Skip to main content

Perspectives sur la sécurité alimentaire: janvier à septembre 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Janvier - Septembre 2012
Perspectives sur la sécurité alimentaire: janvier à septembre 2012

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Contexte : observation des conditions existantes
  • Scénario de sécurité alimentaire le plus réaliste pour la période s’étendant jusqu’à septembre 2012
  • Aperçu plus détaillé des zones inquiétantes
  • Alternatives et événements susceptibles de changer le plus probable des scénarios
  • Possible events that would significantly change the most likely scenario
  • Messages clé
    • Du fait d’une production localisée inférieure à la moyenne et de prix céréaliers élevés, FEWS NET prévoit une situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 de l’IPC) dans plusieurs régions du Sahel durant l’année 2012. Ce niveau d’insécurité alimentaire sera surtout visible durant la période d’avril à septembre (Figure 1). Une assistance d’urgence techniquement adaptée et correctement ciblée est requise dans ces régions afin d’atténuer les déficits alimentaires et financiers des foyers et éviter une augmentation de la malnutrition aiguë. 

    • Étant donné le bon fonctionnement du marché, certaines augmentations de salaire et une solide capacité d’adaptation, la gravité de l’insécurité alimentaire aiguë ne devrait pas dépasser le niveau de Phase 3 de l’IPC : le niveau de crise. Au Mali, l’aide gouvernementale rapide et généralisée devrait également réduire certains obstacles liés à l’accès aux produits alimentaires. En Mauritanie, l’aide gouvernementale a également atteint les zones urbaines et rurales. 

    • FEWS NET prévoit que le problème d’insécurité alimentaire le plus grave se situera dans les zones agropastorales et agricoles pluviales de Mauritanie centrale et méridionale. Phase 3 de l’IPC : on prévoit des situations de crise dans ces régions dès les mois de janvier à mars. 

    • Les contraintes lourdes et chroniques sur le bien-être nutritionnel auront pour effet de maintenir à près de 15 % ou plus les niveaux de malnutrition aiguë. Des investissements à long terme sont nécessaires afin de résoudre les problèmes liés à la pratique en matière de santé et de soins aux enfants. 


    Contexte : observation des conditions existantes

    De manière générale, la production céréalière régionale de 2011/12 se situe à 5 % de la moyenne récente sur 5 ans, mais est nettement inférieure à la production de 2010/11 qui fut une année record pour toute la région. Au niveau national, FEWS NET, CILSS et les gouvernements nationaux ont estimé que les récoltes de céréales pluviales représentaient environ 15 % de moins que la moyenne sur 5 ans, et ce, partout sauf en Mauritanie (40 % de moins que la moyenne). Cette analyse exclut les facteurs d’atténuation supplémentaires que sont l’importation de riz et de blé, la production de tubercules et d’autres aliments ainsi que le report des stocks excédentaires, supérieurs à la moyenne, de la récolte exceptionnelle de 2010/11. En bref, la disponibilité des produits alimentaires ne devrait pas être problématique dans la région cette année, pour autant que les marchés fonctionnent de manière satisfaisante.

    Cependant, pour la période d’octobre à décembre 2011 (la période de récolte), les prix céréaliers ont fortement augmenté dans toute la région, alors qu’ils baissent généralement durant cette saison. L’augmentation des prix est due à des retards importants dans la commercialisation de la récolte de 2011/12 (car la saison a démarré tard), au coût de production élevé, conséquence de semis multiples et des augmentations des barèmes salariaux, ainsi qu’à des stockages plus importants qu’à l’habitude, tant par les ménages dans les zones d’accès à des remises (notamment à Kayes au Mali) que par les spéculateurs qui prévoyaient une demande institutionnelle élevée. 

    Suite à ces fluctuations de prix inhabituelles, les prix des produits céréaliers de base les plus populaires sont, pour décembre et janvier 2011, 20 à 40 % supérieurs à la moyenne au Niger, au Tchad et en Mauritanie, et 60 à 80 % (et même, dans certains cas, 100 %) supérieurs à la moyenne dans certaines régions du Burkina et du Mali. Cependant, bien que les prix de décembre/janvier soient supérieurs à la moyenne au Niger, au Burkina Faso, au Nigeria et au Tchad, ils tombent dans une catégorie plutôt habituelle pour la période post-2008 au Niger et au Tchad. C’est au Mali et en Mauritanie que les prix sont plus inquiétants.

    Au Niger, au Nigeria, au Burkina Faso et au Tchad, les marchés fonctionnent bien et enregistrent des flux réguliers de produits provenant de régions de production excédentaires vers les régions sans excédents, avec des longueurs de chaîne logistique et des écarts de prix relativement normaux. Les échanges commerciaux transfrontaliers au Niger, au Nigeria, au Bénin et au Burkina Faso sont inférieurs cette année à ce qu’ils étaient durant la crise alimentaire de 2009/10. Cela reflète les prévisions des spéculateurs, à savoir que les déficits céréaliers dans ces pays sont moins importants qu’en 2009/10. Au Mali et en Mauritanie, les marchés céréaliers locaux fonctionnent également, mais moins bien qu’ailleurs, avec des chaînes logistiques relativement plus longues et des écarts de prix entre zones de surplus et zones de déficits plus élevés que d’ordinaire. Cependant, au Mali et en Mauritanie, l’accès à des produits de base de substitution (blé importé en Mauritanie et riz importé au Mali) est meilleur. 

    En général, les visites sur le terrain de FEWS NET en Mauritanie, au Mali, au Niger et au Tchad indiquent que les salaires d’ouvriers non qualifiés et les prix des produits-clés de base générateurs de revenus (p. ex., le foin et le bois de chauffage) sont supérieurs de 20 à 30 % par rapport à l’an dernier. Cela a été confirmé au Niger par la décision du gouvernement d’augmenter les salaires « argent contre travail » de 1 000 à 1 300 francs CFA par jour. Les augmentations de salaires et de prix de plusieurs autres produits-clés de base générateurs de revenus tels que le foin, le bois de chauffage et les cultures de rente compenseront partiellement les déficits alimentaires au niveau des foyers, qui apparaîtront probablement durant la saison creuse de juillet à septembre, suite à une production insuffisante et aux prix céréaliers élevés. 

    Sur base d’évaluations faites en novembre et décembre 2011, FEWS NET estime que les conditions pastorales au Niger et au Tchad sont inférieures à la moyenne, mais meilleures qu’en 2009/10. En Mauritanie, la situation est plus grave, mais les populations pastorales y appliquent déjà des pratiques destinées à s’adapter (à savoir la transhumance anticipée et distante de 75 % des troupeaux, le stockage de sorgho, de blé et d’aliments pour animaux, outre l’aide gouvernementale) qui devraient compenser les déficits alimentaires des ménages.

    S’appuyant sur ces conclusions, FEWS NET estime que durant la période de janvier à mars, les niveaux actuels d’insécurité alimentaire aiguë sont les plus graves en Mauritanie, dans les zones agropastorales du nord et du centre et dans la zone céréalière pluviale (Figure 2). Phase 3 de l’IPC : la situation de crise est un problème grave nécessitant une assistance d’urgence techniquement adaptée et correctement ciblée dans ces régions afin de réduire les déficits alimentaires et financiers des foyers et éviter une augmentation de la malnutrition aiguë. 


    Scénario de sécurité alimentaire le plus réaliste pour la période s’étendant jusqu’à septembre 2012

    Pour projeter les perspectives de sécurité alimentaire jusqu’à la fin de l’année de consommation, FEWS NET formule un certain nombre d’hypothèses les plus probables concernant les principaux événements saisonniers ayant un impact sur les sources de produits alimentaires et de revenus dans chaque pays et zone qui nous intéressent. Nous tentons en outre de prévoir d’autres événements futurs pouvant avoir un impact important sur la sécurité alimentaire dans la région. Ces hypothèses nous permettent d’identifier les effets directs et indirects générateurs de modifications dans les sources de produits alimentaires et de revenus pour les foyers et, par la suite, les perspectives en matière de sécurité alimentaire pour la période envisagée.

    • En général, bien que les prix céréaliers soient plus élevés que prévu en octobre, les hypothèses de FEWS NET formulées en octobre et en novembre 2011 restent valables. FEWS NET a formulé des hypothèses supplémentaires ainsi que certaines clarifications du scénario le plus plausible.
    • En général, les flux du commerce régional de céréales des zones de surplus vers les zones de déficits continuent à fonctionner. En cas d’intervention gouvernementale sur les marchés céréaliers, on ne constate aucune restriction importante ou prolongée ou impact sur les prix.
    • Le coût de la déréglementation du marché pétrolier au Nigeria est déjà inclus dans les prix actuels. On prévoit peu d’augmentation supplémentaire des prix suite à des événements au Nigeria. Il n’y a pas de perturbation supplémentaire importante ou négative des marchés pétroliers.
    • Suite aux importants reports de stocks de 2010/11, l’approvisionnement en céréales est suffisant au Tchad pour répondre à la demande sans recours inhabituel aux importations.
    • Sur base des hypothèses ci-dessus, FEWS NET estime qu’en général, les prix des céréales primaires resteront relativement stables à leurs niveaux élevés entre janvier et mars (conformément à la saison) puis augmenteront de 0 à 5 % par mois entre avril et août/septembre, suivant la tendance saisonnière habituelle. Sur le marché du bassin oriental, FEWS NET estime que les prix élevés reflètent déjà la majeure partie de l’« effet Nigeria ».
    • Les prix de la main d’œuvre et de nombreuses activités génératrices de revenus restent 20 à 30 % supérieurs à ceux de l’an dernier.
    • Les récoltes de première saison dans le golfe de Guinée sont comparables à la moyenne et le début et l’évolution des pluies en 2012 sont également conformes à la moyenne.
    • Dans les zones rurales subissant la Phase 3 de l’IPC : la crise, les cadeaux du Ramadan (mi-juillet à mi-août) auront peu d’impact sur l’insécurité alimentaire aiguë.
    • Le scénario actuel le plus probable incorpore uniquement l’assistance d’urgence interannuelle ou continue, conformément à la comptabilité avec les protocoles de mappage de l’IPC 2.0. Aucune assistance d’urgence en sus du niveau habituel de soutien alimentaire n’est incluse dans cette analyse.
    • Sur la base des signes de volonté politique de résoudre la crise et des prévisions des spéculateurs, le scénario le plus probable fait état d’améliorations de la sécurité civile dans le nord-est du Nigeria dès mars/avril avec des impacts commerciaux positifs, notamment pour l’est du Niger et le Tchad sahélien. 
    • Le scénario actuel, déterminé sur la base d’indices disponibles fin janvier 2012, ne prévoit aucun déplacement important de population ni aucune perturbation des marchés suite aux actions militaires au Mali. 

    FEWS NET a appliqué ces hypothèses à sa structure analytique, incluant sa base d’informations sur le contexte des zones de vie locales, des données historiques sur les prix et les comportements, etc., et a ensuite classé les perspectives en ligne avec les tableaux de référence sur l’insécurité alimentaire aiguë de l’IPC 2.0 (Voir www.fews.net/FoodInsecurityScale). De manière générale, les conclusions formulées en octobre et en novembre 2011 sur les perspectives en matière de sécurité alimentaire au pic de la saison creuse de 2012 restent également valables. 

    En général, entre avril et juin, le facteur-clé de variation est le prix des céréales. Des prix céréaliers élevés devraient engendrer une transition vers la Phase 3 de l’IPC : perspectives de crise en l’absence d’assistance au Niger occidental (Figure 3). Cela provient du fait que la demande des ménages pour les céréales est plus importante que d’ordinaire à cette époque de l’année suite à une production inférieure à la moyenne dans certaines régions et, en général, que la hausse des revenus ne constituera pas une compensation suffisante. Ces régions subissent en outre une malnutrition aiguë généralement supérieure à 15 %. Sans assistance, les taux de malnutrition aiguë devraient être supérieurs à la moyenne, et en augmentation. 

    La période de juillet à septembre est le pic de la saison creuse pour les agriculteurs et éleveurs qui constituent la plus grande partie de la population du Sahel. À cette époque de l’année, les prix céréaliers seront à leurs sommets annuels et saisonniers et probablement supérieurs à la moyenne sur la base des niveaux actuels déjà élevés. La contrainte des foyers obligés detravailler à leur propre production limitera leur capacité à générer des revenus complémentaires pour satisfaire leurs besoins. Les taux de malnutrition aiguë culminent souvent à cette époque de l’année (Figure 4). Dans les zones de phase 3, la prévalence de la malnutrition aiguë globale (Global Acute Malnutrition, GAM) devrait être plus importante que d’ordinaire et en hausse. Sans assistance techniquement adéquate et correctement ciblée, les foyers pauvres et très pauvres dans certaines régions du Sahel subiront des déficits alimentaires. De plus, 20 % au moins de la population de l’ensemble du Sahel subiront, à un degré ou un autre, un déficit de subsistance au pic de la saison creuse et pourraient être incapables de satisfaire leurs besoins non alimentaires. 


    Aperçu plus détaillé des zones inquiétantes

    FEWS NET a effectué une analyse approfondie des zones de chaque pays où les perspectives de sécurité alimentaires devraient être les plus inquiétantes. Ces informations, ainsi qu’une autre analyse basée sur les réponses de nos partenaires, sont incluses ci-dessous. 

    FEWS NET est particulièrement sensible à la gravité de l’insécurité alimentaire aiguë dans les régions agropastorales et agricoles pluviales du nord et du centre de la Mauritanie. Dans ces régions, les stratégies d’adaptation sont essentiellement limitées au déstockage et à l’intensification de la migration de la main-d’œuvre vers l’Office du Niger ou vers Nouakchott. Dans ces régions, les taux de malnutrition globale aiguë sont historiquement de 18 à 19 % en juillet pour les 3 dernières années, qui furent relativement prospères. Par ailleurs, les foyers dépendent fortement des céréales importées, particulièrement durant la saison creuse. Les prix du blé importé, la principale céréale de base de substitution durant la période creuse, ont augmenté de 50 % par rapport à l’an dernier, suite aux hausses de prix sur les marchés internationaux en 2011. La substitution du blé est beaucoup plus fréquente qu’à l’habitude. Il existe également des inquiétudes en particulier concernant les capacités des marchés tertiaires et de certains marchés secondaires, notamment en Mauritanie orientale. La présence militaire en Mauritanie orientale est importante cette année et le pouvoir d’achat des populations locales sédentaires est relativement bas par rapport à celui des éleveurs du nord et de l’ouest du pays.

    FEWS NET a effectué une évaluation pastorale en novembre/décembre en réponse à des inquiétudes sur les conditions de vie des populations dans les zones de transhumance pastorale du nord et agropastorales du nord et du centre du pays. Ces régions sont extrêmement inquiétantes, car les populations y dépendent essentiellement du bétail qui est plus vulnérable à la mauvaise qualité des pâturages ou de l’eau. En général, l’accès aux pâturages et à l’eau est insuffisant dans les régions agropastorales et de transhumance. Cependant, la plupart des éleveurs ont déjà pris leurs précautions en vue de protéger leurs troupeaux. FEWS NET a appris qu’environ 75 % des animaux d’élevage mauritaniens sont actuellement en transhumance au Mali et au Sénégal. Cette transhumance a commencé en septembre/octobre au lieu de décembre/janvier en période normale. Les animaux restant à la ferme sont généralement destinés à la vente en vue d’achat d’aliments et de céréales. En conséquence, toute contrainte informelle aux nouveaux mouvements transfrontaliers d’animaux depuis la Mauritanie vers le Mali ou le Sénégal durant la période examinée ne devrait pas avoir un impact important sur la sécurité alimentaire des foyers, même si cela reste un élément inquiétant. Par ailleurs, les éleveurs ont stocké de la nourriture (aliments pour animaux, sorgho et blé) provenant du Mali entre octobre et décembre, pour les animaux restés à la ferme et pour les animaux revenant de transhumance en mai/juin/juillet avant la régénération des pâturages. Enfin, le gouvernement a mis en place un plan de soutien pastoral destiné à fournir des aliments pour animaux, qui est déjà en application. Malgré le mauvais état des pâturages, les éleveurs ne devraient pas faire face à des déficits alimentaires en 2011/12, même si la mortalité des animaux est supérieure à la moyenne. Les agriculteurs-éleveurs et les agriculteurs pauvres qui ont trop peu d’animaux et de main d’œuvre pour vendre afin de compenser le déficit de leur production agricole, les prix céréaliers élevés et les prix des animaux d’élevage bas, subiront probablement la Phase 3 de l’IPC : perspectives de sécurité alimentaire de crise jusqu’à la fin de la période creuse. À la fin janvier, les actions militaires au Mali ont entraîné des mouvements de population et d’animaux d’élevage vers le sud-est de la Mauritanie. Si cette tendance continue ou s’intensifie, le risque de niveaux d’insécurité alimentaire aiguë encore plus graves augmentera, tant pour les populations locales que pour les populations déplacées. Cette question fera l’objet d’un suivi très attentif au cours des semaines et mois à venir.

    Le risque de perspectives plus graves en matière de sécurité alimentaire est également important au Tchad, dans la région du Sahel, et également en lien avec les taux élevés de malnutrition aiguë (également bien au-dessus de 15 % dans les régions de Kanem et de Bahr el Gazel). La production nationale de céréales était d’environ 15 % en dessous de la moyenne en 2011/12. Plus préoccupant encore, le fonctionnement du marché s’est compliqué cette année en raison des flux de céréales en dessous de la moyenne provenant des partenaires commerciaux habituels. Même si le commerce avec le Nigeria se développe mieux grâce à une sécurité civile plus favorable, il ne s’améliorera peut-être pas suffisamment ou assez rapidement pour satisfaire les besoins. Le commerce avec la Libye, bien qu’il ait repris aux alentours de juillet 2011, reste en dessous des niveaux d’avant-guerre. Le Soudan fait face à des déficits de production céréalière bien plus importants que ceux du Tchad. Enfin, des inquiétudes persistent concernant la capacité des commerçants à répondre à la demande au Tchad, dans la région du Sahel, avec des produits provenant du Cameroun. La République centrafricaine ne dispose pas de surplus commercialisables significatifs. Malgré ces risques potentiels d’approvisionnement futurs, les salaires locaux sont plus élevés de 20 à 30 % que l’année dernière, et les prix des céréales dans les zones de déficit du Tchad ne sont pas plus élevés que ceux du Mali ou de certaines régions du Burkina. Bien que les conditions d’élevage au nord du Sahel soient en dessous de la moyenne, les éleveurs ont indiqué à FEWS NET, lors d’une étude récente, qu’elles sont bien meilleures que lors de la récente crise de 2009/10. FEWS NET rassemblera des informations à propos de la résistance des ménages, des stocks de report, du comportement sur le marché, etc. durant le mois prochain afin de mieux évaluer la mesure dans laquelle les prix et les anomalies de marché observés auront un impact sur l’alimentation ainsi que sur les sources de revenu des foyers pendant le restant de l’année. 

    En général, le Burkina Faso n’a ni surplus céréaliers produits à l’échelle nationale disponibles pour la région, ni déficits nationaux extrêmes pouvant être comblés par la région. Dans l’ensemble, le commerce transfrontalier avec le Burkina reste négligeable et cette situation devrait se maintenir. Cependant, la production agricole dans certaines régions localisées du nord et de l’est était en dessous de la moyenne. Le gouvernement a estimé que 1,1 million de personnes pauvres et très pauvres seront confrontées à des déficits de moyens de subsistance et de survie entre avril et septembre. L’analyse de FEWS NET de l’élevage transhumant du nord et de la zone de millet (zone 8), où l’insécurité alimentaire devrait être la plus grave, indiquait que les conditions pastorales, bien qu’en dessous de la moyenne, ne sont pas alarmantes. Cependant, la production agricole était d’environ 50 % en dessous de la moyenne, indiquant une augmentation de 30 % de la dépendance des foyers pauvres sur les achats sur l’année. En tenant compte des suppositions de prix les plus probables, les dépenses en alimentation devraient augmenter de pas moins de 75 % par rapport à l’année dernière, ou de 60 000 à 70 000 XOF par foyer pendant l’année. Les bons points pour les ménages sont que les salaires provenant du travail agricole et les prix du foin et du bois de chauffage sont de 20 à 30 % plus élevés que l’année dernière. Les foyers ont également intensifié la migration de travailleurs et le développement de l’exploitation de l’or. Ces activités sont susceptibles de combler une partie significative de l’écart dans les dépenses nécessaires pour satisfaire les besoins. En écartant l’idée d’une aide d’urgence, FEWS NET s’attend à ce que tout déficit alimentaire restant pour les foyers pauvres et très pauvres soit de léger à modéré et sera plutôt ressenti durant la saison difficile de juillet à septembre. Une partie des zones 7 et 5 de moyens de subsistance est également touchée par une production en dessous de la moyenne et des prix élevés, mais de manière moins sérieuse. Les déficits de protection des moyens de subsistance dans ces zones ne devraient pas se transformer en déficits de moyens de survie même sans aide.

    La zone agropastorale du Mali (zones de moyens de subsistance 8, 4, 6 et 3) a connu en 2011/2012 les déficits de production d’élevage et d’agriculture les plus répandus. Cependant, l’exposition aux risques uniquement n’est pas suffisante pour indiquer le risque d’une insécurité alimentaire grave. Par exemple, FEWS NET n’inclut pas parmi les inquiétudes les versements entre Nord et Ouest, le sorgho, les zones d’élevage de bétail transhumant (zone 8), malgré le fait que la région soit l’épicentre des chocs de production et de prix. Les versements et la solidarité communautaire sont très largement répandus dans la région et devraient suffire à aider les foyers pauvres et très pauvres à satisfaire au moins leurs besoins essentiels jusqu’en septembre. L’analyse de FEWS NET conclut également que les moyens de subsistance dans le delta et les lacs du Niger : dans la zone d’élevage de bétail et de riziculture (agropastoral), sont relativement plus divers avec une capacité d’adaptation plus importante que dans les zones de transhumance du bétail et de culture du millet, qui est une zone très préoccupante.

    Les premiers résultats d’une étude de PRODEZEM sur la diversité diététique dans la région de Nara ont révélé que le score de diversité diététique en décembre 2011 était probablement plus élevé qu’en avril et juin 2011, lors d’une insécurité alimentaire aiguë nulle ou minime. Cela étaie la conclusion qu’il n’existe pas d’insécurité alimentaire aiguë, même dans les zones les plus à risque. Une analyse de la production et du choc des prix indique que les foyers pauvres et très pauvres auront besoin d’augmenter leurs achats de 12 à 15 % par rapport à une année habituelle. Cependant, en tenant compte des prévisions les plus probables, cela signifie qu’une augmentation de 80 % des dépenses des foyers destinées à l’alimentation (approximativement entre 95 000 et 120 000 XOF/foyer) sera nécessaire. L’augmentation potentielle de revenus la plus importante pour les foyers est la migration de travailleurs qui, si elle double (et en considérant un déclin d’environ 75 % des revenus individuels liés à l’approvisionnement), pourrait augmenter les revenus des foyers de 40 000 à 50 000 XOF/foyer pendant l’année. Cela, ainsi que d’autres augmentations mineures des revenus, combinées aux distributions alimentaires générales du gouvernement, devraient se révéler insuffisantes pour combler les déficits alimentaires des ménages, qui seront modérés entre juillet et septembre au pic de la saison difficile.

    Bien que les chocs de production agricole soient concentrés dans l’ouest du Niger, des prix au-dessus de la moyenne, plus élevés que lors des prévisions d’octobre 2011, sont susceptibles d’ébranler les moyens de subsistance des foyers pauvres et très pauvres dans les zones localisées du pays. En général, les foyers pauvres et très pauvres de l’ouest du Niger sont susceptibles de demander une aide alimentaire pour satisfaire les besoins minimaux durant le pic de la saison difficile, en raison des impacts combinés de la maigre production et des prix céréaliers élevés. Cependant, Ouallam est différent du reste de l’ouest du Niger agropastoral, en raison d’une dépendance relativement plus faible vis-à-vis de sa propre production alimentaire et salariale et d’une plus grande dépendance vis-à-vis des dépenses financées par le foin, les ventes du bois de chauffage et la migration de travailleurs. À Ouallam, les prévisions de prix les plus probables correspondent au pire scénario imaginé dans le document d’information de novembre/décembre (voir http://www.fews.net/docs/Publications/Niger_Ouallam_2011_12_en.pdf). Cela entraînerait un léger (4%) déficit des moyens de survie entre janvier et août, en supposant l’absence de stratégie d’adaptation ou d’aide, et en se fondant sur une prévisibilité des taux de salaires de 1 000 XOF/jour. Cependant, les taux de salaire observés dans le secteur depuis juillet 2011 sont actuellement de 1 500 XOF/jour, et la migration intensive de travailleurs utilisée en tant que stratégie d’adaptation a été observée dans cette zone. Corriger les taux de salaires et intégrer l’adaptation, particulièrement pour la migration de travailleurs comme observé dans le secteur, indique que même les foyers très pauvres d’Ouallam ne sont pas susceptibles de faire face à un déficit des moyens de subsistance, et seulement durant la saison difficile allant de juillet à août, tant que les prix du millet ou des aliments de base resteront en moyenne 338 XOF/kg entre mai et août. Cela signifie que les prix peuvent dépasser les prévisions du scénario le plus probable de 10 % avant que les foyers ne soient susceptibles de demander une aide pour satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux dans la zone agropastorale d’Ouallam.

    Au Nigeria, les conflits dans le nord-est sont la première cause du ralentissement de l’activité commerciale transfrontalière entre le nord et le sud. Un pic dramatique des prix du niébé en décembre devrait être entraîné par les flux ralentis, en raison des changements dans la structure des coûts de transport (déréglementation du carburant) à une époque de demande importante pour les vacances. Bien que le commerce soit en dessous de la moyenne, la production locale de céréales et la culture hors saison sont suffisantes pour maintenir de bas prix dans le nord-est, et une insécurité alimentaire aiguë minime est prévue tant que le commerce reprend en avril. 


    Alternatives et événements susceptibles de changer le plus probable des scénarios

    FEWS NET développe des scénarios probables afin de fournir une alerte précoce de grande qualité concernant une série restreinte d’issues possibles pour les décideurs. Cependant, certaines prévisions étayant les scénarios les plus probables semblent plus sûres que d’autres. Dans le cadre de ce processus de développement de scénarios et de structure analytique, FEWS NET identifie ces prévisions, leurs alternatives probables et les changements potentiels pour les perspectives en matière de sécurité alimentaire que ces alternatives pourraient entraîner.

    Par exemple, le comportement des prix est une question fondamentale pour l’accès des foyers à l’alimentation tandis que la saison difficile approche, particulièrement lorsque les niveaux de prix sont au-dessus de la moyenne comme à l’heure actuelle. L’incertitude entourant ce facteur est élevée, étant donné les comportements extrêmement inhabituels des prix au début de l’année commerciale allant d’octobre à septembre. Dans le scénario le plus probable, FEWS NET a établi des hypothèses concernant la disponibilité de l’offre et de la demande aux niveaux régional et local et a déduit le comportement des prix saisonniers entre janvier/avril et septembre en conséquence.

    Cependant, si le plus probable des scénarios sous-estime la demande dans les zones en déficit de production, les augmentations de prix seront graduelles et régulières tandis que la demande augmentera par rapport à l’offre. L’amplitude des augmentations de prix dans ce cas serait plus grande que décrite dans le plus probable des scénarios avec des augmentations mensuelles de 5 à 10 %, particulièrement sur les marchés des zones en déficit. Dans ce cas, l’étendue géographique de l’insécurité alimentaire aiguë augmenterait. Cependant, les perspectives en matière de sécurité alimentaire de la phase 4 de l’IPC ne seraient pas probables hors de Mauritanie ou du Tchad.

    Si le scénario le plus probable a uniquement surestimé l’offre (et pas sous-estimé la demande), d’importantes augmentations de prix seraient probables sur les principaux marchés d’approvisionnement en raison d’une concurrence intense. Depuis avril, nous avons observé des augmentations de prix de 10 % ou plus par mois sur les marchés d’approvisionnement, et même potentiellement d’une semaine à l’autre. Ces prix seraient ensuite transférés aux marchés de la demande. C’est l’un des pires scénarios. L’envergure géographique de l’insécurité alimentaire aiguë serait encore plus étendue que dans l’hypothèse d’une offre sous-estimée. En termes de gravité, les zones actuellement projetées en phase 3 dans le scénario le plus probable pourraient passer en phase 4, pas seulement en Mauritanie ou au Tchad, mais dans toute la région du Sahel. 

    Il est très peu probable qu’il y ait eu à la fois une sous-estimation de la demande et de l’offre, car les marchés fonctionnent normalement, les flux se déplacent partout vers les marchés du tertiaire et on n’observe pas de mouvements majeurs de population. 

    Tableau 1. Événements possibles qui changeraient significativement le scénario le plus probable. 

    Zone géographique

    Événements potentiels

    Effets sur les conditions de sécurité alimentaire.

    Mali, Mauritanie, Niger, Burkina 

    Déplacement de population/bétail ou interruption de marché significatif en raison d’action militaire au Mali 

    Les déplacements de population depuis le Mali se dirigent vers des zones présentant un risque de perspectives d’insécurité alimentaire plus grave dans l’actuel scénario le plus probable. La demande supplémentaire de céréales et la concurrence pour le travail et autres activités générant des revenus seraient susceptibles d’augmenter la gravité de l’insécurité alimentaire aiguë parmi les populations nomades et hôtes.

    Les perceptions actuelles indiquent que cet événement est probable. Cependant, FEWS NET n’a pas l’expertise pour projeter des tendances de conflit et leurs impacts à ce stade précoce. FEWS NET surveillera cette situation de près et mettra régulièrement à jour son analyse au fur et à mesure que les informations concernant ses impacts arriveront. 

    Afrique de l’Ouest 

    Aide d’urgence au-delà d’une échelle habituelle de soutien nutritionnel 

    Dans un contexte où les céréales sont ou peuvent être mises à disposition sur les marchés par des commerçants, l’aide d’urgence pour faciliter la génération de revenus peut améliorer significativement les perspectives en matière de sécurité alimentaire dans certaines zones.

    Dans un contexte où les céréales sont ou peuvent être mises à disposition sur les marchés par des commerçants, l’aide d’urgence qui met en exergue les interventions en termes d’offre excédant le déficit de la production totale pour un marché entraînera pour les commerçants une démotivation à continuer d’approvisionner le marché. Les prix augmenteraient et les perspectives en matière de sécurité alimentaire seraient potentiellement plus graves que celles actuellement anticipées dans le scénario le plus probable.

    L’aide d’urgence doit être techniquement appropriée et bien ciblée pour constituer une réussite dans l’amélioration des perspectives en matière de sécurité alimentaire. 

    Afrique de l’Ouest 

    De maigres récoltes de maïs de saison pauvre en décembre/ janvier et/ou début de la saison dans le Sahel 

    Les commerçants approvisionneraient moins de juin à août par rapport au scénario le plus probable, entraînant des prix plus élevés et un accès moins évident à l’alimentation qu’anticipé actuellement. 

    Marché central 

    Promulgation de mesures de contrôle des prix du gouvernement avec un impact négatif sur les flux commerciaux et/ou les prix 

    Le risque de cet événement est plus important entre avril et août. Les barrières informelles au commerce transfrontalier réduiraient les flux des zones de surplus à celles en déficit. Cela augmenterait de manière significative les différentiels entre les zones de surplus et les pays en déficit, entraînant des prix de vente au détail plus élevés et des prix de production plus bas dans le scénario le plus probable. Un exemple de pire scénario de ces impacts a été observé au Tchad entre novembre 2010 et mars 2011 (voir XXX document) 

    Est du Niger, région du Sahel au Tchad 

    Aucune amélioration de la sécurité civile dans le nord-est du Nigeria en mars/avril 

    Le moment opportun pour améliorer la sécurité civile est important, car la période allant d’avril à juin marque le pic de la saison du commerce des céréales. Si la sécurité civile ne s’améliore pas, les commerçants devront éviter la zone (et transiter de Kano-Zinder- Moussoro), pour un coût significativement plus élevé, entraînant des perspectives plus graves en matière de sécurité alimentaire. 

    Sahel 

    Mauvaise organisation des obtentions institutionnelles (publicité, programmation) après mars 2012 

    Une concurrence inhabituelle sur les marchés d’approvisionnement pourrait avoir des impacts similaires au scénario dans lequel l’offre est surestimée. 

     


    Possible events that would significantly change the most likely scenario
    Geographic areaPotential eventsEffects on food security conditions
    Mali, Mauritania, Niger BurkinaSignificant population/livestock displacement or market disruption due to military action in Mali

    Population displacement from Mali is moving towards areas that are at risk of relatively more severe food security outcomes in the current most‐likely scenario. The additional cereal demand and competition for labor and other income generating activities would likely increase the severity of acute food insecurity among both the displaced and the host populations.

    Current perceptions indicate that this event is likely. However, FEWS NET does not have the expertise to project conflict trends and impacts at this early stage. FEWS NET will monitor this situation very closely and will update its analysis frequently as more information about impacts arises.

    West AfricaEmergency assistance beyond typical scale of nutritional support

    In a context in which cereals are or can be made available on markets by traders, emergency assistance to facilitate income generation may significantly improve food security outcomes in some areas.

    In a context in which cereals are or can be made available on markets by traders, emergency assistance that emphasizes supply‐side interventions exceeding the aggregate production deficit for a market basin will result in a disincentive for traders to continue supplying the market. Prices would be higher and food security outcomes possibly poorer than currently anticipated in the most likely scenario.

    Emergency assistance should be technically appropriate and well targeted to be successful at improving food security outcomes.

    West AfricaPoor December/January harvests of short season maize and/or a poor start of season in the SahelTraders would release less supply in June‐August compared to the most likely scenario, leading to higher prices and poorer food access than currently anticipated.
    Central market basinEnactment of government price control measures with negative impact on trade flows and/or pricesThe risk of this event is greatest between April‐August. Informal barriers to cross‐border trade would reduce flows from surplus to deficit areas. This would significantly increase price differentials between surplus areas and deficit countries, leading to higher retail prices and lower farm‐gate prices than in the most‐likely scenario. A worst‐case example of these impacts was observed in Chad between November 2010 to March 2011 (see XXXdocument).
    Eastern Niger, Sahelian ChadNo improvements to civil security in northeast Nigeria in March/AprilThe timing for improving civil security is important as April‐June is the peak of the cereal trade season. If civil security does not improve, then traders will have to circumvent the area (and transit from Kano‐ Zinder‐Moussoro), at a significantly higher cost, resulting in poorer food security outcomes in these areas then anticipated in the most likely scenario.
    SahePoor planning of institutional procurements (advertisin, scheduling) after March of 2012Unusual competition in supply markets could have impacts similar to the scenario in which supply is overestimated.

     

    Figures Figure 1. Carte des perspectives de sécurité alimentaire prévues pour la période de juillet à septembre 2012

    Figure 1

    Figure 1. Carte des perspectives de sécurité alimentaire prévues pour la période de juillet à septembre 2012

    Source: FEWS NET

    Calendrier saisonnier typique

    Figure 2

    Calendrier saisonnier typique

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top