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La faible production du printemps, la hausse des prix et l’arrivée de l’ouragan Isaac aggravent la securité alimentaire

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Août 2012
La faible production du printemps, la hausse des prix et l’arrivée de l’ouragan Isaac aggravent la securité alimentaire

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    • Le passage de la tempête tropicale Isaac dans les départements de l’Ouest, du Sud’est et des Nippes a enodmmagé les infrastructures agricoles et détruit des parcelles emblavées. Dans les zones ou les conditions sèches ont conduit aux pertes des cultures du printemps, la sécurité alimentaire s’est aggravée.

    • Selon les prévisions des principaux centres métérologiques, les précipitations saisonnieres devront être normales entre août et novembre, ce qui devrait permettre la deroulement d’une recolte moyenne d’hiver.

    • Comme typique pour cette période, des emplois saisoniers seront créés au profit des ouvriers agricoles surtout dans la plaine des Cayes et la Vallée de l’Artibonite, zones des plus grands périmètres irrigués du pays.

    • Les prix des produits alimentaires demeurent stables dans de nombreuses zones. On observe, toutefois, une tendance haussière sur certains grands marchés comme ceux de la Croix-des-bossales et des Cayes. Cette tendance, jointe à la faible production agricole, entrainera une détérioration de la sécurité alimentaire des ménages pauvres qui sont dans la précarité dans le Nord-ouest, le sud-est, la Gonave et les bidonvilles de Port-au-Prince, entre autres.

    Pluviométrie

    Le 25 août, la tempête tropicale Isaac a traversé toute la région du Sud’est et les Nippes. Les vents soufflaient à 85 km/h avec des raffales allant jusqu’à 100km/h. Les nformations recueillies laissent croire que les dégats au niveau de l’agriculture sont considérables. Le Gouvernement et ses partenaires sont en train d’étudier les mesures à prendre pour venir en aide aux ménages affectés.

    Pour la période d’août à novembre, the International Research Institute for Climate and Society a prévu des précipitations normales pour le pays, ce qui est corroborré par les centres météorologiques. Sur le terrain, avant l’arrivée de l‘ouragan Isaac, on a observé des chutes de pluies de façon régulière depuis le début du mois d’août dans la péninsule du sud. Il en est de même dans le bas Plateau Central, l’Ouest et l’Artibonite En dehors des montagnes humides où la deuxième saison pluvieuse a commencé au début du mois d’août, dans la région du nord, la sécheresse s’est prolongée jusqu’à la mi-août dans les zones de plaine en monoculture et agro-pastorale sèche. Dans ces dernières zones, la deuxième saison pluvieuse démarre généralement à la fin du mois d’août/début septembre. 

    Production agricole

    En attendant les résultats définitifs, les informations préliminaires de l’évaluation de la récolte de juillet, conduite par la CNSA, montrent que la production agricole du printemps était faible cette saison, ce qui est largement dû au déficit de pluies enregistré entre mai et juin. Si tout le pays a subi l’effet de cette sécheresse relative, des régions du nord, du nordest, les communes de la pointe occidentale du Nord-ouest, certaines communes de la Grand-Anse et du Sud-est sont les plus durement affectées. Les représentants du Ministère de l’Agriculture dans ces régions ont évalué les pertes entre 50 et 70 pour cent par rapport à la moyenne. Par contre, la plaine des Cayes, certaines zones dans les Nippes, le bas Plateau Central, le Sud-est et les périmètres irrigués ont atteint un niveau de production très proche de la moyenne. 

    Les pluies de la première décade du mois d’août ont encouragé la reprise des activités agricoles pour la seconde saison agricole qui commence en août. Dans la péninsule du sud plus particulièrement dans la plaine des Cayes, de nombreuses activités comme le labour, le semis, la transplantation sont en cours en vue de la production du maïs, du riz et des maraîchers. Dans les montagnes humides comme dans les Nippes, les haricots sont à differentes phases de croissance et de développement allant du semis à la maturation. Dans les zones sèches d’agriculture et agropastorale, du sorgho et de la patate douce sont en plantation. 

    Dans les aires irriguées de la Vallée de l’Artibonite et du Nord, les riziculteurs conduisent les opérations culturales et les premières récoltes auront lieu dès le mois de novembre. Les engrais chimiques, avec l’apport du Ministère de l’Agriculture, sont devenus plus accessibles se vendant actuellement à 900 gourdes le sac de 50 kg, contre 1250 gourdes au mois de juin. Le Ministère contribuera à la mise à disposition des agriculteurs de plus de 25 000 tonnes métriques d’engrais chimiques de juillet à décembre, une quantité de beaucoup supérieure à celle des dernières années en subventionnant leur acquisition à 50 pour cent, soit une augmentation de 20 pour cent par rapport à la subvention octroyée jusqu’au mois de juin. L’eau pour l’irrigation est disponible, ce qui laisse prévoir une production quasi-normale de riz pour cette saison. Cependant, les semences des haricots qui sont devenues très chères ne sont pas subventionnées pendant la campagne d’été dans les montagnes humides. Par exemple, à Sainte Suzanne, la marmite de haricot s’achète à 225 gourdes, soit 50 gourdes de plus par rapport au mois d’août 2011. Le Ministère de l’Agriculture, toutefois, est en train de prendre des mesures en appui à la production d’haricots d’hiver en semences et en fertilisants comme c’est si souvent le cas pour cette campagne.

    Les travaux dans les champs ont généré des emplois au bénéfice de la main-d’œuvre agricole particulièrement dans la plaine des Cayes et la Vallée de l’Artibonite où la production est plus intensive, bienqu’à un niveau inférieur à la normale cette année. Un ouvrier agricole dans la plaine des Cayes réalise environ 100 gourdes pour 5 heures de travail par jour. Dans la Vallée de l’Artibonite, le prix de la main-d’œuvre journalière varie normalement de 100 à 200 gourdes, pour 5 ou 6 heures de travail par jour selon la commune. Un riziculteur a besoin de 150 hommes/jour par hectare pour effectuer les opérations culturales du semis à la récolte. Dans les zones vulnérables au passage de tempêtes tropicales, des travaux à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) sont en cours de préparation et devront être en mesure de générer des emplois payés au taux du salaire minimum, soit 200 gourdes par jour, et bénéfiques aux pauvres. 

    Évolution des prix des produits alimentaires

    Bien que faibles, les récoltes de juillet/août ont contribué à faire baisser ou stabiliser les prix dans de nombreuses régions du pays pendant tout le mois de juillet. Cette tendance était observée pendant les deux premières semaines du mois d’août dans des régions comme le Plateau Central. Cependant, dans d’autres régions comme le Sud où la production est plus élevée, les prix sont en augmentation actuellement. Selon un bulletin du CRS, le riz importé et le maïs moulu local ont respectivement accusé une hausse de 4 et de 17 pour cent par rapport au mois dernier. Si pour le riz, cette hausse parait normale, pour le maïs, elle est probablement liée à la spéculation, vu la faible production du maïs pour cette saison. Comme il peut être perçu, cette hausse touche non seulement les produits locaux, mais également les produits importés. Le haricot noir produit localement se vend maintenant à 200 gourdes la marmite de six livres contre en moyenne 185 gourdes en juillet. Quant à la farine de blé, les prix augmentent sensiblement passant de 85 à 95 gourdes. Cette même tendance est observée sur la plupart des grands marchés comme ceux de la Croix des Bossales à Port-au-Prince. Le tableau de la moyenne des prix sur les cinq dernières années montre que les prix des produits comme le riz importé augmentent en août sur tous les marchés tandis que ceux du maïs affichent à la baisse. Les prix des haricots marquent toujours une tendance haussière en août, mais la variation est plus grande et plus rapide cette année. 

    La fluctuation des prix dans des régions très productives comme la plaine des Cayes risque d’exacerber la situation alimentaire dans les zones les plus durement affectées dans un premier temps par les conditions sèches et plus récemmenet par la tempête Isaac. La perte de la production de la campagne agricole du printemps, couplée aux dégats causés par le passage de la tempête Isaac exposera les ménages pauvres à des marchés peu achalandés en produits locaux, alors que les prix des produits importés grimpent. Cette situation est similaire à celle constatée dans d’autres communes dans le sud-est, les nippes, le Nord, le Plateau Central et l’Artibonite. 

    Le Nord-oeust 

    La production agricole dans le département du Nord-ouest a été impactée par la sécheresse et en conséquence les cultures de printemps, en particulier le maïs et le haricot, n’ont donné que de maigres rendements. Les activités agricoles sont reprises à la faveur des précipitations qui ont démarré dès le début du mois d’aout. En effet, les préparations de sols sont en cours dans les plaines alors que dans les zones de montagnes, le semis des maraichers est constaté. Cependant, comme conséquence des mauvaises récoltes passées, les agriculteurs n’ont pas les moyens de se procurer des semences. Pour leur venir en aide, le Ministère de l’agriculture conduit actuellement un programme HIMO qui s’achèvera à la fin du mois de septembre. Les populations bénéficiaires sont celles de : Baie de Henne, Jean rabel, Bombardopolis et Chansolme. 

    Les marchés sont surtout approvisionnés en produits importés, bien que certains produits locaux (l’arbre véritable, mangues, avocat) y sont aussi disponibles. Cependant la disponibilité des derniers n’empêche pas aux prix des premiers de se renchérir de façon atypique. Par exemple, la marmite du riz importé se vend actuellement à 150 gourdes accusant une hausse de 50% par rapport à l’année dernière. Le gallon d’huile de cuisine s’achète à raison de 300 gourdes, alors qu’au cours du premier trimestre de l’année il s’achetait à 250 gourdes et son prix de l’année dernière n’était que 200 gourdes à la même époque. Le prix du maïs moulu importé a aussi connu une hausse, se vendant à 100 gourdes la marmite, alors que le mois dernier il se vendait à 70 gourdes contre 50 gourdes pour l’année dernière. Sur le plan local, le haricot s’est aussi renchéri passant de 180 gourdes au cours des derniers mois à 210 gourdes la marmite, alors que l’an passé son prix n’atteignait que 150 gourdes.

    La fabrication du charbon de bois, le petit commerce et la vente de main-d’œuvre demeurent les principales sources de revenu des pauvres. Cependant, la demande reste limitée et le revenu réel tiré de ces activités arrive difficilement à satisfaire les besoins alimentaires des ménages pauvres. Ils seront jusqu’au début du mois d’octobre en situation de stress. Une amélioration demeure possible a partir d’octobre si les pluies continuent et favorisent une bonne production agricole, pourtant la situation peut même se dégrader pendant cette période si les prix continuent à augmenter. 

    Le Nord-est

    Selon les techniciens travaillant dans la zone, Terrier-Rouge, Capotille, Caracol, Trou-du-Nord sont les communes les plus touchées par la sécheresse de mai et de juin qui s’est poursuivie jusqu’à la deuxième décade d’août. Les pluies débutent habituellement dans ces communes au début de septembre. La préparation des sols commencera comme chaque année dès la fin du mois d’août pour les semis du maïs et des arachides en septembre. Par contre les zones de montagnes humides reçoivent des chutes régulières de pluies qui alimentent les rivières dont les eaux arrosent les plaines rizicoles de Ouanaminthe, Férier et Fort-Liberté. Les activités agricoles étant réduites au minimum actuellement, la main-d’œuvre agricole demeure très peu active dans les plaines sèches à moins de s’engager dans la fabrication du charbon de bois ou de migrer en République Dominicaine. Ceux qui parviennent à traverser la frontière peuvent gagner en travaillant dans les champs l’équivalent en peso de 230 gourdes pour 8 heures de travail et deux repas. Ils perçoivent 125 gourdes localement et un repas pour 5 heures de travail comme à l’accoutumée, mais l’offre d’emploi est plutôt rare dans cette zone.

    Les prix des produits alimentaires n’ont pas varié par rapport à juin 2012, même si leur niveau est supérieur par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les produits importés prédominent sur les marchés. Ayant perdu les récoltes des deux précédentes saisons, les agriculteurs des zones sèches n’ont plus de réserve et leur source de revenu est essentiellement constituée de la vente du charbon, la main-d’œuvre et le petit commerce. Leur revenu demeure inférieur à la normale dû à la perte des récoltes de juillet et une réduction des activités agricoles. La grande majorité des ménages pauvres particulièrement ceux qui ne parviennent pas à traverser la frontière pour travailler en République Dominicaine se retrouveront dans la précarité entre août et septembre.

    Le Sud-est

    Les précipitations ont repris depuis le début du mois d’août dans presque toute la zone après avoir été marqué par des conditions sèches prolongées provoquant des pertes élevées au niveau des cultures du maïs et des haricots. Dans la commune d’Anse-à Pitre, les pertes sont évaluées à près de 70 pour cent. A Belle-Anse, les plaines de Mapou et de St Michel ont eu une production proche de la moyenne tandisque les pertes sont elevée à Calumette et à Baie d’Orange. Dans les communes de Bainet et de La Vallée, les agriculteurs ont essuyé des pertes élevées dans les champs de maïs et d’haricots ensemencés en avril. Alors que certaines communes comme Cayes-Jacmel, Marigot ont été beaucoup moins touchées par la sécheresse, le passage de la tempête tropicale Isaac a eu des impacts sévères sur tout le département du Sud-est, car de façon générale, tous les secteurs économiques sont affectés, et les récoltes d’octobre à décembre pourraient être compromises. Les marchés seront dans leur quasi-totalité dominée par des produits importés pendant toute cette période. Les plus pauvres devront recourir a la vente de leurs actifs ou à la migration. A moins que des programmes HIMO ou d’autres programmes de transfert de cash soient exécutés dans les meilleurs délais, les ménages pauvres et très pauvres seront en situation de « stress ». 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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