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Risque élevé d’aggravation de l’insécurité alimentaire au démarrage de la saison agricole

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Juin 2012
Risque élevé d’aggravation de l’insécurité alimentaire au démarrage de la saison agricole

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
  • Messages clé
    • Les ménages pauvres entament cette période sans stocks et avec un niveau d’insécurité alimentaire allant d’IPC 2 à IPC 3. Sans assistance, l’insécurité alimentaire l’IPC Phase 3 pourrait se généraliser dans la région, surtout dans les zones agropastorale allant de la Mauritanie au Tchad et les zones de réception des refugiés/déplacées. 

    • Malgré l’installation de la saison pluvieuse et la reprise des productions pastorales, la soudure agropastorale continuera jusqu’à septembre. Si l’assistance alimentaire n’est pas maintenue ou est livrée en retard, certains ménages agropastoraux dans les zones sahéliennes du Niger, du Tchad, du Burkina Faso, du Mali et de la Mauritanie auront une augmentation d’insécurité alimentaire d’IPC 2 à IPC 3 dès la mi-juillet.

    • Les prix des céréales locales, avaient augmenté anormalement de plus de 20 pourcent entre mars et avril se sont stabilisés entre avril et mai 2012 avec les variations inférieures à 10 pourcent. Ils se situent plus élevés que les moyennes saisonnières (+40 à +101 pour le mil), et continuent à rendre très difficile l’accès aux aliments pour les ménages pauvres et très pauvres.

    • La saison agricole a commencé normalement au  Mali (sud), au Niger,  au Tchad, au Nigeria, et au  Burkina Faso avec l’arrivée  globalement normale à précoce des pluies. Pourtant, la menace des criquets pèlerins dans les zones agricoles est préoccupante dans les zones actuellement en crise (phase de l'IPC 3) en raison d'une mauvaise  saison agricole (2011) et les prix élevés des denrées.  De ce fait, la surveillance devrait être renforcée avec la progression de la saison agricole.


    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    Le mois de juin marque en général l’installation définitive de la campagne agricole dans les zones soudaniennes et son début localement au Sahel, ou la saison commencera globalement en juillet. L’analyse de la pluviométrie estimée par satellite (RFE) décadaire montre que des pluies assez importantes ont déjà touché l’extrême sud du Mali, le sud-ouest du Burkina, la zone frontalière Burkina-Niger, le centre du Nigeria et l’extrême sud du Tchad et ce dès la première décade du mois d’avril.  Ce front d’activités pluvio-orageuses a évolué vers le nord en avril pour couvrir l’est de la Guinée, la majeure partie sud du Burkina, toute la région de Sikasso au Mali, presque toute la partie nord du Nigeria, le sud du Tchad jusqu’au Salamat au sud-est du pays. A l’ouest des pluies importantes ont touché le sud et l’est du Sénégal ainsi que la majeure partie sud des régions de Kayes, Mopti, Koulikoro, et Ségou au Mali.  A l’est pratiquement toute la zone agricole du Tchad a été arrosée pendant la deuxième décade de mai.  A la fin de mai les activités pluvio-orageuses avaient baissé sur l’ouest de la région mais connaissent une recrudescence vers l’est notamment sur les régions de Tahoua, Maradi, Zinder et Diffa au Niger et sur les régions du Centre au Tchad (Lac, Kanem, Batha Est et Ouest, Ouaddai et Wadi Fira).

    Le cumul des pluies entre début avril à début juin 2012, sont en général comparables à supérieurs à la moyenne saisonnière sur toute la région excepté en Mauritanie, au Sénégal , au nord-ouest du Mali, au nord-est du Burkina Faso, à l’ouest du Niger et localement le long de la cote ouest africaine(Fig. 3). Ainsi, avec les pluies enregistrées dans les pays Sahéliens et le nord des pays du Golfe de Guinée, on peut dire qu’au vu de ces quantités pluviométriques, le début de saison est positive sur la majeure partie de la région à l’exception d’une zone allant de la Guinée Bissau et s’étendant au nord jusqu’au centre du Sénégal et en Mauritanie, puis le sud-ouest du Burkina et le sud de la région de Tillabéry au Niger.  Avec l’arrivée de ces pluies, la soudure pastorale va bientôt prendre fin dans plusieurs régions du Sahel. Toutefois, cela ne va pas fondamentalement changer les conditions actuelles de sécurité alimentaire qui resteront marquées par la forte dépendance des ménages pauvres au marché et dans un contexte de prix qui vont probablement rester plus élevés que les moyennes saisonnières jusqu’en fin septembre 2012 quand interviendront les prochaines récoltes.

    La précipitation dans certaines parties du nord du Mali, le Niger et le Tchad a créé des conditions favorables à la reproduction des criquets pèlerins.  Depuis février, les criquets pèlerins ont été observés dans les zones frontalières de la Libye et l'Algérie. Dans ces zones, les premiers efforts de traitement et de détection ont diminué le nombre de criquets qui sont maintenant migrant vers le sud vers le Sahel. Toutefois, en mai/juin précipitations dans certaines parties du nord du Mali, le Niger et le Tchad a été supérieure à la moyenne, créant des conditions favorables à la reproduction. Mouvement des  essaims immatures a été observé pour la première à la fin mai et s'est rapidement étendue. La reproduction devrait commencer en juin au Niger et au Mali, ce qui entraîne une augmentation des populations acridiennes et formation de bandes. La reproduction saisonnière est probable de commencer au Tchad et en Mauritanie dans les prochaines semaines. Si les conditions favorables à la reproduction persistent et les opérations de lutte restent insuffisantes, des invasions de criquets pourrait se traduire par des pertes de cultures localisées et des pertes importantes de pâturage. Les zones agropastorales du Mali et du Niger sont particulièrement préoccupantes car les ménages dépendent sur la production  des cultures uni modales pour un maximum de neuf mois de besoins alimentaires / revenus annuels. Plusieurs zones ou  la plus forte probabilité d'essaims se présente  actuellement face à la crise au niveau d'insécurité alimentaire (IPC Phase 3) résultant de médiocres récoltes, 2011 prix alimentaires élevés, et les insuffisances d'assistance. Dommages criquet dans les prochains mois pourrait avoir des répercussions de la sécurité alimentaire juillet-septembre en réduisant la disponibilité de nourriture sauvage, et la conduite des hausses de prix que les perspectives de production des cultures diminue. Toutefois, les impacts les plus graves seraient probablement se faire sentir au cours de 2013, lorsque les ménages touchés par les pertes de récoltes feront face à une saison de soudure plus grave.

    Un début normal de la saison des pluies conduit normalement à une mise en marché des stocks par les gros producteurs et les commerçants. Cela se traduit par la suite par une amélioration de l'offre sur les marchés locaux et un arrêt de la hausse des prix comme observée récemment. Cette diminution est actuellement observée sur certains marchés du sud de la zone soudanienne mais elle n'est pas encore été répandue dans la région notamment au Sahel où les prix demeurent toujours élevés par rapport à la moyenne. (Figure 4)  En effet, le niveau actuel des prix des céréales traditionnelles est plus élevé que les moyennes saisonnières pour le maïs de 12 pourcent à Malanville au Bénin, 11 pourcent à Niamey, 34 pourcent à Kano, 53 pourcent à Bobo Dioulasso, 63 pourcent à Bol, 70 pourcent à Sikasso et 101 pourcent à Tamalé (Figure 4). En ce qui concerne le mil, les hausses par rapport à la moyenne des cinq dernières années sont de 48 pourcent à N’Djamena, 56 pourcent à Kano, 62 pourcent à Maradi, 52 pourcent à Ouagadougou et 102 pourcent à Ségou. Avec l’installation progressive de la saison la hausse des prix pourrait se stabiliser en juillet-aout et commencer à décliner en septembre. Toutefois, c’est aussi probable que la demande de céréales des ménages déficitaires va continuer à augmenter jusqu'à la prochaine récolte, en mettant une pression constante sur l’offre, ce qui va pousser les prix à la hausse ou à se maintenir à un niveau élevé sur les marchés locaux, en particulier dans le Sahel. Par ailleurs, comme le prix du mil a fortement augmenté dans de nombreuses parties du Sahel depuis le début de la campagne de commercialisation, les ménages pauvres vont de plus en plus le substituer avec le maïs et le sorgho, qui sont restés moins chers.

    Les termes de l’échange et/ou les conditions d’accès aux céréales pourraient s’améliorer d’ici septembre suite à une amélioration de l’embonpoint des animaux et de leur valeur marchande et aussi avec les opportunités d’emplois qui s’offriront avec l’intensification du salariat agricole. Cependant la non baisse importante des prix des céréales risquerait de maintenir les termes de l’échange en dessous de leurs valeurs moyennes (10 à 40 pourcent pour le bétail mais 40 à 70 pour cent pour le salariat agricole) et cela jusqu’en fin septembre 2012. L’accès aux céréales pour les ménages pauvres agro-pastoraux et agricoles restera de ce fait difficile et ils auront besoins d’assistance jusqu’à fin septembre 2012.  Sans assistance l’insécurité alimentaire du niveau crise, l’IPC Phase 3 va se généraliser dans tout le Sahel notamment dans les zones agropastorales allant de la Mauritanie au Tchad. Comme corollaire de cette aggravation de l’insécurité alimentaire, on pourrait assister dans ces zones à une augmentation des taux de malnutrition aiguë globale qui, même en année excédentaire, dépassent les seuils critiques et d’urgence au Sahel. 

    Figures Calendrier saisonnier typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier typique

    Source: FEWS NET

     Figure 3.  Anomalie du Cumul RFE – 1ère décade Avril - 1ère décade de Juin  par rapport à la moyenne 2007-2011

    Figure 2

    Figure 3. Anomalie du Cumul RFE – 1ère décade Avril - 1ère décade de Juin par rapport à la moyenne 2007-2011

    Source: FEWS NET/USGS

    Hausse du prix du mil par rapport à la moyenne sur quelques marchés de référence

    Figure 3

    Hausse du prix du mil par rapport à la moyenne sur quelques marchés de référence

    Source: OMA Mali, SIMA Niger, DMDA Kano, SIM SONAGES Burkina Faso, FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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