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Les craintes liées au virus Ebola perturbent les marchés et affectent les moyens de subsistance; des niveaux élevés d’insécurité alimentaire sont attendus

  • Rapport Spécial
  • Afrique de l'Ouest
  • Septembre 8, 2014
Les craintes liées au virus Ebola perturbent les marchés et affectent les moyens de subsistance; des niveaux élevés d’insécurité alimentaire sont attendus

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  • Messages clé
  • Préface
  • Dynamique du marché typique
  • Situation actuelle
  • Scénario le plus probable relatif a la perspective sur la sécurité alimentaire jusqu’en mars 2015
  • Le pire des scénarios relatifs a la perspective sur la sécurité alimentaire
  • Evénements supplémentaires qui pourraient changer les perspectives

  • Préface

    La Guinée, le Libéria et la Sierra Leone sont les pays de suivi à distance de FEWS NET. Dans le suivi à distance, un coordonnateur travaille généralement à partir d’un bureau régional à proximité. En s’appuyant sur des partenaires pour les données, le coordonnateur utilise l’approche de l’élaboration des scénarios pour effectuer des analyses et produire des rapports mensuels. S’il y a peu de données disponibles, il va de soi que les rapports de suivi à distance seront moins détaillés que ceux des pays dans lesquels FEWS NET possèdent des bureaux. L’analyse présentée dans le présent rapport est basée sur un certain nombre d’informations fournies par les partenaires locaux, tels que les organisations de commerçants, le PAM et l’OCHA. FEWS NET participe également à un groupe de travail informel pour échanger des informations et discuter des analyses relatives aux impacts potentiels de l’épidémie du virus Ebola sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Ce groupe, qui comprend FEWS NET, le USAID-BEST project, le projet FANTA et le PAM, a apporté des informations précieuses et un appui important pour cette analyse.

    Messages clé
    • Plus de 3.600 cas d’Ebola ont été signalés ou sont suspectés au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, et on s’attend à ce que le nombre de cas augmente au cours des prochains six mois. Les restrictions officielles et non officielles sur les mouvements de population dans les pays touchés, combinées à l’exacerbation de la peur, ont conduit de nombreuses personnes à éviter de sortir de chez eux ou de quitter les communautés dans lesquelles elles vivent. Cette situation a réduit les disponibilités alimentaires et les possibilités d’activités rémunératrices dans certains endroits.

    • En raison des récoltes en cours, qui devraient être moyennes ou supérieures à la moyenne, les ménages agricoles ruraux pourront répondre à la plus grande partie de leurs besoins en denrées alimentaires de base par leurs propres productions à court terme, comme elles le font habituellement au cours d’une année normale. Les perturbations sur les marchés seront les plus lourds de conséquences pour les populations tributaires du marché, lesquelles sont pour la plupart concentrées en zone urbaine à cette période de l’année.

    • Entre septembre 2014 et mars 2015, l’on s’attend à ce qu’au moins 20 pour cent de la population dans les zones les plus touchées par le virus Ebola connaisse une insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 2) ou élevée en Sierra Leone et au Libéria (Schéma 1), avec des ménages ayant des membres de la famille malades ainsi que les populations pauvres des zones urbaines qui devront probablement faire face à une réduction de la qualité et de la quantité de leur régime alimentaire. Une plus petite proportion de la population fera face à la maladie et aux perturbations des marchés dans les zones les plus touchées en Guinée et l’on s’attend à un niveau minimal (IPC Phase 1) d’insécurité alimentaire aiguë dans ce pays.

    • Les incidences sur le marché en Afrique de l’Ouest, au-delà des pays touchés par le virus Ebola, demeureront limiter à la réduction des mouvements du bétail, de la main d’œuvre et des autres denrées alimentaires (par ex. l’huile de palme, les légumes) entre la Guinée, le sud du Sénégal et le sud-ouest du Mali voisins. L’on ne s’attend à aucune incidence sur la sécurité alimentaire dans ces pays.


    Dynamique du marché typique

    Principaux aliments de base (le riz)1: Le riz est l’aliment de base le plus couramment consommé en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, avec environ 20 à 60 pour cent de l’approvisionnement total du riz importé des marchés internationaux (Schéma 2).2 Pour le riz produit localement, les activités de récolte ont lieu généralement entre septembre et décembre, périodes après lesquelles les ménages ont tendance à s’appuyer sur leurs propres productions pour assurer l’essentiel de leurs besoins alimentaires pendant plusieurs mois. Les consommateurs pauvres et urbains procèdent généralement à des achats relativement peu coûteux de riz importé tout au long de l’année.

    Principaux aliments de base (manioc, huile de palme et autres): Le deuxième aliment de base est le manioc produit localement. Le manioc peut être récolté toute l’année selon les besoins, bien que de nombreux ménages ruraux passent à la consommation de manioc une fois qu’ils épuisent leurs stocks de riz. Le manioc et le gari (farine de manioc) sont également consommés dans les zones urbaines, qui dépendent des approvisionnements provenant des zones à excédent de production de leurs pays respectifs. Les autres aliments de base produits localement varient selon la zone, mais peuvent inclure le maïs, le fonio, le sorgho, le mil, les patates douces, les arachides, les bananes plantains et le niébé.3 L’huile de palme est produite en tant que culture de rente dans les trois pays. L’huile de palme, locale et importée, est consommée aussi bien par les consommateurs urbains que ruraux.

    Tableau 2. Approvisionnement annuel total moyen des principaux produits de base importés avec les pourcentages

     Riz 1/Manioc 2/Huile végétale 3/
     Approvisionnement total (1000 MT) 4/

    Pourcentage

    importé
    Approvisionnement total (1000 MT)

    Pourcentage

    importé
    Approvisionnement total (1000 MT)

    Pourcentage

    importé
    Guinée143320%3770%9844%
    Libéria39256%1680%6729%
    Sierra Leone91221%11190%7718%

    Source: FEWS NET; Estimations basées sur les statistiques de la  FAO et les données de la  Comtrade.

    1/Riz paddy converti en équivalent riz blanchi à l’aide d’un facteur de conversion de 2/3. Estimations à partir des données de 2007-2013. 2/ Le manioc frais converti en équivalent céréales à l’aide d’un facteur de conversion de 20. Estimations à partir des données de 2007-2011. 3/ Les estimations de l’huile végétale sont basées sur les statistiques de la FAO relatives à la production et les estimations des importations de l’huile de palme, l’huile de palmiste, l’huile de coco et l’huile de soja. Les autres graines oléagineuses et l’huile d’arachide ont été omises. Estimations à partir des données de 2007-2011. 4/ L’approvisionnement domestique total comprend la production locale et les importations.

    Principaux échanges commerciaux transfrontaliers: En général, il y a peu de grands flux d’échanges commerciaux transfrontaliers entre le Libéria et la Sierra Leone et les autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Par contre, la plupart des flux d’échanges commerciaux des denrées alimentaires de base au Libéria et en Sierra Leone sont internes ou tournés vers les marchés extérieurs mondiaux. Dans les trois pays, les principaux ports maritimes (Monrovia, Freetown, Conakry) approvisionnent les marchés intérieurs en riz et en denrées alimentaires de base produites localement à partir des zones à excédent de production vers les centres urbains et vers les autres zones de production déficitaire. Toutefois, les flux commerciaux sont importants entre la Guinée, le Mali et le Sénégal en raison des solides liens culturels et économiques. La Guinée exporte habituellement le gari, l’huile de palme et les fruits au Mali et au Sénégal et importe le mil, le niébé, l’oignon, l’arachide et le bétail.


    Situation actuelle

    Déroulement de la saison: Grâce à une pluviométrie favorable, les cultures se développent normalement dans la plupart des régions. Actuellement, la plupart des travaux à forte intensité de main d’œuvre sont terminés et les récoltes précoces de maïs, d’arachide, de patate douce et de riz ont commencé dans plusieurs endroits.

    Fermeture des frontières: A l’exception de la frontière entre le Mali et la Guinée, tous les points principaux de passage frontaliers entre la Guinée, la Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée-Bissau ont été officiellement fermés. Le commerce informel se poursuit à un faible niveau en raison des difficultés pour surveiller les frontières. Les commerçants au Sénégal indiquent que l’arachide provenant de la Guinée est toujours disponible sur les marchés sénégalais, mais ces importations arrivent par le Mali, dont la frontière est ouverte. Les commerçants sénégalais soulignent également que l’huile de palme provenant de la Côte d’Ivoire est transportée par le Mali, au lieu de la Guinée dans le cadre d’une année normale.

    Fonctionnement des ports de manutention du riz importé: Les rapports indiquent que les grands ports maritimes (Freetown, Monrovia et Conakry) sont ouverts et fonctionnent normalement. Les porte-conteneurs peuvent être déchargés à l’aide de grues, nécessitant peu ou pas d’interactions personnelles entre les membres d’équipage des navires et le personnel portuaire local. Malgré les préoccupations exprimées par les sociétés de transport maritime, la peur n’a pas encore affecté le fonctionnement des ports.

    Restrictions concernant les mouvements internes de population et les échanges commerciaux: Pour limiter la propagation du virus Ebola, les gouvernements de la Sierra Leone, de la Guinée et du Libéria ont imposé des restrictions formelles aux mouvements dans les zones les plus touchées par l’épidémie. Ces restrictions changent fréquemment et les informations précises, qui sont fournies à un moment donné sur les zones affectées, sont limitées. Toutefois, les rapports des organisations partenaires indiquent que les obstacles varient considérablement. Ces derniers vont des restrictions strictes dans certains centres urbains à des postes de contrôle peu rigoureux dans les zones rurales où les voyageurs font l’objet d’un dépistage des symptômes d’Ebola. Au 4 septembre, les rapports de terrain provenant du Libéria ont indiqué que tous les barrages, y compris le barrage du quartier West Point à Monrovia, ont été levés.

    Fonctionnement des marchés: Les récents rapports de terrain indiquent que certains marchés hebdomadaires ruraux, comme le marché de Pita en Guinée, ont été fermés en raison de préoccupations liées aux rassemblements en grands groupes. Les marchés quotidiens urbains demeurent opérationnels.

    Prix des denrées alimentaires de base: La disponibilité de données récentes sur les prix est limitée. En juillet, les prix dans les pays touchés par le virus Ebola, ainsi que les pays voisins comme le Mali et le Sénégal, ont été relativement stables en raison de la bonne disponibilité du riz local et importé. Cependant, un récent rapport du Programme alimentaire mondial (PAM) indique que les prix ont augmenté dans certaines régions de la Sierra Leone et du Libéria entre juillet et août. Par exemple, le PAM a signalé qu’à Monrovia, les prix du manioc et de l’huile de palme ont augmenté de près de 30 pour cent tandis que les prix du riz importé sont restés relativement stables. Toutefois, la relation entre les impacts de l’épidémie d’Ebola et les tendances de prix observées n’est pas claire. Les prix augmentent habituellement à cette période de l’année en raison de la saison des pluies—le transport routier est à peu près inexistant—et suite à la hausse saisonnière de la demande émanant des ménages à la fin de la période de soudure.

    Prix du bétail: La frontière guinéo-malienne, où les flux de bétail transfrontaliers sont les plus grands, est actuellement ouverte. Les flux commerciaux du bétail sont apparemment normaux entre les deux pays sans aucune anomalie importante sur le prix du bétail. Au Sénégal, la situation des prix anormalement bas pour le bétail, au cours des derniers mois, peut plutôt être mis sur le compte du mauvais état d’embonpoint du bétail provoqué par la disponibilité des pâturages en dessous de la moyenne suite aux déficits pluviométriques locaux en 2013, et non sur le compte de l’épidémie d’Ebola.

    Revenus des ménages et pouvoir d’achat: Les informations, sur les niveaux actuels des revenus des ménages, sont limitées. Des rapports informels des partenaires indiquent que les employés non essentiels du gouvernement du Libéria ont été mis en chômage technique. Il n’est pas clair s’ils continuent de recevoir un salaire. Les médias internationaux ont également signalé un ralentissement de l’économie dans les trois pays, car plusieurs grandes industries ont réduit leurs opérations. Par ailleurs, les gouvernements encouragent les gens à cesser de consommer la viande de brousse pour éviter la propagation de la maladie. Par conséquent, la demande et les revenus provenant de la vente de la viande de brousse peuvent se contracter. Le pouvoir d’achat peut être affecté pour les ménages qui gagnent actuellement des revenus inférieurs à la moyenne.


    Scénario le plus probable relatif a la perspective sur la sécurité alimentaire jusqu’en mars 2015
    Hypothèses

    Le scénario le plus probable jusqu’en mars 2015 en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone est basé sur les hypothèses suivantes:

    Nombre de cas d’Ebola

    • Epidémie d’Ebola: Le nombre de cas d’Ebola au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone augmentera de façon significative. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime 20.000 cas au total dans la région au cours des six prochains mois, avec environ 12.000 au Libéria, 5.500 en Sierra Leone et 2.500 en Guinée. L’OMS suppose également que toute propagation de la maladie à d’autres pays de la région sera maîtrisée dans les huit semaines.

    Production locale et stocks alimentaires

    • Production locale: Les récoltes de riz local, qui se font de septembre à octobre, en fonction de la zone, seront généralement moyennes ou au-dessus de la moyenne en raison des conditions pluviométriques favorables. Comme la plupart des ménages s’appuient sur la famille ou la main d’œuvre locale, la disponibilité de la main d’œuvre sera normale et les travailleurs seront suffisants pour terminer les autres activités de culture cette année, malgré les mesures de mise en quarantaine. Les récoltes de manioc se poursuivront également pendant toute la période visée par la Perspective. Toutefois, des ménages avec des membres qui sont décédés ou qui sont tombés malades auront probablement des récoltes inférieures à la moyenne en raison de la perte d’un membre productif du ménage, des mesures de quarantaine, et/ou de l’interruption des activités pour s’occuper des membres malades la famille.
    • Stocks alimentaires des ménages: Les ménages en zones rurales s’appuieront sur leurs propres productions pendant plusieurs mois, comme dans une année normale. La durée de ces stocks peut varier d’une zone de moyens de subsistance à l’autre, de deux à trois mois dans certaines zones rurales du Libéria pour atteindre cinq à six mois dans les zones de production excédentaires de la Guinée. Les ménages dans les zones urbaines dépendront à 100 pour cent des achats sur les marchés pour répondre aux besoins alimentaires.

    Dynamique du marché

    • Fonctionnement des ports: Les principaux ports maritimes resteront ouverts et fonctionneront normalement à cours terme. Cependant, comme le nombre de cas d’Ebola augmente, un grand nombre d’importateurs de riz et d’huile de palme raffinée seront peu enclins à continuer de mener des activités dans ces pays, en raison des restrictions supplémentaires concernant les navires entrent les ports locaux et des craintes de contracter le virus Ebola. Ils ralentiront probablement les activités et réduiront les quantités des importations de riz et d’huile de palme en provenance des marchés internationaux à moyen terme (de trois à six mois).
    • Flux commerciaux internes: Les flux du commerce intérieur du riz importé vers les marchés intérieurs se poursuivront, mais à travers des quantités inférieures à la moyenne dans la mesure où le nombre de cas d’Ebola augmente. Les flux des denrées alimentaires de base produites localement (manioc, riz local et maïs), des cultures de rente (huile de palme, légumes) et du bétail des zones rurales vers les centres urbains seront également en-dessous de la moyenne. Cette situation est due aux effets combinés de la poursuite, par les gouvernements, des restrictions formelles concernant les voyages et des craintes croissantes des commerçants de se rendre au marché. Les perturbations les plus importantes se manifesteront dans les zones les plus touchées par l’épidémie, comme le comté de Lofa au Libéria, la préfecture de Gueckedou en Guinée, ainsi que les districts de Kailahun et de Kenema en Sierra Leone. Les perturbations du marché apparaîtront dans d’autres zones dans une moindre mesure, avec les plus bas niveaux de perturbation en Guinée parce qu’il y a moins de cas d’Ebola.
    • Commerce transfrontalier: Tous les principaux points de passage de la frontière entre la Guinée, le Libéria, la Sierra Leone et les pays voisins resteront fermés, à l’exception de la frontière malienne qui restera ouverte. Le commerce transfrontalier continuera avec des niveaux anormalement bas et en grande partie par le biais des échanges commerciaux informels dans des zones non surveillées des frontières. Les flux commerciaux, concernant le bétail, les cultures de rente, et les denrées alimentaires de base, sur la frontière Guinée-Mali seront normaux et légèrement en dessous de la normale.
    • Fonctionnement du marché: Certains marchés hebdomadaires ruraux seront fermés en raison des inquiétudes suscitées par les grands rassemblements de personnes. Dans les centres urbains, les marchés quotidiens continueront à fonctionner normalement.
    • Demande du marché: La demande du marché provenant des ménages sera inférieure à la normale. Comme la plupart des ménages ruraux comptent sur leurs propres productions agricoles pour répondre à leurs besoins de consommation alimentaires au cours de la période visée par la Perspective, et l’on ne s’attend à aucun accroissement atypique de la demande. Cependant, la réduction des revenus et du pouvoir d’achat des ménages se traduira finalement par une demande inférieure à la moyenne des ménages urbains.
    • Migration: Les mouvements migratoires transfrontaliers seront inférieurs à la moyenne cette année. Les faibles niveaux des mouvements transfrontaliers des pasteurs avec leurs troupeaux, qui quittent généralement le Mali et la Côte d'Ivoire pour se diriger vers la Guinée, seront perturbés car ces populations ont choisi de ne pas traverser la frontière. Moins de travailleurs maliens se rendront en Guinée pour les travaux miniers pendant la saison sèche, ce qui réduit les revenus provenant de cette source d’activité dans les familles de migrants concernées au Mali.
    • Prix: Les tendances des prix des denrées alimentaires seront variées. Dans les zones de production excédentaires, les prix de denrées alimentaires locales connaîtront des baisses importantes au cours de la période de culture en raison du faible volume de transfert de produits vers les zones de déficit structurel et de consommation. Parallèlement, les prix dans les centres urbains augmenteront probablement, de manière atypique, en raison des faibles niveaux d’approvisionnement des denrées alimentaires importées et locales. Les prix demeureront supérieurs aux niveaux de l’année dernière et à la moyenne quinquennale durant toute la période visée par le scénario, avec les augmentations les plus importantes susceptibles d’être observées en Sierra Leone et au Libéria.

    Sources d’aliments et de revenus

    • Consommation de viande: Le niveau de consommation de la viande de brousse sera inférieur à la moyenne en raison des annonces faites dans les médias qui demandaient d’éviter cette viande. Les consommateurs urbains passeront à d’autres sources de protéines (poisson, bétail). La consommation rurale continuera d’être estimée à un faible niveau.
    • Ralentissement économique et impacts sur le revenu des ménages: Le ralentissement économique général, étant donné que les grandes industries réduisent la production, réduira directement ou indirectement le revenu des ménages à partir d’une multitude de sources, avec les économies de la Sierra Leone et du Libéria durement touchées à cause du nombre plus élevé des cas d’Ebola attendus dans ces pays.
    • Commercialisation des cultures de rente: Les producteurs de caoutchouc, de légumes, d’huile de palme, de café et de cacao, en particulier ceux qui se trouvent dans les zones les plus touchées par l’épidémie d’Ebola auront probablement des difficultés de commercialisation de leurs produits, en raison des craintes des commerçants et de la réduction de la demande provenant des pays voisins. Cette situation entraînera une baisse de prix à la production et des niveaux de revenu inférieurs à la moyenne.
    • Impacts sur les pays voisins: A l’exception des migrations de travailleurs, les revenus pour les ménages dans les pays voisins (Mali, Sénégal et Côte d’Ivoire) ne seront pas affectés significativement, car les flux commerciaux sont relativement faibles, même dans une année normale. Dans le cas de la vente du bétail dans une année normale, la demande globale au Mali provenant de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone est considérablement inférieure à celle des autres pays côtiers, comme le Nigéria, le Ghana et la Côte d’Ivoire, ainsi la demande provenant des autres pays compensera les répercussions limitées touchant ces trois pays. Cette tendance sera aussi observée pour les autres produits de base provenant de la Côte d’Ivoire et du Sénégal et vendus généralement à la Guinée, à la Sierra Leone et au Libéria.
    Perspective sur la sécurité alimentaire

    Pour la Sierra Leone et le Libéria, où le nombre de cas d’Ebola est le plus élevé, le ralentissement économique et les perturbations du marché devraient être graves, avec des effets extrêmement négatifs sur les disponibilités alimentaires locales, le revenu des ménages et le pouvoir d’achat. Toutefois, les nouvelles récoltes attendues dans les zones rurales entre septembre et décembre ainsi que la poursuite du commerce informel pourront aider à atténuer ces chocs dans une certaine mesure. Pour ces pays, le plus haut degré de l’insécurité alimentaire sera la situation d’insécurité alimentaire aiguë de stress (IPC Phase 2) de septembre 2014 à mars 2015. En Guinée, les populations en situation d’insécurité alimentaire existeront, en particulier dans les régions du sud les plus touchées par l’épidémie, même si le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire fera moins de 20 pour cent de la population totale dans les zones les plus affectées. Par conséquent, le plus haut degré de l’insécurité alimentaire en Guinée sera minimal (IPC Phase 1). Au-delà de mars 2015, si l’épidémie d’Ebola et les perturbations du marché persistent toujours, la population qui a besoin d’une assistance humanitaire et la gravité de l’insécurité alimentaire augmenteront probablement à l’approche de la période de soudure de 2015 (juillet-août). Des informations supplémentaires sur les résultats de la sécurité alimentaire pour les différentes populations dans chaque pays sont comme suit:

    • Pour les ménages dont les membres de la famille sont morts ou qui sont malades, touchés par l’épidémie Ebola, une assistance humanitaire d’urgence sera nécessaire dans la mesure où la perte d’un ou des membre(s) productif(s) réduira la capacité de ces ménages de satisfaire leurs besoins en matière de denrées alimentaires et de revenus. En outre, pour certains ménages, l’accès physique aux denrées alimentaires à travers d’autres sources, comme les marchés, sera limité par les mises en quarantaine strictes. Pour cette population relativement petite et géographiquement dispersée, les écarts liés à la consommation de la nourriture, équivalents à la crise (IPC Phase 3) devraient perdurer jusqu’en 2015.
    • Pour les ménages pauvres et urbains vivant dans les zones ayant les taux les plus élevés de prévalence du virus Ebola (ex. Montserrado (Monrovia), les comtés de Margibi et de Lofa au Libéria, les districts de Kenema et de Kailahum en Sierra Leone, et les préfectures de Gueckedou et de Macenta en Guinée). En outre, les perturbations soutenues relatives au fonctionnement des marchés et du commerce, les restrictions concernant les mouvements de population, les revenus inférieurs à la moyenne, et le faible pouvoir d’achat amèneront un certain nombre de ménages supérieur à la moyenne à faire face à des difficultés pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base et non alimentaires. Même si l’on ne s’attend pas à des écarts dans la consommation des denrées alimentaires, les ménages pauvres et urbains réduiront probablement la consommation de nourriture à un niveau minimal adéquat, et s’appuieront sur des stratégies d’adaptation atypiques. Ces zones seront dans la catégorie insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 2).
    • Les impacts sur les ménages pauvres et ruraux seront limités. Comme la période de récolte vient de commencer dans la plupart des zones rurales, la majorité des ménages pourront satisfaire les besoins alimentaires de base pendant plusieurs mois à travers leurs propres productions et seront dans la catégorie du niveau minimal (IPC Phase 1) de l’insécurité alimentaire. Cependant, une fois que le stock alimentaire des ménages s’épuise (entre janvier et mai, en fonction de la zone), les ménages seront davantage tributaires des achats sur le marché. Parallèlement, des prix anormalement élevés, avec des revenus inférieurs à la moyenne, réduiront le pouvoir d’achat des ménages et limiteront l’accès aux denrées alimentaires. Certains ménages agricoles dans les zones les plus affectées se retrouveront dans la catégorie d’insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 2).
    • Dans d’autres pays en Afrique de l’Ouest, l’épidémie d’Ebola aura des impacts très limités sur les marchés et sur les résultats de la sécurité alimentaire. Même si les revenus, provenant de la vente du bétail et de la migration des travailleurs, habituellement générés en Guinée, seront légèrement inférieurs à la moyenne, ils seront partiellement compensés par la demande transférée des autres pays côtiers. En outre, les flux commerciaux des denrées alimentaires sont généralement minimes. Des indications suggèrent que les commerçants sénégalais et maliens sont soit en train de chercher de nouvelles sources pour ces produits ou de transporter de façon informelle ces produits en dehors des principales frontières qui sont fermées, sans aucun impact sur les niveaux de l’approvisionnement local ou sur les prix.

    Le pire des scénarios relatifs a la perspective sur la sécurité alimentaire

    Le scénario le plus probable est basé sur les estimations de l’OMS selon lesquelles le nombre de cas d‘Ebola au cours des prochains six mois ne dépassera pas 20.000 personnes. Dans le cas où le nombre de cas actuel dépasse largement cette estimation et/ou les cas d’Ebola dans les pays voisins ne sont pas rapidement contrôlés, les perspectives de la sécurité alimentaires pourraient changer. Dans ce cas, les restrictions concernant les mouvements de population et le commerce, les fermetures additionnelles des frontières en Afrique de l’Ouest, et la fermeture des principaux ports pour les importations de riz pourraient augmenter. Dans cette éventualité, une flambée des prix et une faible disponibilité alimentaire sont probables en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et ailleurs dans la région. Par ailleurs, ce scénario pourrait entraîner des perturbations économiques plus généralisées et des troubles politiques localisées, et amener le revenu et le pouvoir d’achat des ménages à un niveau largement inférieur à la moyenne. La situation de crise (IPC Phase 3) liée à l’insécurité alimentaire entre septembre 2014 et mars 2015 serait possible, particulièrement parmi les pauvres des villes. Si, à court terme, les ménages ruraux pauvres ont accès à leurs champs et à leurs stocks, leur situation en matière de sécurité alimentaire se détériorera probablement rapidement une fois que leurs stocks s’épuisent. Si l’épidémie se propage sans contrôle à d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, une aggravation de la sécurité alimentaire dans les nouvelles zones d’épidémie sera également possible.


    Evénements supplémentaires qui pourraient changer les perspectives

    Tableau 3. Evénements supplémentaires possibles entre septembre 2014 et mars 2015 qui pourraient changer le scenario le plus probable.

    Zone

    Evénement

    Impact sur la sécurité alimentaire

    Guinée, Libéria, et Sierra Leone

    • Un arrêt anormalement précoce de la fin de la saison de pluies empêche le développement des cultures.
    • Les inondations causent des dommages importants aux cultures.
    • Les rendements des cultures seraient nettement inférieurs à la moyenne. Les stocks alimentaires des ménages s’épuiseraient plus tôt que prévu.
    • L’épidémie d’Ebola est contrôlée plus rapidement que prévu de manière significative avec moins de 20.000 cas au total.
    • Le fonctionnement du marché, du commerce et des prix se normalise. Les revenus des ménages provenant de diverses activités (comme la vente des récoltes) seront plus élevés que prévu actuellement; l’amélioration du pouvoir d’achat et de l’accès aux denrées alimentaires pour les ménages ruraux et urbains.
    • Augmentation de l’aide en nature pour l’assistance humanitaire d’urgence dans les zones les plus touchées.
    • L’accès et la consommation alimentaire s’améliore pour les bénéficiaires.
    • Les importations massives de l’aide humanitaire réduisent les incitations économiques pour les grands importateurs de riz.
    • Déclenchement d’importants troubles politiques et civils.
    • Augmentation des populations déplacées. Des perturbations supplémentaires aux marchés et aux moyens de subsistance avec une insécurité alimentaire plus grave que prévu par le scénario le plus probable.
    1 Des analyses plus détaillées sur le fonctionnement typique des marchés dans ces pays peuvent être trouvées dans les rapports suivants: Rapport de FEWS NET Guinée sur la carte de l’activité du marché , Rapport sur les échanges commerciaux transfrontaliers entre la Sierra Leone et le Libéria , Rapport du Bureau de Food for Peace (Nourriture pour la Paix) de l’USAID Libéria sur les estimations de Bellmon , et le Rapport du Bureau de Food for Peace (Nourriture pour la Paix) de l’USAID Sierra Leone sur les estimations de Bellmon .2 Les données sur la production et les échanges commerciaux pour les trois pays ne sont pas particulièrement fiables, car les estimations de la production locale sont probablement surestimées3 Des informations plus détaillées relatives aux moyens de subsistance peuvent être trouvées dans les rapports suivants: Description des zones de subsistance en Guinée, Zonage “Détaillé” des moyens de subsistance au Libéria, et Zonage “Détaillé” des moyens de subsistance en Sierra Leone
    Figures Schéma 1. Carte de répartition de l’épidémie du virus Ebola et fermeture des frontières

    Figure 1

    Schéma 1. Carte de répartition de l’épidémie du virus Ebola et fermeture des frontières

    Source:

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