haut Plateau, les zones sèches dans le Nord, le Nord-est, le Nord-Ouest, plus vulnérables aux chocs climatiques et de prix, les quartiers pauvres de Port-au-Prince, les zones affectées par le séisme, seront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans le reste du pays, où les récoltes d’hiver ont eu lieu et qui s’apprêtent à lancer la campagne de printemps 2022, les ménages très pauvres et pauvres réduiront les dépenses non essentielles, intensifieront les achats de nourriture à crédit, consommeront des aliments non préférés ou de moindre qualité, réduiront la consommation des adultes au profit des enfants et seront alors en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Figures Seasonal calendar for a typical year

    Figure 1

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1

    Source: USGS/FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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