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Insécurité alimentaire toujours élevée dans les zones de conflits, atteint des niveaux très préoccupants au Burkina Faso.

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Novembre 2022
Insécurité alimentaire toujours élevée dans les zones de conflits, atteint des niveaux très préoccupants au Burkina Faso.

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  • Messages clé
  • PERSPECTIVES PAR PAYS
  • EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS
  • Messages clé
    • Les résultats prévisionnels de la campagne agricole 2022/23 indiquent une production céréalière régionale de 76,4 millions de tonnes, soit une hausse de 7 et 6 pour cent comparativement à l’an dernier et à la moyenne. Tous les pays du Sahel affichent une hausse par rapport aux deux périodes de référence. Toutefois, au niveau local, les zones affectées par les conflits armés et l’insécurité continuent d’enregistrer des récoltes inférieures à la moyenne.   Les fortes infestations de Jassides observées sur le cotonnier fait craindre des pertes importantes de production au Sénégal, Burkina Faso et Mali. La production des pâturages est supérieure à moyenne, excepté dans les zones pastorales du Niger, et dans les zones de Gao, Tombouctou, Kidal, Taodéni et Menaka au Mali où elle est inférieure.  

    • Malgré la bonne production de pâturages dans la bande sahélienne, les conflits armés et l’insécurité qui persistent dans le bassin du Lac Tchad, du Liptako Gourma, et dans le Nord-ouest du Nigeria continueront de limiter fortement la mobilité des troupeaux, l’accès aux pâturages et aux ressources en eau, entrainer une forte concentration des troupeaux dans les aires pastorales accessibles, et une dégradation accélérée des ressources. Les bonnes disponibilités en eau offrent des opportunités de production de saison sèche supérieures à la moyenne, excepté dans les zones de conflits où sa pratique restera limitée.

    • Les marchés ont été marqués en octobre par une tendance à la baisse saisonnière des prix des produits de base, observée dans plusieurs pays, justifiée par les principales récoltes.  Néanmoins, les prix se sont encore renforcés dans certaines parties du Sahel (notamment au Mali et des parties du Burkina Faso et du Tchad) en raison de l'insécurité, des dernières inondations et des prévisions de baisses localisées de la production. Au Ghana également, les prix ont continué d'augmenter anormalement dans un contexte de ralentissement macroéconomique et d'inflation massive. Dans l'ensemble, les prix sont demeurés nettement supérieurs à la moyenne quinquennale dans la région. Au Sahel, ces niveaux atypiques étaient principalement dus à des stocks inférieurs à la moyenne, à une forte demande pour la reconstitution des stocks et d'assistances humanitaires et à une insécurité persistante. Dans les pays côtiers, ils ont été tirés par la forte demande d'exportation, une forte hausse des coûts de transaction et la dépréciation des devises. Compte tenu des faibles stocks de report, des besoins de reconstitutions des stocks, et des niveaux élevés des cours mondiaux des denrées, les prix resteront supérieurs à la moyenne sur les marchés.

    • La majorité des zones connait une sécurité alimentaire en amélioration en Minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux nouvelles récoltes qui procurent de la nourriture et des revenus aux ménages. L’insécurité alimentaire Stress 2 ! (Phase 2 de l’IPC) qui prévaut de Novembre à Janvier dans la région de Diffa et le sud de Maradi au Niger, les régions du Kanem, Lac et Barh El Gazel au Tchad, la province du Sanmatenga au Burkina Faso et dans plusieurs LGA dans les états de Borno et Yobé au Nigeria persistera jusqu’en Mai à Diffa et Maradi au Niger tandis que dans les autres zones, elle évoluera en Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février et Mai 2023. Ce niveau d’insécurité alimentaire affectera également au cours de la même période, les départements de Dababa et Mangalmé au Tchad et le nord et l’ouest de la région de l’Extrême Nord au Cameroun qui sont actuellement en Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    • La Crise (Phase 3 de l’IPC) qui affecte actuellement les provinces du Yagha, Seno, et le nord du Namentenga au Burkina Faso, l’ouest et le nord des régions de Tillaberi et Tahoua au Niger, les régions du nord-ouest et sud-ouest du Cameroun, l’ouest et le sud de Katsina, le nord et le sud de Sokoto, l’est du Niger, le nord et le centre de Zamfara, le nord-ouest nord-est, et sud-est de Kaduna, le nord-est et sud de Yobé, l’ouest et l’est de Borno au Nigeria, persistera jusqu’en Mai 2023 et s’étendra à plusieurs autres zones des états précédemment cités du Nigeria, ainsi qu’aux provinces du Yatenga, Bam, Sanmatenga, Komondajari, Gourma, Kompienga et Tapoa au Burkina Faso. 

    • L’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) qui est en cours dans les provinces du Soum et Oudalan au Burkina Faso persistera jusqu’en Mai et gagnera à partir de Février la province du Yagha, toutes impactées par les conflits armés et l’insécurité. Dans ces provinces, une faible proportion de la population connait des écarts de consommation alimentaires extrêmes indiquant la Catastrophe (Phase 5 de l'IPC) avec une augmentation de la population dans cette phase en entre février et mai 2023.


    PERSPECTIVES PAR PAYS

    Burkina Faso

    • Le conflit continue de provoquer une grave insécurité alimentaire dans le nord du Burkina Faso. Dans les zones sous blocus, notamment les provinces du Soum, du Yagha et de l’Oudalan, les récoltes en cours ne sont pas suffisantes pour empêcher les écarts extrêmes sur la consommation. L’approvisionnement des marchés n’est pas régulier et la délivrance de l’assistance n’est pas adéquate. Du fait de l’érosion des avoirs, les ménages hôtes pauvres et de PDIs font face à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Dans les communes inaccessibles de Djibo, Kelbo, Arbinda, Tin-Akoff, Déou, et Sebba, FEWS NET prévoit qu’un pourcentage minimal de ménages très pauvres et pauvres ont de déficits alimentaires extrêmes et une destruction de leurs avoirs relatifs aux moyens d’existence en raison de dysfonctionnement des marchés, la mobilité limitée et la capacité limitée ou inexistante à s'engager dans des activités de subsistance typiques et sont en Catastrophe (Phase 5 de l'IPC). Entre février et mai, il est probable que les migrations forcées par manque de nourriture s’intensifient et que les cas de malnutrition aigüe sévère s’aggravent, augmentant la proportion de populations en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC).
    • Les exactions des groupes armés militants n’ont pas connu de répit comme c’est généralement le cas pendant les mois les plus pluvieux. Au contraire, ces groupes continuent de démontrer leur capacité à faire face à l’armée nationale en isolant plus de zones, en attaquant les convois de marchandises et en cherchant à consolider le contrôle des itinéraires de contrebande dans le sud. La répétition de crises socio-politiques, marquée par deux coups d’états dans huit mois, n’est pas de nature à permettre une amélioration de la situation. La fréquence et l'intensité des attaques perpétrées par les groupes militants devraient continuer à augmenter après la fin de la saison des pluies pour atteindre à nouveau des niveaux similaires ou supérieurs à l’année précèdent.
    •  Malgré la bonne pluviométrie enregistrée dans le pays, les récoltes en cours vont être en-dessous de la moyenne du fait de la réduction des superficies emblavées dans les zones en conflit et des baisses de rendements liées à la sous-utilisation des fertilisants minéraux. La baisse de production entrainera une baisse de l’offre de produits alimentaires par rapport à la moyenne, en particulier pour les céréales. La demande des ménages sur les marchés, en particulier les PDIs sera plus accrue au cours de la période de projection. De plus, les stocks institutionnels et privés sont présentement à leur plus bas niveau comparé à la moyenne. Il est probable que leurs besoins d’achat soit plus élevé que d’habitude, soit pour reconstituer les stocks, ou pour satisfaire les besoins humanitaires au profit des PDIs. Avec la persistance des effets induits de la crise en Ukraine, les prix des denrées de base, y compris les produits importés, vont rester au-dessus de leurs moyennes saisonnières quinquennales jusqu’en mai 2023.
    • Dans l’ensemble et particulièrement dans les zones plus touchées par l’insécurité, les revenus seront en dessous de la moyenne entre octobre et mai. L’insécurité continuera de limiter la pratique des activités de production de contre-saison et l’orpaillage. Les baisses attendues de production ne permettront pas aux ménages de tirer d’avantage des prix au-dessus de la moyenne ou de tirer des marges bénéficiaires du fait des coûts de production élevés. De même, l’augmentation du prix d’achats aux producteurs de coton ne suffira pas pour compenser la baisse de production négativement impacté par la maladie des cultures.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Burkina Faso d’octobre 2022 à mai 2023

     

    Cameroun

    • Les pressions inflationnistes sur les produits alimentaires se sont intensifiées au Cameroun depuis le début de la guerre en Ukraine. Selon l'Institut national de la statistique, le Cameroun a connu un taux d'inflation générale de 6,61 pour cent en août 2022, ce qui est supérieur au seuil d'inflation de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) de 3 pour cent. Par rapport au même mois de 2021, l'inflation générale en août 2022 a augmenté de 7,4 pour cent à Yaoundé et de 6,6 pour cent à Douala, sous l'effet d'une hausse de 14,5 à 14,9 pour cent des prix des produits alimentaires, notamment les huiles et graisses, le pain et les céréales, et les viandes. Au cours de cette période, les prix des produits alimentaires fabriqués localement dans ces villes ont également augmenté de 13,3 à 14,4 %.
    • Le suivi de routine de FEWS NET a fait état de résultats stressants (phase 2 de l'IPC) et pires encore parmi les ménages pauvres urbains dépendant principalement du marché, en particulier ceux de Yaoundé et Douala. Bien qu'ils se remettent encore des baisses de revenus liées à la pandémie, ils réduisent maintenant le nombre de repas qu'ils prennent, épuisent leurs économies antérieures ou s'endettent pour survivre aux prix élevés des aliments.
    • Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, on prévoit une crise généralisée (phase 3 de l'IPC) au niveau de la zone de novembre 2022 à mai 2023, car la dépendance accrue à l'égard du marché et la hausse des prix des aliments de base exacerbent le pouvoir d'achat déjà faible des ménages. De plus en plus de ménages pauvres verront leur consommation alimentaire se détériorer conformément aux résultats de la crise (phase 3 de l'IPC), exacerbant l'expérience de la période de soudure de mars à mai 2023.
    •  L'accès à la production propre de sorgho, de maïs et de légumineuses accroît la disponibilité et la diversité des aliments et augmente les revenus tirés de la vente des récoltes pour les ménages pauvres des divisions de Logone-et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga dans la région de l'Extrême-Nord, améliorant ainsi les résultats de la phase de stress (phase 2 du CIP) en octobre. Les prix supérieurs à la moyenne et les faibles revenus continuent de limiter le pouvoir d'achat des ménages pauvres pour les autres aliments, tels que le riz et les produits du blé, et les articles non alimentaires essentiels, ce qui les oblige à continuer d'utiliser des stratégies d'adaptation de type "stress".

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Cameroun d’octobre 2022 à mai 2023 .

     

    Mali

    • L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours se maintiendra jusqu’en mai 2023 pour la majorité des ménages du pays grâce aux récoltes globalement moyennes et à la baisse saisonnière des prix. Cependant, la dégradation avancée des moyens d’existence des ménages dans les zones d’insécurité du Centre et du Nord et le niveau élevé des prix des céréales continueront de réduire les capacités d’accès des ménages aux aliments, particulièrement dans les zones de Ménaka et de Gao où une exacerbation des incidents sécuritaires et des déplacements de populations sont observés. Ainsi, à cause de l’épuisement précoce des stocks et de la hausse des prix, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours se dégradera en Crise (Phase 3 de l’IPC) d’avril à mai 2023 dans la zone du Liptako Gourma tandis que la situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) en cours se maintiendra dans celle de Ménaka et le sud de Gao.
    • Dans la zone du Liptako Gourma, la persistance de l’insécurité voire son intensification à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger perturbe les activités économiques, l’accès humanitaire dans la zone et engendre un déplacement inhabituel des populations estimées à 440 436 personnes en fin septembre 2022. La tendance à la hausse des violentes attaques dégradera davantage les moyens d’existence des ménages déjà précaires dans les zones concernées ; ce qui réduira les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires d’octobre à mai 2023.
    • Grâce à la bonne pluviométrie, une disponibilité céréalière moyenne est attendue dans le pays avec le début des récoltes en octobre. Les prévisions de production de céréales sont en légère hausse de 16,7 pour cent par rapport à l’année dernière et pratiquement similaires (+4,8 pour cent) à la moyenne des cinq dernières années (CPS/SDR). Les baisses localisées de production liées aux inondations ou à l’insécurité réduiront les disponibilités alimentaires dans les zones concernées, particulièrement les zones d’insécurité du Centre et du Nord où l’accès à certains marchés est perturbé.
    • Les pluies normales à excédentaires ont reconstitué les pâturages et les points d’eau, entraînant une production d’élevage moyenne à bonne et fournissant aux ménages pastoraux du lait, du beurre, du fromage et des revenus. Ces conditions augurent une soudure normale pour les pasteurs à partir d’avril. Toutefois, les difficultés d’accès à certains pâturages et aux marchés à cause de l’insécurité affecteront l’alimentation du bétail dans les zones d’insécurité du Centre et du Nord du pays, ce qui impactera négativement le revenu pastoral.
    • L’accès des ménages aux céréales est moyen dans l’ensemble grâce à la disponibilité moyenne de la propre production et de la baisse de leurs prix. Cependant, la baisse de revenu des ménages particulièrement dans les zones de conflit et le niveau élevé des prix des céréales par rapport à la moyenne quinquennale réduisant les termes de l’échange chèvre/mil, continueront d’affecter négativement l’accès des pauvres aux denrées alimentaires d’avril à mai 2023.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Mali d’octobre 2022 à mai 2023.

     

    Niger

    • La crise sécuritaire persiste avec les enlèvements de personnes pour demande de rançons, le prélèvement de taxes et impôts sur les animaux et la pose d’engins explosifs improvisés. Ces actes terroristes affectent négativement la sécurité alimentaire des ménages en perturbant les activités de moyens d’existence et le fonctionnement des marchés dans les zones affectées des régions de Tillabéry et de Diffa et le Nord-ouest et le Sud-ouest des régions de Tahoua et de Maradi.
    • Les récoltes sont en cours pour les céréales et pour les cultures de rente dont les résultats provisoires sont estimés supérieurs à ceux de l’année passée et de   la moyenne quinquennale due à une bonne pluviométrique enregistrée au cours de la campagne et d’une situation phytosanitaire globalement stable. Ainsi, les disponibilités alimentaires et les revenus sont davantage renforcés grâce aux apports des cultures irriguées de janvier à mai 2023.   Cependant, selon la Direction des Statistiques de l’Agriculture, 15 pour cent des villages agricoles dans l’ensemble du pays vont enregistrer des baisses de production agricole causée par les inondations, les pauses sèches et les baisses des superficies emblavées dues à l’insécurité et à l’accès limité aux intrants dont l’engrais.
    • Les marchés ont renoué avec la tendance saisonnière normale en termes d’approvisionnement et assurent la disponibilité des céréales au niveau des ménages et sur les marchés. Toutefois, les prix restent généralement au-dessus de la moyenne quinquennale avec des hausses plus significatives sur les marchés situés en zones de conflit dans les régions de Diffa, Tillabéry et Tahoua.
    • Les opérations d’assistance alimentaire ont été conduites par le gouvernement et ses partenaires en juin, juillet et aout 2022 et ont couvert 80 à 100 pour cent des besoins alimentaires de la majorité des personnes ciblées dans les régions de Diffa et Maradi selon le rapport de suivi de la mise en œuvre de l’assistance du Custer Sécurité alimentaire de septembre 2022. Cependant, dans les régions de Tillabéry et Tahoua, moins de 20 pour cent des personnes ciblées qui ont reçu l’assistance à cause de la situation sécuritaire qui limite l’accès aux populations dans le besoin.
    • Les ménages pauvres déplacés des régions de Tillabéry et Tahoua restent en Crise (Phase 3 de l’IPC) due à la faible production liée à l’accès réduit aux champs de cultures, à la baisse des revenus et des prix élevés des denrées alimentaires qui réduisent l’accès alimentaire. En plus les ménages n’ont pas accès aux distributions de l’assistance alimentaire à cause de leurs inaccessibilité causée par l’insécurité. Toutefois, ces assistances alimentaires sont fournies régulièrement et permettent de couvrir les besoins alimentaires des ménages pauvres et déplacés des régions de Diffa et Maradi et leur permettent de rester en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Niger d’octobre 2022 à mai 2023.

     

    Nigeria

    • L'accès à la nourriture s'est amélioré pour de nombreux ménages dans le pays avec la disponibilité des récoltes ; cependant, les besoins d'aide alimentaire à l'échelle nationale restent atypiquement élevés pour cette période de l'année en raison des effets cumulés des mauvaises conditions macroéconomiques, des niveaux élevés de conflit et des pires inondations de la dernière décennie. Plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées à travers le pays, avec des activités de moyens d’existence perturbées. De nombreux ménages, y compris ceux déplacés et dans les zones touchées par les conflits, sont toujours confrontés à des déficits de consommation en raison de la disponibilité limitée des récoltes et d'un pouvoir d'achat inférieur à la normale.
    • Le conflit dans le nord-est se poursuit, bien qu'à des niveaux relativement inférieurs à ceux des années précédentes, avec des incidences localisées dans les LGA d'Abadam, Gubio, Guzamala, Bama, Konduga, Kaga et Damboa dans l'État de Borno, perturbant les moyens de subsistance et les activités commerciales. Les inondations de 2022 ont entraîné une baisse des perspectives de récolte de la saison principale ; cependant, la récolte en cours devrait accroître l'accès à la nourriture. Dans l'ensemble, pendant la période de récolte, les résultats Crise (Phase 3 de l'IPC) et Stress (Phase 2 de l'IPC) devraient être généralisés. Malgré les récoltes de la saison sèche en début 2023, les résultats de la Crise (Phase 3 de l'IPC) se généraliseront très probablement au cours de la période de février à mai 2023, à mesure que les stocks alimentaires des ménages issus de la production diminuent et qu'ils deviennent plus dépendants du marché. L'Urgence (Phase 4 de l'IPC) n'est probable que parmi certains ménages avec peu ou pas de récolte, une capacité limitée à accéder aux marchés en raison de revenus minimes et dépendant principalement des aliments sauvages.
    • Les enlèvements, le banditisme et le vol de bétail continuent de s'intensifier dans les États du nord-ouest et du centre-nord. Les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Niger et Benue restent les plus touchés, avec des déplacements généralisés. Les inondations ont également provoqué des déplacements et des dommages aux terres agricoles. De nombreux ménages déplacés et pauvres ont une récolte minimale de la production de la saison principale et dépendent principalement des marchés alimentaires. Cependant, les prix anormalement élevés des aliments de base rendent l'accès à la nourriture de plus en plus difficile. Certains ménages pauvres dépendent de la consommation d'aliments sauvages pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base. Des résultats de Crise (Phase 3 de l'IPC) et de Stress (Phase 2 de l'IPC) sont probables dans bon nombre de ces zones jusqu'au début de 2023. En conséquence, les résultats de Crise (Phase 3 de l'IPC) sont attendus jusqu'en mai 2023 au moins dans les zones les plus touchées par le conflit dans les États du Nord-Ouest et du Centre-Nord, car les ménages ne pourront pas subvenir à leurs besoins alimentaires.
    • La récolte principale de 2022 est en cours dans tout le pays. En raison des perturbations liées aux conflits et aux inondations qui ont affecté les périodes de semis, la croissance des cultures et les récolte, ainsi que l’accès inférieur à la normale aux intrants agricoles, la production sera probablement inférieure à la moyenne nationale. Alors que les prix des aliments de base ont quelque peu baissé, les niveaux de prix restent atypiquement élevés en raison des pressions inflationnistes du marché, notamment des coûts de transport élevés. En octobre, l'inflation annuelle était de 21,09 %.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Nigeria d’octobre 2022 à mai 2023.

     

    Tchad

    • L‘insécurité au Lac, la baisse attendue de production liée aux inondations, et les prix atypiquement au-dessus de la moyenne continue de perturber les sources typiques de nourriture et revenus de ménages pauvres dans le pays. Malgré les récoltes en cours, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) sera répandue dans la plupart de zones sahariennes et sahéliennes. Au Lac, l’assistance alimentaire en cours permet aux ménages d’avoir une consommation adéquate, mais ils ne peuvent assumer certaines dépenses non-alimentaires qui sont en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).
    • Les cumuls pluviométriques moyens à excédentaires par rapport à la normale ont occasionné des déplacements de populations, ainsi que des destructions d’infrastructures, et des pertes de cultures et bétails. En mi-octobre 2023, plus de 1,000,000 de personnes sinistrées, 465,030 hectares de champs détruits et près de 19,400 têtes de bétail perdues par suite des inondations sont recensés. Le Mayo Kebbi Est, Logone Occidental, Tandjilé, le Mandoul et la ville de N’Djaména sont sévèrement affectées parmi les 18 provinces.
    • Les conflits et l’insécurité contribuent à perturber les sources typiques de revenus et de nourriture pour les ménages des zones agropastorales et du Lac. Une recrudescence des conflits entre les agriculteurs et les éleveurs axés sur l’accès et le contrôle des espaces et ressources agropastoraux était observé dans de nombreuses zones du pays. Au Lac, la persistance de l’insécurité civile continue de perturber les moyens d’existence des déplacés et ménages hôtes.
    • Les récoltes céréalières en cours donnent une production stable avec une légère tendance haussière (1,7 pour cent) à cause des pertes de superficies liées aux inondations et à un accès réduit aux champs en raison du mauvais état des routes et des coûts de transports élevés. Les perturbations de flux de produits alimentaires importés limitent les volumes des approvisionnements à destination de la zone sahélienne en provenance de la Libye, augmentant la pression sur les marchés céréaliers locaux pour générer de l'approvisionnement. Par conséquent, des hausses atypiques des prix des céréales entre 15 et 40 pour cent comparées à la moyenne quinquennale sont rapportées sur la plupart des marchés.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Tchad d’octobre 2022 à mai 2023.

     

    Pays suivis à distance[1]

    Mauritanie

    • Malgré la disponibilité des premières récoltes, certains ménages pauvres font recours aux marchés pour satisfaire leurs besoins alimentaires dans un contexte de forte inflation des prix. Les résultats de l’insécurité alimentaire restent ainsi globalement en Stress (Phase 2 de l’IPC) dans le pays. Ces populations sont localisées notamment dans les communes du nord et de l’ouest de la ville de Nouakchott et la zone agropastorale. En période projetée, le manque d’opportunité d’emploi saisonnier en milieu urbain et dans les zones minières vont limiter l’accès des ménages pauvres à la nourriture. Les résultats plus probables de l’insécurité alimentaire resteraient globalement en Stress (Phase 2 de l’IPC).
    •  Le développement des cultures pour les premières récoltes de céréales sèches, notamment le mil et le sorgho, est satisfaisant grâce à une pluviométrie adéquate dans la partie sud de la région de Guidimakha et la bande du fleuve Sénégal. Par ailleurs, pour les cultures de contre-saison, le niveau de remplissage optimal des retenus d’eau vont permettre une production normale de ces cultures. 
    • La favorable pluviométrique a permis une amélioration satisfaisante des conditions pastorales améliorant l’état d’embonpoint des animaux. Cette situation a par conséquent renforcé la production animale notamment le lait, la viande et les produits dérivés au niveau du pays. En outre, les conditions pastorales favorables ont eu un impact positif sur les prix des animaux. Cependant, en dépit de cette situation, les termes de l’échange continuent d’être défavorables aux éleveurs du fait du niveau élevé des prix des denrées alimentaires. 
    • L’offre en céréales est marquée par les premières récoltes issues des zones de production du sud du pays. Cette offre, quand bien même très limitée en ce moment, est soutenue par les flux en provenance des pays limitrophes notamment le Sénégal. Cependant, cette offre reste globalement réduite des restrictions d’importations de céréales en provenance du Mali limitant la disponibilité alimentaire en cette période. Le prix des denrées alimentaire connait une tendance haussière malgré les prémices des récoltes— près du doublé par rapport à la moyenne quinquennale des céréales dans certains marchés, à l'exception du riz importé qui reste stable. Le coût du transport couplé à l'inflation nationale, 7,2 pour cent en septembre, ainsi contribue encore au renchérissement des prix dans les marchés.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Mise à jour d’octobre 2022 à mai 2023 concernant le suivi à distance de la Mauritanie.

     

    République Centrafricaine

    • Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister dans l’extrême nord plus touché par les inondations et dans les zones enclavées de l’est du pays plus exposées à l’augmentation des prix des denrées, où les ménages hôtes pauvres et les PDIs pauvres ont des récoltes insuffisantes et de faibles sources de revenus. Cependant, Stress (Phase 2 de l'IPC) est attendus dans les zones plus calmes du sud-ouest et du centre, ou les récoltes en cours sont normale.
    • Les conflits et l'insécurité restent un facteur clé de l'insécurité alimentaire aiguë, en raison de l'érosion à long terme de la productivité agricole et économique. Cependant, les niveaux de conflit ont diminué par rapport à l'année dernière, permettant une amélioration relative des activités de subsistance typiques. En outre, des précipitations favorables dans la majeure partie du pays ont conduit à des récoltes moyennes à supérieures à la moyenne pour la majorité des ménages, à l’exception de ceux dans les zones touchées par les inondations ou dans les zones où les groupes armés sont actifs ou encore dans les zones de forte présence de PDIs.
    • Malgré certaines tendances positives, le rétablissement des moyens de subsistance reste limité. La détérioration du réseau routier, l'insécurité et les prix élevés du carburant contribuent tous à la faiblesse de l'approvisionnement du marché et à la hausse des prix des denrées alimentaires dans les zones enclavées. En outre, des inondations localisées ont causé des pertes de récoltes dans les préfectures de la Vakaga et de l'Ouham. Les besoins d'assistance alimentaire devraient augmenter de février à mai 2023, lorsque les ménages pauvres épuiseront leurs stocks alimentaires et que les prix des denrées alimentaires commenceront à augmenter de façon saisonnière, surtout dans les zones plus affectées par les inondations et par l’insécurité.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Mise à jour d’octobre 2021 à mai 2022 concernant le suivi à distance de la république centrafricaine.

     

    [1] Avec le suivi à distance, un analyste travaille habituellement à partir d’un bureau régional proche, comptant sur un réseau de partenaires pour les données. Par rapport aux pays ci-dessus où FEWS NET dispose d’un bureau local, les rapports concernant les pays suivis à distance peuvent être moins détaillés. 

     


    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

    Zone

    Evènements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Centre et nord du Mali ; nord-est, centre-nord et nord-ouest du Nigeria ; bassin Lac Tchad ; région du Liptako-Gourma ; République Centrafricaine ; Nord-ouest et sud-ouest du Cameroun

     

    Aggravation de l’insécurité civile/conflits armés

    ·      Augmentation du nombre des déplacés et réfugiés dans les pays voisins

    ·      Grave perturbation des flux commerciaux et prix atypiques

    ·      Très faible approvisionnement des marchés locaux

    ·      Grave détérioration des moyens d’existence des ménages

    ·      Réduction de l’accès des zones par les humanitaires pour l’assistance

    ·      Détérioration significative du niveau de consommation des ménages

    ·      Perturbation des mouvements de transhumance et inaccessibilité des zones pastorales

     

    Figures Seasonal Calendar in a Typical Year

    Figure 1

    Seasonal Calendar in a Typical Year

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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