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- Plusieurs zones de la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), notamment Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Port-au-Prince et les sites de PDI, restent en Urgence (Phase 4 de l’IPC), tandis que la majorité des zones rurales du pays demeure en Crise (Phase 3 de l’IPC). Face à la combinaison de pertes agricoles, de prix alimentaires élevés et d’insécurité persistante, les ménages pauvres adoptent de plus en plus des stratégies négatives : réduction du nombre de repas journaliers, vente d’actifs productifs, migration forcée, endettement excessif et risqué, mendicité et recours à d'autres mécanismes informels, dangereux ou à haut risque, y compris des échanges sexuels de survie. FEWS NET estime qu’entre 3.0 à 3.49 millions de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire entre novembre 2025 et mai 2026, avec un pic attendu en fin de période de soudure (avril-mai).
- L’insécurité continue de se détériorer dans la ZMPP, l’Artibonite et le Plateau Central. Les activités des groupes armés paralysent la mobilité, les marchés et les services essentiels, aggravant les déplacements internes qui touchent plus de 1,4 million de personnes, dont 210 000 dans la ZMPP. Selon PLSO, aucun corridor majeur n’est considéré comme pleinement sûr. Dans ce rapport, le BINUH fait état de 1 247 morts, 710 blessés, 145 enlèvements, et plus de 400 cas de violences sexuelles liés aux activités des gangs au cours du troisième trimestre 2025. Depuis le mois de septembre, environ 45 000 personnes se sont déplacées à la suite des différentes attaques, parfois se déplaçant plusieurs fois (CCCM).
- Parallèlement, le passage de l’ouragan Melissa à la fin du mois d’octobre, avec des cumuls de pluie dépassant 250 mm, a fortement aggravé la situation alimentaire dans plusieurs régions. Selon le PAM, plus de 1,25 million de personnes ont été affectées dans le Sud, le Sud-Est, les Nippes, la Grand’Anse et l’Ouest, avec plus de 11 900 maisons inondées ou endommagées et près de 16 000 personnes hébergées dans des abris temporaires. Les pertes agricoles sont significatives, résultant de la destruction des cultures d’automne (banane, maïs, sorgho, racines et tubercules, pois Congo) dans les communes les plus touchées, de l’endommagement des infrastructures d’irrigation et des coupures de routes entravant l’accès aux marchés. Ces chocs réduisent fortement la disponibilité alimentaire et les revenus agricoles des ménages.
- Les prix alimentaires restent atypiquement élevés dans tout le pays dépassant largement la moyenne quinquennale, principalement en raison du manque de récolte en cette période et par les pertes agricoles causées par l’ouragan Melissa. Dans les zones les plus touchées, les hausses sont particulièrement marquées, comme le maïs jaune à Jérémie (31 pour cent entre septembre et octobre), réduisant fortement l’accès économique à l’alimentation pour les ménages pauvres et très pauvres.
- L’assistance alimentaire d’urgence a été renforcée dans les zones touchées par l’ouragan Melissa, mais demeure limitée par rapport à l’ampleur des besoins. Sur les 360 000 personnes identifiées par le PAM comme nécessitant une assistance immédiate, seulement 12 700 (soit 3,5 pour cent) ont été atteintes lors des premières distributions. Une deuxième phase prévoit un appui pour environ 190 000 personnes, mais cette planification dépend de la sécurité, de la logistique et des financements. Selon l’OCHA, le Plan de réponse humanitaire pour Haïti, estimé à 908 millions de dollars, n’est financé qu’à 21 pour cent.
Citation recommandée: FEWS NET. Haïti Mise à jour des messages clés Novembre 2025: Les impacts résiduels de l’ouragan Melissa et l’insécurité persistante continuent d’aggraver l’insécurité alimentaire aiguë en Haïti, 2025.
Cette mise à jour des des messages clés présente une analyse succincte des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.