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Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Avril 2014
Hypothèses pour l’analyse trimestrielle de la sécurité alimentaire

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  • Avertissement
  • Progrès de la saison
  • Le commerce régional et la dynamique des prix
  • Conflit frontalier et déplacement de population
  • Autres enjeux régionaux

  • Avertissement

    Afin de fournir les perspectives de sécurité alimentaire, FEWS NET prépare divers scénarios. La méthodologie permet à l’analyste de préparer une série d’hypothèses informées sur le futur et de comparer les effets qu’elles pourraient avoir. Le rapport qui suit, préparé par les analystes de FEWS NET en se basant sur les faits actuels, souligne les hypothèses au niveau de la région. Il présente aussi des hypothèses au niveau des pays, qui sont probablement plus détaillées. Prises ensemble, hypothèses régionales et nationales constituent la base de l’analyse intégrée présentée dans les Perspectives de la sécurité alimentaire qui sont mises à jour par FEWS NET. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

    Les rapports sur les perspectives de la sécurité alimentaire de FEWS NET pour avril à septembre 2014 au Sahel et en Afrique de l’Ouest sont basés sur les hypothèses régionales suivantes établies en début d’avril 2014 :


    Progrès de la saison
    • Agro climatologie : Les prévisions pour la saison des pluies ne démontrent aucune anomalie significative (ECMWF, IRI). Par conséquent, la saison des pluies va débuter à une période normale. Le début des pluies interviendra dans la zone soudano-guinéenne en avril/mai et dans la zone soudano-sahélienne en juin. Les cumuls pluviométriques et de la distribution au cours de la saison des pluies 2014 sera également normal excepté au Mali, Sénégal et en Mauritanie où elle pourrait être au-dessous de la moyenne
    • Le criquet pèlerin : Le développement du criquet pèlerin est resté faible et limité jusqu’à présent dans le nord-ouest et au nord de la Mauritanie, et dans le Ténéré et le sud-est des montagnes de l’Aïr au Niger où des traitements ont été réalisés (FAO). De ce fait, on ne s’attend à aucun développement significatif du criquet pèlerin jusqu’en septembre dans la région.
    • Perspectives pour les récoltes de contre saison : Les températures fraiches ont fini en fin mars dans le Sahel. Les productions des cultures de saison sèche seront supérieures à la moyenne dans la région et elle s’achèveront comme d’habitude en mars/avril pour les produits maraichers selon les disponibilités en eau. Les sources de nourriture et de revenu liées au maraichage et aux cultures de décrues, la main d’œuvre incluse, resteront moyen à supérieurs la moyenne mais s’achèveront comme d’habitude en avril. Dans les périmètres rizicoles le long du fleuve Niger les récoltes de la campagne sèche interviendront comme d’habitude en juin-juillet et elles seront au moins moyennes.
    • Perspectives de la main d’œuvre agricole : L’installation de la campagne agricole 2014-15 sera normale avec les activités liées aux préparations des champs et sarclage débuteront simultanément en mai/juillet dans toute la région. Cela occasionnera une forte demande saisonnière de la main d’œuvre dont le cout sera supérieur à celui de l’année dernière quand l’installation des pluies et de la campagne agricole était hétérogène et par conséquent, l’offre était plus forte que cette année.
    • La transhumance et l’embonpoint du bétail : Les conditions physiques du bétail et la disponibilité de lait suivront leurs tendances normales avec une détérioration saisonnière de l’embonpoint du bétail à partir d’avril jusqu’en juin, particulièrement pour le bétail local dans les poches localisées avec les déficits de pâturages du Sénégal, Mauritanie, Tchad, Niger, Mali et Burkina Faso. Le retour des animaux dans les zones d’attache du nord interviendra comme d’habitude à partir de mai à mesure que le front de végétation gagne le nord, à la faveur de l’installation normale de la saison. L’embonpoint des animaux et la production laitière vont alors progressivement s’améliorer à partir de juin.

    Le commerce régional et la dynamique des prix

    Tendance générale

    • L’Offre : Les disponibilités de céréales sèches seront suffisantes pour garantir un approvisionnement normal des marchés avec la confirmation par le CILSS en mars 2014 que la production régionale de 2013/14 était en hausse de 11 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale. Plus précisément, la production a augmenté pour toutes les céréales sauf le mil où elle est en baisse de 20 pour cent. La baisse de la production de mil est principalement liée à un changement structurel de la production agricole au cours des dernières années vers la production des autres cultures au détriment au mil au Nigeria, le principal pays producteurs de la région. Par ailleurs, vu la stabilité du prix du riz sur le marché international, les importations seront normales, ce qui va permettre un approvisionnement régulier des marchés notamment dans les zones urbaines.
    • La demande : La demande des ménages va s’accroitre progressivement à partir d’avril sur les marchés pour atteindre son maximum en juillet-août comme d’habitude. Les appels institutionnels ont commencé en retard cette année et sont actuellement en cours au Mali, au Niger et au Tchad. Bien que le niveau des achats soit normal cette année, le démarrage tardif entraînera la demande institutionnelle de continuer plus longtemps que d'habitude, ou jusqu'à juin au lieu d'avril/mai comme dans une année normale. Cependant, en raison de bons stocks des commerçants, ces achats auront un impact limité sur la hausse des prix.
    • Les marchés du bétail : Les prix du bétail vont connaitre une baisse entre avril et juin à cause de la dégradation saisonnière des conditions d’alimentation du bétail. Ils remonteront à partir de fin juin suite à une diminution de l’offre avec le retour du bétail dans les zones pastorales, l’amélioration de l’embonpoint avec la repousse du tapis herbacé suite aux premières pluies en juin au Sahel et l’augmentation de la demande pendant le Ramadan (juillet). Pendant toutes ces périodes, les prix seront au-dessus des moyennes saisonnières à cause de la forte demande locale urbaine et celle des pays côtiers.

    Description par bassin

    Basin est (Niger, Nigeria, Benin et Tchad)
    • Les flux de céréale : Comme d’habitude, les flux entre le Niger, le Nigeria et le Bénin vont augmenter à partir d’avril pour assurer un approvisionnement régulier des marchés déficitaires du Niger. Les flux seront normaux grâce à un différentiel de prix favorisant un transfert régulier des céréales des zones excédentaires vers les zones déficitaires. Cependant, les flux seront atypiquement en baisse entre le Tchad et la RCA à cause du conflit en RCA et de l’insécurité le long de la frontière entre les deux pays.
    • Les prix de céréale : Vu les baisses de productions au-dessous de la moyenne dans le bassin, (-24 pourcent comparativement à la moyenne), une offre qui peut être juste moyenne grâce aux stocks reports mais une demande supérieure à la moyenne, les prix du mil augmentera plus vite que la tendance saisonnière normale à partir d’avril et restera significativement supérieur (plus de 20 pourcent) à la moyenne des cinq dernières années pendant les prochains mois. Cette hausse sera alors plus forte (plus de 30 pourcent) à l’approche du carême musulman (juillet) quand la demande de mil serait encore plus élevée. Cette hausse sera accentuée dans les zones de déficit de production du Tchad et du Niger à cause de l’épuisement précoce des stocks au niveau des ménages. Apres la fête de Ramadan, les prix pourraient avoir une légère baisse après leur pic de juillet mais ils resteront à un niveau élevé (plus de20 pourcent) compte tenu de la poursuite de la période de soudure jusqu’en août.
    • Les flux de bétail : Les flux de bétail seront continus entre le Nigeria et le Niger et les autres pays comme le Mali et le Burkina Faso qui approvisionne le Sud-ouest du Nigeria via le Niger et le Benin. Néanmoins, les flux seront en baisse par rapport à une année normale au Tchad et la région de Diffa au Niger compte tenu du conflit Boko Haram au Nord-est du Nigeria et aussi du conflit en RCA.
    Basin central (Burkina Faso et Mali)
    • L’offre et la demande de céréale : Les stocks commerçants sont à un niveau au dessus de la moyenne notamment pour le maïs suite aux bonnes récoltes au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Cependant, la demande des ménages déficitaires va augmenter à partir de mai 2014 sur les marchés avec l’épuisement de leurs stocks qui sera plus tôt que d’habitude notamment au centre et à l’ouest du Mali victime de mauvaises productions en 2013. La demande institutionnelle sera normale compte tenu des différentes offres faites par les Etats.
    • Les flux de céréale : Les flux commerciaux entre le Burkina Faso et le Niger vont connaitre une hausse au-dessus de la moyenne pour approvisionner les zones déficitaires de l’ouest du Niger et aussi pour répondre aux achats institutionnels à cause du différentiel de prix plus favorable au Burkina Faso comparativement au Nigeria et particulièrement pour le maïs dont le prix a actuellement a retrouvé son niveau moyen des cinq dernières années au Burkina Faso.
    • Les prix de céréale : Malgré cette augmentation de flux en direction du Niger, le prix du maïs va connaitre une hausse saisonnière normale autour de la moyenne due au bon niveau de stocks commerçants. Quant au mil, les prix seront en légère hausse au-dessus de la moyenne quinquennale compte tenu d’une production inférieure à la moyenne dans le bassin (-12 pourcent comparativement à la moyenne) et une demande qui sera de plus en plus forte avec de la demande des ménages déficitaires du Mali, du Sénégal, du Ghana et du Niger où la production a chuté respectivement de -22, -25, -24 et -11 pourcents comparativement à la moyenne et l’augmentation générale de la demande de mil pendant le Ramadan. Le prix du sorgho suivra la même tendance suite à un effet de substitution avec le mil vu que sa production a baissé de -9 pourcent comparativement à la moyenne dans le bassin centre et -11 pourcent dans le bassin ouest qui s’approvisionne essentiellement dans le bassin centre.
    Basin ouest (Sénégal, Mali et Mauritanie)
    • Les flux de céréale : Les flux sortants des céréales du Mali vers les zones déficitaires de la Mauritanie vont augmenter mais seront en-dessous d’une année normale à cause du banditisme sévissant le long de la frontière entre les deux pays. Quant aux flux des céréales entre la Mauritanie et le Sénégal, ils connaitront aussi une baisse par rapport à la moyenne suite au déficit de production dans les deux pays. Cependant, les flux de mil, sorgho et maïs du Mali vers le Sénégal seront normaux. Néanmoins, les flux pourront s’intensifier à l’approche du carême pour le mil pour ensuite baisser après cette période pour suivre une tendance normale.
    • Les prix de céréale : Le prix des céréales importées à partir du marché international (riz et blé) restera stable à son niveau actuel jusqu’en septembre 2014. Les prix des céréales sèches seront probablement en hausse suite au déficit de production au Sénégal (-20 pourcent par rapport à la moyenne) et au Mali (-4 pourcent par rapport à la moyenne) qui constitue la principale source d’approvisionnement du bassin ouest.
    Pays côtiers (Ghana, Cote d’ivoire et Guinée Conakry)
    • Les flux du bétail : Les flux du bétail vont augmenter comme d’habitude du bassin central (Burkina Faso, Mali) vers le Ghana et la Côte d’Ivoire à l’approche du carême. Cependant ces flux pourront être inferieurs à la moyenne vers le Ghana avec les variations défavorables du taux de change Cedi/FCFA qui fait monter atypiquement le prix du bétail de la zone CFA au Ghana.
    • Les prix de céréales : La bonne production céréalière dans la plupart des pays côtiers et les niveaux stables des prix du riz et du blé sur le marché international permettront de contenir la hausse des prix à des niveaux moyens. 

    Conflit frontalier et déplacement de population
    • Les conflits en République Centrafricaine (RCA) et au nord-est du Nigeria : Ils vont persister entrainant un nombre croissant de populations déplacées au Nigeria, au Niger, au Tchad et au Cameroun.

    Autres enjeux régionaux
    • La migration et les transferts : La migration interne et intra régionale prendra normalement fin en mai/juin. Les transferts issus de cette migration seront globalement à des niveaux habituels d’une année moyenne entre avril et septembre 2014.
    • Situation nutritionnelle : Globalement, le niveau de malnutrition aiguë globale sera typiquement en augmentation à partir de mars 2014 dans la plupart des régions à prévalence élevée de MAG des pays du Sahel (Niger, Mali, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso). Les niveaux qui seront atteints dans la région seront dans les moyennes saisonnières excepté dans le Sahel Tchadien, l’est et l’ouest du Niger où ils peuvent atteindre des niveaux plus élevés que la moyenne du fait des prix élevés des céréales et de l’épuisement des stocks. La tendance pourra évoluer de manière critique au cours de la période de soudure juin à septembre 2014 en absence d’intervention nutritionnelle ciblée et adéquate.
    Figures Figure 1. Prix moyen du mil en mars 2014

    Figure 1

    Figure 1. Prix moyen du mil en mars 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 2. Variation de prix moyens du mil en mars 2014 par rapport à la moyenne quinquennale

    Figure 2

    Figure 2. Variation de prix moyens du mil en mars 2014 par rapport à la moyenne quinquennale

    Source: FEWS NET

    Figure 3. Prix moyen du maïs en mars 2014

    Figure 3

    Figure 3. Prix moyen du maïs en mars 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 4. Variation de prix moyens du maïs en mars 2014 par rapport à la moyenne quinquennale

    Figure 4

    Figure 4. Variation de prix moyens du maïs en mars 2014 par rapport à la moyenne quinquennale

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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