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Insécurité alimentaire localisée due aux baisses de productions, de revenus et à l’insécurité civile

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Janvier - Juin 2015
Insécurité alimentaire localisée due aux baisses de productions, de revenus et à l’insécurité civile

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  • Messages clé
  • Perspectives par pays
  • Événements qui pourraient changer les perspectives
  • Messages clé
    • La production céréalière prévisionnelle 2014/2015 en Afrique de l’ouest se situerait autour de 60 600 000 tonnes, soit une hausse de 7 pour cent par rapport à 2013/2014 et de 10 pour cent par rapport à la moyenne. Ces bons niveaux de récoltes améliorent les disponibilités auprès des ménages et permettent l’approvisionnement normal des marchés pour la majorité de la région.

    • Toutefois des baisses importantes de productions agricoles et/ou de pâturages sont enregistrées localement en Mauritanie, au Sénégal, au Tchad, au Mali, au Niger, au Nigeria et au Burkina Faso. La dégradation probable de l’embonpoint du bétail à partir de mars/avril et la faiblesse des revenus exposent les ménages pauvres à insécurité alimentaire de type Stress (IPC Phase 2) à partir de mars au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal et au Tchad, et à l’insécurité alimentaire Crise (IPC Phase 3) en Mauritanie. Cette situation pourrait concerner davantage de ménages au cours des prochains mois.

    • L’insécurité civile au nord-est du Nigeria et en République Centrafricaine continue de réduire les échanges commerciaux et d’entrainer le déplacement des populations locales vers les villes, états ou pays voisins, et d’impacter négativement les moyens d’existences des ménages. L’insécurité alimentaire de type Crise (IPC Phase 3) en cours continuera de persister jusqu’en juin dans les zones les plus affectées par le conflit. Les réfugiés et populations retournées continueront de dépendre de l’assistance humanitaire.

    • Dans les zones plus affectées par l’épidémie d’Ebola, le fonctionnement du marché et les flux commerciaux s’améliorent lentement avec la levée des restrictions officielles de déplacement. Cependant, les revenus des ménages provenant de nombreuses sources typiques restent inférieurs à la moyenne, réduisant considérablement leur pouvoir d'achat et limitant l'accès aux aliments pour les ménages pauvres qui dépendent des achats sur le marché pour leur alimentation. A mesure que les stocks alimentaires issus des récoles récentes s’épuisent, les populations en Stress (IPC Phase 2) et celles en Crise (IPC Phase 3) pourraient augmenter dans les prochains mois.


    Perspectives par pays
    Burkina Faso             
    • Confrontés à un épuisement précoce de leurs récoltes, à une flambé des prix des denrées de base ainsi qu’à une baisse des revenus essentiellement issus de l’élevage, les ménages pauvres des communes de Tin-Akoff, de Nassoumbou et de Koutougou, dans l’extrême nord du pays, vivent une insécurité alimentaire de Stress (IPC Phase 2).
    • Du fait de leurs récoltes en-dessous de la moyenne, aggravé par une situation pastorale particulièrement difficile pour la deuxième saison consécutive et d’une dégradation continue des termes de l’échange bétail/céréales, les ménages pauvres des autres communes de la région du Sahel et environnant, auront une soudure deux mois plus longue que la normale à partir de mars.
    • Dans le reste du pays où la soudure sera normale, le bon fonctionnement des marchés va permettre une évolution saisonnière normale des prix des denrées de base avec des niveaux similaires à la moyenne quinquennale. Le démarrage normal des pluies à partir de mai/juin et des activités agricoles, favorisera cette situation.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Burkina Faso de janvier à juin 2015.

    Tchad
    • Malgré les récoltes excédentaires dans la plupart des régions agricoles, des déficits céréaliers allant de 5 à 76 pourcent ont été enregistrés dans les régions de Kanem, Sila, Tandjilé, Wadi Fira, Mayo Kebbi Ouest, Moyen Chari, Lac et Mayo Kebbi Est. Les régions ayant enregistré les baisses les plus importantes sont le Kanem (76 pourcent), Sila (50 pourcent) et Tandjilé (27 pourcent).
    • Les marchés des produits alimentaires sont bien animés et fonctionnent normalement dans toutes les zones de moyens d’existence. De manière générale, les prix des céréales sont en baisse comparés à leur niveau du dernier trimestre de 2014; cela améliore l’accès aux céréales. Les flux de bétail vers le Nigeria et la Libye sont ralentis à cause de l’insécurité entrainant une baisse atypique des prix.
    • Malgré que la sécurité alimentaire des ménages pauvres se soit améliorée au cours des trois derniers mois de 2014 grâce aux nouvelles récoltes, le déficit céréalier enregistré dans certaines localités occasionnera un épuisement précoce de stock. Les ménages dépendront des achats sur le marché pour couvrir leur consommation alimentaire en réduisant certaines dépenses non-alimentaires essentielles.
    • De janvier à mars, les ménages pauvres dépendront des achats sur les marchés et auront une consommation alimentaire réduite. A cet effet, ils vont basculer de la Phase Minimale (IPC Phase 1) à la Phase Stress (IPC Phase 2). A partir d’avril 2015, ils resteront en Stress grâce à l’assistance alimentaire et ceci jusqu’en juin.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Tchad de janvier à juin 2015.

    Mali
    • Le bilan céréalier 2014/2015 selon la Cellule de planification et des statistiques du secteur de développement rural (CPS/SDR) dégage un excédent de 1 775 696 tonnes grâce à la production céréalière en hausse de 11 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale au niveau national ; ce qui permet un approvisionnement correct du pays en céréales. Toutefois, la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou, la zone des lacs de Goundam, le Haoussa de Niafunké, le Nord de Youwarou et de Kayes connaissent une baisse importante de production.
    • Les ménages pauvres des zones agropastorales et pastorales en raison de la bonne disponibilité des vivres issues des récoltes et des prix de céréales proches ou légèrement supérieurs à la moyenne ont un accès moyen aux vivres pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, le pays peut rester en insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) de janvier à février 2015.
    • Les ménages pauvres et très pauvres de la bande du fleuve de Gao et de Bourem, la zone des lacs du Goundam, le Haoussa de Niafunké et le Nord de Youwarou victimes de la mauvaise production connaitront un épuisement précoce de leurs stocks et un recours précoce aux emprunts, aux aliments les moins chers pour la satisfaction de leurs besoins alimentaires. Ils seront en insécurité alimentaire de type Stress (IPC Phase 2) à partir de mars 2015.
    • Une dégradation de la situation alimentaire vers la Crise (IPC Phase 3) est probable à partir de juillet en raison des difficultés pour les ménages pauvres de la bande du fleuve des cercles de Gao, Bourem et dans la zone des lacs du cercle de Goundam, le Haoussa de Niafunké et Youwarou de satisfaire leurs besoins alimentaires.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Mali de janvier à juin 2015

    Mauritanie
    • Dans le nord et l’ouest de la Zone agropastorale, l’échec des cultures de décrue a amplifié le déficit de la production agricole déjà enregistré, et des revenus saisonniers qui en provenaient. Les éleveurs ont multiplié les ventes et la suroffre qui en a découlé a entrainé une baisse saisonnière atypique du prix des animaux. Les ménages pauvres éprouveront encore des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires et seront ainsi en situation de Crise (IPC Phase 3) de février à juin.
    • Dans le centre de la vallée du fleuve Sénégal, la faible exploitation du walo après l’échec des cultures pluviales fait que malgré les petites productions de l’irrigué hivernale, la période de soudure agricole commencera plutôt qu’en année moyenne. Comme leurs confrères du nord-ouest de la zone agropastorale, ils font face à difficultés de satisfaction de leurs besoins alimentaires et de protection de certains de leurs moyens d’existence et se retrouveront en situation de Crise (IPC Phase 3) à partir de mars.
    • S’il y a des suspicions d’une situation de Crise (IPC Phase 3) dans le centre-sud du pays et même dans la Zone pastorale, oasis et oueds, les autres zones de moyens connaissent actuellement une insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1). Du fait des revenus saisonniers moyens, de la disponibilité des récoltes pluviales et irriguées, et/ou de l’amélioration des conditions pastorales, la situation devrait évoluer plus ou moins conformément à la tendance saisonnière jusqu’en juin.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour la Mauritanie de janvier à juin 2015.

    Niger
    • Avec moins de problèmes d’accessibilité aux céréales chez la majorité des ménages, la situation alimentaire, en janvier 2015 est meilleure à celle de 2014. Elle pourrait continuer à évoluer à un niveau d’insécurité alimentaire aiguë globalement Minimale (IPC Phase 1) dans la plus grande partie du pays en février-juin 2015.
    • L’insécurité alimentaire aiguë la plus préoccupante est observée dans la région de Diffa ou les ménages pauvres de la zone Nord seront en Crise (IPC Phase 3) à partir d’avril en raison de la diminution des revenus pastoraux et des prix élevés sur les marchés pour les céréales due à leur mauvais approvisionnement.
    • Aussi dans la région de Diffa, il y’a toujours des besoins d’assistance pour les populations de réfugiés et retournés fuyant l’insécurité du Nord-est Nigeria, dont le nombre est estimé entre 150 000 et 200 000 personnes. L’assistance actuellement disponible dans la Sud de la région de Diffa contribue à limiter l’insécurité alimentaire aiguë à Stress ! (IPC Phase 2 !) jusqu’en juin 2015 dans la zone.
    • Au fur et à mesure que l’on s’approche de la période de soudure qui coïncide, cette année, avec l’épuisement précoce des stocks céréaliers et fourragers dans les zones affectées par les insuffisances pluviométriques, les difficultés alimentaires pourraient augmenter notamment à partir des mois de mai-juin suite aux prix des céréales plus élevés que les pouvoirs d’achat des ménages pauvres de ces zones agropastorales de Nord Tillabéri, pastorales de Nord Tahoua et agricoles/pastorales d’Est Zinder.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Niger de janvier à juin 2015.

    Nigeria
    • Les ménages affectés par le conflit dans le nord-est du Nigeria continuent à éprouver des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires essentiels. La principale saison agricole et celle de saison sèche sont significativement affectées et les ménages ne sont pas en mesure de compenser leurs faibles récoltes grâce à l'achat sur le marché. Les zones les plus touchées par le conflit resteront en Crise (IPC Phase 3) jusqu’en juin au moins.
    • Beaucoup de ménages dans le nord-est touché par le conflit, ont fui leurs maisons et sont dans les centres urbains dans le nord-est, dans les Etats voisins au Nigeria ou ont fui vers les pays voisins. Le nombre de personnes déplacées au Nigeria devrait continuer à augmenter à mesure que le conflit persiste dans la région.
    • Au niveau national, cependant, la principale récolte 2014 devrait avoir été moyenne à supérieure à la moyenne, ce qui contribue à l'augmentation de la disponibilité alimentaire et l'accès. Avec la plupart des ménages gagnant aussi des revenus saisonniers typiques et des prix d'achat du marché pour les denrées de base relativement moyens à inferieurs à la moyenne, la plupart des pays devrait être en insécurité alimentaire aiguë Minimale (IPC Phase 1) jusqu’en juin au moins.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour le Nigeria de janvier à juin 2015

    Pays suivis à distance1

    République Centrafricaine
    • Selon l’OCHA, des violences intercommunautaires ont provoqué une amplification du nombre de déplacés internes passant de 430 000 personnes en début décembre 2014 à 440 000 personnes à la mi-janvier 2015.
    • En raison de graves perturbations des moyens d’existences, les ménages déplacés feront face à l'insécurité alimentaire la plus sévère. La majorité des populations déplacées sera dans une insécurité alimentaire de niveau Crise (IPC Phase 3) jusqu’en juin bien que le niveau de Urgence (IPC Phase 4) soit attendu pour une minorité de ménages en l’absence d’une intervention humanitaire d’urgence.
    • Suite au déficit de production vivrière, les baisses des revenus et les besoins additionnels des personnes déplacées, les ménages résidents pauvres n’ont plus de stocks disponibles suffisants pour couvrir leurs besoins alimentaires. Une insécurité alimentaire en Crise (IPC Phase 3) affecte ces ménages pauvres, en janvier 2015 et plus de ménages résidents seront affectés par cette phase en mai/juin 2015.

    Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire pour la République Centrafricaine de janvier à juin 2015.

    Guinée, Liberia, Sierra Leone
    • Le fonctionnement du marché et les flux commerciaux sont encore inférieures à la normale, mais s’améliorent lentement dans la région par rapport aux mois précédents en raison de la levée des restrictions officielles de déplacement (Libéria), la mise en quarantaine au niveau district (Sierra Leone), et la fermeture officielle des frontières (dans la région, sauf pour le Libéria).
    • Malgré l'amélioration du fonctionnement du marché, les revenus des ménages provenant de nombreuses sources typiques restent inférieurs à la moyenne, ce maintient le pouvoir d'achat des ménages anormalement faible et limite l'accès aux aliments pour les ménages pauvres qui dépendent des achats sur le marché pour répondre à leurs besoins de base. A mesure que les stocks alimentaires issus des récoles récentes s’épuisent, les populations en Stress (IPC Phase 2) et celles en Crise (IPC Phase 3) pourraient augmenter dans les prochains mois.

    Pour en savoir plus, voir la Mise à jour de janvier 2015 concernant le suivi à distance de la Guinée, Liberia et Sierra Leone.

    Sénégal
    • La baisse de la production de céréales de 37 pour cent par rapport à la moyenne réduit la disponibilité en céréales locales particulièrement dans les régions du nord, de l’ouest et du bassin arachidier. La baisse des revenus agricoles à cause de la réduction de 51 pour cent par rapport à la moyenne de la production d’arachide, principale culture de rente du pays, réduit le pouvoir d’achat des ménages.
    • L’épuisement précoce des stocks dès mars contrairement à juin en année normale prolonge plus que d’habitude la dépendance des ménages pauvres au marché et rend difficile la couverture des besoins alimentaires. Malgré le recours plus intense que d’habitude des ménages aux emprunts, à la réduction des dépenses non alimentaires les ménages des zones affectées seront en insécurité alimentaire aiguë de Stress (IPC Phase 2) de mars à avril et de Crise (IPC Phase 3) à partir de mai.
    • Le déficit de pâturage dans les zones du nord et du centre affectera négativement les productions animales et par conséquent le pouvoir d’achat des éleveurs. Le risque élevé de mortalité de bétail à partir d’avril réduira les moyens d’existence des ménages agropasteurs et éleveurs.

    Pour en savoir plus, voir la Mise à jour janvier 2015 concernant le suivi à distance du Sénégal.

     

    1 Avec le suivi à distance, un analyste travaille habituellement à partir d’un bureau régional proche, comptant sur un réseau de partenaires pour les données. Par rapport aux pays ci-dessus où FEWS NET dispose d’un bureau local, les rapports concernant les pays suivis à distance peuvent être moins détaillés.


    Événements qui pourraient changer les perspectives

    Tableau 1 : Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Bassin centre (Mali et Burkina Faso)

    Demande plus que normale de mil, sorgho et maïs à partir de janvier en faveur pour la Mauritanie et le Sénégal

    • Hausse saisonnière précoce des prix des céréales locales

    Nord Mali, Nord-est Nigeria, République Centrafricaine, pays voisins

     

    Aggravation de l’insécurité civile

    • Augmentation du nombre des IDP et refugiés dans les pays voisins
    • Fermeture des frontières des pays voisins
    • Arrêt des flux, très faibles offre sur les marchés locaux
    • Grave détérioration des moyens d’existence des ménages et la sécurité alimentaire et nutritionnelle
    • Manifestations localisées de crises humanitaires

    Liberia, Guinée, Sierra Leone

    Recrudescence de l’épidémie d’Ebola/ apparition de nouveaux foyers

     

    • Isolement des zones affectées
    • Perturbation du fonctionnement des marchés locaux
    • Perturbation localisée du calendrier saisonnier
    • Réduction de la main d’œuvre pour les travaux agricoles de la principale saison de production
    Figures

    Figure 4

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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