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L’approvisionnement des marchés bien qu’inférieur à la moyenne démeurera suffisant pour satisfaire la demande

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Juillet 2018
L’approvisionnement des marchés bien qu’inférieur à la moyenne démeurera suffisant pour satisfaire la demande

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  • PERSPECTIVES PAR PAYS
  • EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS
  • Messages clé
    • L’installation de la campagne agricole est globalement satisfaisante avec la généralisation des semis dans les pays du Sahel. Des stades avancés de tallage sont déjà observés pour les céréales. Toutefois, quelques dégâts de chenille légionnaire sont déjà signalés au Burkina Faso et au Mali. La régénération des pâturages et des points d’eau réduit progressivement les difficultés alimentaires du bétail. Cependant, le faible niveau d'exportation vers le Nigéria continue d'affecter les termes de l’échange bétail/céréales en défaveur des éleveurs, bien qu’une amélioration soit à prévoir avec la fête de Tabaski en août.

    • Excepté dans le Grand bassin du Lac Tchad et dans le nord et le centre du Mali où les marchés restent perturbés en raison de l'insécurité, ailleurs ils sont suffisamment approvisionnés, mais à des niveaux inférieurs à la moyenne. Ces niveaux resteront tout de même suffisants au Sahel pour satisfaire la demande de consommation des ménages jusqu’aux prochaines récoltes en octobre grâce aux flux en provenance des pays côtiers, les nouvelles récoltes de contre saison, la mise à marché des stocks commerçants et les importations. Les prix des aliments de base restent plus élevés par rapport au mois précédent au Nigeria, mais plutôt stables dans le Sahel et les autres pays côtiers. Ils restent supérieurs à la moyenne et demeureront ainsi durant toute la période de soudure.

    • La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2019, grâce à l’approvisionnement satisfaisant des marchés durant toute la période de soudure, les récoltes précoces à partir de septembre et à la mise en œuvre de stratégies d’adaptation habituelles.

    • Toutefois, le niveau d’insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l’IPC) continuera d’affecter jusqu’en septembre, le centre et l’est de la Mauritanie, des parties des régions du Sahel, du Centre-nord et de l’Est du Burkina Faso, au Tchad dans les régions de Wadi Fira, Kanem, Barh El Gazel, Batha et Hadjer-Lamis du fait des baisses significatives des productions agricoles et pastorales, et de la détérioration significative des moyens d’existence qui affectent négativement la consommation des ménages pauvres. Il en est de même pour la région de Diffa au Niger et la région du Lac au Tchad du fait du conflit de Boko Haram, et en RCA du fait du conflit armé.


    PERSPECTIVES PAR PAYS

    Tchad

    • Les faibles récoltes de 2017-2018 dans les régions du Lac, Kanem, BEG, Batha, Wadi Fira, Guéra et Hadjer Lamis ont entrainé un épuisement des stocks plus tôt que d'habitude. Cela a entraîné une soudure précoce et une dépendance prolongée aux marchés. Les revenus des ménages sont inférieurs à la moyenne en raison de la crise financière, ne permettant pas de combler le déficit de consommation.
    • La situation pastorale est sévèrement dégradée à cause de la rareté du pâturage dans les régions sahéliennes. On observe un mauvais état d’embonpoint des animaux entrainant une baisse importante des prix à des niveaux inférieurs à la moyenne. Cette baisse a causé une détérioration des termes de l’échange bétail/céréales, limitant l'accès au marché. Quant aux prix des céréales, ils restent relativement proches de la moyenne. 
    • Une assistance humanitaire en cours, vise à apporter une réponse aux déficits céréaliers enregistrés en 2017. Ces interventions pourraient durer quatre mois, de juin à septembre 2018, pour tout le Sahel à l’exception du Wadi Fira qui bénéficiera de cinq mois. Elles toucheront environ 379 016 bénéficiaires, classées en Phase 3 et plus de l’IPC (Cadre Harmonisé, mars 2018).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Tchad de juin 2018 à janvier 2019.

    Mali

    • L’installation de la campagne agricole 2018-19 a démarré dans le pays. Les prévisions de pluies moyennes à supérieures à la moyenne à travers le pays selon les prévisions saisonnières et les appuis multiformes (Intrants, équipements, aménagements hydro agricoles) du Gouvernement et de ses partenaires présagent d’une production de céréales moyenne à supérieure à la moyenne en octobre 2018.
    • L’approvisionnement des marchés en céréales reste suffisant à travers le pays en dépit de la baisse saisonnière des offres plus marquée que d’habitude. Les prix des céréales supérieurs à nettement supérieurs à la moyenne dans l’ensemble et la forte dégradation des termes de l’échange bétail/céréales par rapport à la moyenne limite l’accès des ménages pauvres aux denrées.
    • La soudure plus difficile que la moyenne dans les zones pastorales des régions de Gao et de Tombouctou, dans la zone des Lacs de Goundam et par endroits dans le delta intérieur du fleuve Niger et le sahel occidental amène les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation inhabituelle pour satisfaire leurs besoins alimentaires. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours devrait se dégrader en phase pire en absence d’appuis humanitaires prévue de juin à septembre (Phase 2 ! de l’IPC).
    • L’accès alimentaire des ménages s’améliorera en octobre grâce aux productions céréalières et animales moyennes à supérieures à la moyenne, attendues dans le pays, la baisse des prix des céréales et l’amélioration des termes d’échange bétail/céréale. Par conséquent, toutes les zones du pays seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à janvier 2019.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Mali de juin 2018 à janvier 2019.

    Mauritanie

    • Les marchés de consommation soient bien approvisionnés en denrées alimentaires importées (riz, huile, sucre, thé, pâtes alimentaires), mais la hausse continue de leurs prix, depuis le mois de Ramadan (mai) limite leur accès aux ménages pauvres. Les revenus saisonniers de ces derniers sont réduits par la chute des prix des animaux et l’absence d’activités rurales saisonnières génératrices de revenus.
    • Confrontés à d’importants déficits de production agricole et de pâturages, ainsi qu’à des difficultés d’accès à l’eau et à de revenus, les ménages pauvres ruraux vivent depuis janvier (au lieu de mars/avril), une période de soudure plus longue et plus difficile qu’en année moyenne. Dans certaines parties des zones agropastorale, de la vallée du fleuve Sénégal et de la zone de cultures pluviales, de nombreux ménages sont en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC).
    • Des programmes d’assistance exécutés par le PAM, la FAO, UNICEF et les ONG (ACF, OXFAM, Save the Children, CARITAS, ACORD, Croix Rouge Française, Médecin du Monde etc..) sont en cours dans quelques parties de certaines zones de moyen d’existence. Ils portent autant sur des distributions gratuites de vivres et d’aliment bétail que sur des transferts monétaires et des appuis nutritionnels destinés aux enfants malnutris et aux femmes allaitantes ou enceintes.  Ils restent cependant insuffisants aux besoins exprimés par les humanitaires.

     Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour la Mauritanie de juin 2018 à janvier 2019.

    Niger

    • La zone pastorale traverse une période de soudure plus longue et difficile qu’habituellement. Les animaux se vendent mal, les termes de l’échange avec les céréales continuent de diminuer et les éleveurs doivent réduire la taille de leur cheptel, exposant certains ménages à une insécurité alimentaire en « Crise » (Phase 3 de l’IPC) observée en juin 2018 et en juillet.
    • Les semis sont réalisés dans 46 pourcent des villages agricoles et agropastoraux au 10 juin 2018. La plupart des ménages pauvres des zones agricoles peuvent couvrir leurs besoins alimentaires grâce aux revenus de la main d’œuvre agricole. Ils sont en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 IPC) en juin 2018 et jusqu’en janvier 2018.
    • Les marchés sont approvisionnés en denrées alimentaires de base avec les produits locaux et les flux en provenance des pays voisins (Burkina Faso, Mali, Bénin et Nigeria) mais avec une intensité inferieure à la normale. Les prix sur les principaux marchés indiquent un niveau supérieur à la moyenne saisonnière et devraient le rester durant la période de soudure.  
    • Les populations déplacées dans la région de Diffa continuent de subir les effets du conflit civil Boko Haram sur leurs moyens d’existence et leurs accès aux aliments. Leur incapacité d’exercer leurs activités de moyens d’existence et le niveau réduit des aides alimentaires les soumet à une insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) qui pourrait persister dans la région jusqu’au moins janvier 2019.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Niger de juin 2018 à janvier 2019.

    Nigeria

    • Les acteurs humanitaires ont fourni une assistance alimentaire soutenue en 2018, atteignant 2,5 millions de personnes en avril 2018 dans les trois États du nord-est. En mai 2018, les livraisons d'aide alimentaire ont touché 15% de ménages en moins par rapport à avril, atteignant des objectifs plus proches de ceux de mars 2017. En fin juin, le plan d'intervention humanitaire n'était financé qu'à hauteur de 45% et le financement actuel des opérations devrait s'épuiser avant la fin de 2018.
    • Avec l'offensive militaire continue, les nouveaux arrivants continuent d'être identifiés dans le nord-est. En mai, l'OIM a identifié 1,8 million de personnes déplacées par le conflit dans le nord-est du Nigeria. Entre fin novembre 2017 et avril 2018, environ 100 000 nouveaux arrivants ont été recensés dans les États de Borno et du nord de l'Adamawa. La moyenne hebdomadaire actuelle pour les nouveaux arrivants est de 4 500 personnes, dont beaucoup fuient vers les capitales des LGA à partir des zones nouvellement libérées.
    • Dans la majeure partie de Borno, dans l’est de Yobe et le nord de l'Adamawa les résultats de Crise (phase 3 de l'IPC) et d'Urgence (phase 4 de l'IPC) prévalent. Les zones importantes dans ces régions restent inaccessibles aux acteurs humanitaires, et les résultats sont probablement similaires ou moins bons que dans les zones accessibles adjacentes. De plus, on craint toujours que dans le pire des cas, les populations déplacées, souvent concentrées dans les zones urbaines, soient isolées en raison des inondations et / ou d'un changement dans le conflit, entraînant des conséquences plus extrêmes. 
    • En dehors du nord-est, la campagne agricole principale progresse favorablement dans une bonne partie du reste du pays et les récoltes devraient être moyennes ou supérieures à la moyenne. La plupart des ménages auront un accès saisonnier typique à la nourriture et au revenu et resteront dans l'insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l'IPC). Cependant, les zones les plus touchées par le conflit entre agriculteurs et pasteurs sont confrontées à une plus grande difficulté à accéder aux besoins de base et seront en Stress (Phase 2 de l'IPC).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Nigeria de juin 2018 à janvier 2019.

     

    Pays suivis à distance[1]

     

    Burkina Faso            

    • En attendant le démarrage effectif de l’assistance humanitaire en juillet, les ménages pauvres des zones de moyens d’existence (ZOME) 8 ; 7 et 5 font face à une dégradation de leur consommation et sont exposés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC).
    • Les denrées alimentaires sont moyennement disponibles sur les marchés, mais en raison des prix élevés, et de la détérioration des termes de l’échange, les ménages s’orientent vers la consommation de maïs, moins préféré.
    • Dans ces zones, la distribution gratuite de vivre et les transferts monétaires planifiés entre juillet et septembre toucheront entre 24 et 37 pour cent de la population et répondront à plus de 90 pour cent de leurs besoins. Ce qui permettra à la zone d’être en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 ! de l’IPC).

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Burkina Faso de juin 2018 à janvier 2019.

    République Centrafricaine

    • Depuis le début de l’année, des opérations d’assistance humanitaire ont été perturbées du fait de la persistance des violences de groupes armés qui pillent les entrepôts et braquent les convois humanitaires dans plusieurs préfectures. 
    • En cette période habituelle de soudure, l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) touche les ménages déplacés et les ménages hôtes notamment dans les zones inaccessibles à l’aide humanitaire. L’accès aux champs est limité à cause de l’insécurité et les ménages ont davantage recours aux produits de cueillette pour ne disposer en général que d’un repas pas jour. 
    • La persistance et la recrudescence des exactions à l’encontre des populations pourront compromettre pour la cinquième année consécutive la production agricole et continuer à dégrader les moyens d’existence en raison des vols d’animaux, des incendies d’habitations et de cultures de rente et des déplacements limités des ménages pour développer d’autres activités génératrices de revenu.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour la République Centrafricaine de juin 2018 à janvier 2019.

    [1] Avec le suivi à distance, un analyste travaille habituellement à partir d’un bureau régional proche, comptant sur un réseau de partenaires pour les données. Par rapport aux pays ci-dessus où FEWS NET dispose d’un bureau local, les rapports concernant les pays suivis à distance peuvent être moins détaillés.

     


    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

    Tableau 1. Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.  

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Nord Mali, Nord-est Nigeria, République Centrafricaine, pays voisins

     

     

     

     

     

    Aggravation de l’insécurité civile

    • Augmentation du nombre des PDI et refugiés dans les pays voisins
    • Fermeture des frontières des pays voisins
    • Baisse significative des flux, très faibles offres sur les marchés locaux
    • Très faibles flux de céréales du Nigeria vers le Niger, le Tchad et le Nord Cameroun  
    • Grave détérioration des moyens d’existence des ménages et la sécurité alimentaire et nutritionnelle
    • Persistance et aggravation des niveaux d’insécurité alimentaire dans le bassin du Lac Tchad

     

    Région

    Généralisation des infestations de la chenille Spodoptera frugiperda sur les cultures

     

    • Dégâts sur les cultures dans les zones affectées
    • Baisse de production particulièrement sur le maïs
    • Tensions sur la commercialisation du maïs

    Hausse prématurée des prix dans la région

    Région

    Inondations plus importantes de cultures dans les bassins de production

    • Baisse des productions locales et des stocks ménages

    Baisses des revenus issus de la vente habituelle des récoltes

     

    Figures West Africa seasonal calendar  In the North, Main season cultivation is from mid-May to mid-August. Main harvest is from mid-

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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