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Des situations de Stress et de Crise malgré les améliorations saisonnières

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Djibouti
  • Janvier - Juillet 2013
Des situations de Stress et de Crise malgré les améliorations saisonnières

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  • Messages clé
  • Vue d'ensemble a l'echelle nationale
  • Evenements qui pourraient changer les previsions
  • Messages clé
    • La plupart des ménages des zones de mode de vie pastorale du Nord-ouest et du Sud-est frontalier vivent actuellement dans des conditions de Stress (IPC Phase 2) ou de Crise (IPC Phase 3) d’insécurité alimentaire du fait des performances de la saison actuelle Heys/Dada (Octobre – Février) qui ont été pauvres, avec des faibles précipitations. 

    • Avec des pluies Heys/Dada pratiquement inexistantes et des faibles prévisions pour la saison de Diraac/Soughoum (Mars-Juin), les ménages du Sud-est pastoral frontalier resteront en situation de Crise durant toute la période du scénario. Les ménages de cette zone ont épuisé leurs moyens de subsistances et peuvent à peine satisfaire leur besoins minimums d’alimentation.

    • A Djibouti-ville, dans un contexte de chômage élevé et d’opportunités de travail réduites, les ménages pauvres continuent à supporter les effets des évènements saisonniers (fortes dépenses) qui ont contribué à affaiblir les ressources des ménages et à les endetter. Ils resteront donc à un niveau d’insécurité alimentaire de Crise jusqu’en Février et retomberont à un niveau de Stress de Mars à Juin lorsque leurs épargnes seront reconstituées. 

    • Avec des pluies pratiquement inexistantes, la région d’Obock, est caractérisée par des taux d’insécurité alimentaire élevée. Des forts taux de malnutrition et de mortalités du bétail sont signalés par les responsables régionaux et rendent la population particulièrement vulnérable. Les zones rurales de la région se trouvent actuellement en phase de Crise d’insécurité alimentaire (IPC phase 3), et risquent de rester en Crise durant la période du scénario.


    Vue d'ensemble a l'echelle nationale
    La situation actuelle

    Près de 70,000 personnes sont actuellement concernés par l’insécurité alimentaire. Avec l’aide alimentaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) en cours, la plupart des zones rurales du pays sont classifiées en situation de Stress d’insécurité alimentaire (IPC phase 2).

    Les effets des bonnes pluies de Karan/Karma (Juillet-Octobre) se manifestent encore au Nord-ouest pastoral, avec un accès à l’eau et au pâturage effectif. L’amélioration de l’état du cheptel est encore visible. Cependant, elles pourraient être insuffisantes dans certaines zones pendant la longue saison sèche avec la compétition et l’utilisation excessive des ressources.

    Avec un régime alimentaire essentiellement composé de céréales, d'huile et de sucre, 40 pourcent des pasteurs du Nord-ouest ont une consommation alimentaire pauvre, qui influence la situation nutritionnelle des ménages. Aussi, la capacité des ménages à maintenir leur mode de vie et à rester en sécurité alimentaire est compromise avec des stratégies de survies négatives telles que la vente excessive du bétail, vu le nombre réduit possédé, et une migration atypique de certains des membres des familles. Les populations de cette zone se trouvent actuellement en phase de Stress d’insécurité alimentaire.

    Le Sud-est pastoral frontalier connait une situation plus sévère avec des saisons de pluies insuffisantes. La faiblesse des pluies côtières de la saison de Heys/Dada rains (Octobre-Fevrier), et les prévisions d’une saison pauvre des pluies de Diraac/Soughum (Mars-Juin), vont contribuer à détériorer la sécurité alimentaire. De plus, dans certaines régions de la zone, le peu de ressources disponibles est partagé avec des familles de déplacés venant en majorité de l’Ethiopie et de la Somalie. A Assamo, les déplacés en provenance de Harirad, Abdoulkader, Jiri (localités de la Somalie) et de Hajin, Aïchaa (localités de l’Ethiopie) continuent d’affluer, fuyant les effets dévastateurs de la sécheresse des zones transfrontalières. Actuellement plus de 200 familles se sont installées avec plus de la moitié qui est arrivée depuis quatre mois.

    L’assistance en vivres connait un sous-partage qui biaise les quantités attribuées aux ménages et rend insuffisant l’apport alimentaire, vu les quantités limités des vivres et le nombre de plus en plus élevé de la population avec les déplacés et nouveaux nomades. La disponibilité du lait est limitée à 0,5 litres par jour, par ménage alors que la quantité de base est de trois litres par ménage et par jour. Le statut nutritionnel se détériore avec des taux d'admission dans les centres de santé de la zone qui sont plus élevés que les taux enregistrés durant la période de soudure. Enfin, les stratégies utilisées par les ménages de cette zone sont limitées à des stratégies négatives et peu durables, comme la vente de bois de charbon. Les ménages du Sud-est frontalier, sont actuellement en situation de Crise (IPC Phase 3).

    Prévisions les plus probables de la sécurité alimentaire

    Durant la première période du scenario, les ménages du Nord-ouest resteront en situation de Stress (IPC Phase 2) avec les ressources encore disponibles des derniers pluies de la saison Karan/Karma (Juillet-Septembre). Cependant, ces ressources ne suffiront pas pour la seconde période du scénario, avec la longue saison sèche, et l’épuisement accélérée des ressources, les ménages se trouveront plus en difficulté mais resteront dans la même phase de Stress.

    Avec des pluies pratiquement inexistantes et des faibles prévisions pour la saison de Diraac/Soughoum (Mars-Juin), les ménages du Sud-est pastoral frontalier resteront en situation de Crise durant toute la période du scénario. En effet, les ménages de cette zone ont épuisé leurs moyens de subsistances et peuvent à peine satisfaire leur besoins minimums d’alimentation. Les zones du Sud-est routier et centrale resteront dans des phases de Stress durant la période du scénario.

    Dans les zones rurales de la région d’Obock, l’accès à l’eau potable est limité suite aux pluies des dernières saisons qui ont manqué et à la faiblesse d’infrastructures, comme les retenues. Les ménages de la région, connaissent une situation nutritionnelle critique causée essentiellement par une consommation alimentaire insuffisante. Ils resteront en situation de Crise d’insécurité alimentaire tout au long du scénario. 

    Les ménages pauvres de Djibouti-ville, continuent à supporter les effets des évènements saisonniers (fortes dépenses) qui ont contribué à affaiblir les ressources des ménages et à les endetter. Ils resteront donc à un niveau d’insécurité alimentaire de Crise jusqu’en Février et retomberont à un niveau de Stress de Mars à Juin lorsque leurs épargnes seront reconstituées.

    La zone pastorale du Nord-ouest

    Situation actuelle

    Les pluies de la saison Karan/Karma (Juillet-Septembre) ont été supérieures aux normales saisonnières avec des performances de 75 pourcent à 200 pourcent à travers la plupart des zones du Nord-Ouest. Cependant, il existe des zones localisées de déficits pluviométriques comme à Dorra où les pluies sont tombées entre 50 pourcent et 75 pourcent des normales saisonnières. Les conditions de végétation dans la zone sont le plus souvent près de la normale. L’accès à l’eau est favorable mis à part quelques localités telles que Mounkour et Daimoli, où les ménages font à pied plus de neuf kilomètres pour accéder à de l'eau potable.

    Les populations de la zone s’approvisionnent en grande majorité au marché d’Eildar et les prix restent à des niveaux élevés avec un sac de sorgo de 50 Kg à 6500 Frdj alors que ce même sac était de 5000 Frdj en moyenne à la même période. Cependant, avec la disponibilité des programmes d’aide alimentaire, les prix des aliments de base se sont stabilisés, et les prix restent en dessous de la moyenne, dans la plupart des marchés. Les termes d'échanges entre le blé et la chèvre se sont améliorés en raison de la saison des pluies favorables (Karan/Karma) qui a amélioré les conditions physiques du bétail. Le prix de la chèvre qui était de 5000 Frdj l'année dernière à la même période est de 9000 Frdj actuellement, et le prix d'un sac de blé qui était autour de 4700 Frdj est aujourd’hui de 4400 Frdj.

    La source de nourriture principale reste l'aide alimentaire du PAM, qui représente 55 pourcent des sources de nourriture dans leur ensemble. La dépendance de l'aide alimentaire est très élevée et les moyens de subsistance ne sont pas auto-suffisants, après les périodes de sécheresses successives et la perte d’une grande partie de l'élevage.

    La disponibilité du lait est à un demi-litre par jour par ménage lorsqu’elle était en moyenne de 2 litres au cours des 8 dernières années. Le lait est au final juste consommé par les enfants et la quantité ne suffit pas pour contribuer à générer des revenus. Normalement, la quantité suffisante pour un ménage est d'environ 3 litres par jour. Suite à l’évaluation saisonnière de FEWS NET en Décembre, près de 40 pourcent de la population des pasteurs du Nord-ouest ont une consommation alimentaire pauvre : leur régime alimentaire ne contient pas de lait, de la viande, des légumes et il repose essentiellement sur les céréales, l'huile et le sucre, la consommation de lait étant limitée.

    L'état nutritionnel est complexe, et nécessite d’être analysé avec beaucoup de précaution. Il existe une dégradation anormale de la situation, contrairement à des tendances saisonnières favorables. Les taux d'admissions dans les centres de santé dans cette zone sont plus élevés que durant la période de soudure, avec une hausse de 29 pourcent à Dikhil entre Août et Décembre. Pour Tadjourah, l'augmentation est d'environ cinq pourcent au cours de la même période. Cette tendance pourrait s’expliquer par des causes plus liées à l’hygiène, l’assainissement et moins à l’accès alimentaire. Cependant, il est sûr que le lien à établir est celui de l’impact de la situation chronique de l’insécurité alimentaire sur la situation actuelle. Le mode de vie des ménages de cette zone suffit à peine pour couvrir leurs besoins alimentaires et ne répond plus aux autres besoins essentiels, tels que la santé, habillement, etc. Ils se trouvent actuellement en situation de Stress d’insécurité alimentaire.

    Hypothèses
    • L'aide alimentaire se poursuivra pendant la période du scénario avec 60-70 pourcent de la population dans le Nord-Ouest pastorale recevant cette assistance.
    • Les prix du bétail augmenteront légèrement, ce qui aura un impact positif sur les termes d’échanges et la capacité d'achat des ménages pour la première période de scénario. La longue saison sèche se poursuivra tout au long de la première période de scénario (Janvier-Mars).
    • La vente du sel, transporté à l'aide de chameaux, du Lac Assal au marché éthiopien (Eildar) a commencé et se poursuivra jusqu'en Mars. La vente du sel est généralement utilisée pour l'échange avec le sorgho.
    • Des pénuries d'eau pourraient avoir lieu avec l’utilisation excessive des ressources par plusieurs communautés.
    • La faible production du lait devrait se poursuivre, et conduire à détériorer le statut nutritionnel des ménages.
    Influences probables sur la sécurité alimentaire

    Les sources de revenus des ménages du Nord-ouest sont le travail journalier, la vente du bétail et de ses produits, et dans une moindre importance, la vente de l’aide alimentaire. Le total des sources des revenus diminuera d’environ 16 pourcent comparée à une année normale.

    Les revenus tirés du travail journalier comme la vente de sel ou de charbon, ont baissé de 20 pourcent par rapport à une année typique. Ceci étant dû au manque d'opportunités durant la période du scénario, suite :

    • à la concurrence des villages frontalières éthiopiens pour le commerce du sel et,
    • à la réduction du charbon de bois en raison de l'interdiction du gouvernement et de la raréfaction des ressources.

    De Janvier à Juin, les revenus des ventes d'animaux et du lait vont respectivement baissé de 10 pourcent et 20 pourcent par rapport à une année normale. Suite aux bonnes pluies de Karan / Karma, les ressources pastorales se sont régénérées et la disponibilité de l'eau s’est améliorée. La productivité du bétail devrait donc s’améliorer pour la première partie du scénario. Toutefois, les revenus provenant des animaux seront toujours inférieurs à ceux d'une année normale en raison des pertes importantes de bétail des années précédentes. Pour la deuxième période du scénario, qui s'inscrit dans la longue saison sèche, la situation pourrait être plus difficile avec moins de productivité.

    Pour les sources de nourriture, la plus significative reste l’aide alimentaire, avec environ 60 à 70 pourcent de couverture au cours de la période du scénario, le programme d'assistance aux ménages victimes de la sécheresse couvrira 55 pourcent des sources alimentaires des ménages et la seconde source est représentée par les achats sur le marché. La production propre (lait et viande) représente quant à elle, environ cinq pourcent des sources de nourritures totales. Pour la première période du scénario, les sources de nourriture provenant de l'élevage restent à 5 pourcent et contribuent au même niveau à la nutrition des ménages qu’en une année normale. Pour la deuxième période de scénario, cette source de nourriture va légèrement diminuer. L'entraide communautaire restera également au même niveau (cinq pourcent) au cours de la période du scénario. Avec la disponibilité de l'aide alimentaire, il y a moins de transactions sur les marchés éthiopiens en général (en particulier pour le sorgho). En outre, l'affaiblissement du bétail (chameaux) fait qu’ils ne peuvent plus voyager aussi souvent que dans une année normale.

    Comme stratégies d’adaptation, entre 60 pourcent  et 70 pourcent des ménages consomment des aliments moins préféré avec une valeur nutritive inférieure, tels que les Gaambos, moofos. Le partage de l'aide alimentaire au sein de la communauté afin de pallier au manque d'accès à la nourriture, au cours de la période du scénario, est également un moyen que développent les communautés afin de supporter la situation. Enfin, l'aide humanitaire du programme alimentaire pourrait compenser quelque peu les déficits alimentaires des ménages.

    En se basant sur les tendances actuelles, la consommation alimentaire des ménages sera positivement influencée par la disponibilité des sources de nourriture dérivée des produits de l'élevage. Pour la seconde période du scénario, il est prévu que les ressources animalières diminuent avec la longue saison sèche dans la région. Les moyens de subsistance des pasteurs seront principalement tributaires des stratégies d'adaptation non durables comme l’aide alimentaire.

    Avec un meilleur accès aux sources de nourriture comme les produits de l'élevage, l'état nutritionnel devrait légèrement s'améliorer durant la première partie du scénario, même avec la détérioration du statut nutritionnel chronique déclaré dans les centres de santé. Les ménages de la région resteront en Stress d’insécurité alimentaire (IPC phase 2) en raison de la disponibilité de la productivité animale et des ressources naturelles (eau, pâturages), et de la bonne saison de pluies Karan / Karma. Dans la seconde période, l'état nutritionnel sera plus concerné avec l’accès limité aux sources d’alimentation. Les ménages de la zone verront leur situation se détériorer, avec l'épuisement des ressources animales, le début de l'accès limité à l'eau, et les effets de la longue saison sèche ; mais ils se maintiendront néanmoins en phase de Stress d'insécurité alimentaire (IPC phase 2), avec l’aide alimentaire continue.

    La zone frontalière du Sud-est pastorale

    Situation actuelle

    Du mois d’Octobre à la dernière semaine de Décembre 2012, les pluies de la saison Heys-Dadaa sont restées en dessous de performance normale (50 pourcent -75 pourcent de la normale) à travers la zone du Sud-est. La saison a légèrement commencé en Décembre dans certaines régions comme As-Eyla, Kabah Kabah et n'a pas du tout bénéficié à d'autres localités telles qu’Oboley et Guedid. Les bonnes pluies de Karan / Karma ont conduit à de légères améliorations dans la disponibilité des pâturages, de l'eau, comme à As-Eyla, où les ressources en pâturage sont favorables. Cependant, certaines localités continuent à avoir de graves pénuries d'eau et les pastoralistes marchent à pied jusqu'à deux heures (Kabah Kabah) à la recherche d'eau pour le ménage et l'élevage. Les conditions de végétation sont faibles mais restent proches de la normale. Il existe actuellement peu de possibilités de migration du bétail dans les zones voisines.

    Selon l’évaluation de FEWS NET, dans les zones rurales du Nord, Nord-Ouest et du Sud-est frontalier du pays, durant les deux dernières semaines de Décembre, la taille des troupeaux a considérablement diminué depuis les sept dernières années avec un Unité Bétail Tropical, alors qu’il faut trois Unité Bétail Tropical, par personne, dans un ménage normal afin d'assurer un niveau minimum de sécurité alimentaire. Les troupeaux de chèvres sont actuellement à plus de 50 pourcent de pertes comparé à la taille enregistrée en 2003- 2004, l’année de référence et pour la possession des dromadaires, la baisse est de plus de 70 pourcent. 

    Ces derniers mois, en dehors de la sécheresse, les éleveurs ont également dû faire face à des maladies du bétail. Il est généralement question de maladies saisonnières transmises par des parasites externes, tels que les tiques. L'état affaibli du bétail par la sécheresse, favorise cette maladie et la transhumance contribue à sa propagation avec les nomades venant de l'Ethiopie.

    La dépendance de l'aide alimentaire est très élevée avec plus de 75 pourcent des ménages de la région qui sont concernés. L'aide alimentaire est toujours la source majeure d’alimentation (60 pourcent -70 pourcent), et même si les quantités ne suffisent pas à tous les ménages, il existe un niveau élevé de redistribution à l'intérieur de la communauté. Trente pourcent des sources de nourriture proviennent des achats sur le marché et les dons, le soutien communautaire représente cinq pourcent des sources alimentaires des ménages. Le programme d'alimentation scolaire contribue quant à lui, de manière significative à l'alimentation des enfants qui fréquentent actuellement l'école, mais ne couvre que 5 pourcent  du total des besoins alimentaires des ménages en raison du nombre d'enfants scolarisés dans chaque ménage.

    Les pastoralistes continuent le commerce du charbon de bois à la suite des restrictions, et de l'épuisement des ressources. Ils bénéficient actuellement de l'augmentation des prix et leur pouvoir d’achat est positivement impacté. En effet, le sac de charbon de bois est de 1500 Frdj alors qu’en Avril, il était autour de 1000 Frdj. Ce revenu représente environ 50 pourcent du revenu total du ménage. Cette activité reste cependant non durable et peu sure. Avec peu de bétail et une mauvaise condition physique de ceux qui existent, le revenu provenant de la vente du bétail reste toujours le même que celui de l'année dernière, malgré les bonnes pluies. Ce revenu représente environ 10 pourcent du revenu total. Les envois de fonds, restent une source de revenus peu importante et elles représentent environ 5 pourcent du revenu total du ménage.

    En général, les prix des denrées alimentaires sont inférieurs à la moyenne des trois dernières années à l'exception de la farine de blé. Sur les marchés d’Arta et d’Ali-Sabieh, les prix de la farine de blé et du sorgho, sont respectivement de 120 Frdj et de 100 Frdj, ce qui est inférieur à la moyenne des trois dernières années avec respectivement 133 Frdj pour la farine de blé et 167 Frdj pour le sorgho.

    La disponibilité du lait est limitée à 0,5 litres par jour, par ménage alors que la quantité de base est de trois litres par ménage et par jour. Le statut nutritionnel se détériore avec des taux d'admission dans les centres de santé de cette zone qui sont plus élevés que les taux enregistrés durant la période de soudure. Il y a une augmentation des admissions d’environ 29 pourcent à Dikhil entre Août et Décembre. Pour Ali-Sabieh et Arta, l'augmentation est d'environ 28 pourcent et plus de 100 pourcent, respectivement, pour la même période. Cependant, ces tendances pourraient être liées à d’autres facteurs tels que l’hygiène, la santé, l’assainissement, et il faudrait analyser plus ces résultats de l’état nutritionnel.

    Les ménages de la zone utilisent de plus en plus de stratégies de survie pour pallier à leurs besoins. Ce qui indique la spoliation des mécanismes de subsistances. Malgré l’aide alimentaire, les populations n’arrivent à combler leur déficit alimentaire qu’en utilisant des mécanismes de subsistances irréversibles. Les ménages du Sud-est frontalier sont actuellement en situation de Crise.

    Hypothèses
    • L'aide alimentaire se poursuivra pendant la période du scénario avec plus de 75 pourcent de la population de la région qui sera concerné.
    • Les prix alimentaires resteront stables avec les politiques mises en œuvre par le gouvernement. 
    • De Janvier à Mars 2013, les prévisions des pluies indiquent une période normalement sèche. Pour la saison des pluies Diraac/Soughoum de Mars à Mai, il est probable que les pluies soient à des niveaux normaux à inférieures à la normale, selon ECMWF.
    • Dans la région d’Ali Sabieh, le lait est presqu’inexistant et le prix du lait devrait être supérieur à la normale.
    • La vente du charbon de bois continue malgré l’interdiction du gouvernement. Cette activité est susceptible de se poursuivre pendant la période du scénario en particulier pour les ménages de la zone frontalière.
    • Des températures extrêmement froides influencent les maladies animales, transmises par les parasites externes, tels que les tiques, ce qui peut entraîner une mortalité animale élevée (environ 30 pourcent de perte), ce qui contribuera à diminuer encore plus la possession du bétail.
    • Les taux élevés d'avortements bétail, dues à la sécheresse, conjuguée avec les maladies contribuent également à la dépossession du bétail et à l'indisponibilité du lait.
    • Des pluies de Heys/Dadaa, et Diraac/Soughoum inférieures à la normale, dans les zones du Sud-est pourraient renforcer les effets de la sécheresse.
    Influences probable sur la sécurité alimentaire

    Malgré les bonnes pluies de Karan/Karma, l'amélioration de la productivité ne mènera pas à l'amélioration des revenus en général. Avec des pluies Heys/Dadaa inférieures à la moyenne, la condition physique des animaux devrait se détériorer, mois par mois. Le revenu du ménage provenant de la vente de bétail, restera de 5 pourcent au cours de la période du scénario, même avec la légère disponibilité des ressources de pâturage qui bénéficient à la productivité du bétail, dans certaines zones. Les ventes du lait sont biaisées par le nombre réduits du bétail possédé, comparé à une année normale. La principale source de revenu est générée par les petites activités comme la vente de bois, de charbon, elles représentent normalement 50 pourcent du revenu total des ménages. Tout au long de la période du scénario, la vente du charbon restera une source importante de revenus, même avec l'interdiction du gouvernement, étant donné les prix intéressants sur les marchés.

    Au cours de la période du scénario, les revenus provenant des envois de fonds ont considérablement diminué d’environ -30 pourcent comparé à une année normale, en raison de la pauvreté chronique (moins de possibilités d'emplois) dans les centres urbains. Les revenus des ménages ont baissé d’environ trois pourcent comparé à une année normale. Les légères améliorations des revenus provenant de l'élevage ne pourront pas compenser les pertes des moyens de subsistance après une succession de mauvaises saisons.

    Le programme d'aide alimentaire pour les ménages touchés par la sécheresse continuera à couvrir 55 pourcent des sources alimentaires des ménages. Il s'agit de la principale source de nourriture pour les ménages dans cette zone. Avec la disponibilité de l'aide alimentaire, il y a moins de transactions sur les marchés éthiopiens en général (en particulier pour le sorgho). Aussi, la perte des chameaux et leur mauvais état physique réduit la capacité des ménages pauvres à poursuivre cette activité.

    Les sources alimentaires liées aux produits de l'élevage tels que le lait ont diminué de 50 pourcent par rapport à une année normale, en raison de la baisse de la taille des troupeaux. Le peu de lait dans certains ménages est principalement consommé par les enfants. Les achats sur le marché restent une source d’alimentation importante malgré une diminution de 30 pourcent par rapport à une année normale, suite à la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. L’entraide communautaire quant à elle, ne représente que cinq pourcent des sources d’alimentation et restera au même niveau durant la période du scénario. Les sources alimentaires des ménages vont baisser de 19 pourcent durant la période du scénario.

    Les ménages vont continuer à envoyer des membres de la famille vers les centres urbains pour chercher du travail afin de générer des revenus, et de combler les déficits alimentaires des ménages. Aussi, les ménages vont de plus en plus partager les aliments avec le bétail aux dépens de leur consommation propre, afin d'améliorer la productivité et la valeur du bétail. Les stratégies de subsistance ne pourront pas soutenir la sécurité alimentaire des ménages. La dépendance des membres de la famille dans les centres urbains va continuer bien que le niveau de contribution a diminué en raison de l'érosion des capacités d'achat des ménages urbains. L’aide alimentaire va continuer à être divisé au sein de la communauté afin de compenser le manque en termes d'accès à l'alimentation. Et enfin, l'assistance alimentaire du gouvernement et / ou des institutions non gouvernementales pourraient compenser quelque peu les déficits alimentaires des ménages au cours de la période du scénario.

    De Janvier à Juin, les ressources animales seront de plus en plus limitées en raison de la sécheresse prolongée et des faibles saisons de pluies prévues. Pendant cette période, les ménages pauvres vont continuer la vente de charbon de bois, mais cette activité peu durable ne pourra compenser les déficits du mode de vie.

    Durant la période du scénario, avec une consommation minimum du lait, et la réduction du nombre et de la qualité des repas, la consommation alimentaire des ménages sera plus faible comparé à une année normale, mais restera meilleure par rapport à l'année dernière. La consommation d'aliments provenant du bétail s’est réduite au cours des trois dernières années. Les déficits de la consommation sont les plus graves dans la région d'Ali-Sabieh, avec presque 60 pourcent de la population ayant une alimentation pauvre.

    L’état nutritionnel des ménages restera un sujet de préoccupation avec les taux les plus élevés d'admissions dans les centres de santé qui se produisent dans cette zone. La situation nutritionnelle restera critique durant la période du scénario. Les ménages de la zone sont susceptibles de rester dans la phase de crise d'insécurité alimentaire (IPC phase 3) en raison du retard des pluies Heys/Dadaa, et de leur vulnérabilité quant à la perte de leurs moyens de subsistance et de l'épuisement de leurs stratégies. Dans la deuxième partie du scénario, les ménages pauvres resteront en phase de Crise d'insécurité alimentaire (IPC phase 3) en raison des prévisions faibles des pluies de Heys/Dadaa (pour le reste de la saison) et de Diraac/Soughoum.

    La région d’Obock

    La région d’Obock, est caractérisée par des taux de pauvreté et d’insécurité alimentaire élevée. Les zones rurales de cette région n’ont pas connu les pluies de Karan/Karma qui ont bénéficié à la plupart des zones du pays. Aussi, les pluies de la saison actuelle ne sont pas tombées sur les zones côtières de la région. La source de nourriture principale reste l'aide alimentaire du PAM, qui représente plus de 70 pourcent des sources de nourriture dans leur ensemble, suivi par les envois de fonds provenant des villes qui eux, représentent environ 30 pourcent. Des forts taux de mortalités du bétail relevés causées par la sécheresse conjuguée avec les maladies saisonnières.

    La malnutrition et l’anémie sont les causes les plus liées aux admissions dans les centres de santés. Plus de 80 pourcent des transferts dans le centre de la ville d’Obock, sont dues à des maladies liées à la malnutrition. L’accès à l’eau est limitée et la population marche en moyenne 4h pour s'approvisionner en eau potable. Les populations de la zone se trouvent actuellement en phase de Crise d’insécurité alimentaire. Avec le froid qui a commencé, la longue saison sèche qui débute, et le manque de biens (bétail), les populations de la région d’Obock, sont particulièrement vulnérables, et risquent de rester en Crise durant la période du scénario.

    La ville de Djibouti

    Le taux de chômage est de 46 pourcent selon la dernière étude sur la pauvreté du service national statistique. Cependant, les ménages en insécurité alimentaire dépendent des revenus liés aux travaux journaliers. Environ 40 pourcent d’entre eux, ont comme source de revenu principal le travail journalier, selon la dernière enquête de sécurité alimentaire publiée en Décembre. Certaines dépenses essentielles seront négligées par les ménages urbains pauvres, comme la santé, l’hygiène, afin de consacrer l’essentiel de leurs ressources à l’alimentation. Les ménages en insécurité alimentaire sévère consacrent environ 73 pourcent de leurs dépenses aux besoins alimentaires, et reçoivent une aide familiale pour survivre.

    Les ménages pauvres continuent à supporter les effets des évènements saisonniers (fortes dépenses) qui ont contribué à affaiblir les ressources des ménages et à les endetter. Ils resteront donc à un niveau d’insécurité alimentaire de Crise jusqu’en Février et retomberont à un niveau de Stress de Mars à Juin lorsque leurs épargnes seront reconstituées. 


    Evenements qui pourraient changer les previsions

    Zone

    Evènement

    Impact sur la sécurité alimentaire

    Nord-ouest pastoral

    La poursuite de la saison sèche et froide

    • Cette saison peut contribuer à favoriser les maladies animales et à affaiblir encore plus le bétail et sa productivité.

    Sud-est pastoral frontalier

    Augmentation des prix

    • L’augmentation des prix des denrées de base pourraient impacter négativement la capacité d’achats, déjà réduite, des ménages pauvres.

    Nord-ouest pastoral

    Une forte augmentation des prix en Ethiopie

    • L’augmentation des prix en Ethiopie risque de directement impacter les ressources et la consommation des ménages pauvres de cette zone, qui dépendent du marché éthiopien pour leurs achats (2ème source de nourriture).

    Sud-est pastoral frontalier

    Des pluies de Diraac/Soughoum à des niveaux moyens

    • Avec une saison de pluies plus favorables, les ressources pourraient se régénérer et contribuer à améliorer l’accès à l’alimentation.
    Figures Calendrier saisonnier et evenements critques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et evenements critques

    Source: FEWS NET

    Résultats actuels de la Sécurité alimentaire, Janvier 2013

    Figure 2

    Résultats actuels de la Sécurité alimentaire, Janvier 2013

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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