Skip to main content

Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Janvier 2014
Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

Télécharger le rapport

  • Préface
  • Progres de la saison
  • Le commerce régional et la dynamique des prix
  • Conflit frontalier et déplacement de population
  • Autres enjeux régionaux

  • Préface
    Afin de fournir les perspectives de sécurité alimentaire, FEWS NET prépare divers scénarios. La méthodologie permet à l’analyste de préparer une série d’hypothèses informées sur le futur et de comparer les effets qu’elles pourraient avoir. Le rapport qui suit, préparé par les analystes de FEWS NET en se basant sur les faits actuels, souligne les hypothèses au niveau de la région. Il présente aussi des hypothèses au niveau des pays, qui sont probablement plus détaillées. Prises ensemble, hypothèses régionales et nationales constituent la base de l’analyse intégrée présentée dans les Perspectives de la sécurité alimentaire qui sont mises à jour par FEWS NET. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici. Les rapports sur les perspectives de la sécurité alimentaire de FEWS NET pour janvier à juin 2014 au Sahel et en Afrique de l’Ouest sont basés sur les hypothèses régionales suivantes établies en fin décembre 2013:

    Progres de la saison
    • Perspectives de productions agricoles de 2013/14 : La réunion de concertation technique régionale du CILSS/PREGEC de novembre 2013 sur les bilans alimentaires prévisionnels a évalué la production céréalière prévisionnelle 2013/2014 au Sahel et en Afrique de l’Ouest à 57 462 000 tonnes. Cette production est supérieure à celle de l’an dernier de 3 pour cent et à la moyenne de 16 pour cent avec toutefois un niveau de production moyen dans le Sahel (+1 pour cent) (Tableau 1). La production définitive qui sera évaluée en mars 2014 se situera dans les mêmes tendances.

    Tableau 1. Variation des productions prévisionnelles de céréales en Afrique de l’Ouest 2013/2014 par rapport à 2012/2013 et à la moyenne des cinq dernières années

    Culture

    Production 2013/2014 (tonnes)

    Production 2012/2013 (tonnes)

    Production moyenne (tonnes)

    Variation production 2013/2014 par rapport à 2012/2013 (en pourcentage)

    Variation production 2013/2014 par rapport à la moyenne (en pourcentage)

    Mil

    8 393 937

    10 052 600

    10 118 412

    -16

    -17

    Sorgho

    13 150 623

    13 718 308

    11 937 547

    -4

    10

    Maïs

    19 239 083

    17 908 235

    16 164 694

    7

    19

    Riz

    16 181 348

    13 520 292

    12 388 881

    20

    31

    Source : CILSS/PREGEC, novembre 2013

    • Agro climatologie : Entre décembre 2013 et janvier 2014, le Front Intertropical (FIT) fluctuera autour de l'équateur. Pendant cette période, les précipitations seront faibles et limitées à la zone bimodale des pays du Golfe de Guinée. Cependant, à partir de février, le FIT reprendra normalement sa remontée saisonnière vers le nord. Cela provoquera un démarrage de la saison des pluies normale dans toute la région avec le début des pluies dans la zone bimodale à la fin de février/début mars et plus tard (mai/juin) dans les régions plus au nord. Les cumuls pluviométriques et la distribution au cours de la saison des pluies 2014 seront normaux. Par conséquent, le démarrage des activités agricoles pour la saison agricole 2014/15 se fera à une période normale dans toute la région.
    • Le criquet pèlerin : Le développement localisé du criquet pèlerin suite aux conditions favorables dans les aires grégarigènes en Mauritanie (région de l’Inchiri, Dakhlet Nouadhibou, le sud-ouest de l’Adrar et le nord du Trarza) est demeuré sous contrôle grâce aux prospections et traitements réalisés jusqu’en décembre. Même si des reproductions à faible échelle sont encore probables dans des zones restées favorables au nord et nord-est de la Mauritanie du fait des pluies observées en mi-décembre, les opérations de surveillance et les traitements, ainsi que le dessèchement de la végétation dans ces zones permettront de maitriser la situation pendant la première moitié de l’année 2014. Les impacts seront limités sur les cultures de décrues ou le pâturage. Par ailleurs, les risques d’infestation à partir des populations locales au cours de la prochaine campagne agricole 2014 seront mineurs dans la région.
    • Perspectives pour les récoltes de contre saison : Les bonnes disponibilités en eau augurent de bonnes récoltes de saison sèche dans la région, excepté en zone Sahélien du Tchad et le sahel occidental et le plateau dogon au Mali où le niveau actuel de remplissage des mares semi-permanentes est inférieur à la moyenne. Par conséquent, dans la plupart des pays dans la région, les sources de nourriture et de revenu liées au maraichage et aux cultures de décrues seront d’un niveau moyen à au-dessus de la moyenne avec le coût de la main d’œuvre qui restera moyen à supérieur à la moyenne.
    • Perspectives de la main d’œuvre agricole : Le début de la saison qui sera probablement normal en 2014 ainsi que la distribution de la pluviométrie et ses quantités favorisera une réalisation à temps des travaux agricoles et par conséquent une opportunité pour la main d’œuvre agricole. La demande restera normale face à une baisse de l’offre dans certaines régions du fait de l’attraction par l’orpaillage. Par conséquent, les coûts de la main d’œuvre pourraient augmenter au profit des ménages pauvres qui sont les plus concernés par cette source de revenu.
    • Perspectives de production de pâturages : La production des pâturages est jugée moyenne dans la région avec d’importantes poches déficitaires au nord-ouest et à l’est du Niger, au centre-ouest du Nigeria, à l’est et à l’ouest de la zone pastorale du Tchad, au sud-est, nord-est et à l’ouest du Mali, au centre et nord du Sénégal, et au sud-ouest de la Mauritanie.
    • La transhumance et l’embonpoint du bétail : Compte tenu des pâturages moyens, les conditions sont favorables pour une transhumance normale dans la plupart des zones dans la région au cours de la période du scenario. Les conditions physiques du bétail et la disponibilité de lait suivront aussi leurs tendances normales avec une détérioration saisonnière de l’embonpoint du bétail à partir d’avril. Cependant dans les poches localisées avec les déficits de pâturages (listé ci-dessus), la transhumance sera précoce (octobre/novembre au lieu de janvier), et l’embonpoint du bétail local commencera à se dégrader à partir de février/mars. Les mouvements de transhumance seront atypiques et fortement entravée à l’est du Niger, au nord-est du Nigeria, et au sud du Tchad à cause du conflit nigérian et de celui de la république Centrafricaine et par endroits au nord du Mali en raison du banditisme.

    Le commerce régional et la dynamique des prix
    • Les stocks de report : Compte tenu des bonnes productions intervenues en 2012 et des importations commerciales réalisées la même année, les stocks céréaliers de report (ménages, commerçants) sont moyens à supérieurs à la moyenne en particulier pour toutes les céréales dans les bassins centre et ouest et pour le maïs au Bénin dans le cas du bassin est. Ces stocks pourraient contribuer à améliorer l’offre locale tout en limitant la tendance haussière probable des prix et accroitre ainsi l’accès des ménages vulnérables quand leur demande deviendra plus pressante sur les marchés à partir de mars 2014. Cependant, les stocks de report pour le mil dans le bassin est sont en dessous de la normale à cause d’un changement structurel dans la production agricole de mil pendant ces dernières années au Nigeria et à cause des inondations de 2012. Le nombre de ménages dans ce bassin qui seront sans stocks propres à partir de janvier 2014 seront plus élevés que d’habitude à cause de ces faibles stocks de report et les déficits localisés de production agricole en 2013/2014.
    • La demande: Dans la plupart des zones, les stocks alimentaires des ménages vont commencer à s’épuiser d’une façon normale à partir de mars, obligeant les ménages à dépendre plus sur les achats du marché pendant la deuxième moitié de la période de perspectives et d'accroître la demande saisonnière des ménages sur les marchés locaux. Cependant, dans les zones où la production agricole de 2013/14 est en dessous de la moyenne et dans les zones où les réfugiés ou les personnes déplacées se trouvent, les ménages dépendront sur des achats du marché plus tôt que d’habitude et la demande des ménages sur les marchés sera supérieure à la moyenne. FEWS NET estime que les achats institutionnels pour assister les ménages en insécurité alimentaire seront dans les niveaux normaux et auront un impact limité sur le fonctionnement du marché.
    • Les flux commerciaux : Les échanges entre les pays côtiers et le Sahel vont s’intensifier de manière saisonnière en relation avec les baisses de stocks des ménages et une augmentation de la demande locale dans les régions Sahéliennes au cours de la période de scenario. Dans la plupart des pays de la région, le commerce régional va se poursuivre normalement sans entraves entre les différents pays. Cependant, les exceptions sont les flux commerciaux à travers les zones qui ont connu l'insécurité civile récente (les flux entre le nord-est du Nigeria et le sud-est du Niger, le centre-ouest du Tchad et le sud du Nigeria, entre Tchad et le République Centrafricain, et entre le nord du Mali et l’Algérie). Pour ces flux, les coûts de transaction et les risques accrus en raison de conflit réduiront les incitations commerciales et par conséquent, les flux commerciaux seront en-dessous de la tendance saisonnière entre janvier et juin 2014. Pour le cas du Tchad dont la zone sahélienne connait un déficit de production cette année par rapport à la moyenne, le disponible local ne pourra pas satisfaire les besoins du marché. Le pays fera donc appel plus que d’habitude aux achats régionaux (Cameroun) ou internationaux.
    • Les prix des céréales sur les marchés régionaux : Les niveaux de prix vont probablement connaitre des hausses plus ou moins sensibles jusqu’en juin 2014 suivant la tendance saisonnière sur la plupart des marchés à cause de la dépendance progressive des ménages pour l’achat des céréales, une baisse saisonnière de l’offre, et les achats institutionnels dans les différents pays:
      • Le prix du mil dont la production est déficitaire dans tous les bassins commerciaux, surtout dans le bassin est, augmentera plus vite que normale et restera supérieure à la moyenne des cinq dernières années. L’anticipation des opportunités commerciales par les commerçants suite aux annonces des appels d’achats institutionnels va les pousser à être plus actifs sur les marchés pour constituer des stocks à partir de janvier 2014, ce qui amènera la demande à être supérieure à l’offre. Les augmentations des prix les plus significatives (plus de 50 pourcent par endroit) seront plus probables dans le bassin est. Ailleurs, dans les bassins centre et ouest, les prix vont rester plus élevés que les niveaux de l’année passée et la moyenne des cinq dernières années en début de soudure en juin 2014 mais dans une moindre mesure que dans le bassin est.
      • Le prix du sorgho suivra sa tendance saisonnière - stabilité jusqu’en mars 2014 en raison de l’offre soutenue sur les marchés par la poursuite des récoltes de décrue et de contre saison. A cela s’ajoute la faible demande par les acteurs qui seront plus occupés par le commerce du mil et du maïs en cette période de l’année. Toutefois, en raison du déficit localisé de la production du mil dans la région, la demande du sorgho pourrait être supérieure à la moyenne en mai-juin quand les ménages vont commencer à substituer le mil par le sorgho. Les prix pourraient alors se maintenir à des niveaux plus élevés que ceux de l’année passée et la moyenne quinquennale.
      • Le prix du maïs va aussi augmenter à partir de janvier 2014 mais à un rythme moins élevé que le mil mais sera au-dessus de la moyenne saisonnière. Cela continuera jusqu’en mars 2014 avec la fin de la grande période de commercialisation dans la zone soudanienne (janvier-mars) à cause de la pression de la demande commerciale sahélienne. A partir d’avril, le prix va augmenter progressivement suivant les normes saisonnières pour atteindre son pic en juin-juillet à cause de l’imminence de la période de soudure au sud de la zone soudanienne et de la forte substitution vis-à-vis du mil et du sorgho par les ménages pauvres sahéliens. Par conséquent, les prix pourraient se maintenir au-dessus des niveaux de leur moyenne des cinq dernières années mais rester stable par rapport à ceux de l’année passée.
    • Les marchés du bétail : Les prix du bétail restent en hausse par rapport à la moyenne à cause de la demande soutenue des pays côtiers et l’état d’embonpoint normal des animaux. De ce fait, malgré les niveaux élevés des prix des céréales, les termes de l’échange demeurent en général favorables aux éleveurs. Cette situation pourrait perdurer jusqu’en mars 2013. A partir d’avril 2014, les prix vont légèrement baisser et se maintenir au même niveau que la moyenne saisonnière à cause de l’entrée en soudure pastorale. Toutefois, dans les grandes zones d’élevage comme le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et le Mali où il a été observé des déficits fourragers localisés, l’état d’embonpoint du cheptel pourrait se détériorer à partir de mars 2014 et provoquer la baisse localisée des prix en dessous de la moyenne. Par conséquent, les termes de l’échange deviendraient défavorables aux éleveurs, notamment dans le bassin est, à cause de la hausse probable des prix des céréales au-dessus de leur moyenne en cette période de l’année.

    Conflit frontalier et déplacement de population
    • La République Centrafricaine (RCA) : Les conditions de sécurité en RCA demeureront volatiles notamment dans les régions du nord-ouest et du centre-ouest et à Bangui au cours de la période de scenario (janvier à juin 2014). Les ménages pauvres, y compris les personnes déplacées, dans les zones les plus touchées par le conflit vont continuer à dépendre de l’aide humanitaire d’urgence en raison de la perturbation des flux commerciaux entre la République centrafricaine et les pays voisins (Tchad, Cameroun, et Soudan) et les pertes de productions agricoles ou des moyens d’existence subit par ces ménages.
    • Le Mali : Même si l'insécurité résiduelle continue au nord du Mali, les conditions de sécurité s’améliorent par rapport aux mois précédents, avec un accroissement des flux commerciaux et un grand retour des personnes déplacées et des réfugiés. À l'exception des flux commerciaux entre le Mali et l'Algérie (où l'insécurité continuera de perturber les activités commerciales), les flux entre le Mali et ses voisins devraient être plus ou moins normaux. En outre, les réfugiés maliens qui se trouvent actuellement en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger vont continuer à rentrer chez eux pendant la période du scénario.
    • Le Nigeria : Actuellement on assiste à une continuation des accrochages armés avec l’armée nigériane et Boko Haram et leur extension à l’extrême nord-est du Nigeria. Ce conflit ne connaitra pas un apaisement significatif et il continuera à affecter le commerce entre le nord-est du Nigeria, l’est du Niger, le nord Cameroun, et le Tchad. Les déplacements des populations suite au conflit nigérian du Boko Haram continueront au cours de la période de projection.
    • La Libye : La situation reste toujours préoccupante avec la reprise des violences au niveau des centres urbains. Pendant le période de scenario (janvier à juin 2014), les conditions des personnes et des biens entre la Libye et ses voisins resteront similaire aux niveaux actuels.

    Autres enjeux régionaux
    • La migration et les transferts : La migration intra-régionale sera moins que d’habitude du Niger en direction du Nigeria, et du Niger, Mali et Tchad en direction du Maghreb à cause de l’insécurité civile dans les zones d’accueil. Par contre elle sera supérieure au niveau habituel en direction des pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest notamment le Bénin, le Togo, le Ghana et la Cote d’Ivoire.
    • Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle au Sahel sera marquée de ce fait par une reprise à la hausse des admissions au niveau des centres de prise en charge de la malnutrition aigüe selon les moyennes saisonnières à partir de janvier 2014. Cette augmentation des cas de malnutrition sera due aux difficultés d’accès aux denrées alimentaires suite à l’épuisement des stocks alimentaires, à l’augmentation des prix des céréales sur les marchés et aussi à la propagation du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans. Les efforts des gouvernements et des partenaires pour améliorer la prise en charge du paludisme et intensifier sa surveillance épidémiologique et la disponibilité des produits maraichers dans l’alimentation des ménages permettront de minimiser l’impact de ces facteurs aggravants sur l’état nutritionnel des populations. Cependant il faut souligner que dans les zones déficitaires à faible production, notamment dans le Sahel Tchadien, le nord du Nigeria, le nord Mali et les zones est et ouest du Niger, la situation nutritionnelle demeure déjà très précaire en janvier 2014. Dans ces zones, les taux de malnutrition risqueraient de dépasser la moyenne pendant la période du scenario.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top