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La diminution de l’aide humanitaire pendant la période de soudure de juin à septembre devrait donner lieu à des écarts dans la consommation alimentaire

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Djibouti
  • Avril 2014
La diminution de l’aide humanitaire pendant la période de soudure de juin à septembre devrait donner lieu à des écarts dans la consommation alimentaire

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  • Messages clé
  • Prévisions jusqu'a la fin du septembre 2014
  • Messages clé
    • L’insécurité alimentaire devrait empirer pour les ménages pauvres dans le Sud-est Pastoral Frontalier, le Nord-ouest pastoral et la Région Pastorale d’Obock de mai à septembre. Une diminution considérable de l’aide humanitaire, la fin précoce des pluies Xays/Dadaa, ainsi que la réduction anticipée des possibilités de revenus de juillet à septembre, feront probablement passer les ménages pauvres à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) de mai à septembre.
    • La détérioration rapide de la sécurité alimentaire des ménages dans les régions du Sud-est, du Nord-ouest et d’Obock, après les très bonnes pluies Karan/Karma et les pluies moyennes Xays/Dadaa, met en lumière l’extrême dépendance à l’égard de l’aide humanitaire et la fragilité des moyens de subsistance ruraux. Un suivi étroit des ménages ruraux comme des ménages urbains est nécessaire en raison de l’arrivée anticipée des ménages ruraux dans les centres urbains alors que l’insécurité alimentaire rurale s’intensifie.

     

    ZONE

    ANOMALIES COURANTES

    ANOMALIES PROJETÉES

    Sud-est (frontalier), Nord-ouest et pasteurs de l’Obock

    ·         Diminution considérable de l’aide humanitaire. La distribution alimentaire générale et les vivres contre du travail ont enregistré une baisse allant jusqu’à 70 pour cent par rapport à avril 2013.

    ·      L’aide humanitaire devrait encore baisser avec une réduction de 50 pour cent des rations alimentaires du PAM jusqu’à la fin août.

    Sud-est (frontalier) et pasteurs de l’Obock

    ·         Les pénuries d’eau se sont intensifiées à la suite de la fin précoce en janvier des pluies Xays/Dadaa qui se déroulent normalement d’octobre à février.

     

     

     

    ·      Les principales ressources pour les troupeaux, y compris l’eau, la pâture et le brout, devraient se détériorer plus rapidement que d’habitude à cause de la faible régénération durant la dernière saison des pluies, à laquelle s’ajoute d’une longue période de sécheresse après la fin prématurée des pluies Xays/Dadaa.

    Nord-ouest Pastoral et pasteurs de l’Obock

    ·         Les pluies Diraac/Sugum de mars à avril sont inférieures à la moyenne dans l’ensemble, à l’exception de quelques précipitations sporadiques dans le sud-est au cours de la première semaine d’avril.

     

    ·      La médiocrité des pluies Diraac/Sugum entraînera probablement l’arrivée précoce de la période de soudure, notamment dans la région d’Obock qui dépend beaucoup des pluies.

     


    Prévisions jusqu'a la fin du septembre 2014

    L’insécurité alimentaire devrait s’accentuer de mai à septembre dans trois zones préoccupantes clés, les zones de moyens de subsistance du Sud-est pastoral (frontalier), du Nord-ouest pastoral, dans l’Obock pastoral et les parties nord de la zone Centrale pastorale des basses terres. Les impacts positifs des pluies favorables Karan/Karma de juillet à septembre 2013 sur la sécurité alimentaire des ménages ont été érodés en raison à la fois des pluies Xays/Dadaa plus courtes, des pluies Diraac/Sugum de mars à avril inférieures à la moyenne et de la diminution considérable de l’aide humanitaire. En général, les pluies Diraac/Sugum représentent 20 à 40 pourcent de la pluviosité annuelle dans la région d‘Obock, ainsi que dans les parties centrale et du nord-ouest du pays, mais elles sont insignifiantes dans le sud-est. Les évaluations de la sécurité alimentaire nationale menées en février 2014 par l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), FEWS NET et le gouvernement de Djibouti montraient une baisse significative de la sécurité alimentaire, estimant que 70 pour cent de la population étaient confrontés à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC), voire pire, en février 2014, par rapport à 59 pour cent en septembre 2013. Même si les fonds envoyés devraient accroître l’accès alimentaire pendant la période du Ramadan et la fête de l’Aïd de juillet à août, les améliorations ont peu de chance d’atténuer les déficits de l’aide humanitaire et la diminution des possibilités d’emploi pendant la période de soudure de juillet à septembre lorsque les employeurs migrent en Somalie, en Éthiopie et dans les États du Golfe.

    Les prix de mars pour la farine de sorgho, la farine de blé et le riz demeuraient stables sur la majorité des marchés, à l’exception d’Ali Sabieh. Les réductions progressives des subventions concernant les transports ferroviaires continuent à exercer une pression à la hausse sur les prix de la farine de sorgho en provenance de Dire Dawa, Éthiopie, notamment dans les marchés de destination d’Ali Sabieh et de Tadjourah. Un kilo de farine de sorgho se vendait 176 DJF en mars par rapport à 170 DJF en février sur le marché d’Ali Sabieh, mais les prix de la farine de sorgho restaient stables sur les marchés de Dikhill et d’Obock avec des prix s’élevant respectivement à 110 DJF dans le district de Dikhill et à 120 DJF dans l’Obock en février et mars. Une tendance semblable pour les prix du riz et de la farine de blé était observée sur les marchés de Dikhill, d’Obock, et de Tadjourah, où les prix demeuraient stables. Les prix du riz ont augmenté de 5 pour cent à Ali Sabieh en mars, par rapport à février.

    L’insécurité alimentaire devrait empirer dans les prochains mois dans les principales zones préoccupantes, tel que décrit ci-dessous :  

    Zone pastorale du Sud-est (frontalier)

    L’insécurité alimentaire devrait s’intensifier de mai à septembre pour les ménages pauvres dans la zone du Sud-est frontalier. Les pluies prédominantes dans cette zone sont les pluies Xays/Dadaa qui se déroulent d’octobre à février et qui se sont terminées plus tôt en janvier, entraînant une détérioration plus précoce de la pâture, du brout et de l’eau. Les températures particulièrement basses en décembre ont prédisposé les animaux aux maladies et ont nui à leur état de santé, à leur production laitière et à leur valeur sur le marché. Les impacts défavorables de la baisse de la productivité du bétail et de la production agricole sur l’accès alimentaire des ménages ont été exacerbés par la diminution considérable de l’aide humanitaire. Seules 10.300 personnes ont eu accès à l’aide humanitaire en mars à Ali Sabieh et Dikhill, comparé à 30.700 en juin 2013. FEWS NET s’attend à une détérioration de l’accès alimentaire en raison des projets du PAM visant à réduire les rations alimentaires de 50 pour cent de mai jusqu’à la fin septembre. Le PAM cependant prévoit une amélioration de la distribution de l’aide alimentaire en septembre, grâce à l’engagement du gouvernement des États-Unis en faveur de l’aide alimentaire. 

    Outre la diminution de l’aide humanitaire, l’afflux des ménages pastoraux pauvres du nord-ouest de la Somalie a encore limité l’accès alimentaire et la disponibilité des ressources naturelles, soulignant la situation précaire de la sécurité alimentaire à laquelle les ménages pauvres continuent à faire face. Les principales possibilités de gagner un revenu, en particulier la production de charbon de bois, devraient diminuer entre mai et septembre, comme chaque année, car la température élevée limite la viabilité de la plupart des activités, réduisant encore les capacités des ménages à l’accès alimentaire. La combinaison de la réduction de l’aide humanitaire, l’état empirant du bétail, et les possibilités moindres de gagner un revenu pendant la soudure de juillet à septembre entraîneront probablement des lacunes dans la consommation alimentaire pour une grande partie des ménages pauvres. Les projections indiquent que les ménages pauvres seront confrontés à une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai jusqu’en septembre.  

    Les régions pastorales de l’Obock dans la zone pastorale Centrale des basses terres

    Les perspectives projetées semblent indiquer une insécurité alimentaire plus profonde chez les ménages pastoraux pauvres dans l’Obock. Les pluies Xays/Dadaa d’octobre à février se sont terminées plus tôt en janvier. Les pasteurs de l’Obock sont isolés du reste du pays et ont un accès limité aux interventions gouvernementales, à l’aide humanitaire et aux marchés. L’insécurité accrue dans l’Obock a limité l’accès normal aux marchés et a imposé des contraintes sur le ciblage adéquat des quantités déjà restreintes de l’aide alimentaire. Les pluies Diraac/Sugum de mars à mai, qui représentent 20 à 40 pourcent des précipitations annuelles dans l’Obock, ont été très sporadiques jusqu’à présent. Les possessions en bétail sont faibles, estimées à moins d’une unité de bétail tropical (UBT) par ménage. Par conséquent, la production du bétail ne maintiendra sans doute pas la sécurité alimentaire des ménages puisque moins de 5 pour cent du revenu des ménages dans l’Obock proviennent de la production du bétail.

    Contrairement à d’autres régions pastorales, les ménages de l’Obock assurent plus de 70 pourcent de leurs besoins alimentaires grâce à l’aide intercommunale et les envois monétaires par rapport aux pasteurs d’autres régions qui achètent 50 à 70 pourcent de leurs besoins alimentaires sur les marchés, ce qui met en lumière l’absence de moyens de subsistance autosuffisants chez les pasteurs de l’Obock. Les évaluations de février 2014 portant sur la sécurité alimentaire nationale indiquaient que les ménages pauvres dans l’Obock dépensaient environ 4.000 DJF par mois en denrées alimentaires et articles non alimentaires, comparé à 13. 000 à 19.000 DJF chez les pasteurs du sud-est et du nord-ouest, une indication du pouvoir d’achat limité. L’indice des stratégies d’adaptation — qui indique le nombre de fois où les ménages adoptent des stratégies d’adaptation destructives chaque semaine — s’élevait à 5,9 pour les ménages pastoraux pauvres de l’Obock en février, par rapport à 2 ou 3 pour les ménages pastoraux du sud-est et du nord-ouest. Mêmes si les prix alimentaires du sorgho, du riz, de la farine de blé et du sucre sont restés stables d’octobre 2013 à mars 2014, nombre de ménages pauvres n’ont pas la capacité d’acheter des denrées alimentaires sans gravement compromettre leurs moyens de subsistance et l’état nutritionnel du ménage. Les ménages pauvres dans l’Obock devraient être en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) de mai à septembre.

    Zone pastorale du Nord-ouest

    Même si l’insécurité alimentaire devrait empirer pour les ménages pauvres de mai jusqu’à septembre, les pluies favorables Karan/Karma de juillet à septembre l’année passée ont amélioré la mise à bas du bétail et la production laitière, et ont accru la disponibilité de l’eau dans les réservoirs de Dorra et Madjoul. Les pluies irrégulières Diraac/Sugum ont eu peu d’effets sur la régénération des éléments de base des troupeaux, soit la pâture, le brout et l’eau. Les moyens de subsistance relativement plus solides ont atténué la baisse de la sécurité alimentaire. Les ménages dans le nord-ouest ont 3,5 unités de bétail tropical (UBT), selon les estimations, comparé à 1 à 2 UBT dans le sud-est et l’Obock. Les ménages pastoraux du nord-ouest ont également pu migrer dans les zones côtières dépendantes des pluies Xays/Dadaa d’octobre à janvier. Pour autant, une réduction de 80 pour cent de l’aide humanitaire en avril 2014, par rapport à avril 2013, entraînera probablement une grave détérioration de la sécurité alimentaire des ménages pour une partie importante des ménages dépendant de l’aide humanitaire, qui n’ont pas de bétail et disposent de possibilités limitées pour gagner un revenu. Une enquête sur la nutrition menée en décembre 2013 par le Ministère de la Santé et l’UNICEF indique des niveaux élevés du taux de malnutrition aiguë globale (MAG) dans l’ensemble du pays. Dans le nord-ouest, la prévalence de la MAG était de 16,4 pour cent (IC : 11,4 à 22,4 à un niveau de confiance de 95 pour cent), suggérant une probabilité de résultats et de vulnérabilité des ménages plus graves face aux chocs lors de la progression de la période de soudure de juin à septembre. La sécurité alimentaire des ménages pauvres dans la Zone pastorale du Nord-ouest se détériorera probablement à un niveau de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai pendant toute la période des perspectives jusqu’en septembre.

    Alors que l’insécurité alimentaire empire dans les zones de moyens de subsistance ruraux, l’arrivée des pasteurs des ménages pauvres dans les centres urbains augmentera sans doute. Le suivi de l’évolution de l’insécurité alimentaire en zone urbaine sera nécessaire dans les mois à venir parce que les possibilités de générer des revenus seront insuffisantes pour faire face à la demande de main d’œuvre accrue des zones rurales, en particulier pendant l’été de juillet à septembre, lorsque l’emploi est très limité. Les ménages pauvres à Lablayeh 1 et 2 et à Warabley dans les quartiers urbains de Balbala (soit 35 de la population du pays) représentent le groupe le plus vulnérable en raison du taux de chômage élevé, attribuable aux mauvaises conditions socioéconomiques, et du pouvoir d’achat limité.    

    Figures Seasonal Calendar for a Typical Year in Djibouti

    Figure 1

    Seasonal Calendar for a Typical Year in Djibouti

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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