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Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Janvier 2015
Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

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  • Avertissement
  • Performance de la saison
  • Conflit frontalier et le déplacement
  • L'impact regional de l'epidemie ebola
  • Le commerce régional et la dynamique des prix

  • Avertissement

    Afin de fournir les perspectives de sécurité alimentaire, FEWS NET prépare divers scénarios. La méthodologie permet à l’analyste de préparer une série d’hypothèses informées sur le futur et de comparer les effets qu’elles pourraient avoir. Bien que la préparation de divers scénarios ne permette pas de prédire des résultats exacts, cette méthode permet de structurer l’analyse et, finalement, elle aide à minimiser l’incertitude. Le rapport qui suit, préparé par les analystes de FEWS NET en se basant sur les faits actuels, souligne les hypothèses au niveau de la région. Il présente aussi des hypothèses au niveau des pays, qui sont probablement plus détaillées. Prises ensemble, hypothèses régionales et nationales constituent la base de l’analyse intégrée présentée dans les Perspectives de la sécurité alimentaire qui sont mises à jour par FEWS NET. Pour plus d’information sur FEWS NET et la préparation des scénarios veuillez consulter notre site http://www.fews.net/.

    Les rapports sur les perspectives de la sécurité alimentaire de FEWS NET pour janvier à juin 2015 au Sahel et en Afrique de l’ouest sont basés sur les hypothèses régionales suivantes établies en fin décembre 2014:


    Performance de la saison

    Production céréalière

    Malgré des déficits localisés, la production céréalière pour 2014/15 est supérieure à la moyenne. La réunion de concertation technique régionale du CILSS/PREGEC de novembre 2014 sur les bilans alimentaires prévisionnels a évalué la production céréalière prévisionnelle 2014/2015 au Sahel et en Afrique de l’ouest à 48 510 000 tonnes. Cette production ne tient pas compte de celle du Mali et du Niger. FEWS NET estime que si l’on considère les productions prévisionnelles rendues disponibles par le Mali après la réunion du PREGEC, et 2012 comme année similaire pour le Niger la production céréalière prévisionnelle 2014/2015 en Afrique de l’ouest se situerait autour de 60 600 000 tonnes, soit une hausse de 7 pour cent par rapport à 2013/2014 et de 10 pour cent par rapport à la moyenne. Le maïs, le riz et le sorgho sont en hausse par rapport aux deux périodes de référence tandis que le mil connait une baisse de 8 pour cent par rapport à la moyenne. Les zones ayant enregistré des baisses les plus importantes de production céréalières incluent la Mauritanie (l’ouest et le centre-sud du pays), le centre-nord du Sénégal, la Gambie, l’extrême nord du Burkina Faso, le Niger (localement dans les régions de Diffa, Tillabéri et Tahoua), le Nigeria (nord-est et centre-ouest du pays), le Mali (localement dans les régions centre du pays et à l’ouest de Kayes) et le Tchad (Sahel et l’ouest du Chari Baguirmi).

    Agroclimatologie

    L’installation de la saison agricole pourrait intervenir aux dates habituelles dans la plupart de la région. En janvier 2015, le Front Intertropical (FIT) fluctuera autour de l'équateur, occasionnant au cours de la même période des précipitations faibles et limitées dans la zone bimodale des pays du Golfe de Guinée. Cependant, à partir de février, le FIT pourrait reprendre sa remontée saisonnière normale vers le nord. Cela provoquera un démarrage de la saison des pluies à temps dans toute la région avec le début des pluies dans la zone bimodale en fin février/début mars et plus tard en mai/juin dans les régions plus au nord. Par conséquent, le démarrage des activités agricoles pour la saison agricole 2015/16 commencera à une période normale dans toute la région.

    Le criquet pèlerin et autres infestations phytosanitaires et aviaires

    La situation phytosanitaire est globalement calme et pourra le demeurer tout au long de la campagne de saison sèche. La reproduction du criquet pèlerin est restée faible dans les aires grégarigènes au Niger et dans l’ouest de la Mauritanie. Il se peut que des criquets soient présents dans le nord du Mali mais en raison de l’insécurité civile qui y prévaut, aucune prospection ne permet de le confirmer. Avec le dessèchement de la végétation qui a débuté en octobre, les adultes se concentrent pour former des groupes dans les ilots encore verdoyants sans pour autant représenter un danger majeur pour les cultures de décrue et les pâturages pendant la saison sèche (octobre à mars).

    Perspectives pour les récoltes de contre saison

    Perspectives de récoltes de saison sèche moyennes exceptées par endroits. Les disponibilités moyennes à bonnes en eau indiquent de bonnes perspectives de récoltes de décrue (janvier à mars) et de saison sèche (décembre à avril) dans la région, excepté en Mauritanie, au Sénégal et en Gambie où le niveau actuel de remplissage des mares semi-permanentes et des cours d’eau est inférieur à la moyenne, ce qui augure des opportunités inférieures à la moyenne pour le maraichage. Dans les autres pays dans la région, les sources de nourriture et de revenu liées au maraichage et aux cultures de décrues seront d’un niveau moyen.

    Perspectives de la main d’œuvre

    Le coût de la main d’œuvre pourrait demeurer moyen à supérieur à la moyenne. La demande de main d’œuvre pour les cultures de saison sèche demeurera soutenue face à une baisse de l’offre par rapport à la moyenne au regard de l’attraction plus grande en cette période pour l’orpaillage traditionnel et la migration vers les centres urbains, et celle saisonnière vers d’autres pays. Le coût de la main d’œuvre agricole restera moyen à supérieur à la moyenne et sera profitable aux ménages pauvres jusqu’en juin car l’installation normale probable de saison agricole 2015/16 soutiendra la demande de la main d’œuvre agricole pour la préparation des sols et les semis.

    Perspectives de production de pâturages

    Des productions de pâturages inferieurs à la moyenne dans l’ouest du Sahel. La production de pâturages naturels est moyenne dans la région avec toutefois de nombreuses poches déficitaires localisées en Gambie, à l’ouest et au nord du Sénégal, au centre et ouest de la Mauritanie, au nord-ouest et est du Niger, au nord-est et est du Burkina Faso, dans le nord-est du Tchad et au Mali dans l’ouest de la région de Tombouctou et les zones de Gao et Bourem. Les déficits les plus importants couvrent une large zone allant de l’ouest et du centre de la Mauritanie au centre nord du Sénégal, et la zone autour du Lac Tchad.

    Transhumance et embonpoint du bétail

    La transhumance pourrait être perturbée à l’ouest du Sahel et autour du Lac Tchad. Dans la bande agropastorale au centre du Sahel (allant du centre du Niger à l’ouest du Mali), la transhumance sera quasi-normale avec par endroits des départs précoces en novembre au lieu de janvier dans les zones ayant enregistré des productions de biomasse inferieures à la moyenne. Par contre dans la zone pastorale allant du centre et ouest de la Mauritanie au centre nord du Sénégal, et autour du Lac Tchad, la transhumance pourrait être grandement perturbée dans le premier cas du fait de la sévérité du déficit de biomasse sur une vaste étendue, et dans le second cas du fait de l’effet combiné du déficit de biomasse et de l’insécurité civile au nord –est du Nigeria et en Centrafrique qui limite l’accès à la zone. L’embonpoint du bétail pourrait y connaitre une dégradation à partir de janvier/février au lieu d’avril avec une baisse éventuelle des prix, en dessous de la normale. Le Mali pourrait constituer une zone d’accueil pour une partie du cheptel mauritanien et sénégalais tandis que les transhumants nigériens et tchadiens devront passer par le Cameroun pour atteindre les marchés de consommation du centre et sud du Nigéria. L’éloignement précoce des animaux réduira localement la disponibilité laitière qui est une source d’alimentation et de revenus pour les ménages dans les zones affectées. La faible disponibilité des pâturages entrainera un recours plus accru à l’aliment bétail dont les prix pourraient connaitre une hausse prématuré et atteindre des niveaux supérieurs à la moyenne du fait de la demande précocement élevée.


    Conflit frontalier et le déplacement

    Le conflit de Boko Haram au nord-est du Nigeria persistera en intensité avec une augmentation des incursions dans les localités nigérianes voisines de la zone épicentre (Borno, Yobé, Adamaoua). Les populations dans cette zone et celles avoisinantes continueront de faire face au mauvais fonctionnement des marchés et à de graves détérioration des moyens d’existence car les ménages seront incapables de produire et générer des revenus dans un environnement très insécurisé. Le nombre de réfugiés et personnes déplacées suite à ce conflit continuera d’augmenter au regard de la préoccupation du gouvernement central par les élections présidentielles prochaines et de la baisse du cours du pétrole qui pourrait mettre le gouvernement en difficulté de réduire le conflit. La pression des refugiées et personnes déplacées pourrait alors s’accroitre sur les populations hôtes dans les zones d’accueil, particulièrement dans les zones voisines du Niger, du Tchad et du Cameroun.

    Le désarmement en cours en la république Centrafricaine (RCA) contribue à l’apaisement du climat social bien qu’il y ait encore des combats localisés périodiques. Il est probable que l’accalmie qui prévaut dans le pays continue et contribue à une reprise progressive des activités de production et commercialisation sur la période du scenario, sans toutefois atteindre les niveaux optimum car les moyens d’existence de nombreux ménages et la capacité à créer des revenus sont limités. La baisse des échanges commerciaux avec le Tchad se maintiendra du fait de la fermeture de la frontière. Le départ des populations allochtones, particulièrement tchadiennes continuera d’entrainer la baisse de la demande locale à des niveaux inférieurs à la moyenne, tandis que celle-ci augmentera au-delà de la moyenne dans les zones d’accueil des retournés, avec pour corolaire une hausse des prix par rapport à la moyenne dans ces zones.

    La recrudescence des attaques observées ces derniers temps dans le septentrion malien sont de nature à perturber la relance économique qui s’est enclenchée au lendemain de la reconquête de la zone par la coalition des forces armées du pays, de Serval et de la MINUSMA. Les populations encore réfugiées au Burkina Faso et en Mauritanie continueront d’y résider et de dépendre en partie de l’assistance humanitaire.


    L'impact regional de l'epidemie ebola

    Stabilisation voire baisse du nombre de nouveaux cas Ebola. La situation sanitaire en Afrique de l’ouest est marquée par l’épidémie à virus Ebola qui selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à la date du 18 janvier 2015, avait concerné 21689 cas confirmés, probables et suspectés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Toutefois, dans ces pays, les nombres de cas hebdomadaires vont se stabiliser ou baisser au cours de la période de projection.

    Baisses de production au Liberia et localement en Guinée et en Sierra Leone. De toute évidence, les récoltes principales notamment pour le riz sont toujours en cours dans les pays les plus affectés par l’épidémie. Les productions attendues seront similaires à la moyenne en général en Guinée et Sierra Leone excepté dans les zones les plus touchées par l’épidémie pendant la saison agricole (ex. Nzérékoré en Guinée et Kailahun en Sierra Leone) où les récoltes pourraient être en dessous de la moyenne. Par ailleurs, au Liberia, la production pourrait baisser de 10 pourcent par rapport à la moyenne à cause de la baisse de la disponibilité de la main d’œuvre car les travaux en groupes ont été moins actifs que d’habitude en cette période. Cela pourra engendrer une baisse légère à modérée des rendements agricoles cette année. La baisse des opportunités de main d’œuvre réduit aussi l’investissement dans les cultures de rentes qui constitue une importante source de revenus pour les ménages.

    La perturbation des marchés et les fermetures de frontières continuent d’affecter les moyens d’existence. Les craintes liées à Ébola continuent de perturber le fonctionnement normal des marchés dans l’ensemble des trois pays, malgré la réouverture de ce certains marchés précédemment fermés. Cela a contribué à un ralentissement économique important au niveau de ces trois pays avec pour conséquence des revenus inférieurs à la moyenne pour de nombreux ménages agricoles qui éprouvent plus de difficultés que d’habitude pour commercialiser leurs productions en raison des perturbations des marchés, des fermetures de frontières et de la baisse de la demande en lien avec le faible pouvoir d’achat. Pour les ménages non agricoles, les activités génératrices de revenu telles que le petit commerce restent limiter en raison de la fermeture des frontières et la peur liée à la maladie.


    Le commerce régional et la dynamique des prix

    Les stocks de report 2014/15

    Stocks céréaliers de report moyens à supérieurs à la moyenne dans les bassins centre et est. Compte tenu des bonnes productions enregistrées en 2013/2014 et des importations commerciales réalisées la même année, les stocks céréaliers de report (ménages, commerçants) sont moyens à supérieurs à la moyenne en particulier pour toutes les céréales dans les bassins centre et est. Ces stocks pourraient contribuer à améliorer l’offre locale tout en limitant la tendance haussière probable des prix et accroitre ainsi l’accès des ménages pauvres quand leur demande deviendra plus pressante sur les marchés à partir de mars 2014. Cependant, les stocks de report de céréales sont inférieurs à la moyenne dans le bassin ouest, compte tenu d’une faible production de la campagne passée et des mauvaises perspectives de récoltes en 2014/2015 pour les céréales dans ce bassin. Egalement, les stocks de report sont inférieurs à la moyenne dans le nord-est du Nigeria à cause du conflit de Boko Haram qui limite l’exploitation des terres depuis ces débuts, avec pour conséquence des productions continuellement en baisse.

    Les achats institutionnels

    Besoins normaux pour la reconstitution des stocks nationaux. Les besoins pour la reconstitution annuelle des stocks nationaux de sécurité alimentaire seront normaux cette année. Cela s’explique par l’utilisation normale qui a été faite de ces stocks en 2014 et la production globalement moyenne. Au Mali où les stocks sont au plus bas niveau par rapport à la normale, la demande pourrait être en hausse pour la reconstitution des stocks.

    Marché et commerce céréalier

    Demande globalement typique des céréales pour la consommation humaine dans tous les bassins sauf à l’ouest du Sahel et dans les zones abritant des refugies et déplacés. La demande globale des céréales pour la consommation humaine dans tous les bassins sera typique sauf à l’ouest du Sahel et dans les zones abritant des refugies et déplacés. Dans la plupart des pays, les stocks alimentaires des ménages vont commencer à s’épuiser d’une façon normale à partir de mars, obligeant les ménages à dépendre plus des achats du marché pendant la deuxième moitié de la période de perspectives et d'accroître la demande saisonnière des ménages sur les marchés locaux. Cependant, dans les zones où la production agricole de 2014/15 est en dessous de la moyenne (Mauritanie, Gambie et Sénégal) et dans celles affectées par les conflits et abritant des réfugiés ou/et des personnes déplacées (Niger et Tchad), les ménages dépendront des achats du marché plus tôt que d’habitude et la demande des ménages sur les marchés sera supérieure à la moyenne sans toutefois créer une grande pression sur l’offre.

    Des flux normaux sauf à l’ouest de la région et dans la zone du Lac Tchad. D’une manière générale, le commerce régional se fait et se fera sans entrave entre les différents pays excepté le long des frontières des pays affectés par Ebola (Guinée, Liberia et Sierra Leone qui sont pour la plupart fermées) et autour du nord-est du Nigeria qui affectera aussi le sud-est du Niger, l’ouest et le sud du Tchad et les autres régions du Nigeria approvisionnées en niébé et en bétail. Les flux seront également plus bas que la moyenne entre le Tchad et la république Centrafricaine du fait de la fermeture officielle de la frontière. Les flux commerciaux seront en hausse comparés à la normale entre le Mali et les pays du bassin ouest (Sénégal et Mauritanie) à cause de la baisse de production de céréales sèches dans ce bassin.

    Des prix de denrées alimentaires stables ou en baisse sauf par endroits. Les marchés céréaliers en Afrique de l’ouest sont actuellement marqués par une stabilité ou une baisse des prix suite à une mise en marché des stocks détenus par les commerçants, et l’arrivée de nouvelles récoltes de céréales sur les marchés. Cela contribuera avec les importations du marché international à maintenir la stabilité de l’offre sur les marchés jusqu’en mars 2015 dans la plupart des pays. Les prix des céréales seront proches de ceux de l’année dernière dans le bassin centre et sur certains marchés du bassin est. Toutefois, dans le bassin ouest, les prix des céréales sèches seront en hausse par rapport à l’année passée à cause de la baisse de production. Cependant, comparés à la moyenne ils pourront être en hausse dans les différents bassins sauf pour le maïs dans le bassin centre.

    Marché et commerce des produits de rente

    Des prix du sésame en hausse et ceux du niébé stables par rapport à la moyenne. Le prix du sésame est en hausse par rapport à la moyenne et aux années antérieures compte tenu de la hausse de la demande surtout extérieure (Asie). Cela a permis à beaucoup de ménages de se procurer des revenus et de conserver leur production céréalière. Quant au prix du niébé, il restera stable ou en baisse jusqu’en janvier, comparativement à l’année dernière. Cependant, ces prix pourront augmenter  avec la hausse de la demande des institutions ou celle des commerçants, notamment des pays côtiers en février- mars.

    Marché et commerce du bétail

    Les termes d’échange favorables aux éleveurs pourraient leur devenir défavorables un mois plus tôt que d’habitude. Les prix du bétail restent en hausse par rapport à la moyenne à cause de la demande soutenue des pays côtiers et l’état d’embonpoint normal des animaux. De ce fait, malgré les niveaux élevés des prix des céréales, les termes de l’échange demeurent en général favorables aux éleveurs. Toutefois, dans les grandes zones d’élevage comme le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali où il a été observé des déficits fourragers localisés, l’état d’embonpoint du cheptel pourrait se détériorer à partir de mars 2014 (un mois plus tôt que d'habitude) et provoquer la baisse localisée des prix en dessous de la moyenne. Par conséquent, les termes de l’échange deviendraient défavorables aux éleveurs, notamment dans le bassin est, à cause de la hausse probable des prix des céréales au-dessus de leur moyenne en cette période de l’année. Par contre dans les pays affectés par Ebola, la demande pour le bétail va rester au-dessus de la moyenne car la commercialisation et la consommation de la viande de brousse restent défendues. L’offre de bétail va rester inférieure à la demande du fait de la crainte des éleveurs et commerçants d’être affectés par l’épidémie. On pourrait ainsi assister à une augmentation de la demande pour la volaille et le poisson ainsi que les prix.

    Description de la situation de marché et commerce par bassin

     

    Basin est (Niger, Nigeria, Benin et Tchad)

    Les flux des céréales vont continuer normalement entre les différents pays. Cependant ils seront perturbés entre le Niger et le nord-est du Nigeria à cause de l’intensification du conflit de Boko Haram. Cette situation pourrait affecter l’approvisionnement des marchés, notamment les régions de Diffa qui s’approvisionnent à partir du Nord du Nigeria.

    L’offre sera globalement normale sur la plupart des marchés, exceptés dans les zones affectées par les conflits au Nigeria et en RCA où la production est en baisse par rapport aux années précédentes. La disponibilité des produits sera renforcée par la présence des tubercules à un niveau normal et les produits de contre saison notamment entre janvier et mars. L’offre sera assurée en grande partie par les commerçants à partir de mars avec la baisse des stocks ménages saisonnières.

    A partir de janvier, on pourrait assistera une hausse normale de la demande des ménages dans les zones déficitaires. Egalement, la demande des commerçants sera en hausse normale à partir janvier pour la reconstitution de leurs stocks mais aussi pour les industries et les fermes pour l’alimentation de la volaille notamment au Nigeria. La demande des ménages sera atypiquement forte dans le Nord-est du Nigeria et RCA à cause de la baisse de la production par rapport à la moyenne qui a augmenté la dépendance des ménages du marché.

    Les prix des cultures de base et de rente de base dans le bassin suivront les tendances décrites ci-dessous:

    • Le prix du mil pourrait connaitre une hausse à partir de janvier 2015 tout en restant toujours proche de la moyenne quinquennale car la baisse de production de mil de 7 pour cent par rapport à la moyenne dans ce bassin pourra être compensée par la substitution possible par le maïs et le sorgho, voire le riz importé. Cependant par endroits, les prix pourront être  légèrement au-dessus de la moyenne à partir d’avril avec une augmentation de la demande des ménages due à l’épuisement de leurs stocks.
    • Le prix du sorgho pourrait connaitre une hausse dès janvier 2015 par rapport aux mois précédents avec la hausse saisonnière de la demande industrielle au Nigeria. Le prix sera proche de la moyenne quinquennale  durant  toute la période.
    • Le prix du maïs pourrait rester stable par rapport à la moyenne jusqu’en mars 2015 à cause de la faiblesse de la demande des ménages au Sahel et du bon niveau des stocks de maïs. Mais à partir d’avril les prix vont suivre une tendance haussière normale.
    • Le prix du niébé entamera sa hausse saisonnière à partir de février car plusieurs producteurs maitrisent actuellement la technique de conservation du niébé par triple ensachage qui leur permet de contrôler la quantité de produits à mettre sur le marché.  Le prix restera au-dessus de la moyenne sur plusieurs  marchés.
    Bassin central (Cote d’Ivoire, Ghana, Togo, Burkina Faso et Mali)

    L’offre de céréales dans le bassin sera supérieure à la moyenne compte tenu des récoltes jugées supérieures à la moyenne de 15 pour cent, en plus des stocks de report des commerçants qui sont également importants et au-dessus de la moyenne.

    La demande des ménages et des institutions sera globalement inférieure à la moyenne compte tenu des productions en général bonnes dans tout le bassin et d’une faible anticipation de l’arbitrage spatial et temporel cette année.

    Les flux des céréales entre les pays côtiers notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire vers le Burkina et le Mali seront normaux compte tenu de récoltes 2014/2015 moyennes à supérieures à la moyenne dans ces différents pays. Cependant, avec la baisse de production au Sénégal et en Mauritanie, les flux du bassin centre vers ces zones pourraient augmenter significativement par rapport à la moyenne, notamment à partir de février/ mars 2015.

    Les prix des denrées de base et des principales cultures de rente dans le bassin suivront les tendances décrites ci-dessous:

    • Les prix du mil pourront légèrement augmenter jusqu’en juin 2015 mais tout en restant en dessous de la moyenne quinquennale.
    • Le prix du sorgho aura la même tendance que le mil mais pourrait être proches de la moyenne du fait de la pression de la demande du Sénégal et de la Mauritanie.
    • Les prix du maïs pourraient connaitre leur hausse saisonnière normale de janvier à juin 2015, mais seront en dessous de la moyenne quinquennale.
    • Le prix du niébé se maintiendra à un niveau supérieur à la moyenne à cause de la forte demande urbaine du bassin centre et ouest et de la capacité de l’offre qui sera toujours inférieure aux besoins dans les deux bassins.
    Bassin ouest (Guinée, Libéria, Mauritanie, Sénégal et Sierra Leone)

    Avec les résultats prévisionnels de production de céréales en dessous de la moyenne de 10 pour cent dans le bassin, on s’entend à une baisse de l’offre sur les marchés. Egalement la demande va augmenter sur les différents marchés à partir de janvier avec la faiblesse des stocks reports et la baisse de la production de la campagne 2014/15 qui augment atypiquement la dépendance des ménages sur les marchés. Dans les zones affectées par Ebola dans ce bassin, il y aura une pression supplémentaire à partir d’avril sur les tubercules comme le manioc par les ménages pauvres qui vont substituer le riz par ce produit du fait de la baisse des productions rizicoles dans les zones plus affectées par l’épidémie et la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages pauvres.

    On s’entend à une augmentation des flux des céréales par rapport à la moyenne du bassin centre vers le bassin ouest pour satisfaire la demande des zones déficitaires en céréales sèches notamment en maïs et sorgho pour le Sénégal et la Mauritanie. Les importations de riz et de blé à partir du marché mondial pourraient augmenter pour atténuer la pression sur la demande de ces produits sur tous les marchés de la Mauritanie et du Sénégal. Par contre, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, ces flux internes de denrées importées vont rester faibles vers les marchés intérieurs des zones affectées par Ebola à cause de la fermeture des frontières entre ces pays et leurs voisins et la peur des commerçants de se rendre dans les zones les plus touchées par Ebola.

    Les prix des cultures de base dans le bassin suivront les tendances décrites ci-dessous:

    • Les prix du mil, du sorgho et du maïs pourront demeurer globalement stable jusqu’en février avant d’amorcer une hausse en mars jusqu’en juin. Ils resteront supérieurs à la moyenne car la demande sera supérieure à l’offre vues les mauvaises récoltes enregistrées cette année. La hausse sera atténuée par les approvisionnements à faible coût qui seront possibles à partir du bassin central.
    •  Les prix du riz et du blé importés pourront demeurer stables au Sénégal et en Mauritanie si toutefois il n y a pas de tensions sur ces produits sur le marché mondial. Ailleurs, dans les zones affectées par l’épidémie à virus Ebola les prix pourront demeurer similaires ou  supérieurs à la moyenne selon la zone en raison des perturbations des marchés, surtout en Sierra Leone et au Liberia.
    Figures Figure 1. Projection du prix de gros du mil sur le marché de Kano au Nigeria en N/100Kg

    Figure 1

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    Source: FEWS NET

    Figure 2. Projection des prix du maïs à Bobo-Dioulasso de janvier à juin 2015 en FCFA /Kg

    Figure 2

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    Source: FEWS NET

    Figure 3. Projection des prix du mil à Kaolack de janvier à juin 2015 en FCFA /Kg

    Figure 3

    Figure 3

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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