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Hausse de l’insécurité alimentaire suite à un fonctionnement atypique du marché

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Avril 2013
Hausse de l’insécurité alimentaire suite à un fonctionnement atypique du marché

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Perspective estimée jusqu'en juin 2013
  • Messages clé
    • Dans les zones fortement touchées par l’insécurité civile notamment au nord du Mali, au nord-est du Nigeria et en République Centrafricaine, le mauvais fonctionnement du marché, conjugué avec le faible pouvoir d’achat des ménages et à la faiblesse des stocks, engendrent une insécurité alimentaire de type crise (IPC Phase 3). 

    • La faiblesse des flux commerciaux et le niveau atypiquement élevés des prix de céréales entretiennent une insécurité alimentaire de type Stress (IPC Phase 2) au centre du Nigeria, au nord-ouest du Niger, et au nord de la Mauritanie. Dans le reste de la région, l’insécurité alimentaire reste Minimale (IPC Phase 1).

    • Le marché qui présente actuellement une situation précaire à cause en dessous de leur niveau habituel, deviendra les mois prochains, la principale source d’approvisionnement des ménages. A cet effet, le suivi des stocks et des flux marchands jusqu’en septembre 2013, s’avère indispensable pour détecter des anomalies de prix qui peuvent limiter l'accès alimentaires des ménages au cours de la saison de soudure.


    Situation actuelle

    Le mois d’avril se caractérise par un épuisement des stocks des ménages qui d’habitude n’arrivent pas à produire plus de la moitié de leurs besoins annuels en céréales. Ces ménages, pauvres en général, constituent plus de 20 pourcents de la population dans la quasi-totalité des zones des moyens d’existence du Sahel et cela malgré la bonne production alimentaire de l’année 2012-2013. Ce mois d’avril marque aussi la fin des récoltes des cultures maraichères dans les zones à potentiel d’irrigation et la possibilité de substitution de la consommation des céréales par les productions de contre saison. C’est aussi le début normal de la soudure dans la zone bimodale des pays côtiers. C’est enfin la période où la demande alimentaire des ménages commence à être plus importante que toute autre demande sur tous les marchés.

    A partir d’avril et jusqu’en juillet, les ménages pauvres ont comme principales sources de revenu la main d’œuvre, l’exode et la vente des animaux dans certaines zones agropastorale et pastorale et comme source de nourriture les achats des céréales sur les marchés. Cependant la situation alimentaire varie d’une zone de moyen d’existence à une autre. D’une manière générale, les effets post inondations 2012 au Nigeria qui ont engendré une baisse de la production de céréales d’environ 8 pourcents par rapport à la moyenne et l’insécurité consécutives aux conflits perturbent actuellement les systèmes de commercialisation des céréales et du bétail et les moyens d’existence des ménages notamment dans les zones dépendantes du Nigeria.

    Situation alimentaire : L’insécurité alimentaire est minimale au niveau régional mais elle devient préoccupante en ce mois d’avril 2013 avec la persistance d’une situation de crise (IPC Phase 3) au nord du Mali et t l’insécurité au Nigeria. On pourra également assister à une aggravation de l’insécurité alimentaire au Niger suite à une évolution atypique défavorable des marchés et des prix dont le niveau élevé constitue un frein à un accès et une consommation suffisante des denrées alimentaires pour les ménages pauvres.

    Au nord du Mali, les disponibilités céréalières sont en nette amélioration sur les marchés en mars par rapport à février grâce à l’amélioration des flux commerciaux avec le sud et les pays voisins, ce qui soutient la reprise de plus en plus active des marchés. L’épuisement habituel des stocks alimentaires familiaux, la mévente des animaux (faible demande), ainsi que le manque d’opportunité pour les activités génératrices de revenu pour la grande majorité des populations dans les zones de conflit du nord, limitent considérablement l’accessibilité alimentaire des ménages. La situation de Stress (IPC Phase 2) dans laquelle se trouvent les populations du nord se maintiendra pour les agropasteurs qui se trouvent dans les zones libérées (sud des régions de Gao et de Tombouctou) où il y a une reprise du marché mais atteindra le niveau crise (IPC Phase 3) pour les pasteurs qui entament la période de soudure dans une zone non entièrement sécurisée où il n’ ya pas encore un signe évident de reprise des activités socio-économiques et commerciales (Région de Kidal et nord des régions de Gao et de Tombouctou).

    En République Centrafricaine, l'insécurité alimentaire s'est aggravée par rapport au mois passé en raison de la faiblesse des disponibilités alimentaires, au mauvais fonctionnement des marchés et aussi les perturbations aux services sociaux de base. Les ménages dans le centre, le nord et l'est du pays sont déjà en crise (IPC Phase 3) suite à une recrudescence de l’insécurité  civile.

    La situation pastorale : Les conditions d’alimentations et d’abreuvement des animaux sont saisonnières avec des améliorations localisées dans les zones pratiquant les cultures de contre saison, offrant ainsi une disponibilité supplémentaires de résidus de récoltes pour renforcer les pâturages existants. Le prix du bétail est resté stable en mars rapport à février un peu partout sur les marchés de la sous-région. Toutefois, des prix en baisse ont été observés en Mauritanie suivant la tendance saisonnière normale, au nord Mali, au nord-est du Nigeria, à l’est du Niger et à l’ouest du Tchad suite à un mauvais fonctionnement du marché de bétail consécutif à l’insécurité civile qui sévit au nord-est du Nigeria et qui bloque les routes commerciales. Les termes de l’échange continueront à être stables malgré la hausse probable des prix de céréales, ce qui permettrait aux ménages pauvres des zones agro pastorales et pastorales de se sécuriser pendant ce mois excepté dans les zones où le prix du bétail est déjà en baisse.

    Les marchés : Ils sont actuellement perturbés par la baisse atypique de l’offre de céréales (suite à la baisse de la production au Nigeria et la faiblesse des stocks sur les marchés) et de la demande au Nigeria (consécutive à la pression de la demande industrielle et une demande atypique des ménages déficitaires victimes des inondations) et le conflit au nord Mali. Dans le bassin est (Bénin, Nigéria, Niger et Tchad) proche du Nigeria, la pression de la demande du Nigeria ayant poussé les prix à la hausse plus que d’habitude continue et s’étend actuellement sur les marchés des pays limitrophes comme le Bénin et le Niger. La hausse des prix a engendré des différentiels de prix défavorables pour des flux de céréales du Nigeria ou du Bénin vers le Niger. Ainsi, les commerçants du Niger se tournent de plus en plus depuis fin mars 2013 vers le Mali et le Burkina Faso où les différences de prix sont plus favorables pour leur approvisionnement en mil et en maïs. Seul le marché céréalier du Tchad est en baisse compte tenu de son isolement anormal dans le bassin lié à l’insécurité civile au Nigeria et des productions importantes de céréales engrangées en 2012 et qui assurent une autosuffisance au pays. Dans les bassins central et ouest, les flux internes commerciaux de céréales se sont intensifiés en mars ce qui contribue à maintenir la stabilité des prix qui suivent une évolution saisonnière normale.

    Les prix: Les tendances des prix céréaliers stables ou en baisse légère et près de leurs moyennes quinquennales continuent pour le mais, le riz et le sorgho dans le bassin central et ouest, de la Mauritanie au Burkina Faso. Toutefois, les prix du mil et des autres céréales restent anormalement élevés sur les marchés du bassin est (figure 3 et 4) avec un niveau supérieur à la moyenne saisonnière atteignant 53 pourcent à Maradi au Niger et 48 pourcent à Dawanau au Nigeria contre 37 pour cent sur les deux marchés le mois passé. Ces augmentations simultanées des hausses par rapport à la moyenne, montrent la permanence de la pression qu’exerce la demande sur l’offre dans le bassin est suite aux inondations et aux perturbations du marché au Nigeria. En ce qui concerne le mil, la tendance à la hausse de son prix est persistante depuis 2009 suite à une baisse régulière de sa production au Nigeria au profit du maïs et du sorgho dont le bénéfice d’exploitation est plus important pour les producteurs. Dans les mois à venir, les prix du mil et du maïs devraient augmenter plus rapidement que la tendance saisonnière jusqu'en juillet/aout à cause de l’augmentation de la demande des ménages déficitaires et de l’augmentation des besoins durant le Ramadan. 


    Perspective estimée jusqu'en juin 2013
    • Au Nord du Mali, et surtout dans les zones agro pastorales du sud de Gao et de Tombouctou, l'approvisionnement des marchés alimentaires qui était insuffisant, inférieur à la normale et au niveau de l'an dernier le mois passé, va continuer à se normaliser. Par contre il sera très insuffisant dans les zones nord de ces régions ainsi que Kidal soumissent encore à de fréquents accrochages armés. Les populations agropastorales vivant dans les zones sud plus sécurisées vont continuer les mois prochains avec une insécurité alimentaire en phase de Stress (IPC Phase 2). Par contre celles se trouvant dans les zones moins sécurisées situées plus au Nord, vont probablement rester en phase de Crise (IPC Phase 3) le mois prochain, à du niveau faible par rapport à la normale de stocks de ménages et sur les marchés et cela à un moment où la soudure pastorale va débuter. Par ailleurs, ces ménages pastoraux qui dépendent essentiellement de la vente de leur bétail pour accéder aux céréales, se trouvent avec des prix de vente inférieurs à la normale suite au non rétablissement des marchés. Ils auront besoins d’une assistance en denrées alimentaires.
    • Au Nigeria, l’insécurité alimentaire de niveau Crise (IPC Phase 3) persistera encore jusqu’en septembre 2013 pour au moins 20 pour cent de la population dans les états de Yobe et Borno épicentres du conflit Boko Haram qui empêche une reprise normale des activités socio-économiques et commerciales dans ces Etats. Les prix des denrées alimentaires de base resteront à la hausse et supérieures à la moyenne. Par contre dans les autres Etats notamment ceux victimes des inondations, les ménages pauvres seront sous stress alimentaire (IPC Phase 2) jusqu'à la fin de la soudure en juillet/aout pour le sud et le début des prochaines récoltes en Septembre pour les Etats du Niger, Kebbi et Katsina.
    • La hausse des prix et le mauvais fonctionnement des marchés au Nigeria vont continuer à affecter avec plus d’acuité le nord-est du Burkina Faso, le centre-ouest et le sud-ouest du Tchad et la région de Diffa au Niger. Une insécurité alimentaire de type Stress (IPC Phase 2) persistera entre juillet et septembre dans ces zones. En ce qui concerne Diffa au Niger, le stress débutera dès le mois de mai.
    • En ce qui concerne la Centrafrique, la situation de crise IPC Phase 3 pourra se maintenir jusqu'aux prochaines récoltes en Septembre vu la situation socio-politique du pays, marquée par des déplacements de population, des problèmes de pillage et de la hausse atypique des prix alimentaires.
    • Dans le reste de la région, les ménages pauvres de toutes les zones de moyen d’existence arrivent en général à protéger leur moyens d’existence et l’insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) que vit actuellement plus de 80 pour cent des ménages de ces zones pourra persister dans toutes les zones jusqu’en juin 2013. Toutefois, avec l’épuisement normal des stocks des ménages, l’augmentation de leur dépendance vis-à-vis du marché, la hausse prévisionnelle des prix, des situations d’insécurité alimentaire de type IPC Phase 2 : Stress pourrait alors prendre forme dans certaines zones de faibles performances agro-pastorales, surtout chez les ménages pauvres des centres urbains du Niger, du Tchad et du Burkina Faso principalement en juillet/aout.
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Niveau du prix du mil  en mars 2013 par rapport  à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Figure 2

    Niveau du prix du mil en mars 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Source: FEWS NET

    Niveau du prix du maïs en mars 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Figure 3

    Niveau du prix du maïs en mars 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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