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Perspectives à Mars 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Octobre 2011 - Mars 2012
Perspectives à Mars 2012

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  • Messages clé
  • Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire d’Octobre 2011 à Mars 2012
  • Table 1. Events liable to change the most likely scenario in the next six months
  • Messages clé
    • Les évaluations conjointes CILSS/FEWS NET/FAO/PAM et Gouvernements des pays ont confirmé le niveau globalement moyen de la production céréalière dans la région et un niveau nettement supérieur à la moyenne pour les cultures de rente et les tubercules.

    • Ainsi, les déficits bruts de productions céréalières enregistrés au Sahel ne seront pas globalement préoccupants avec les stocks des reports hérités de la saison 2010, les importations commerciales en vue et aussi des apports des cultures de contre saison et de décrue en cours. Le bilan net sera alors globalement équilibré à excédentaire dans tous les pays.

    • La situation pastorale est déficitaire au Sahel (Figure 2). Pour le moment seuls les cas de la Mauritanie et des bourgoutières du delta intérieur du fleuve Niger au Mali, sont préoccupants. Dans les autres pays, le bétail a débuté la transhumance saisonnière normale vers les zones agricoles du sud. Il pourra bénéficier de conditions d’alimentations normales jusqu’en mars mais à partir d’avril (début de la soudure pastorale), les conditions d’alimentation du bétail seront très difficile dans tout le Sahel ;

    • Actuellement, il n’y a aucun signe annonciateur d’insécurité alimentaire aiguë en cours dans toute la région, sauf au sud-est de la Mauritanie (Figure 1). Mais compte tenu de la très mauvaise répartition des productions de 2011 et de la hausse prévisible des prix notamment à partir de janvier 2012, des assistances précoces sont nécessaires notamment dans les zones de préoccupation identifiées au Tchad, au Niger, au Burkina, au Mali et en Mauritanie. Aussi une assistance nutritionnelle sera également nécessaire des février/mars 2012 au Sahel afin d’éviter une détérioration précoce à partir de d’avril 2012 et une crise pendant la prochaine soudure.


    Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire d’Octobre 2011 à Mars 2012

    Cette année, le calendrier saisonnier des événements critiques pour la sécurité alimentaire est marqué par la non effectivité des récoltes jusqu’en octobre/novembre. Elles continuent toujours en ce moment à cause de la prolongation de la saison jusqu’en octobre dans plusieurs zones. Cela a occasionné un retard dans le séchage et la mise en marché massive des nouvelles productions, notamment le maïs et le niébé. Or c’est cette mise en marché massive qui, d’habitude, pousse les prix fortement à la baisse ce qui ne s’est pas produit jusqu'à présent pendant que la demande des commerçants et des institutionnels se fait de plus en plus expressive pour la reconstitution des stocks. 

    Ainsi, la situation alimentaire en Afrique du l’Ouest et au Sahel, est actuellement marquée par les éléments majeurs suivant:

    • La mauvaise répartition spatio-temporelle des disponibilités céréalières suite aux mauvaises productions localement enregistrées: elles se sont confirmées suite aux évaluations conjointes CILSS/FEWS NET/FAO/PAM/Gouvernements. Cependant, la production brute par habitant résultante sera équivalente aux besoins de consommation per capita au Niger et au Tchad, supérieure au Mali et au Burkina Faso et inferieure comme d’habitude au Sénégal en Mauritanie. Ainsi, les déficits bruts de productions céréalières enregistrés au Sahel ne seront pas globalement préoccupants.  Il y a aussi des stocks des reports hérités de la saison 2010, les importations commerciales en perspectives et aussi les apports des cultures de contre saison et de décrue en cours. Le bilan net sera alors globalement excédentaire au niveau régional et équilibré à excédentaire au Sahel. Les résultats validés seront disponibles en fin novembre.
    • Le fonctionnement des marchés : Il connait actuellement un fonctionnement atypique mais pas problématique dû essentiellement au retard et à la timidité des récoltes qui ne permettent pas une offre suffisante sur les marchés supérieure à la demande et capable d’infléchir les prix. De ce fait, ces derniers affichent des valeurs nettement au dessus des niveaux de l’an dernier et des moyennes saisonnières et par rapport à l’an dernier dans tous les bassins en ce qui concerne les céréales locales. Ainsi, la hausse actuelle des prix constatée sur les marchés n’est pas totalement attribuable aux mauvaises productions mais plus au décalage dans les récoltes et au comportement des acteurs pour la reconstitution des stocks. Cependant, elle risque de continuer jusqu’en 2012 car, à partir de janvier 2012, la demande des ménages déficitaires, plus nombreux cette année, va s’ajouter à la demande des commerçants et des institutionnels pour faire encore plus de pression sur l’offre et faire augmenter les prix.  Toutefois, le risque d’une flambée généralisée est peu probable.
    • Toutefois, le cas du maïs est distinct de celui des autres céréales traditionnelles. La production du maïs dans la région n’est pas suffisante pour couvrir tous les besoins en cette céréale (pour la consommation humaine et l’aviculture). Les marchés notamment du Golfe du Guinée démontrent des hausses importants des prix d’un part du à l’influence des prix élevés du marché global. De plus, les récoltes de 2011 du maïs dans la région n’ont pas encore totalement atteint le marché, et les stocks de reports sont plus faibles compte tenue des difficultés de garder ce produit au delà d’un an à cause du parasitisme.
    • La sécurité alimentaire actuelle : Les récoltes actuelles en cours, même dans les zones où elles sont mauvaises, permettront le maintien de la sécurité alimentaire. Il sévit actuellement Aucune ou Minime (Phase 1 de l’IPC) insécurité alimentaire dans la grande majorité de la région qui persistera jusqu’en décembre 2011.  

    Vu ces conditions de base, les hypothèses soutenant le scénario sur la période d’octobre 2011 à mars 2012 se présentent comme suit :

    • Selon les évaluations conjointes, les productions pluviales céréalières 2011 sont globalement moyennes dans  la région. Toutefois, il faut remarquer que la moyenne quinquennale est élevée du fait qu’elle intègre 3 records de production 2005/06, 2006/07 et 2010/11 (jusqu’à 50 pour cent supérieur à la moyenne). La production brute par habitant résultante sera équivalente aux besoins de consommation per capita au Niger et au Tchad, supérieure au Mali et au Burkina Faso et inferieure comme d’habitude au Sénégal et en Mauritanie ;
    • Ainsi, les déficits bruts de productions céréalières enregistrés au Sahel ne seront pas globalement préoccupants avec les stocks des reports hérités de la saison 2010, les importations commerciales en vue et aussi des apports des cultures de contre saison et de décrue en cours. Les disponibilités seront suffisantes pour couvrir les besoins régionaux annuels. Il n’y a aucun risque de pénurie cette année si les marchés fonctionnent normalement ;
    • Les productions de rente (niébé, arachide, coton) et de tubercules sont supérieures à la moyenne de plus de 30 pour cent en moyenne ce qui va procurer aux ménages des revenus plus importants que d’habitude.
    • La situation pastorale est globalement déficitaire par rapport à la biomasse totale moyenne et comparativement aux besoins annuels du bétail mais ne sera pas critique avant mars 2012.
    • Le prix du bétail ne sera pas en baisse drastique d’ici mars 2012 avec la reprise du marché ivoirien qui est redevenu très actif. Toutefois les termes de l’échange seront en dégradation sans atteindre des niveaux inferieurs aux moyennes saisonnières d’ici mars 2012 à cause de la hausse en perspective du prix des céréales et de la baisse localement du prix du bétail comme en Mauritanie et dans les zones fortement déficitaires en pâturages au Niger et au Tchad.
    • La production de maïs et de niébé de la petite saison des pays du Golfe de Guinée sera bonne en Décembre 2011/Janvier 2012 et favorisera la libération des stocks constitués pendant la saison principale en faveur des zones déficitaires du Sahel.
    • Les importants stocks de report hérités du bilan céréalier excédentaire net à plus de 5 millions de tonnes dans la région suite aux records de production 2010/11 contribueront à combler les déficits consécutifs au déroulement erratique de la saison pluviale 2011.
    • La production de riz et de contre saison, plus maitrisée, sera supérieure à la moyenne suite à un appui conséquent des gouvernements et des donateurs. La demande de la main d’œuvre agricole de contre-saison sera aussi supérieure à la moyenne. 
    • Les besoins d’importation sur le marché international ne connaitront pas de fortes augmentations susceptibles de perturber le marché local.
    • Le relâchement constaté actuellement sur le marché international d’exportation du riz avec une offre abondante et des prix en baisse, va se poursuivre pour faciliter une exécution normale du programme d’importation du riz notamment dans le bassin ouest et central. Il n’y aura aucun changement par rapport au prix comparativement à la situation actuelle.
    • Ainsi, les disponibilités totales seront de ce fait moyennes à supérieures mais globalement suffisantes pour couvrir les besoins et bien partagées entre les différentes zones grâce au bon fonctionnement des marchés qui ne subiront aucune entrave significative.
    • Les achats institutionnels seront bien programmés et n’engendreront aucun comportement négatif des acteurs du marché susceptible de conduire à des pénuries ou des flambées des prix.
    • L’assistance alimentaire normale pour la protection des moyens d’existence des ménages va démarrer en janvier dans les zones identifiés comme à risque d’insécurité alimentaire du Tchad, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et en Mauritanie.
    • Les parités actuelles des monnaies (Euro, Dollar, franc CFA, Naira, nouveau Cedi ghanéen, Dalasi gambien, Franc Guinéen, Dollar Libérien, le Leone Sierra léonais, l’Ouguiya mauritanien) ne vont pas connaître de modifications profondes par rapport à leur tendance actuelle, au point de perturber la configuration normale du commerce et des prix des produits alimentaires dans la zone. 
    • Globalement, les autres activités génératrices de revenus seront normales dans la région excepté les retombées de la migration à partir de la Libye mais qui peuvent être compensées en grande partie par la forte croissance consécutive la reconstruction de la Cote d’Ivoire.

    Spécifiquement, les perspectives de sécurité alimentaires dans les différents bassins de la région peuvent être déclinées comme suit :

    Dans le bassin est, les disponibilités alimentaires permettront de couvrir tous les besoins si les marchés fonctionnent normalement comme attendu. Des excédents peuvent exister en ce qui concerne le maïs, le niébé et le sorgho et pourront alimenter les autres bassins. Les autres activités des ménages génératrices des revenus et contribuant à la sécurité alimentaire des ménages ne connaitront aucune modification significative. Au Niger, les transferts issus de la migration ne connaitront pas globalement des changements malgré la non-reprise de la migration vers la Libye. Il y a un redéploiement des migrants vers l’Afrique Centrale et surtout vers la Côte d’Ivoire qui connait actuellement une activité intense de reconstruction. Par contre au Tchad, ces revenus vont manquer et leur impact sera sensible particulièrement à partir janvier 2012 quand les ménages des zones bénéficiaires seront plus dépendants des marchés. Malgré tout, la situation d’insécurité alimentaire Aucune ou Minime (Phase 1 de l’IPC) actuellement observée dans la région va se poursuivre jusqu’en fin décembre 2011. Elle pourra faire place localement à partir de janvier 2012 à une situation de Précarité/Stress (Phase 2 de l’IPC) dans les zone de préoccupation majeure de l’ouest du Niger et du Tchad (Figures 3 et 4) à cause essentiellement de la hausse des prix et de l’épuisement précoce des stocks des ménages et de la faiblesse des revenus de la migration en Libye au Tchad.

    Dans le bassin central, les disponibilités pourront être globalement insuffisantes pour le maïs dans tout le bassin et pour le mil au nord du Mali et du Burkina Faso mais excédentaires pour le sorgho. Le bilan céréalier net sera équilibré Cependant, les activités génératrices de revenu et le marché de bétail connaitront une évolution au dessus de la moyenne avec la reprise des activités économiques en Cote d’ Ivoire. L’insécurité alimentaire minime sera maintenue jusqu’en fin décembre 2011. Au delà, des signes de stress alimentaires se manifesteront dans un premier temps localement pour se généraliser ensuite au nord du Burkina Faso, au nord ouest du Mali et à l’ouest du Mali frontalier avec la Mauritanie.

    Dans le bassin ouest, le déficit que connait cette zone est en général structurel même si il connait une forte hausse cette année en Mauritanie et dans une moindre mesure dans les autres pays, Toutefois les disponibilités issues des productions locales de riz, de maïs, de mil et de sorgho seront complétées par les importations pour couvrir les besoins jusqu’en mars 2012. Aussi, les conditions d’accès seront en générale normales grâce aux revenus tirés par les manages à travers les autres activités habituelles qu’ils conduisent. Cependant, en Mauritanie, les revenus tirés par les ménages pauvres à travers le salariat agricole et la vente de bétail seront plus faibles que d’habitude suite au mauvais déroulement de la campagne agro-pastorale. L’insécurité alimentaire sera alors en générale minime dans le bassin sauf en Mauritanie où, dans les zones de transhumance et agropastorales, il sera observé des stress alimentaires dés décembre 2011 qui se maintiendront jusqu’en mars 2012. 


    Table 1. Events liable to change the most likely scenario in the next six months
    Zones géographiquesEvénements possibles 

    Impacts sur les conditions de sécurité alimentaire

    Afrique de l’Ouest

    Hausse du prix du riz sur le marché international à partir d’avril 2012

    • Difficultés d’accès pour les ménages pauvres urbains et pour les ménages pauvres du bassin ouest
    • Forte substitution du riz aux céréales locales
    • Hausse du prix des céréales locales ;

    Pays du Golfe de Guinée

    Mauvaises productions de maïs de la petite saison en décembre/janvier

    • Rétention des stocks par les producteurs du sud
    • Augmentation de la demande des commerçants du sud des pays du Golfe de Guinée sur les marchés des zones septentrionales
    • Augmentation additionnel du prix de maïs sur tous les marchés

    Bassins des marchés du centre et de l’est

    Adoption de mesures gouvernementales de de contrôle des prix et/où de limitation des échanges entre décembre 2011 et les prochaines récoltes 2012

    • Ecart important des prix entre les zones excédentaires et les pays déficitaires avec des prix au consommateur paradoxalement plus élevé et des prix au producteur moins élevé que sans intervention. Comme exemple, au Tchad 2010/11 entre novembre et mars) du fait du faible engouement pour l’approvisionnement des marchés déficitaires.
    Sahel

    Mauvaise organisation des achats institutionnels en termes d’annonce et programmation au delà de mars 2012

    • Alimentation de la hausse des prix à la source au niveau des marchés des zones excédentaires ;
    • Transmission et hausse perpétuelle des prix sur les marchés de consommation ;
    • Non reconstitution effective des SNS dont les niveaux actuels ne sont pas bons ;
    • Pénurie et flambée des prix pendant la soudure.
    Sahel

    Migration de la majorité des troupeaux vers les zones soudaniennes des pays du Golfe de Guinée des novembre/décembre 2011

    • Diminution des produits animaux sur les marchés
    • Hausse du prix du lait et de la viande en milieu urbain
    • Pénuries de lait en milieu rural.
    • Augmentation de la malnutrition
    Sahel

    Epidémies d’ampleur plus importante que d’habitude de méningite et de la rougeole (janvier-avril/mai) et cholera

    • Augmentation de la malnutrition et de la mortalité chez les moins de 5 ans

     

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Résultats actuels de sécurité alimentaire, Octobre 2011

    Figure 2

    Figure 1. Résultats actuels de sécurité alimentaire, Octobre 2011

    Source: FEWS NET

    Figure 2. Carte des zones agro-écologiques et des bassins des marchés en Afrique de l’ouest

    Figure 3

    Figure 2. Carte des zones agro-écologiques et des bassins des marchés en Afrique de l’ouest

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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