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La persistante hausse des produits alimentaires et des carburants entraînent une crise (Phase 3 de l’IPC) dans le Nord

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burundi
  • Octobre 2023 - Mai 2024
La persistante hausse des produits alimentaires et des carburants entraînent une crise (Phase 3 de l’IPC) dans le Nord

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  • Messages clé
  • Aperçu national
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord (Figure 6)
  • Messages clé
    • La zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord devrait être confrontée à une Crise (Phase 3 de l’IPC) d’ insécurité alimentaire aiguë d’octobre à décembre, en raison de l’épuisement rapide des stocks alimentaires de la Saison 2023 B, de l’augmentation des prix des denrées alimentaires, de la hausse des prix des carburants, de l’accès restreint aux opportunités transfrontalières, et de bas salaires de la main d’œuvre. Parallèlement, les zones de moyens d’existence des Dépressions de l’Est et des Plateaux Secs de l’Est sont susceptibles de connaître du Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) au cours de la même période. Cette situation est due à la période de soudure caractéristique, marquée par une flambée des prix des produits alimentaires et un accès limité aux opportunités transfrontalières.

    • Le taux d'inflation burundais oscillant autour de 30 pour cent en août, et le taux annuel de dépréciation du franc burundais (BIF) à un taux de 10 pour cent provoquent des prix alimentaires élevés. En outre, le marché parallèle enregistre un taux de 75 à 100 pour cent supérieur à celui du marché officiel. Le déficit persistant de la balance commerciale, compris entre 15 et 25 pour cent par an, aggrave la complexité de la situation économique. Ces facteurs entraînent des prix élevés pour les biens importés ; cas du carburant qui a connu trois hausses de prix depuis le début de l'année, la plus récente augmentation, début octobre, portant le prix à 4550 BIF le litre. Ce prix représente une augmentation de 40 pour cent par rapport à juillet et de près de 70 pour cent par rapport à la même période de l'année dernière.

    • Malgré les défis économiques persistants, la récolte proche de la moyenne de la Saison 2023 B a contribué à stabiliser les prix des denrées alimentaires de base en septembre. Toutefois, les prix restent nettement élevés, allant de 30 à 75 pour cent au-dessus de l’année dernière et de 80 à 120 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale. Le prix du panier alimentaire a augmenté de 50 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale et d’environ 30 pour cent par rapport à l’année précédente. Ces hausses de prix sont attribuées à la hausse des coûts des produits alimentaires importés en raison de l’inflation nationale, de l’augmentation des dépenses en intrants agricoles et des coûts élevés du carburant et du transport.

    • L’arrivée à temps des pluies de la petite saison agricole a permis un démarrage normal de la Saison 2024 A. Selon les prévisions météo, des précipitations supérieures à la moyenne sont attendues d'octobre à décembre 2023 en raison de la survenue prévue d'El Niño. Les précipitations supérieures à la moyenne entraîneront probablement des inondations localisées, des glissements de terrain et des dommages aux infrastructures dans la Plaine d'Imbo et le long des principaux rivières.

    • Selon le PAM, les insuffisances de financement ont eu pour conséquence qu'environ 56000 réfugiés et demandeurs d’asile reçoivent environ 70 pour cent de leur ration alimentaire habituelle. Cette contraction d’aide alimentaire est susceptible de contribuer au stress ! (Phase 2 de l’IPC !) alimentaire des ménages jusqu’en janvier 2024. Environ 6300 personnes qui sont rentrées chez elles ont reçu une ration complète, y compris des repas chauds pendant leur séjour dans les centres de transit, ainsi qu'un paquet de trois mois pour soutenir leur réintégration. L'aide humanitaire a été étendue à plus de 22000 personnes touchées par des chocs climatiques et socio-économiques à Ngozi, Kirundo, Muyinga, Cibitoke et Bujumbura grâce à une combinaison de transferts en nature et en espèces, couvrant 100 pour cent de leurs besoins caloriques.


    Aperçu national

    Situation actuelle

    La production agricole : La période de soudure prévaut au Burundi d'octobre à décembre. Les stocks alimentaires issus d’une production de la saison 2023 B proche de la moyenne sont globalement épuisés, de nombreux ménages pauvres comptent sur les marchés pour se procurer de la nourriture. Ils sont également aux prises avec des dépenses substantielles liées au remboursement des intrants agricoles tels que les semences, les engrais et les dépenses de main-d'œuvre pour les semis de la saison A effectués en septembre et octobre. Cette année, les ménages sont confrontés à des prix alimentaires élevés et à des revenus inférieurs à la moyenne, en particulier dans les zones de moyens d'existence des Dépressions de l'Est et du Nord et des Plateaux Secs de l'Est.

    La production agricole de la saison C représente 15 pour cent de la production agricole annuelle et fournit des stocks alimentaires pour environ trois semaines entre octobre et décembre à environ 45 pour cent de la population totale possédant des parcelles dans les marais. Les précipitations de Septembre ont  eu un impact positif, en améliorant l’humidité du sol et en créant des conditions favorables pour la saison 2023 C attendue, supérieure à la moyenne. Ce résultat positif est en outre soutenu par une augmentation des superficies cultivées, attribuée au soutien accru du gouvernement et des partenaires. Ce soutien comprend des initiatives telles que la promotion des systèmes d'irrigation et des subventions des engrais à hauteur de 60 pour cent et les semences de maïs améliorées à 50 pour cent des prix normaux.

    Malgré une augmentation des prix des fertilisants  de près de 10 pour cent observés en septembre, l'engagement du gouvernement à subventionner les engrais et les semences de maïs, ainsi que la hausse des prix des denrées alimentaires, devraient inciter les agriculteurs à réaliser des investissements supplémentaires au cours de la saison à venir. Cette combinaison de facteurs, notamment des conditions météorologiques favorables, des mesures de soutien et des prix alimentaires élevés, devrait se traduire par une amélioration des performances agricoles.

    Les précipitations supérieures à la moyenne attendues devraient créer des conditions météorologiques propices à la production de cultures de rente, notamment le café, le thé et l’huile de palme. Cela devrait donner des récoltes moyennes, voire supérieures à la moyenne, fournissant un revenu stable à environ 45 pour cent des propriétaires de cultures, principalement issus de ménages aisés et à revenus moyens. En outre, l’amélioration de la production agricole devrait générer des opportunités d’emploi pour les ménages pauvres et très pauvres, leur permettant de gagner des revenus grâce à diverses activités associées à la culture et à la récolte. Cependant, une pénurie de plaçons de pommes de terre pour la saison en cours signalée par l'Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU), entraînera probablement une réduction des semis de pommes de terre et pourrait freiner la tendance croissante de cette culture, en particulier dans la zone de moyens d'existence des Hautes Altitudes. Le chevauchement précédent des saisons 2023 A et B a entraîné une diminution de la superficie plantée au cours de la saison B, ce qui a entraîné une réduction de la quantité de matériel de plantation de pommes de terre disponible pour les suivantes saisons 2024 A et B. En conséquence, de nombreuses parcelles, initialement désignées pour la culture de pommes de terre, seront ensemencées en maïs afin d'atténuer l'impact de cette pénurie.

    Sources de revenus : Selon l’Analyse Globale de la Sécurité Alimentaire, de la Nutrition et de la Vulnérabilité au Burundi (CFSVA 2023) menée en août 2023, les ménages burundais tirent une partie importante de leurs revenus de diverses sources. Environ la moitié de leur revenu total provient de l'agriculture de subsistance, avec 20 pour cent provenant de la vente de main d'œuvre, 15 pour cent d'activités liées à l'élevage, 10 pour cent du petit commerce et 5 pour cent d'activités liées aux cultures de rente (Figure 1). Les ménages dont les récoltes de la Saison 2023 B sont proches de la moyenne, en particulier les plus aisés, ont la capacité d’augmenter leurs revenus en vendant une partie de leur production, en profitant de la hausse des prix des denrées alimentaires.

    Figure 1

    Proportions des sources de revenus des ménages ruraux, sur la base d'une enquête nationale d'août 2023 (n = 9500 ménages)
    Share of total household income by source among rural households, based on a national survey in August 2023 (n=9,500 households)

    Source: WFP CFSVA

    Durant la mie en place de la saison A, les ménages pauvres et très pauvres tirent des revenus majoritairement du travail agricole de labours et des semis de maïs et de haricots, comme principale source de revenus. En revanche, les ménages moyens et aisés gagent les revenus des activités liées à l’élevage et ventes des récoltes. Cependant, les coûts de main-d'œuvre ont connu une augmentation notable, avec des salaires environ 30 à 50 pour cent plus élevés que l'année précédente. Cela profite particulièrement aux ménages pauvres des Plateaux Secs de l'Est, des Hautes Altitudes, des Dépressions de l'Est et de Buragane en leur fournissant un revenu supplémentaire provenant du travail et en améliorant leur accès à la nourriture. L'amélioration de l'accès aux opportunités transfrontalières en Tanzanie, englobant les activités agricoles, le petit commerce et l'emploi de main-d'œuvre, augmente progressivement les revenus des ménages pauvres et très pauvres des Dépressions de l'Est, des Plateaux Secs de l'Est et de Buragane. Les salaires journaliers en Tanzanie sont par ailleurs 60 pour cent plus élevés qu'au Burundi, ce qui augmente les revenus des ménages et atténue la concurrence sur les emplois disponibles localement.

    Cependant, des inquiétudes subsistent quant à la conversion des pâturages en cultures de pommes de terre dans la zone de subsistance de haute altitude. Si cela crée de nouvelles opportunités d’emploi et améliore les moyens de subsistance des populations locales, en particulier des ménages pauvres et très pauvres, elle peut également conduire à une dégradation de l’environnement. La surexploitation des terres est susceptible de les rendre vulnérables à l’érosion, à la dégradation des sols et à l’épuisement des eaux, ce qui aura un impact négatif sur la durabilité à long terme de l’écosystème local et de la biodiversité et pourrait réduire la productivité du bétail. En outre, les salaires très bas des Dépressions du Nord, qui sont 50 pour cent inférieurs à la moyenne nationale, suscitent des préoccupations. Ce problème est particulièrement important dans le contexte de la hausse des prix alimentaires, qui diminue les termes de l'échange pour les ménages pauvres et très pauvres de la zone qui dépendent des marchés pour leurs achats alimentaires, les rendant plus vulnérables aux effets de la hausse des prix alimentaires en raison de leurs revenus limités.

    Conditions économiques: 

    Le taux d'inflation est resté élevé depuis le début de l’année, atteignant environ 30 pour cent, alors que la dépréciation du BIF se poursuit. Pour remédier à l'instabilité du BIF et réduire l'écart entre les marchés officiels et parallèles, la Banque centrale du Burundi (BRB) a levé l'interdiction des bureaux de change en octobre 2022. En outre, la BRB a augmenté le taux de change officiel du BIF de 35 pour cent, qui est passé de 2084,43 BIF à 2817,66 BIF pour 1 USD en mai 2023. Cependant, la pénurie de réserves de change persiste et le taux de change officiel reste inférieur d'environ 50 pour cent à celui du marché parallèle. Par ailleurs, le prix du carburant a augmenté à 4550 BIF en début octobre 2023, soit environ 40 et 70 pour cent au-dessus de juillet et de l'année dernière, respectivement. La hausse des prix du carburant et les coûts élevés de transport des denrées alimentaires contribuent à la hausse des prix des denrées alimentaires et des prix des biens importés, y compris des produits alimentaires.

    Les prix des denrées alimentaires : Malgré les défis économiques persistants, la récolte proche de la moyenne de la Saison 2023 B a joué un rôle crucial dans la stabilisation du prix des denrées alimentaires de base en septembre. Ces prix sont toutefois restés sensiblement élevés, avec des augmentations allant de 30 à 75 pour cent par rapport à l’année précédente et de 80 à 120 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale (Figure 2). Le prix du panier alimentaire a également augmenté de 50 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale et de 30 pour cent par rapport à l’année précédente. La flambée des prix des denrées alimentaires pourrait être attribuée à l’inflation régionale, à la hausse des coûts associés aux intrants agricoles et à l’augmentation des dépenses de transport de carburant et de nourriture. En outre, l'insécurité croissante dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC) a limité la production agricole locale, ce qui a entraîné une demande accrue d'exportations vers la RDC, en particulier pour le riz et le maïs. Malgré les restrictions administratives sur l'exportation des récoltes dans les provinces frontalières du Rwanda et de la Tanzanie, les ménages et les commerçants sont toujours impliqués dans les exportations officieuses de haricots vers ces pays voisins. Cela est principalement dû aux taux de change favorables de la monnaie locale, qui sont 60 pour cent plus élevés en Tanzanie et près de trois fois plus élevés au Rwanda, créant des incitations pour ce type de commerce transfrontalier.

    Figure 2

    Dynamique des prix des alimentaires de base
    Food commodity price dynamics

    Source: WFP/SIP

    Aide alimentaire humanitaire : En septembre 2023, plus de 317000 personnes avaient besoin d’une aide humanitaire, mais les niveaux de financement ne représentaient qu’environ 30 % du montant requis. Ce déficit de financement  a fait que environ 56000 réfugiés et asile ne reçoivent que 70 pour cent de leur ration alimentaire habituelle du PAM. Cependant, environ 6300 personnes qui sont rentrées chez elles ont reçu une ration complète, y compris des repas chauds, pendant leur séjour dans les centres de transit. Ils ont également reçu une assistance de trois mois pour soutenir leur processus de réintégration. En outre, l'aide humanitaire a été étendue à plus de 22000 personnes touchées par les chocs climatiques et socio-économiques à Ngozi, Kirundo, Muyinga, Cibitoke et Bujumbura depuis avril 2023. Cette assistance est fournie sous forme d'aide en nature et de transferts en espèces, couvrant 100 pour cent de leurs besoins caloriques. Alors qu'une moyenne de 2000 à 3500 rapatriés a été signalée de janvier à juillet, une tendance à la hausse des rapatriés, supérieure à 5500 en août et 6300 en septembre, a été observée. L'augmentation des rapatriés est liée à l'amélioration de la sécurité et aux efforts du gouvernement pour soutenir les rapatriés.

    Conflit et insécurité :Les efforts du gouvernement de démilitarisation politique depuis 2022 réduisent les attaques armées. Le nombre d’incidents violents provoqués par des groupes politiques a diminué de 10 % sur un an entre 2022 et 2023. Bien que certains cas d’insécurité aient été observés de janvier à août 2023, la violence a globalement diminué. Par ailleurs, les Forces de Défense Nationale du Burundi (FDNB) et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont maintenu des opérations visant à neutraliser els actions des groupes armés actifs en RDC. Ces efforts ont conduit à une réduction des capacités de ces groupes à mener des attaques transfrontalières au Burundi.

    Résultats actuels en matière de sécurité alimentaire

    Une situation d’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) dans la zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord, est attendue pendant la période de soudure d’octobre à décembre 2023, selon une évaluation rapide de la sécurité alimentaire du mois d’août 2023. Cette insécurité alimentaire aiguë est principalement due aux facteurs tels que l’épuisement des stocks alimentaires de la Saison 2023 B, la hausse des prix des denrées alimentaires, l’accès limité aux opportunités transfrontalières avec le Rwanda et les salaires très bas, qui sont 50 pour cent inférieurs à la moyenne nationale. La période de soudure est particulièrement difficile pour les ménages en raison des dépenses non alimentaires supplémentaires, notamment le remboursement des prêts utilisés pour les intrants agricoles au cours de la Saison 2024 A, ce qui rend plus difficile l'accès à la nourriture.

    Bien que l'accès aux opportunités transfrontalières en Tanzanie se soit amélioré, en partie grâce à la suppression des frais de dépistage du COVID-19 et aux opportunités de travail agricole local pour la Saison 2024 A, les zones de moyens de subsistance des Dépressions de l'Est et des Plateaux Secs de l'Est devraient toujours connaître une situation de stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC), conséquences de l’insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure. De plus, les ménages pauvres et très pauvres de ces zones risquent d’être confrontés à un accès limité aux produits alimentaires sur les marchés en raison d’une production agricole inférieure à la moyenne et de la hausse des prix des denrées alimentaires. Cependant, la plupart des ménages devraient connaître une situation de sécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans la partie ouest du pays, grace à l’accès quasi normal à la nourriture et aux sources de revenus typiques, leur permettant de maintenir un accès presque moyen aux achats sur le marché malgré la hausse des prix des denrées alimentaires.

    En outre, selon les rapports du Ministère de la Santé et de la Lutte contre le SIDA, les données sur la malnutrition aiguë montrent une diminution de 15 pour cent des cas d'admission, reflétant l'amélioration des résultats nutritionnels depuis l'enquête de mars 2022, contribuant à une MAG acceptable inférieur à 5 pour cent dans la plupart des régions du pays. Cependant, un niveau d’alerte de malnutrition aiguë (MAG de 5 à 9,9 pour cent) est attendu dans les zones de moyens d’existence du Nord et de l’Est (Figure 3).

    Figure 3

    Tendance des admissions moyennes en nutrition, 2022-2023
    Trend of average nutrition admissions, 2022–2023

    Source: Ministry of Health


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal Calendar for a Typical Year

    Source: FEWS NET

    Hypothèses

    Entre octobre 2023 et mai 2024, les résultats projetés en matière de sécurité alimentaire sont basés sur les hypothèses suivantes au niveau national :

    • De sévères conditions El Ninon prévues d’octobre 2023 au début de 2024 devraient conduire à des précipitations supérieures à la moyenne, avec un pic susceptible de se produire entre octobre 2023 et janvier 2024. Des précipitations excessives sont susceptibles de provoquer des inondations localisées dans la Plaine d’Imbo et le long d’importantes rivières, mais des glissements de terrain et érosions localisés sont également attendus dans la zone de moyens d'existence de Crete Congo Nil.
    • La production de la Saison 2023 C en novembre devrait légèrement dépasser la moyenne. Les prévisions favorables de production agricole s'expliquent par les précipitations proches de la moyenne enregistrées en septembre et l'augmentation des superficies cultivées grâce à l'amélioration du soutien technique du gouvernement et de ses partenaires, notamment la promotion des systèmes d'irrigation et l'octroi de subventions pour les engrais et les semences de maïs améliorées. Les récoltes attendues en novembre atténueront la période de soudure d'octobre à décembre pour environ 45 pour cent de la population qui possède des marais agricoles où est cultivée la saison C.
    • La récolte de la Saison 2024 A devrait être proche de la moyenne, soutenue par une disponibilité accrue d'engrais et de semences de maïs améliorées, subventionnés é à 60 pour cent par le gouvernement. Cependant, en raison de la forte vulnérabilité aux précipitations excessives, la production de haricots (qui représente 15 pour cent de la production totale de la saison A) devrait être inférieure à la moyenne. La production de cultures généralement tolérantes à des précipitations abondantes, telles que les tubercules, les céréales et les bananes, devraient être proches de la normale, réduisant ainsi l'écart dû à la baisse de la production de haricots. La production agricole devrait être inférieure à la moyenne dans le nord et l'est du pays, où les haricots sont principalement cultivés pendant la saison A, tandis qu'elle devrait être partiellement réduite dans la Plaine de l'Imbo et le long d'importantes rivières réparties sur l'ensemble du territoire national en raison d'inondations localisées.
    • Les précipitations attendues supérieures à la moyenne entre février et mai 2024 devraient se traduire par une production de haricots de la Saison 2024 B inférieure à la moyenne, représentant 30 pour cent de la production agricole totale. Cependant, la production agricole de tubercules, de maïs et de bananes devrait être proche de la moyenne, soutenue par des précipitations abondantes et des subventions des fertilisants et les semences.
    • Les opportunités de travail de main d’oeuvre devraient augmenter de 20 pour cent entre octobre et décembre par rapport à l’année dernière au niveau national, encourageant probablement les ménages pauvres et très pauvres à s’engager davantage dans le travail agricole, la principale source de revenus pour environ 40 pour cent de la population totale. De même, la production pastorale supérieure à la moyenne devrait offrir des opportunités de travail supérieures à la moyenne aux ménages pauvres et très pauvres.
    • L’instabilité politique persistante entre le Burundi et le Rwanda limiteront probablement les opportunités transfrontalières dans les Dépressions du Nord, tandis que l'insécurité croissante en RDC maintiendra les opportunités transfrontalières inférieures à la moyenne dans les régions occidentales.
    • Les salaires plus élevés en Tanzanie, 60 pour cent supérieurs à ceux du Burundi, encouragent les ménages pauvres et très pauvres à se rendre en Tanzanie pour y trouver des opportunités de travail agricole. Toutefois, les revenus gagnés seront probablement inférieurs à la moyenne jusqu’en mai 2024, en attendant la connection sur opportunités typiques.
    • L'inflation devrait continuer à augmenter, aggravant l'écart entre les taux de change officiel et non officiel de la BIF tout au long de la période projetée et contribuant à l'augmentation des prix des biens importés, notamment des carburants et des denrées alimentaires.
    • Des désaccords politiques localisés sont susceptibles dans l'ensemble du pays jusqu'en mai 2024. Des attaques occasionnelles à petite échelle sont également probables dans les zones frontalières du Burundi, le long des provinces de Bubanza et de Cibitoke.
    • Les prix des denrées alimentaires de base devraient rester élevés tout au long de la période du scénario, dépassant à la fois les prix de l'année dernière et la moyenne quinquennale. Sur le marché de Gitega, représentatif de la tendance nationale, les prix des haricots devraient augmenter de 30 à 75 pour cent par rapport à l'année précédente et d'environ 100 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale (Figure 4) au cours de la période d'analyse. Des hausses similaires sont également attendues pour les prix du maïs (Figure 5). Outre les tendances saisonnières, les prix supérieurs à la moyenne sont attribués à plusieurs facteurs. Il s’agit notamment d’une diminution attendue des importations alimentaires, des exportations alimentaires non officielles liées à la dévaluation du BIF par rapport au dollar américain et d’une hausse anticipée des coûts de carburant et de transport. La hausse des prix des haricots est encore exacerbée par la probabilité d’une production de haricots inférieure à la moyenne au cours des Saisons 2024 A et B.

    Figure 4

    Gitega, projections intégrées des prix des haricots
    Gitega, beans integrated price projections

    Source: SIP/WFPM

    Figure 5

    Gitega, projections intégrées des prix du maïs
    Gitega, maize integrated price projections

    Source: SIP/WFP

    • Entre 10 000 et 20 000 Burundais devraient rentrer chaque mois pendant la période d'analyse. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays devrait augmenter d'environ 10 pour cent en raison des inondations prévues d'octobre à début 2024. L'insécurité persistante dans l'est de la RDC devrait entraîner une augmentation de 10 à 15 pour cent du nombre de réfugiés, qui devrait atteindre environ 95 000 personnes d'ici mai 2024.
    • Les programmes de supplémentation nutritionnelle dans les centres de santé, les cantines scolaires, l’assistance aux rapatriés et le soutien aux victimes de catastrophes naturelles devraient se poursuivre à des niveaux proches de la moyenne. Cependant, l’assistance alimentaire pour les réfugiés et les demandeurs d’asile devrait rester réduite de 70 pour cent de tout au long de la période de projection.
    • La malnutrition aiguë est susceptible de s'aggraver en raison de la réduction de l'accès à la nourriture pendant la période de soudure d'octobre 2023 à janvier 2024. Au cours de cette période, davantage de provinces devraient atteindre un niveau d'alerte de malnutrition aiguë (MAG de 5 à 9,9 %). Il est probables que ces niveaux persiste jusqu’en janvier 2024 dans les zones de moyens d’existence des Dépressions de l’Est et du Nord ainsi que dans les Plateaux Secs de l’Est. Cependant, les résultats nutritionnels s’amélioreront probablement progressivement jusqu’à un niveau acceptable (MAG < 5 %) à partir de février 2024 dans le reste du pays, en raison de l’augmentation de la disponibilité alimentaire résultant de la récolte de la Saison 2024 A.

    Résultats de sécurité alimentaire aiguë les plus probables 

    Dans la zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord, des résultats d’insécurité alimentaire aiguë de Crise alimentaire (Phase 3 de l’IPC) sont attendus d’octobre 2023 à janvier 2024. Ceci est dû à l’épuisement rapide des stocks alimentaires de la Saison 2023 B, aggravé par la hausse des prix des denrées alimentaires, un accès limité aux revenus, les bas salaires du travail et les dépenses non alimentaires liées au remboursement des prêts pour les intrants de la Saison 2024 A. Les zones de moyens d’existence des Dépressions de l’Est et des Plateaux Sèches de l’Est sont susceptibles de connaître du Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) pendant la période de soudure. Les ménages pauvres et très pauvres de ces zones devraient être confrontés à un accès limité à la nourriture sur les marchés en raison des revenus inférieurs à la moyenne issus des opportunités transfrontalières avec la Tanzanie, aggravant encore l'impact de la production agricole inférieure à la moyenne et de la hausse des prix alimentaires.

    La production agricole de la Saison 2024 A attendue, proche de la moyenne, devrait améliorer l’accès à la nourriture dans les Dépressions du Nord, améliorant ainsi les résultats de sécurité alimentaire jusqu’à Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant la période de récolte et post-récolte de février à mai 2024, ainsi que dans les Dépressions de l’Est et les Plateaux Secs de l’Est. Les réfugiés devraient recevoir environ 70 pour cent de leurs besoins alimentaires, et le nombre de personnes déplacées en raison d’inondations ou de glissements de terrain devrait augmenter jusqu’à 100000 entre octobre 2023 et mai 2024, conduisant à des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en mai 2024. Cependant, la plupart des ménages de l’ouest du pays sont susceptibles de connaître des résultats de sécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC) au cours de la période d’analyse. Cela est dû à leur accès quasi normal à des sources de nourriture et de revenus typiques, ce qui leur permet de maintenir un accès presque moyen aux achats sur le marché malgré la hausse des prix des denrées alimentaires.

    Événements susceptibles de modifier les perspectives

    Tableau 1. Événements possibles qui pourraient modifier le scénario le plus probable au cours des huit prochains mois 

    ZoneÉvénementImpact sur les résultats en matière de sécurité alimentaire
    NationalPrécipitations moyennes au cours des saisons 2024 A et B Des précipitations moyennes entraîneraient une amélioration de la production de haricots et une production moyenne à supérieure à la moyenne des Saisons A et B de 2024 dans les Dépressions de l'Est et du Nord et dans sur les Plateaux  Secs de l'Est. Elles seraient suivies de la diminution des inondations et du nombre de personnes déplacées dans la Plaine de l'Imbo. Une production agricole moyenne à supérieure à la moyenne stabiliserait probablement les prix des denrées alimentaires et améliorerait l’accès à la nourriture début 2024 au niveau national, réduisant ainsi le nombre de ménages confrontés à des situations de Crise (Phase 3 de l’IPC) et de Stress (Phase 2 de l’IPC) alimentaires.
    NationalNouvelle dévaluation du Francs Burundais (BIF)Une nouvelle dévaluation du BIF entraînerait probablement une diminution des importations alimentaires, une réduction de la disponibilité alimentaire et une augmentation des prix des denrées alimentaires. La hausse des prix alimentaires diminuerait considérablement l’accès à l’alimentation des ménages pauvres et très pauvres, surtout pendant les périodes de soudure d’octobre à décembre et d’avril à mai, augmentant le nombre de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaires.
    Zones de moyens d’existence des Dépressions de l’Est et du Nord et des Plateaux Secs de l’EstPrécipitations localisées inférieures à la moyenne vers fin 2023 et début 2024Des précipitations localisées inférieures à la moyenne vers la fin de 2023 dans les zones de moyens d’existence des Dépressions de l’Est et du Nord et des Plateaux Secs de l’Est entraîneraient probablement une nouvelle destruction des cultures de la saison 2024 B, ce qui entraînerait des récoltes nettement inférieures à la moyenne, une augmentation des prix des denrées alimentaires et une nouvelle baisse d’accès alimentaire début 2024. Une détérioration IPC en Crise (Phase 3 de l’IPC) se prolongerait de janvier à mai au nord et le nombre de ménages en Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) augmenterait à l’est.
    NationalAugmentation du prix du carburantUne nouvelle dévaluation du BIF et une réduction de la capacité d'importation au niveau national entraîneraient une augmentation des coûts de transport et des prix des denrées alimentaires et une diminution de l'accès à la nourriture pour les ménages pauvres et très pauvres, en particulier pendant les périodes de soudure d'octobre à décembre et d'avril à mai, augmentant ainsi le nombre de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaires.

     


    Zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord (Figure 6)

    Situation actuelle

    La zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord, qui borde le Rwanda, abrite environ 1,14 million de personnes et comprend la province de Kirundo (communes Bugabira, Busoni, certaines parties des communes de Kirundo et Ntega) et la commune de Giteranyi dans la province de Muyinga. Cette zone a été confrontée à des défis tels que des précipitations tardives et inférieures à la moyenne au cours de la Saison 2023 A, des déficits pluviométriques localisés au cours de la Saison 2023 B, la hausse des prix des denrées alimentaires, la réduction des revenus provenant des opportunités transfrontalières en raison des incertitudes politiques entre le Burundi et le Rwanda, et un manque d’opportunités de travail de main d’oeuvre locale. La majorité des ménages de cette zone dépendent fortement de l’agriculture de subsistance pour leur alimentation et leurs sources de revenus, 65 pour cent d’entre eux gagnant de l’argent grâce aux activités agricoles locales et au travail transfrontalier.

    Les stocks alimentaires de la Saison 2023 B, proche de la moyenne, qui devaient couvrir la plupart des besoins alimentaires des ménages, ont été rapidement épuisés, notamment chez les ménages pauvres et très pauvres, en raison de faibles rendements et de la hausse des prix des denrées alimentaires. La production agricole, principalement le haricot, est leur principale source de revenus, et ils prévoient de vendre ces récoltes en janvier pour rembourser les dettes liées aux intrants de la saison A en septembre et pour maintenir l'accès à la nourriture pendant la période de soudure prolongée de septembre à décembre. L’accès restreint à aux opportunités de la frontière rwandaise de commerce transfrontalier et les opportunités de revenus pour ces ménages. En règle générale, ils s’appuient davantage sur les revenus provenant d’activités transfrontalières lorsque la production agricole est affectée par des chocs. Cependant, en l’absence de telles opportunités, ils dépendent de la main d’œuvre locale, qui est bien moins bien rémunérée qu’au Rwanda, environ 2500 BIF dans les Dépressions du Nord. Ce montant est nettement inférieur au salaire journalier national de 3850 BIF. Dans le même temps, les prix alimentaires élevés et les revenus inférieurs à la moyenne limitent encore davantage le pouvoir d’achat des ménages et entravent l’accès à la nourriture sur le marché local. Le coût du panier alimentaire dans cette zone a considérablement augmenté, atteignant 45 et 55 pour cent au-dessus de l'année dernière et de la moyenne quinquennale, contrairement aux moyennes nationales de 30 et 45 pour cent.

    Figure 6

    Carte de la zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord
    Map of Northern Lowlands livelihood zone

    Source: FEWS NET

    La zone de moyens d'existence des Dépressions du Nord a reçu une aide humanitaire du PAM et d'autres organisations, bénéficiant à environ 53000 personnes, soit près de 5 pour cent de la population totale de la zone. Cette assistance comprend un programme de retour de trois mois composés de céréales, de légumineuses, d'huile et de sel pour les rapatriés à leur arrivée, ce qui permettra d'améliorer la disponibilité alimentaire dans la région et au sein des ménages. Des programmes de filets de sécurité comprennent des cantines scolaires (deux fois par semaine) et des programmes de transferts monétaires dans le cadre du programme MERANKABANDI, touchant 5000 ménages. En outre, plus de 2500 enfants malnourris reçoivent chaque mois 200 grammes de super céréales par jour pour traiter la malnutrition aiguë modérée, tandis qu'environ 1500 femmes enceintes et allaitantes reçoivent 250 grammes de suppléments nutritionnels.

    Hypothèses

    En plus des hypothèses à l’échelle nationale, les hypothèses suivantes s’appliquent à cette zone de préoccupation :

    • L’accès limité aux opportunités de travail transfrontalier au Rwanda devrait persister tout au long de la période d’analyse. Cette situation aura un impact négatif sur les revenus des ménages pauvres et très pauvres, qui dépendent des opportunités de main d’œuvre agricole. Le coût du travail dans la zone sont restés stagnants à un niveau bas, ce qui réduit encore davantage le pouvoir d'achat de ces ménages, surtout compte tenu de la hausse des prix des denrées alimentaires.
    • Les programme de filets de sécurité sociale continueront probablement à des niveaux inférieurs à la normale en raison de déficits de financement. Malgré la reprise du programme MERANKABANDI, qui soutient 5000 ménages, tous les autres programmes de filets de sécurité devraient être inférieurs à la moyenne. Les programmes de nutrition destinés aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes et allaitantes devraient se poursuivre au même niveau.

    Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire

    En raison de l'épuisement rapide des stocks alimentaires de la Saison 2023 B et de la dépendance du marché pour l'accès à la nourriture, ainsi que d'un accès aux revenus inférieur à la moyenne, il est prévu que l'accès à la nourriture pendant la période de soudure d'octobre à décembre 2023 sera inférieur à la normale. La zone de moyens d’existence est susceptible d’être confrontée à des résultats de Crise alimentaire (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en janvier 2024. De plus, les niveaux de malnutrition aiguë devraient s’aggraver, entraînant une augmentation du nombre d’enfants sévèrement malnutris, même si les niveaux de malnutrition aiguë devraient rester dans la frange d’alerte (GAM 5–9,9 %).

    Au cours de la période de récolte du début 2024, la production agricole proche de la moyenne de la saison A devrait améliorer l’accès et la disponibilité alimentaires des ménages pauvres et très pauvres, conduisant à une transition de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Stress (Phase 2 de l’IPC) alimentaire. Suivant la tendance des récoltes, les niveaux de malnutrition aiguë devraient se stabiliser mais rester dans la fourchette d’alerte (MAG 5–9,9 %).

    Citation recommandée : FEWS NET. Perspectives de la sécurité alimentaire au Burundi d'octobre 2023 à mai 2024: Les prix élevés persistants des produits alimentaires et des carburants entraînent une crise alimentaire (Phase 3 de l'IPC) dans le Nord, 2023.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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