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L’insécurité alimentaire au Sahel: IPC Phase 3-Crise vraisemblable localement après mars 2012

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Décembre 2011
L’insécurité alimentaire au Sahel: IPC Phase 3-Crise vraisemblable localement après mars 2012

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  • Mise à jour de la perspective à mars 2012
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    • L’analyse de FEWS NET démontre que l’insécurité alimentaire aiguë en Afrique de l’ouest atteindra IPC Phase 3 : Crise entre mars et août 2012 environ. La sévérité et l’ampleur de cette Crise est typique dans la région, sauf au Mali.

    • Les populations en crise d’insécurité alimentaire aiguë sont les ménages très pauvres et parfois pauvres de l’est et du centre de la Mauritanie, de l’ouest et du centre du Mali, de l’ouest du Niger, et au Sahel du Tchad (Figure 2). Une assistance ciblée sera nécessaire pour couvrir les besoins alimentaires entre mars et septembre 2012.

    • L’étendu géographique, le nombre des personnes en insécurité alimentaire aiguë, et la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë dans la région sont actuellement et resteront pour 2012—inférieurs à ceux de l’est de la Corne d’Afrique.

    • En plus de la crise agricole au Sahel, la pression de la population fait que la production céréalière moyenne (16,6 millions de tonnes) donne une production céréalière par habitant inferieure de 17 pourcent par rapport à la moyenne.


    Mise à jour de la perspective à mars 2012

    Selon le CILSS, la production céréalière prévisionnelle 2011-2012 au Sahel et en Afrique de l’Ouest se chiffre à 55 millions de tonnes. Cela est supérieur aux attentes de septembre (~50 million de tonnes similaires à la moyenne quinquennale de 2005/06-2009/10, non biaisé par la production exceptionnellement record de 2010/11). La production céréalière prévisionnelle 2011/12 est 4 pour cent supérieure à la moyenne quinquennale et 8 pour cent inférieure au record de 2010/11. La zone Sahel, avec 16,6 millions de tonnes de céréales, a une production équivalente à la moyenne quinquennale.

    Rapportée par habitant, la production totale au Sahel de 17 pourcent par rapport à la production moyenne par habitant sur la période 2006 à 2010 (Figure 3). L’origine de cette baisse est surtout le fait de l’accroissement de la population, et dans une moindre mesure le choc inhabituelle que connait cette année la production dans la région. Le Tchad et la Mauritanie enregistrent les plus fortes baisses de production céréalière par habitant d’environ 40 pour cent par rapport à la moyenne. Au Tchad cela peut s’expliquer par les résultats du recensement de 2008/09 qui ont augmenté l’estimation de la population par 25 pour cent. Le Niger, le Burkina Faso, et le Mali connaissent des baisses de production céréalière par habitant respectives de 23, 14 et 12 pourcent comparativement à la moyenne 2006-10.

    Cependant, l’insuffisance de la production céréalière au Sahel n’est pas le facteur essentiel pour assurer à la sécurité alimentaire de la zone. En considérant la disponibilité céréalière régionale favorable, et en prenant en compte les prévisions des importations (3 millions de tonnes essentiellement du riz et du blé) et les stocks de reports hérités des records de productions de 2010 (plus d’un million de tonnes), les déficits de production pourraient être comblé et aboutir à un bilan céréalier globalement équilibré au Sahel. Des échanges entre les zones de production de surplus et les zones déficitaires vont se faire manière plus importante que d’habitude en 2011/12 ainsi que des substitutions dans la consommation des ménages entre les céréales et les légumes et/ou tubercules. La disponibilité céréalière régionale sera suffisante pour pouvoir remplir les besoins d’échange au niveau de la région. Néanmoins les surplus ne sont pas concentrés cette année au Sahel comme d’habitude ce qui fait augmenter les couts de leur assemblage.

    Les prix des céréales traditionnelles connaissent actuellement des tendances et des niveaux atypiques—sans baisse au moment des récoltes et nettement supérieurs aux moyennes saisonnières, surtout au Mali (Figure 4). Une explication c’est le retard des récoltes dans les zones soudaniennes et sahéliennes du fait du retard de démarrage de la saison et la concentration des récoltes dans une période plus courte (embouteillage de la main d’œuvre pour la transformation). Autre explication surtout au Mali, c’est le besoin d’attirer les stocks de la côte vers le Sahel. Etant donnée les anomalies dans le retard des récoltes, la production céréalière et alimentaire régionale moyenne (pour les pays Sahéliens) à bonne (pour les pays du Golfe de Guinée) en 2011/12, des stocks de report exceptionnels de 2010/11, et le manque de baisse des prix au moment des récoltes, il est précoce de supposer l’occurrence d’une flambée additionnelle des prix cette année. Toutefois, dans ces analyses, FEWS NET incorpore la supposition d’une augmentation saisonnière des prix.

    Quant au marché international, la tendance des prix est à la baisse pour le riz, le blé et le maïs, mais à des niveaux toujours supérieurs à l’année passée. Cela est favorable pour l’approvisionnement des différents pays et le maintien du prix du riz, du blé et du pain à un niveau stable dans toute la région. Ces prix vont probablement repartir en hausse dès le mois prochain avec l’augmentation de la pression de la demande des commerçants, des institutionnel pour la reconstitution des stocks nationaux de sécurité, des banques céréalières et bientôt celle des ménages ayant épuisé leurs stocks.

    La malnutrition aiguë globale dépasse les seuils critiques et d’urgence au Sahel même durant les moments d’accès alimentaire facile. Alors une grande partie des taux de la malnutrition aigüe globale chroniquement élevés est originaire des pratiques de soin et de la santé. Comme souligné à Praia durant la réunion du réseau de prévention des crises alimentaires, dans un tel contexte même l’assistance alimentaire d’urgence couvrant 100 pour cent des besoins sur toute l’année n’éliminerait pas la majorité des cas de la malnutrition aiguë globale. Des interventions à long terme visant les pratiques de soin et la santé auraient plus d’impact sur la diminution de la vulnérabilité à la malnutrition aiguë globale.

    Les enquêtes sont actuellement en cours pour évaluer avec précision le nombre de personnes en crise notamment au Sahel. Les chiffres actuellement diffusés dans les différents rapports nationaux sont surestimés et concernent la population totale des villages exposés à certaines anomalies sans appréciation suffisante de l’importance ou non des impacts sur les moyens d’existence et de la capacité d’adaptation des différents ménages. En réalité, les personnes ayant besoin d’assistance alimentaire d’urgence sont les ménages très pauvres et parfois pauvres de l’est et du centre de la Mauritanie, de l’ouest et du centre du Mali, de l’ouest du Niger, et au Sahel du Tchad.

    En novembre 2011, FEWS NET a réalisé des missions de terrain dans les zones pastorales en Mauritanie (zones de transhumance pastorale et agropastorale), au Niger (zones Touaregs de Tahoua), et au Tchad (sud ouest de la zone de transhumance pastorale). En générale, l’état des pâturages et des eaux n’est pas à la hauteur de la moyenne. Toutefois, dans la majorité des villages visités, les revenus des ménages pauvres seront significativement supérieurs aux niveaux de 2010/11 du fait de l’augmentation de la demande en bergers, de l’intensification de l’exode, et de l’intensification des activités d’auto emploi telles que la vente de foin ou du bois de chauffe ou charbon à des prix élevés. Comme les prix des céréales seront aussi supérieurs à la moyenne, il n’est pas encore possible de déterminer l’effet net de ces tendances contraires sur le pouvoir d’achat et l’accès alimentaire. Un suivi attentif des termes de l’échange des céréales contre la vente de la main d’œuvre, de foin ou bois, et des animaux sera nécessaire.

    La sécurité alimentaire est généralement stable par rapport au mois précédent, avec une insécurité alimentaire aiguë d’IPC Phase 1 : Aucune ou Minime à la faveur des stocks constitués et des récoltes des cultures de contre saison, sauf au sud-est de la Mauritanie. Entre janvier et mars, l’augmentation de la demande ménagère sur les marchés et des prix des céréales, conjuguée à la baisse des opportunités génératrices des revenus augmentera les stresses sur les moyens d’existence dans les zones du Sahel affectées par les chocs agricoles et pastorales. L’IPC Phase 2 : Précarité/Stress sera élargi en cette période à l’ouest/centre du Mali, à l’ouest du Niger, et au Sahel du Tchad. Après mars 2012, la baisse des opportunités génératrices des revenus fera que certaines parties de ces zones pourraient tomber en IPC Phase 3 : Crise.

    En dépit des difficultés que connait le Sahel en 2011/12, on ne s'attend pas à ce que les conditions globales de sécurité alimentaire se détériorent dramatiquement durant la prochaine soudure. Cependant, des poches de difficultés atteignant la phase 3 d'IPC (niveau crise) émergeront au Sahel, mais la sécurité alimentaire globale n'approchera le niveau de famine et d'urgence observé cette année dans la Corne de l'Afrique. FEWS NET continuera les analyses approfondies de la situation dans les mois à venir pour fournir plus de détails sur la situation alimentaire de la région et les populations qui seront en crise.

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Résultats actuels de sécurité alimentaire, Décembre 2011

    Figure 2

    Figure 1. Résultats actuels de sécurité alimentaire, Décembre 2011

    Source: FEWS NET

    Figure 3.Production céréalière par habitant en 2011 comparée à la moyenne et la norme de consommation

    Figure 3

    Figure 3.Production céréalière par habitant en 2011 comparée à la moyenne et la norme de consommation

    Source: CILSS/AGRHYMET

    Figure 4. Graphique des prix de sorgho (XOF/kg), l’aliment de base dans le Sahel du bassin ouest, à Kayes, Mali

    Figure 4

    Figure 4. Graphique des prix de sorgho (XOF/kg), l’aliment de base dans le Sahel du bassin ouest, à Kayes, Mali

    Source: OMA Mali

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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