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La montée des prix alimentaires suscitent du Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) dans l’Est

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Burundi
  • Août 2023
La montée des prix alimentaires suscitent du Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) dans l’Est

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Hypothèses mises à jour
  • Perspectives projetées jusqu’en janvier 2024
  • Messages clé
    • Les Dépressions de l'Est et du Nord et les Plateaux Secs de l'Est devraient être confrontés au Stress Alimentaire (Phase 2 de l'IPC) d'août à septembre. Ce stress alimentaire est attribué à une baisse des stocks alimentaires issus de la récolte de la saison 2023 B et à une augmentation des prix des denrées alimentaires. En particulier, les Dépressions du Nord, où le paiement de la main d’oeuvre est de 65 pour cent inférieur à la moyenne nationale, sont plus exposée à des hausses anormales des prix des denrées alimentaires. Cette zone devrait être confrontée à des résultats de Crise Alimentaire (Phase 3 de l’IPC) pendant la période de soudure d’octobre à décembre 2023. Cependant, l’accès typique à la nourriture et aux revenus est susceptible de maintenir des résultats de sécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans les régions centrale et régions occidentales du pays jusqu’en janvier 2024.

    • La récolte de la saison 2023 B a contribué dans la stabilisation des prix ; cependant, les prix sont restés considérablement élevés, allant de 50 à 75 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale et de 30 à 80 pour cent au-dessus des prix de l’année précédente. Cette flambée des prix alimentaires est attribuée à l’inflation régionale, aux coûts élevés des intrants agricoles et à l’augmentation des dépenses de carburant et de transport des vivres. Début août, des hausses de prix significatives ont notamment été observées pour plusieurs produits essentiels réglementés par le gouvernement. Par exemple, il y a eu une augmentation de 32 pour cent des prix du sucre, de 25 à 50 pour cent des prix des produits transformés et de 30 pour cent du prix du ciment.

    • Durant la saison A, qui s'étend d'août/septembre à janvier, les régimes pluviométriques devraient s'écarter de la normale. D’août à septembre, les précipitations devraient être inférieures à la moyenne. Les précipitations risquent de devenir supérieures à la moyenne, en particulier au plus fort des épisodes El Niño, entre octobre et décembre. Ce changement de pluviométrie est susceptible de provoquer des inondations dans la Plaine de l'Imbo et le long des principales rivières situées dans le centre et l'est du pays.

    • Selon le PAM, le déficit de financements a fait que environ 56 000 réfugiés et demandeurs d’asile n’ont reçu en juillet que 70 pour cent de leur ration alimentaire habituelle. Ces ménages seraient confrontés au Stress alimentaire ! (Phase 2 de l'IPC !). Environ 1 800 personnes rentrées chez elles ont reçu une ration complète, comprenant des repas chauds pendant leur séjour dans les centres de transit, pour les besoins alimentaires de trois mois. En outre, une aide humanitaire a été fournie à plus de 9 000 personnes touchées par les perturbations climatiques dans la Plaines d'Imbo et Dépressions du Nord, par le biais de transferts en nature et en espèces, garantissant ainsi que les besoins caloriques des bénéficiaires sont pleinement satisfaits.


    Situation actuelle

    Production agricole et disponibilité alimentaire : La sécurité alimentaire au second semestre dépend largement de la production agricole de la saison B. La saison 2023 B a bénéficié de précipitations supérieures à la moyenne entre mars et mai, ainsi que d’une disponibilité d’engrais subventionnés par le gouvernement, ce qui a permis une récolte proche de la moyenne nationale. Cependant, la récolte de haricots, qui représente environ 30 pour cent de la production de la saison B, a été inférieure à la moyenne en raison de la réduction des superficies cultivées résultant, du chevauchement des saisons A et B et de la sensibilité des cultures à des précipitations excessives. La plupart des cultures qui résistent à des pluies abondantes, notamment le manioc, la patate douce, le maïs, le riz, le sorgho et la banane, ont produit des récoltes moyennes, contribuant ainsi à compenser la baisse de la production de haricots.

    La sécurité alimentaire en août est caractérisée par une diminution saisonnière des stocks alimentaires en raison de la récolte de la saison 2023 B proche de la normale, entraînant une plus grande dépendance à l’égard des marchés pour l’approvisionnement alimentaire. Cependant, les mesures administratives relatives notamment aux restrictions à l'exportation des récoltes vers les pays voisins comme la Tanzanie et le Rwanda, ainsi que les limitations du transport alimentaire entre les provinces, ont freiné les la spéculation commerciale. Les commerçants avaient l’habitue d’acheter les produits alimentaires à la récolte à des prix très  bas pour les revendre très chers en octobre. Ces mesures administratives ont, en effet, eu un double impact : un ralentissement des ventes de récoltes par les agriculteurs et une préservation des stocks alimentaires des ménages. Par ailleurs, le mois d’août est marqué par les activités agricoles de sarclage pour la saison 2023 C et les labours pour la saison 2024 A, offrant des opportunités de travail aux ménages pauvres et très pauvres. 

    Sources de revenus : Selon le Système de Suivi de la Sécurité Alimentaire du PAM (PAM/FSMS) en août 2023, environ la moitié des ménages ruraux dépendent de la production de cultures de base comme principale source de revenus. La vente de la main d’œuvre et l’élevage du bétail contribue respectivement à hauteur de 24 et 16 pour cent environ aux revenus des ménages ruraux. Le petit commerce et les cultures de rente constituent respectivement les principales sources de revenus pour 7 et 3 pour cent des ménages. L’augmentation de 15 pour cent du coût du travail par rapport à l’année dernière profite aux ménages pauvres en augmentant les revenus tirés du travail, même si la hausse des prix alimentaires réduit le bénéfice. Cette situation est particulièrement prononcée dans les zones de subsistance des Plateaux Secs de l’Est, des Hautes Altitudes, des Dépressions de l’Est et de Buragane, où les augmentations de salaires varient de 30 à 45 pour cent par rapport à l’année précédente.

    La réouverture des frontières et la suppression des exigences de dépistage du COVID-19 pour entrer en Tanzanie ont permis aux ménages pauvres et très pauvres des Dépressions de l'Est, des Plateaux Secs de l'Est et de Buragane d'élargir d’accéder aux opportunités transfrontalières, incluant l’engagement dans des activités agricoles, le petit commerce et le travail à haute intensité de main d’œuvre. De plus, les salaires journaliers en Tanzanie sont 60 pour cent plus élevés qu'au Burundi, ce qui encourage davantage les opportunités d'emploi de l'autre côté de la frontière, en faveur des revenus des ménages et atténuant la concurrence pour les emplois locaux. 

    Dans la zone de moyens d’existence de Haute Altitude, une pratique relativement récente consistant à convertir les pâturages en culture de pomme de terre a généré de nouvelles perspectives d’emploi pour les communautés locales. Cette transition a un impact positif sur les moyens de subsistance, notamment pour les ménages pauvres et très pauvres. Selon le Ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage (MINEAGRIE), 75 pour cent des terres allouées à la pomme de terre au cours de la saison 2023 A étaient situées dans cette zone, et cette tendance devrait se poursuivre au cours de la saison 2024 A. Cependant, Dans les Dépressions du Nord, où le salaire du travail est 65 pour cent inférieur à la moyenne nationale, les ménages pauvres et très pauvres continuent de subir les prix alimentaires élevés. Ces prix sont une conséquence de l’inflation globale et de l’augmentation du coût du transport des denrées alimentaires.

    Conditions économiques : Compte tenu de la dépréciation du Franc Burundais (BIF) à un taux d'environ 10 pour cent par an, la Banque centrale du Burundi (BRB) a essayé de réduire l’écart entre le taux de change officiel et le marché parallèle. Cette stratégie a conduit à une augmentation de 35 pour cent du taux de change officiel du BIF, le faisant passer de 2 084 BIF à 2 817 BIF pour 1 USD en mai 2023. En conséquence, l'écart entre le taux de change officiel et le marché non officiel a diminué d'environ 75 pour cent à environ 45 pour cent en dessous du taux du marché parallèle. Parallèlement, l’inflation moyen annuel pour juin 2023 est passé à +26,3 pour cent, contre +25,5 pour cent le mois précédent. Cette hausse de l'inflation est aggravée par celle des prix des produits alimentaires, qui ont connu une hausse notable de 38 pour cent. Les pressions inflationnistes les plus prononcées ont été observées sur les prix des produits alimentaires importés, qui ont suivi une allure ascendante. Cette hausse des prix est largement influencée par les transactions effectuées sur le marché parallèle des taux de change. En outre, l’absence de consistantes exportations et de stratégies claires pour stabiliser le BIF aggravent les pressions inflationnistes dans le pays. Ces facteurs entravent le contrôle efficace de l'inflation, ce qui entraîne une hausse des prix des biens importés, en particulier des produits alimentaires.

    Les prix des denrées alimentaires: La hausse substantielle de 36 % des prix du carburant entre janvier et mi-juillet 2022 a été un facteur clé de l’augmentation des coûts de transport des produits alimentaires. Cette situation a été encore aggravée par un récent décret du 21 juillet 2023, qui a introduit une re-augmentation de 22 pour cent des prix du carburant et des dépenses de transports publics. En conséquence, les coûts de transport et les prix globaux des denrées alimentaires ont encore augmenté, augmentant les écarts de consommation alimentaire, en particulier pour les ménages pauvres et encore plus dans la région du Nord, où les salaires sont les plus bas. Les prix des biens essentiels, réglementés par les autorités gouvernementales, ont par ailleurs, encore augmenté en début août. Par exemple, le prix du sucre a monté de 32 pour cent, de 2 500 à 3 300 BIF. De même, la hausse des prix des produits industriels ont varié entre 25 et 50 pour cent, tandis que le coût du ciment a augmenté de 30 pour cent.

    Les prix alimentaires élevés sont principalement dus à l'augmentation des coûts des intrants agricoles, ainsi que des dépenses plus élevées liées aux prix du carburant et du transport des produits alimentaires. Bien que les prix des denrées alimentaires de base soient restés stables entre juin et juillet 2023, ils sont restés nettement supérieurs à la moyenne, allant de 50 à 75 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale et de 30 à 80 pour cent au-dessus des prix de l'année précédente (Figure 1). En outre, le taux d'inflation élevé, associé à un accès limité aux devises, a limité les importations et contribué à une hausse de l'indice des prix à la consommation, diminuant ainsi le pouvoir d'achat des ménages.

    Figure 1

    Prix ​​des aliments de base, moyenne nationale
    Staple food prices, national average

    Source: MINEAGRIE/WFP

    Aide alimentaire humanitaire : En juillet 2023, environ 55 000 réfugiés résident dans des camps et dépendent entièrement de l’aide humanitaire. Ces réfugiés ont reçu une aide en espèces et des produits alimentaires en nature. En raison du manque de financement, l'aide a été réduite de 30 pour cent, couvrant environ 70 pour cent des besoins caloriques des bénéficiaires. De plus, 913 demandeurs d'asile ont reçu des rations couvrant près de 65 pour cent de leurs besoins énergétiques. Selon le PAM, le pipeline d'approvisionnement commencera à manquer de stock en août 2023 jusqu'à l'arrivée prévue d'un don de riz en nature du Bureau d'Assistance humanitaire (BHA)/USAID, prévu pour novembre 2023. Cependant, il est prévu de fournir une assistance globale en aliments nutritifs spécialisés (CSB++) à 16 250 enfants prioritaires de juillet à décembre 2023. De plus, le CSB+ sera distribué à 10.875 femmes enceintes et allaitantes jusqu’en novembre 2023.


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal Calendar for a Typical Year

    Source: FEWS NET


    Hypothèses mises à jour

    Les hypothèses utilisées pour développer le scénario le plus probable de FEWS NET pour les Perspectives de la sécurité alimentaire au Burundi de juin 2023 à janvier 2024 restent inchangés, à l'exception des éléments suivants :

    • Les précipitations de la saison A (août/septembre à janvier) seront probablement proches de la moyenne, bien que les modèles pluviométriques estiment que la saison pourrait commencer avec des précipitations moyennes à inférieures à la moyenne et progresser vers des précipitations supérieures à la moyenne plus tard dans la saison, au plus fort du phénomène El Niño (octobre-décembre), avec de probables inondations la Plaines de l’Imbo et le long d’importantes rivières du centre/est du pays.

    • Le plan de réponse humanitaire pour 2023 n’est financé qu’à 25 pour cent et est confronté à un énorme déficit de financement, affectant lourdement le secteur de la sécurité alimentaire. Le faible financement de ce plan entraînera des déficits d’aide alimentaire humanitaire, les réfugiés recevant des rations réduites à près de la moitié des niveaux d’assistance normale depuis avril 2023.

    • Outre la hausse des prix du carburant de 36 pour cent entre janvier et mi-juillet 2023, la récente mesure décrétant  une augmentation de près de 25 pour cent des prix du carburant et des coûts des transports publics le 21 juillet 2023 devrait encore augmenter les coûts de transport des denrées alimentaires, les prix des denrées alimentaires et d’autres dépenses, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages pauvres.

    L'augmentation des coûts de main d’oeuvre est susceptible d'augmenter temporairement le pouvoir d'achat des ménages pauvres et d'atténuer l'impact des prix alimentaires élevés, améliorant légèrement l'accès des pauvres pendant la période de soudure d'octobre à décembre 2023. Cependant, les prix des intrants agricoles 


    Perspectives projetées jusqu’en janvier 2024

    La zone de moyens d’existence des Dépressions du Nord devrait être confrontée à une insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) de septembre à décembre 2023. Cela est principalement dû à l’épuisement des stocks alimentaires de la saison 2023 B et à de nouvelles hausses des prix des denrées alimentaires attendues, à un accès limité aux opportunités transfrontalières avec le Rwanda et des coûts de main d’oeuvre très bas, 65 pour cent inférieurs à la moyenne nationale. La période de soudure est particulièrement éprouvante pour les ménages, compte tenu d’autres dépenses non alimentaires telles que le paiement des frais de scolarité à la rentrée scolaire en septembre et les achats d’intrants agricoles pour la saison 2024 A, qui rendent plus difficile l’achat de nourriture. Par ailleurs, les prix alimentaires supérieurs à la moyenne pendant la période de soudure d’octobre à décembre risquent d’aggraver encore la situation.

    Entre juin 2023 et janvier 2024, la plupart des ménages de l’ouest du pays seront probablement confrontés à des résultats de sécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC), grâce à un accès quasi normal à la nourriture et aux sources de revenus typiques, maintenant un accès presque typique aux achats sur le marché malgré la hausse des prix des denrées alimentaires. Ces ménages devraient pouvoir subvenir à leurs besoins de consommation alimentaire après avoir épuisé leurs stocks alimentaires pendant la période de soudure d'octobre à janvier. Toutefois, la survenue d’inondations ou de glissements de terrain devrait entraîner le déplacement d’un plus grand nombre de personnes, touchant environ 100 000 personnes entre septembre 2023 et janvier 2024, représentant environ 8 % de la population totale de cette zone. Ces personnes déplacées devraient être confrontées à des situations de Stress Alimentaire (Phase 2 de l'IPC), couplées à un déclin de l’état nutritionnel. Les niveaux de malnutrition devraient se situer dans la fourchette d’alerte (MAG de 5 à 9,9 pour cent) jusqu’à la prochaine saison des récoltes. Les stocks alimentaires issus de la saison 2023 B, relativement moyenne, devraient suffire à répondre aux besoins alimentaires de base de la plupart des ménages pendant la période post-récolte en août et septembre.

    Citation recommandée : FEWS NET. Mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire au Burundi, août : La montée des prix alimentaires suscitent du Stress alimentaire (Phase 2 de l’IPC) dans l’Est, 2023.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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