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Persistence de l’insécurité alimentaire de type crise IPC Phase 3 au nord du Mali, au nord-est du Nigeria et en Centrafrique

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Juin 2013
Persistence de l’insécurité alimentaire de type crise IPC Phase 3 au nord du Mali, au nord-est du Nigeria et en Centrafrique

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Perspective estimée jusqu'a septembre 2013
  • Messages clé
    • L’insécurité alimentaire de type IPC Phase 3 (Crise) persiste encore au nord du Mali, au nord-est du Nigeria et en Centrafrique pour des raisons d’insécurité et de mauvais fonctionnement des marchés.

    • Au sud-est du Niger, au centre-ouest du Tchad, et au centre du Nigeria, l’insécurité alimentaire est du type Stress (IPC Phase 2) à cause des baisses de productions intervenues en 2012 suite aux inondations, de l’insécurité civile, et/ou du niveau atypiquement élevé du prix des céréales. Ailleurs, l’insécurité alimentaire sera minimale de type IPC Phase 1 (Aucune/Minimale).

    • Les prix des céréales sont anormalement élevés par rapport à la moyenne sur certains marchés dans le bassin est[1] (en particulier au centre et à l’est du Niger, au nord du Nigeria et au Bénin) à cause des perturbations des marchés au Nigeria. Cependant dans le bassin central[2], les prix sont similaires ou légèrement supérieurs à la moyenne saisonnière.

      [1] Le Bassin commercial de l’Est comprend en général le Bénin, le Tchad, le Nigeria et le Niger.

      [2] Le Bassin commercial central comprend en général le Mali, le Burkina Faso, le Togo, le Ghana, et le Cote d’Ivoire.


    Situation actuelle

    La progression de la campagne agricole:

    Le mois de juin marque en général l’installation définitive de la campagne agricole dans les zones soudaniennes et son début localement au Sahel, où la saison commencera globalement en juillet. Toutefois, cette année, la saison a été marquée par d’importants déficits pluviométriques au centre et au nord du Nigeria, au centre et sud-est du Niger et à l’ouest du Mali, ce qui a fait avorter les semis intervenus en avril-début mai et a ralenti les activités agricoles dans ces zones. C’est aussi le démarrage de la pleine soudure pastorale, et la fin localement de la soudure dans la zone bimodale avec les récoltes des cultures précoces d’igname, de manioc, de maïs et d’arachide qui procurent des aliments et des revenus pour les ménages pauvres de cette zone. Ces productions ont commencé comme d’habitude à pareil moment, à atteindre les marchés du nord au Sahel (Burkina Faso, Niger, Nigeria) mais sans avoir pour le moment un impact significatif sur la dynamique des marchés et des prix ni la sécurité alimentaire des plus pauvres au Sahel.

    Les marchés:

     Suite aux pluies intervenues dans la zone soudanienne et localement au Sahel, il a été observé une petite amélioration de l’offre sur les marchés due au déstockage par quelques producteurs en lien avec leur engagement pour démarrer les activités agricoles. Mais cela s’est vite estompé dans le bassin est où on a assisté à une reprise de la hausse atypique des prix notamment au Niger, au Nigeria et au Bénin. Cette évolution atypique des prix fait suite à l’augmentation de la demande au Nigeria consécutive aux mauvaises productions en 2012 et à l’accroissement de l’insécurité au nord-est du Nigeria ayant amené le gouvernement fédéral à décréter l’état d’urgence dans les Etats de Borno, Yobé et Adamawa. Toutefois la situation des marchés est très variable selon les bassins et les produits considérés :

    • Dans le bassin est (Bénin, Niger, Nigeria, Tchad), où le fonctionnement des marchés est le plus atypique, on assiste encore en juin 2013, à une augmentation continue de la demande et des prix. Cela fait suite à l’épuisement des stocks des ménages et à une faiblesse de l’offre au Niger et au Nigeria malgré les flux atypiques en provenance du Bénin (plus faibles que d’habitude) et du bassin central (plus forts que d’habitude). Le différentiel de prix défavorable pour le transfert des céréales du Nigeria vers le Niger, ce qui est normalement nécessaire en cette période est à l’origine de ces changements. De ce fait, les prix des produits agricoles continuent à afficher une évolution plus forte que la normale saisonnière pour toutes les céréales de base comme le mil, le sorgho et le maïs. Par exemple, ils dépassent les moyennes quinquennales de 37 et 41 pourcent pour le mil, respectivement sur les marchés de gros de Dawanau au Nigeria et de Maradi au Niger et 14 et 28 pourcent pour le maïs respectivement à Malanville au Bénin et Dawanau.
    • Dans le bassin central (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Togo), suite aux bonnes productions, les disponibilités alimentaires continuent à être suffisantes pour couvrir les besoins. Il y a une bonne circulation des produits aussi bien des zones de production excédentaire du sud que vers les zones déficitaires du nord. Par ailleurs, le différentiel des prix est atypiquement plus favorable cette année pour un transfert du mil, du sorgho et du maïs du bassin central vers le bassin est notamment vers l’ouest et une partie du centre du Niger. Dans ce bassin central, les prix sont plus stables avec souvent de légères hausses par rapport aux moyennes saisonnières des cinq dernières années (+3 à +14 pour le mil et -3 à +1 pourcent pour le maïs). Cela facilite un accès dans les normes saisonnières à toutes les populations situées dans ce bassin.
    • Dans le bassin ouest (Cap Vert, Guinée, Gambie, Guinée Bissau, Liberia, Mauritanie, Sénégal, Sierra Leone), le prix du riz, principale denrée de base connait une évolution stable et même en baisse au Sénégal comparativement à la moyenne des cinq dernières années ce qui est signe d’une condition typique saisonnière d’accès à cette céréale. Cependant, les céréales sèches, mil, sorgho maïs connaissent un niveau général supérieur aux moyennes saisonnères de 1 à 25 pourcent sans que cela soit une véritable menace pour l’accès alimentaire des ménages qui sont plus consommateurs de riz.

    Situation pastorale:

    Les conditions de l’élevage sont encore normales et acceptables malgré la période de soudure pastorale qui s’est installée depuis fin mai avec l’arrivée précoce des premières pluies dans certaines zones agricoles du Sahel. Les prix des animaux continuent à s’apprécier rendant le terme de l’échange favorable aux pasteurs dans le bassin central, à l’Ouest du Niger et dans le bassin Ouest. Ailleurs, au centre du Niger et globalement au Tchad, ils sont dans les normales saisonnières. Par contre au sud-est du Niger, au centre ouest du Tchad et au nord est du Nigeria, à cause de l’insécurité au Nigeria qui empêche le bon fonctionnement des marchés dans toute la zone autour du Lac Tchad, ils sont en bas des moyennes saisonnières ce qui peut réduire les revenus des éleveurs et affecter l’accessibilité des populations pastorales aux céréales.

    Situation nutritionnelle:

    Le niveau élevé des prix notamment au Niger et au Nigeria, l’épuisement des stocks chez les ménages pauvres et la diminution des sources de revenus augmentent le risque pour une détérioration de la situation nutritionnelle dans les zones agro-pastorales et agricoles du centre et de l’est du Niger ainsi qu’au nord du Nigeria. Il est déjà noté une augmentation significative des admissions des enfants de moins de cinq ans dans les centres de santé dans ces différentes zones.

    Situation alimentaire:

    Majoritairement, l’insécurité alimentaire minimale de type IPC Phase 1 domine dans la région. Toutefois, une situation de crise (IPC Phase 3) continue à sévir dans les zones victimes de l’insécurité civile comme le nord du Mali notamment la région de Kidal toujours sous tension militaire, le nord est du Nigeria où l’état d’urgence vient d’être décrété par le Gouvernement fédéral et la république Centrafricaine où les pillages se poursuivent encore :

    • Au nord du Mali, l’insécurité résiduelle et le non retour effectif de tous les services publics continuent de limiter la mise en œuvre à grande échelle des activités commerciales et d’assistance alimentaire.
    • Au nord-est du Nigeria, il y a une intensification du conflit avec l’armée qui a imposé un « blocus alimentaire » sur le nord de l’État de Borno en refusant d’autoriser les camions chargés de denrées à destination du Nord à quitter Maiduguri (la capitale de l’État). Cette mesure a pour objectif d’éviter que ces denrées finissent entre les mains des insurgés de Boko Haram, mais elle a entraîné une hausse importante des prix. Des milliers de personnes, essentiellement des femmes et des enfants ont été obligés de fuir les zones de conflit pour se réfugier au sud-est du Niger.
    • En Centrafrique, on assiste à une dégradation continue des services publics avec une insécurité généralisée entrainant des mouvements de population. Les pénuries alimentaires s’installent un peu partout dans le pays affectant les femmes et les enfants qui sont les plus exposés. Selon Action Contre la Faim, Save the Children et Secours Catholiques, c’est tout le pays qui est menacé par l’insécurité alimentaire.

    Ailleurs, du fait des mauvaises productions suite aux inondations, de l’épuisement des stocks des ménages et de la hausse des prix sur les marchés, les ménages pauvres vont faire face à une insécurité alimentaire de type IPC 2 (Stress) notamment à l’est du Niger, au centre-nord du Nigeria et au nord de la Mauritanie.


    Perspective estimée jusqu'a septembre 2013

    Le mois de juillet sera marqué par le début Ramadan qui se poursuivra jusqu’au début août. Ce sera également la pleine entrée de la période de soudure en juillet pour les ménages agricoles. Toutefois installation effective de la saison et le début localisé de fin de soudure pastorales se traduiront par une amélioration des revenus tirés de la vente des produits animaux (lait, œufs et volaille) et aussi de la vente de la main d’œuvre agricole. Cependant les prix des céréales continueront à être les plus élevés de la saison dans toutes les régions.

    Les termes de l’échange et/ou les conditions d’accès aux céréales pourraient s’améliorer d’ici septembre suite à une amélioration de l’embonpoint des animaux et de leur valeur marchande et aussi avec les opportunités d’emplois qui s’offriront avec l’intensification du salariat agricole. Cependant la non baisse importante des prix des céréales risquerait de maintenir les termes de l’échange en dessous de leurs valeurs moyennes (10 à 20 pourcent pour le bétail pour le salariat agricole) et cela jusqu’en fin septembre 2013.

    L’accès aux céréales pour les ménages pauvres agro-pastoraux et agricoles restera de ce fait difficile notamment au centre et à l’est du Niger, au nord du Nigeria, en République Centrafricaine, et dans les zones pastorales du Niger, du Tchad, et du nord de Mali. Les populations pauvres vivant dans ces zones auront besoin d’assistance jusqu’à fin septembre 2013. Sans assistance l’insécurité alimentaire pourrait localement augmenter dans les zones citées plus haut.

    Comme corollaire de cette aggravation de l’insécurité alimentaire, on pourrait assister dans ces zones à une augmentation des taux de malnutrition aiguë globale qui, même en année excédentaire, dépassent les seuils critiques et d’urgence au Sahel. Cette année, les conditions d’accès sont restées très précaires depuis février 2013 ce qui pourrait particulièrement affecter l’alimentation des enfants de moins de 2 ans considérés comme les plus vulnérables dans ces zones.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Niveau comparé du prix du mil en mai 2013 comparé à mai 2012 et à la moyenne

    Figure 2

    Niveau comparé du prix du mil en mai 2013 comparé à mai 2012 et à la moyenne

    Source: FEWS NET

    Niveau comparé du prix du maïs en mai 2013 comparé à mai 2012 et à la moyenne

    Figure 3

    Niveau comparé du prix du maïs en mai 2013 comparé à mai 2012 et à la moyenne

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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