Skip to main content

Les niveaux de récoltes mitigés et les perturbations anticipées des marchés exposeront davantage de populations en insécurité alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Novembre 2023 - Mai 2024
Les niveaux de récoltes mitigés et les perturbations anticipées des marchés exposeront davantage de populations en insécurité alimentaire

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspectives par Pays
  • Évènements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • La production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2023/24 est estimée par le PREGEC de Novembre 2023 à environ 76,5 millions de tonnes. Elle est en baisse de 2 pour cent par rapport à la campagne précédente et en hausse de 3 pour cent par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Une baisse annuelle de la production est notamment prévue au Nigeria, au Niger, au Tchad et au Mali du fait des séquences sèches enregistrées au cours de la saison, de l’insécurité qui limite l’accès aux terres de cultures et des mauvaises conditions macro-économiques au Nigeria qui limité l’accès aux intrants agricoles. 
    • Sur le plan pastoral, les conditions d’alimentation et d’abreuvement sont globalement satisfaisantes et ont permis au bétail de recouvrer un état d’embonpoint relativement moyen, grâce à une production de biomasse similaire voire supérieure à la moyenne. Toutefois, cette production est inférieure au Niger, dans le nord-est de la région de Dosso, le nord des régions de Tahoua et Maradi, et dans la région de Tillabéri, au Mali dans les régions de Gao, Kidal et Tombouctou, et au Tchad dans toute la zone pastorale. Des départs en transhumance sont déjà observés mais de nombreuses enclaves pastorales dans la zone du Liptako Gourma et le bassin du Lac Tchad restent inaccessibles du fait de l’insécurité et des conflits. En plus de cette contrainte, les ménages pastoraux dans ces deux zones continuent de subir les pillages du bétail par les groupes armés, et d’avoir un accès limité aux marchés. 
    • Les prix des céréales secondaires sont restés stables ou en baisse de septembre à octobre au Sahel avec le début des nouvelles récoltes. La baisse des prix des produits de base s'est également poursuivie dans plusieurs pays côtiers du golfe de Guinée. Néanmoins, l’inflation annuelle du Nigeria a continué de grimper en raison de la suppression des subventions sur les carburants et de la dépréciation persistante du Naira. Les prix actuels, supérieurs à la moyenne des cinq dernières années dans la région, resteront à ce niveau compte tenu des performances limitées de la production actuelle, de la baisse des stocks de report, de la demande soutenue, des perturbations commerciales et des défis sécuritaires et socio-économiques dans la région.
    • La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en Mai 2024 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines. La Crise (Phase 3 de l’IPC) justifiée par la persistance de l’insécurité/conflits armés et la détérioration des moyens d´existence, et qui affecte actuellement les provines de la Kossi, Sourou, Yatenga, Séno, Komondjari, Gourma, Kompienga, Sanmatenga et le nord des provinces du Bam et Namentenga au Burkina Faso, la région de Ménaka et le sud de Gao au Mali, la région de Diffa, le nord de Tahoua, le nord, l’ouest et le sud de la région de Tillaberi, et le sud de Maradi au Niger, les régions du nord-ouest et sud-ouest au Cameroun, les provinces du Lac, Kenem, Barh El Gazel, Tibesti, Ennedi Ouest, Ennedi Est, Wadifira, l’est de Ouaddaï et l’ouest de Sila au Tchad, des LGAs dans les Etats de Sokoto, Zamfara, Kaduna, Katsina, Yobe, Borno et l’extrême nord de l’état de l’Adamawa au Nigeria persistera sur toute la période du scenario, et s’étendra à partir de février  jusqu’en mai à la province de la Tapoa dans la région de l’est et à toute la province du Bam au Burkina Faso, au nord et l’ouest de la région de l’Extrême Nord au Cameroun, aux provinces du Borkou, toute la province du Ouaddaï et du Sila, et la partie est du Guera au Tchad, ainsi que dans plusieurs autres LGAs dans les états de Sokoto, Niger, Plateau, et Borno au Nigeria.
    • Les niveaux d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) actuellement observés dans les provinces du Lorum, Soum,  Oudalan et Yagha au Burkina Faso et dans les LGA inaccessibles des Etats du nord-est du Nigeria (Abadam, Guzamala, Marte, Bama) au Nigeria se maintiendra jusqu’en mai du fait des stocks alimentaires limités des ménages,  leur accès limité aux marchés et à l'aide humanitaire. A partir de février, ce niveau d’insécurité alimentaire atteindra la province du Séno, dans la région du Sahel au Burkina Faso. Quant à la commune de Djibo au Burkina Faso sous blocus depuis près de deux ans, FEWS NET estime qu’un risque de Famine (Phase 5 de l'IPC) persiste. Si le conflit, les facteurs financiers ou logistiques entraînent une réduction encore plus importante que prévu des sources de nourriture déjà minimales des ménages, la Famine (Phase 5 de l'IPC) se produira probablement. 

    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Calendrier saisonnier pour l'Afrique de l'Ouest

    Source:


    Perspectives par Pays

    Burkina Faso

    • Des niveaux élevés de conflit dans le nord et l’est du Burkina Faso, y compris des blocus de communes entières par des groupes armés non étatiques, continuent de provoquer une situation d'urgence humanitaire. Plusieurs zones de la région du Sahel sont confrontées à des situations d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) et les informations fournies par les informateurs clés suggèrent fortement que la population confrontée à une faim extrême indiquant la Catastrophe (phase 5 de l'IPC) augmente dans les provinces du Soum, de l’Oudalan et du Yagha. Les zones les plus préoccupantes comprennent les communes de Djibo et d'Arbinda (Soum), de Markoye (Oudalan) et de Sebba (Yagha), qui sont soumises à un blocus depuis plus d’un an et font l'objet des restrictions strictes de mouvement de la population. Dans ces zones, des rapports anecdotiques suggèrent que de nombreux ménages ont recours à la mendicité et risquent leur vie pour trouver des aliments sauvages malgré la menace posée par les groupes armés, et des signes visibles de malnutrition aiguë sont évidents au sein de la population.

    • Le nombre de communes sous blocus est doublé depuis l'année dernière pour atteindre environ 30, notamment dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l’Est, de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Est. Les populations ont un accès très limité à la nourriture et aux sources de revenus, des escortes militaires sont nécessaires pour approvisionner le marché local, et l'aide alimentaire doit principalement etre livrée par voie aérienne à une fréquence irrégulière en raison de l'insécurité et un financement insuffisant. Dans certaines communes, les récoltes en cours dureront moins de trois mois pour les ménages et les marchés n'ont pas été approvisionnés depuis 3 à 6 mois. Les livraisons d'aide alimentaire n'ont atteint que mensuellement 178 000 personnes entre juillet et septembre, soit 29 pour cent de la population estimée dans le besoin par FEWS NET.

    • D'octobre à mai, les situations de Crise (Phase 3 de l'IPC) et d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) s'étendra progressivement au nord et à l'est du Burkina Faso. La période de soudure pastorale, en particulier, commencera plus tôt que d'habitude dans le nord. Les estimations prévisionnelles indiquent que la récolte céréalière nationale de 2023 est inférieure à la moyenne quinquennale en raison de la réduction des superficies emblavées du fait de l’insécurité, de la baisse des rendements résultant des difficultés d’accès aux engrais, et des longues pauses pluviométriques enregistrées en juillet et septembre. Les conditions de sécheresse ont également eu un impact sur la production animale, entraînant un déficit de fourrage et un remplissage des réservoirs d'eau inférieur à la moyenne, en particulier dans le nord. En outre, l'insécurité et les restrictions à l’exportation de céréales et de niébé continueront à limiter les flux commerciaux transfrontaliers et internes vers les zones structurellement déficitaires du nord. Les prix des denrées alimentaires de base seront supérieurs à la moyenne tout au long de la période considérée, et les régions soumises à un blocus verront probablement les niveaux de prix record se maintenir.

    • Dans le scénario le plus probable, la combinaison des stocks de récolte, des aliments sauvages, des livraisons occasionnelles sur les marchés et de l'assistance alimentaire irrégulière maintiendra l'Urgence (Phase 4 de l'IPC) à Djibo jusqu’au mois de mai. Toutefois, FEWS NET estime qu’un risque de Famine (Phase 5 de l'IPC) persistera à Djibo. Si le conflit, les facteurs financiers ou logistiques entraînent une réduction encore plus importante que prévu des sources de nourriture déjà minimales des ménages, la Famine (Phase 5 de l'IPC) se produira probablement. En fin de compte, les donateurs, le gouvernement et les partenaires humanitaires doivent prendre des mesures pour augmenter les livraisons d'aide alimentaire et garantir un accès humanitaire total afin de limiter les pertes en vies humaines. FEWS NET surveille de près le risque d'une détérioration similaire dans d'autres zones soumises à des blocus prolongés, notamment Arbinda (Soum), Markoye (Oudalan) et Sebba (Yagha).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Burkina Faso d’octobre à mai 2024.

    Cameroun

    • Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les résultats de la Crise (Phase 3 de l’IPC) en cours au niveau local devraient persister tout au long de la période de scénario, le nombre de ménages confrontés aux résultats de la Crise (Phase 3 de l’IPC) devant augmenter jusqu’au pic de la période de soudure en mai/juin. L'intensification récente du conflit en septembre et octobre a encore perturbé les sources de nourriture et de revenus, les ménages n'ayant pas pu quitter leur domicile en toute sécurité pendant plusieurs semaines. De nombreux ménages de ces régions devraient dépendre des marchés plus tôt que d’habitude et plus longtemps en raison de l’épuisement rapide de leurs stocks. À l’approche de la période de soudure, la hausse des prix denrées alimentaires de base et leurs niveaux supérieurs à la moyenne limiteront considérablement l’accès à la nourriture pour beaucoup, ce qui entraînera des écarts de consommation alimentaire plus importants et des stratégies d’adaptation négatives telles qu’une réduction de la fréquence des repas et un recours accru à l’endettement. En raison de la détérioration des moyens d’existence, les ménages les plus touchés devraient recourir à la vente de leurs actifs productifs restants ou à la mendicité pour obtenir de l'argent, et une petite partie de la population sera probablement confrontée à une situation d'urgence (Phase 4 de l'IPC).

    • Les résultats de la sécurité alimentaire dans les départements de Logone-et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga dans la région de l'Extrême-Nord se sont améliorés de Crise (Phase 3 de l'IPC) à Stress (Phase 2 de l'IPC), soutenus par un meilleur accès des ménages à leur propres productions de sorgho, maïs et des légumineuses pendant les activités en cours de récoltes des céréales sèches. Cependant, en raison de l’insécurité, la production agricole et animale est inférieure à la moyenne, ce qui entraîne une faible disponibilité alimentaire et des revenus faibles au niveau des ménages. De nombreux ménages ont recours à des mécanismes d'adaptation non durables, tels que l'emprunt et la vente de leurs actifs productifs restants pour honorer des dépenses non alimentaires essentielles telles que les frais de scolarité ou les soins médicaux. Certains réfugiés et personnes déplacées par les conflits et les inondations ont déclaré ne pas être en mesure de cultiver ou d’accéder à l’aide alimentaire humanitaire. En conséquence, ils sont susceptibles de continuer à faire face à des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC), et une petite proportion est susceptible d’être confrontée à des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

    • L’insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l'IPC) devrait persister dans les divisions de Mbere (Adamawa) et de Kadey et Lom et Djerem (Est), où un nombre considérable de réfugiés de la République centrafricaine exercent une pression sur l'approvisionnement et les ressources des marchés locaux. La concurrence accrue pour les ressources naturelles, notamment les terres cultivables, les pâturages et les opportunités de revenus, maintiendra les revenus en dessous des niveaux habituels, limitant davantage le pouvoir d’achat des ménages. Alors que les prix des denrées alimentaires de base augmentent de façon saisonnière au cours de la période du scénario et restent au-dessus de la moyenne en raison de l'augmentation des coûts de carburant et de transport à l'échelle nationale, certains des ménages les plus démunis ne seront pas en mesure d'atténuer leurs écarts de consommation et connaîtront probablement des conséquences de Crise (Phase 3 de l'IPC).

    • Il est prévu que les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) persisteront tout au long de la période du scénario dans les zones urbaines de Yaoundé et de Douala. Les ménages urbains pauvres dépendent principalement des achats de nourriture sur les marchés pour satisfaire leurs besoins de consommation. En raison de la hausse des prix des produits alimentaires de base et des produits non alimentaires essentiels, ils continueront à avoir du mal à satisfaire leurs besoins caloriques quotidiens minimums. En conséquence, ils sont contraints d’acheter des aliments moins appréciés ou moins chers et de réduire leurs portions de repas.

    • Dans les zones non affectées par les conflits ou l’insécurité, l’insécurité alimentaire devrait rester Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en mai 2024. Tout au long de la période du scénario, les ménages de ces zones continueront à s’engager dans des activités typiques de moyens d’existence et à maintenir un niveau de consommation proche de la normale sans recourir à des stratégies non durables pour accéder à la nourriture ou aux revenus. Les niveaux moyens de production propre au cours de la saison 2023/2024 devraient soutenir l’accès à la nourriture, tandis que les revenus tirés de la vente des récoltes et de la main-d’œuvre agricole faciliteront l’achat de produits de base importés et d’articles non alimentaires de base. Sur la base des tendances historiques des précipitations lors des événements El Niño au Cameroun, le fort phénomène El Niño en cours ne devrait pas avoir d’impact significatif sur l’insécurité alimentaire aiguë dans tout le pays.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Cameroun d’octobre à mai 2024.

    Mali

    • Insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l'IPC) et de Crise (Phase 3 de l'IPC) sont attendus dans le nord et le centre du pays à la fin de 2023 et au début de 2024. Les régions de Ménaka, de Kidal et le cercle d’Ansongo sont les zones les plus préoccupantes. Le conflit et la baisse de revenus sont les principaux déterminants de l'insécurité alimentaire aiguë au cours de cette période de prévision. Toutefois, l’amélioration saisonnière des productions animales, les récoltes en cours et la baisse des prix des céréales de base favorisent une disponibilité alimentaire satisfaisante et un accès des ménages à la nourriture par rapport à la soudure d'avril à septembre 2023. Ainsi, les zones pastorales et agropastorales du Liptako Gourma s’améliorent de la phase Crise (Phase 3 de l’IPC) à la phase Stress (Phase 2 de l’IPC), tandis que la région de Ménaka, fortement touchée par le conflit, passe de la phase d'Urgence (Phase 4 de l’IPC) à la phase de Crise (Phase 3 de l’IPC). La situation de la sécurité alimentaire devrait rester relativement stable jusqu'en avril 2024, date du début de la prochaine période de soudure.

    • La situation sécuritaire connait une recrudescence des conflits entre les groupes armés et les militaires dans les régions de Ménaka, Gao, Tombouctou et de Mopti avec des perturbations énormes sur les flux commerciaux dans ces zones et des persécutions sur les populations civiles. Les déplacements inhabituels de populations qui se poursuivent, la détérioration des moyens d´existence à travers la baisse des opportunités des activités économiques, les vols/pillages de biens, etc., qui en résultent, exposent davantage les ménages pauvres à l’insécurité alimentaire. Alors que l'insécurité s'est considérablement accrue dans le centre et nord du Mali, les impacts les plus graves sont attendues à Ménaka, où les mouvements de population restent limités et où l'approvisionnement des marchés est extrêmement perturbé. La dynamique du conflit dans le centre et le nord du Mali est assez volatile, et il y a un risque que les niveaux de conflit et les impacts qui en résultent sur le fonctionnement du marché et les moyens de subsistance locaux s'aggravent plus que les prévisions actuelles. Si cela se produit, il est probable que les niveaux d'insécurité alimentaire se détérioreront davantage que ce que FEWS NET a prévu.

    • Les prévisions de production de céréales de la Cellule de Planification et des Statistiques/service du Développement rural (CPS/SDR) sont en légère hausse de 6,4 pour cent par rapport à l’année dernière et pratiquement similaires à la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, les précipitations mal réparties de juin et juillet ont fortement retardé les semis et le développement des cultures. Ceci, couplé avec les faibles précipitations de septembre, l'insécurité qui a limité les surfaces cultivées dans le centre et le nord du pays, et le coût élevé des intrants, en particulier pour la culture du riz, conduit FEWS NET à estimer que la production sera probablement inférieure à la moyenne quinquennale

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Mali d’octobre à mai 2024.

    Niger

    • Les récoltes sont en cours et améliorent les disponibilités alimentaires, mais l’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) persiste dans les régions de Tillaberi, Tahoua, Diffa, et Maradi suite aux conflits et à l’insécurité dont les effets combinés à la hausse des prix des denrées alimentaires provoquent d’ailleurs  une insécurité alimentaire aigue d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) chez quelques groupes de  ménages pauvres, ne disposant de capital humain pour la vente de main d’œuvre. En effet, les déplacements de population, les abandons des champs de cultures et des activités génératrices de revenus suite aux attaques terroristes provoquent une baisse de la production agricole et du pouvoir d’achat des ménages pauvres. Le dysfonctionnement des marchés et des flux transfrontaliers des denrées alimentaires suite aux conflits s’accompagne de hausse significative des prix. Le contexte sécuritaire connait aussi une dégradation supplémentaire depuis le coup d’état, ce qui a amené les nouvelles autorités à lancer de grandes opérations militaires couplées et à prendre des mesures d’interdiction de mouvements de personnes limitant les actions humanitaires dans les zones affectées par l’insécurité.

    • La situation sociopolitique née du coup d’état du 26 juillet 2023 ne connait pas d’évolution significative eu égard au maintien des mesures de suspension des relations commerciales et financières et de fermeture des frontières imposées par la CEDEAO et de l’UEMOA soutenues par les partenaires au développement. En effet, les flux transfrontaliers baissent d’intensité avec pour corollaire une réduction des disponibilités en denrées alimentaires et en produits et matériels sanitaires suite à la fermeture des frontières du Nigéria et du Bénin qui sont les pays appliquant les sanctions et dont le Niger dépend pour les importations et les exportations de produits de toutes sortes. Les appuis apportés par les partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre des sanctions concernent les aides au développement dont les suspensions conduisent à une réduction des ressources financières du gouvernement et des organisations humanitaires pour la mise en œuvre des plans de réponse à l’insécurité alimentaire et une baisse des opportunités économiques. Ces mesures qui pourraient persister encore durant la première période du scénario, d’octobre 2023 à janvier 2024, et pourraient être levées entre le mois de février à mai 2024, suite à l’aboutissement de négociations probables entre les nouvelles autorités et les institutions régionales et internationales. Cela va permettre de réhabiliter les circuits et volumes des flux transfrontaliers et les appuis des partenaires au développement.

    • Suite aux aléas agro climatiques combinés aux attaques parasitaires et aux réductions des superficies dues à l’insécurité, la production agricole et fourragère est estimée inférieure à celle de l’année passée et de la moyenne quinquennale. Les déficits céréaliers et fourragers vont se traduire par des disponibilités alimentaires suffisantes pour au plus, 3 à 4 mois de consommation, une hausse significative des produits alimentaires et pour bétail, et une dégradation de l’embonpoint et de la valeur marchande des animaux avec pour corollaire une réduction significative de l’accès alimentaire pour les ménages pauvres qui vont s’engager dans des stratégies d’adaptation négatives.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Niger d’octobre à mai 2024.

    Nigeria

    • Les récoltes de la campagne principale sont en cours dans tout le pays, améliorant de façon saisonnière la disponibilité alimentaire et l'accès à des millions de ménages à partir d'octobre. Cependant, les effets cumulés de l’augmentation des niveaux de violence et des enlèvements ciblant les civils, sur fond de périodes de sécheresse prolongées pendant la saison agricole dans le nord, d’inondations modérées dans les zones riveraines et de l’escalade de la crise macroéconomique, ont eu un impact négatif sur la production agricole. La production céréalière dans les zones excédentaires du nord devrait être inférieure à celle de l'an dernier et à la moyenne. Cela limitera probablement l’ampleur des améliorations saisonnières de l’accès à la nourriture, entraînant des prix atypiquement élevés des denrées alimentaires de base et soutenant des besoins d’aide alimentaire élevés dans le nord-est et le nord-ouest.

    • Dans le nord-est, les combats internes entre groupes insurgés, les niveaux élevés d'enlèvements et l'augmentation de la criminalité continuent de déplacer les ménages vers les villes de garnison et de restreindre l'accès aux terres cultivées pendant la période de culture. Même si la plupart des ménages bénéficient de la disponibilité accrue des récoltes, la taille des parcelles est petite et la plupart des ménages resteront partiellement tributaires des achats pour satisfaire leurs besoins alimentaires pendant la période des récoltes. Cependant, les opportunités limitées de génération de revenus et la détérioration du pouvoir d’achat limitent l’accès financier à la nourriture, ce qui entraîne des écarts de consommation et des résultats de crise (Phase 3 de l’IPC). Dans les zones inaccessibles, en particulier dans les zones de gouvernement local (LGA) de Bama, Marte, Guzamala et Abadam, les ménages auront une mobilité limitée, un accès difficile aux marchés fonctionnels, des récoltes limitées, voire inexistantes, et une capacité d'adaptation épuisée et seront probablement confrontés à une situation d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) jusqu’en mai 2024.

    • Malgré des besoins élevés en aide alimentaire, la présence humanitaire reste limitée dans le nord-ouest et le centre-nord. Le banditisme et les enlèvements contre rançon se sont multipliés de juin à septembre, perturbant les moyens de subsistance, limitant la mobilité et entraînant des déplacements de population dans les zones les plus touchées. Alors que les ménages qui cultivaient bénéficieront d'une amélioration temporaire de l'accès à la nourriture avec les récoltes saisonnières d'octobre à décembre, la plupart des ménages pauvres n'ont pas pu cultiver en raison de faibles opportunités de revenus. Les perturbations du fonctionnement du marché et les prix élevés ont été exacerbés par le déclin des activités commerciales transfrontalières avec la République du Niger. Les ménages touchés par le conflit connaissent des déficits de consommation alimentaire et devraient faire face à une Crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'en mai 2024. Un sous-ensemble des ménages les plus touchés par le conflit qui n'ont pas pu cultiver sont dépendants des aliments sauvages, du troc et de la mendicité pour accéder à la nourriture et sont probablement confrontés à une situation d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

    • Les conditions économiques se sont considérablement détériorées au Nigeria. La valeur du naira nigérian (NGN) chute rapidement sur le marché libre, atteignant un plus bas record de 1 200 NGN/USD au niveau des bureaux de change en fin octobre. L’inflation a atteint 26,8 % en septembre 2023 – le plus élevé depuis 2005 – les réserves extérieures continuent de baisser et la production pétrolière nationale reste bien inférieure au quota journalier de l’OPEP+. Les prix des biens importés et nationaux restent anormalement élevés en raison des coûts de transport élevés associés à l’augmentation des prix du carburant suite à la suppression des subventions sur les carburants. En septembre, dans la LGA de Maiduguri, les prix du maïs et du mil étaient de plus de 100 pour cent plus élevés qu'en septembre 2022. En raison de ces facteurs, le pouvoir d'achat des ménages s'est détérioré, réduisant l'accès à la nourriture pour des millions de ménages qui dépendent de l'achat pour l'alimentation.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Nigeria d’octobre à mai 2024.

    Tchad

    • À l’Est du pays la dégradation des moyens d’existence induite par l’afflux des réfugiés et les faibles productions pluviales a entraîné une détérioration de la consommation alimentaire des réfugiés, retournés et des ménages hôtes. Au Lac, les baisses de production couplées à l’érosion des sources de revenus due au contexte sécuritaire lié aux groupes armés non étatique limitent l’accès alimentaire des ménages déplacés et hôtes. Au Tibesti et dans les deux provinces de l’Ennedi Est et Ennedi Ouest, la baisse des flux entrants à la suite de l’insécurité à la frontière avec la Libye et l’arrêt de ceux du Soudan (occasionnés par la crise soudanaise) continuent d’induire des écarts de consommation à cause d’un accès limité aux marchés. Malgré les stratégies d’adaptation de crise développées par les réfugiés, retournés et, déplacés internes et ménages hôtes de ces zones, ces ménages ont toujours des déficits de consommation alimentaire. Ainsi, ils sont en insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans le reste du pays, les apports certes faibles des productions pluviales améliorent la consommation alimentaire des ménages très pauvres et pauvres ; ils sont en insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC). 

    • Les perturbations de la saison pluvieuse ont entraîné des baisses de rendements dans de nombreuses localités du pays. Au Sahel, la présence des réfugiés et retournés tchadiens installés sur les espaces agricoles les a réduites durant la campagne. Les longues séquences sèches et les cumuls pluviométriques déficitaires ont occasionné de pertes de superficies mises en valeur au Ouaddaï et au Sila. Par conséquent, les récoltes en cours sont inférieures à une année normale.

    • Au Sahel, la mauvaise pluviométrie de la saison a limité la disponibilité des pâturages qui est inférieure à la moyenne. Dans les zones d’attache du Sahel, les mares semi-temporaires sont complètement taries depuis fin septembre, plus précocement par rapport à une année typique. Ceci a engendré des départs précoces, amorcés dès début septembre 2023, de transhumants à destination de la zone soudanienne, anticipant sur les déficits en ressources pastorales. Au Lac, un retour précoce des pasteurs à destination des îles est observé, suscité par les faibles disponibilités de pâturages

    • L'afflux massif des réfugiés dans les trois provinces de Ouaddaï, Sila et Wadi Fira est à l'origine de l'insécurité alimentaire des ménages autochtone. À Adré, le nombre des réfugiés et retournés est environ quatre fois plus de la population locale et a occasionné une pression sur les moyens d'existence qui sont fortement dégradés.  Les besoins en assistance alimentaire augmentent rapidement, mais FEWS NET n'a pas suffisamment des données sur les assistances alimentaires, ni sur les nombres mensuels des bénéficiaires, ni sur le contenu des rations ou le montant des transferts monétaires permettant d'évaluer la couverture des assistances. La situation est très volatile et pourrait changer dans les mois à venir. FEWS NET continue de suivre de près l'évolution de la consommation alimentaire des réfugiés, retournés et ménages hôtes).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Tchad d’octobre à mai 2024.

    Pays suivis à distance

    Mauritanie 

    • Avec l'arrivée des récoltes vertes de sorgho, mil, et maïs en octobre dans les zones de culture pluviale et agropastorale, la plupart des ménages font face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, certaines localités du sud-est restent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) du fait du déficit de production de la culture du Djéri et des déficits de production de biomasse (Figure 1). En outre, les ménages pauvres des zones péri-urbaines de Nouakchott et de Nouadhibou restent en Stress (Phase 2 de l’IPC) : leurs possibilités d’emploi sont toujours faibles et les marchés, dont ils dépendent complètement, maintiennent des prix élevés.

    • La Mauritanie continue d’accueillir un grand nombre de réfugiés maliens, en juillet 2023, 85 942 réfugiés étaient enregistrés par le HCR dans le camp de Mbera et ses environs au sud-est du pays. Ces réfugiés dépendent fortement de l'aide humanitaire. Pendant des rapports antérieurs, le PAM a fait part de sa crainte d’une interruption des distributions en octobre si des fonds supplémentaires n’étaient pas obtenus. Cependant, des mises à jour provisoires plus récentes du PAM ont confirmé que de nouveaux financements ont été obtenus pour maintenir les distributions à niveaux constant jusqu’en 2024. Par conséquent, la population reste en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).

    • La situation pastorale est globalement bonne dans la bande frontalière sud avec le Mali et dans les wilayas du Guidimakha et du Gorgol ainsi que dans la partie nord du Tagant et du Trarza (Figure 2). En revanche, le niveau du pâturage est faible à nul dans certaines parties du centre, du nord et de l'est du pays. De nombreux cas de feux de brousse sont également signalés dans le Guidimaka et dans le Hodh El Chargui (Bassiknou) contribuant ainsi à réduire le potentiel fourrager de ces zones. Cette situation, combinée à la forte concentration du bétail et au surpâturage, va occasionner une transhumance interne précoce.

    • Les marchés des produits alimentaires de base sont plutôt bien approvisionnés en produits importés, bien que les prix restent élevés par rapport à la moyenne quinquennale. En revanche, l’offre des produits locaux (sorgho, mil, etc.) est globalement inférieure à la normale. Les prix des produits, actuellement à leur niveau saisonnier record, resteront supérieurs à la moyenne en novembre avant d’amorcer une tendance haussière en décembre 2023 et ce, jusqu’à mai 2024. Sur certains marchés à bétail, l’offre en ovins et caprins est relativement importante du fait du déstockage typique des éleveurs. Les quantités importantes d’ovins et caprins sur ces marchés y ont entraîné une baisse des prix. Cependant, dans les autres marchés, les prix sont restés stables et les termes de l'échange globalement en faveur des éleveurs.

    Pour en savoir plus, voir le rapport de Mise à jour d’octobre à mai 2024 concernant le suivi à distance de la Mauritanie.

    République Centrafricaine

    • Au niveau sécuritaire, malgré la baisse du nombre d’incidents dans le pays, la situation demeure volatile dans certaines régions, notamment dans les préfectures de la Haute-Kotto, du Haut Mbomou, de la Vakaga, et de l’Ouham, où, les derniers affrontements entre groupes rebelles et forces gouvernementales continuent de faire de nombreuses victimes parmi les civiles. Les ménages pauvres de ces zones rencontrent des difficultés à développer leurs stratégies de moyens d’existence habituelles, notamment la collecte d'aliments sauvages, l’artisanat, la chasse, la vente de gibier et de produits de cueillette. Ils sont confrontés à des déficits de consommation alimentaire exacerbés par les prix élevés des denrées alimentaires, ce qui les expose à une insécurité alimentaire aiguë correspondant à la phase Crise (Phase 3 de l’IPC).
    • Les récoltes du maïs, d’arachide et de haricot sont achevées dans la quasi-totalité des régions. En revanche, le sorgho, le mil, le manioc, et le riz pluvial qui sont en cours de récolte, seront moyennes ou supérieures à la moyenne du fait de la bonne pluviométrie enregistrée au cours de la saison hivernale. De plus, l‘accroissement des superficies agricoles consécutif à la baisse du niveau d’insécurité dans plusieurs zones notamment dans le sud, le centre et l’ouest du pays qui a permis le retour de plusieurs milliers de PDI dans localité d’origine, dont les plus significatifs ont été rapportés dans les préfectures de l’Ouham-Pendé, de l’Ombella M'Poko, et de la Ouaka.
    • Malgré les récoltes de maïs, d’arachide et de manioc, les prix des produits de base sont restés élevés.  La comparaison des prix du mois d’août par rapport à la moyenne des 5 ans révèle des hausses très importantes sur les prix des produits alimentaires de base. L’augmentation des prix est plus prononcée dans les zones les plus affectées par le conflit. Les prix du manioc ont augmenté de 98 pour cent à Birao, 99 pour cent à Bangassou; 130 pour cent à Zemio et 131 pour cent à Obo. En ce qui concerne le maïs, des fortes hausses sont observées particulièrement sur les marchés de Yaloke (81 pour cent), Carnot (86 pour cent), Boda (118 pour cent) et Bossemptele (140 pour cent). Quant au riz, des accroissements sont observés dans la quasi-totalité des marchés et les accroissements les plus importants sont signalés à Bouca (82 pour cent), Bozoum (91 pour cent), Bria (102 pour cent), Paoua (192 pour cent), Obo (108 pour cent) et Zemio (153 pour cent).
    • La soudure caractérisée par l’amenuisement des stocks alimentaires qui va démarrer en avril dans le sud du pays va contraindre les ménages à avoir recours au marché pour leur alimentation. Toutefois, le niveau élevé des prix va contraindre les ménages pauvres à développer leurs stratégies d’adaptations habituelles, notamment le recours aux activités de cueillette, de chasse et de pêche pour parvenir à une insécurité alimentaire aigüe de phase Stress (Phase 2 de l’IPC). Ils seront en mesure de satisfaire leurs besoins minimaux en kilocalories, mais auront probablement des difficultés à satisfaire leurs besoins non-alimentaires essentiel.

    Pour en savoir plus, voir le rapport de Mise à jour d’octobre à mai 2024 concernant le suivi à distance de la république centrafricaine. 

     


    Évènements qui pourraient changer les scenarios
    Tableau 1
    Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evènements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Centre et nord du Mali ; nord-est, centre-nord et nord-ouest du Nigeria ; bassin Lac Tchad ; région du Liptako-Gourma ; région du Tibesti ; République Centrafricaine ; Nord-ouest et sud-ouest du Cameroun

     

    Aggravation de l’insécurité civile/conflits armés

    • Augmentation du nombre des déplacés internes, et réfugiés 
    • Grave perturbation des flux commerciaux et prix atypiques
    • Très faible approvisionnement des marchés locaux 
    • Grave détérioration des moyens d’existence des ménages
    • Réduction de l’accès des zones par les humanitaires pour l’assistance
    • Détérioration significative du niveau de consommation des ménages
    • Perturbation des mouvements de transhumance et inaccessibilité des zones pastorales

     

    Citation Recommandée: FEWS NET. Afrique de l'Ouest Perspectives sur la securité alimentaire Novembre 2023: Les niveaux de récoltes mitigés et les perturbations anticipées des marchés exposeront davantage de populations en insécurité alimentaire, 2023.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top