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Installation tardive de la saison et prolongement de la soudure pastorale au Sahel

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Afrique de l'Ouest
  • Août 2013
Installation tardive de la saison et prolongement de la soudure pastorale au Sahel

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Perspective estimée jusqu'en decembre 2013
  • Messages clé
    • Les perturbations observées dans l’installation de la saison n’ont pas permis les améliorations espérées de la situation alimentaire dans la zone pastorale. La régénération des pâturages attendue en juillet n’a pas partout eu lieu au Sahel ce qui a limité l’augmentation de la production laitière.

    • Toutefois, la situation alimentaire ne s’est pas dégradée dans les zones affectées suite à l’assistance alimentaire fournie par les gouvernements, le PAM, les ONGs et les transferts sociaux pendant le Ramadan. Les ménages pauvres ont continué à faire face jusqu’en septembre à une insécurité alimentaire de type IPC 2 à IPC 3 notamment à l’est du Niger, au nord-est du Nigeria et dans la région de Kidal au nord du Mali.

    • Au nord-est du Nigeria et en Centrafrique l’insécurité alimentaire de type crise IPC Phase 3 va persister jusqu’en septembre suite à la dégradation continue des services publiques, le mauvais fonctionnement des marchés, la faiblesse des revenus, et les difficultés de conduite de l’assistance humanitaire.

    • Avec la normalisation de la situation pluviométrique en août, les conditions de sécurité alimentaire seront en nette amélioration à partir octobre avec les récoltes. On assistera à une généralisation de l’insécurité alimentaire minimale de type IPC phase 1 dans toute la région excepté en République Centrafricaine où le stress IPC Phase 2 persistera notamment au nord.


    Situation actuelle

    La pluviométrie du mois de juillet a été généralement déficitaire et mal répartie à l’est et à l’ouest du Sahel ainsi que dans le centre de la zone soudanienne du Nigeria au Ghana aggravant ainsi le retard de mise en place des cultures au nord des pays du Golfe de Guinée. Elle a été globalement bonne dans la zone soudano-sahélienne centre et dans certaines parties de la zone Saharienne où des pluies importantes ont été enregistrées.

    Le mois de d’août constitue d’habitude la période d’installation définitive de la campagne agricole caractérisée par des pluies régulières permettant le bon développement végétatif des cultures. Cette année, durant la première moitié du mois d'aout les pluies ont marqué une pause dans la zone bimodale, ce qui est normal mais elles ont continué de manière très régulière dans la zone soudano-sahélienne, à l'ouest et à l'est de la zone soudano-guinéenne avec des déficits persistant au nord du Ghana, au centre du Nigeria et en Côte d'Ivoire.

    Pendant ce mois d’août la principale source de revenu des ménages pauvres est le salariat agricole et leur principale source de nourriture l’achat des céréales sur les marchés. Avec le retard de l’installation de la campagne agricole de 2 à 5 semaines, le taux journalier de la main d’œuvre n’a pas beaucoup changé par rapport à son niveau habituel, mais les opportunités de travail se sont raréfiées dans certains cas en juillet contribuant ainsi à maintenir le stress alimentaire chez les ménages pauvres dans les zones affectées. Les marchés ont continué à fonctionner normalement malgré la mauvaise installation de la saison, avec des prix de céréales relativement stables au niveau de la région mais souvent à des niveaux élevés au centre et à l’est du Niger et au nord du Nigeria comparativement aux moyennes saisonnières.

    Situation alimentaire :

    La situation alimentaire est restée relativement stable dans toutes les régions du Sahel avec la multiplication des actions d’assistance par les gouvernements, le PAM et les ONGs, actions qui rentrent dans le cadre du soutien des ménages pauvres face à la période de soudure. Toutefois, des inquiétudes ont persisté au nord Mali, au nord Nigeria, au sud-est du Niger et en Centrafrique.

    • Au nord Mali : la situation sécuritaire s’est certes améliorée et les marchés continuent à être plus fonctionnels dans les régions de Tombouctou et de Gao. Cependant, la situation alimentaire est restée préoccupante, surtout dans les zones pastorales suite à l’installation tardive de la campagne agricole et cela malgré la reprise des actions humanitaires. En effet, avec la hausse des prix de céréales supérieure à 20 pour cent par rapport à la moyenne et la prolongation de la soudure pastorale jusqu’au mois de juillet, les ménages pastoraux voient leur situation se détériorer temporairement suite à un non reprise atypique des productions laitières et une augmentation des charges d’entretien du bétail.
    • Au nord Nigeria : la situation alimentaire est aussi restée toujours préoccupante avec une mauvaise installation de la saison qui retarde l’arrivée des productions précoces. Le conflit avec Boko Haram persiste toujours et affecte négativement le bon fonctionnement du marché dans le nord est du Nigeria. Le déplacement des populations s’intensifie en direction du sud-est du Niger. Selon les estimations du HCR et des gouvernements du Niger et du Cameroun, plus de 14000 personnes se sont déplacées suite à ce conflit en direction du Niger et du Cameroun. Au nord est du Nigeria, épicentre de l’insécurité causé par le conflit de Boko Haram, les populations continuent à faire face à une insécurité alimentaire de type crise IPC Phase 3.
    • Au sud-est du Niger, l’insécurité en cours au nord du Nigeria continue à empêcher le fonctionnement normal du marché ce qui contribue à maintenir le prix des céréales au dessus des moyennes saisonnières. A cela s’ajoute une installation tardive de la saison et une non reprise effective des productions pastorales jusqu’en début août 2013. L’insécurité alimentaire de type IPC Phase 2 s’est de ce fait maintenue chez les ménages pauvres.
    • En république Centrafricaine : les conditions socio-économiques et alimentaires des populations ne font que se dégrader avec l’insécurité qui s’accroit et le dysfonctionnement des services publiques et économiques comme les marchés et les banques. Les déplacements des populations se sont étendus dans tous le pays faute de service publiques de sécurité empêchant les populations de conduire leurs activités normales de quête de revenu et de production. Une insécurité alimentaire de type IPC Phase 3 règne encore dans ce pays.
    • Dans le reste de la région : la situation d’insécurité alimentaire minime de type IPC Phase 1 se maintient malgré l’évolution irrégulière de la saison même dans les zones soudaniennes. Les marchés ont normalement fonctionnés suite aux approvisionnements consécutifs aux déstockages des commerçants et des gros producteurs. La majorité des ménages pauvres de toutes les zones de moyens d’existence arrivent à couvrir leur besoin alimentaire pendant ce mois.

    Situation pastorale :

    Cette année, la soudure pastorale s’est prolongée du fait de retard enregistré dans l’installation de la saison pluvieuse dans la quasi-totalité du Sahel, de la Mauritanie au Tchad. Mais depuis le début du mois d’août, les conditions de l’élevage s’améliorent, avec une reprise progressive des pâturages, de la production laitière et les prix des animaux qui continuent à s’apprécier. Ainsi, malgré le niveau encore au dessus des moyennes saisonnières du prix des céréales dans les zones pastorales, les termes de l’échange sont restés globalement favorable aux pasteurs. Les conditions d’abreuvement des animaux s’améliorent aussi. Malgré la fin de la soudure pastorale les ménages riches continuent à faire recours aux aliments bétail disponibles au niveau des points de vente. Les ménages pauvres, propriétaires des petits ruminants, moins exigeant dans l’alimentation font recours aux pâturages disponible avec la régénération du tapis herbacé. La situation de la santé animale est calme dans toutes les zones de moyen d’existence. D’une manière générale, malgré le retard localisé d’installation de la saison, les prix des animaux ont continué à être globalement supérieurs à la moyenne notamment pour les animaux présentant un bon état d’embonpoint grâce à la bonne production de fourrage de l’année passée.

    Les marchés : 

    Le fonctionnement des marchés dans la région est resté globalement normal particulièrement dans les zones qui ont jusque-là connu une bonne progression de la saison. On assiste déjà localement à des récoltes précoces de maïs, igname et arachide qui ont commencé à atteindre les marchés locaux des pays côtiers et certains centres urbains du Niger et du Burkina Faso. Au Nigeria, malgré une amélioration des conditions pluviométriques au nord, les marchés ont continué à être perturbé par les effets du déficit de production de l’année passée et la persistance du conflit civile au nord. Par conséquent, malgré la tendance à la stabilité par rapport à juin, les prix ont maintenu leur niveau atypique élevé par rapport aux tendances saisonnières sur les marchés au Nigeria et sur les marchés transfrontaliers et avoisinants du sud-est et centre du Niger. (cf. figure 3 et 4)

    Situation nutritionnelle:

    L’analyse de la situation nutritionnelle dans la sous-région basée sur les résultats des dernières enquêtes SMART (Niger mai/juin 2013 et la région de Gao/Mali en mai 2013) et des tendances évolutives des admissions dans les centres de prises en charge, montre une légère détérioration de la situation nutritionnelle (de juin à juillet 2013 et de juillet 2013 comparativement à juillet 2012). Cette détérioration s’est traduite par une augmentation des admissions dans les principaux centres de récupération nutritionnelle. Cette situation, récurrente chaque année en cette période de soudure pour l’ensemble des pays du Sahel, peut être le résultat des effets conjugués de la diminution des stocks alimentaires des ménages, de la mauvaise alimentation en eau, de l’augmentation des cas de paludisme et indirectement la prise en compte du périmètre comme critère indépendant d’admission et l’élargissement du dispositif de prise en charge


    Perspective estimée jusqu'en decembre 2013

    Avec la normalisation de la situation pluviométrique, on s’attend à une normalisation des principaux paramètres régissant la sécurité alimentaire dans la région : augmentation et diversification de l’offre des produits alimentaires avec la maturation des cultures précoces comme les tubercules, le niébé etc. ; meilleures disponibilité en lait et produits laitiers ; régularisation de l’offre de travail pour les ménages pauvres, stabilité des prix des céréales et voire leur baisse localement dans les zones non affectées par la mauvaise installation de la saison etc. De ce fait, l’insécurité alimentaire va commencer à diminuer à partir de septembre prochain avec une évolution plus ou moins marquée selon les zones de préoccupation.

    Au nord Mali, les améliorations de la situation sécuritaire vont continuer. En effet, avec la reprise complète des productions pastorales depuis fin août, la normalisation des marchés et des activités économiques suite au déployement de l’armée, les moyens d’existence des ménages seront en nette amélioration pour un retour vers une insécurité alimentaire minimale de type IPC Phase 1 qui pourrait progressivement se généraliser à partir d’octobre 2013 si la saison continue à évoluer favorablement conformément aux prévisions saisonnières.

    Au nord-est du Nigeria, la situation sécuritaire va probablement s’améliorer les mois prochains. L’insécurité alimentaire de type crise IPC Phase 3 va globalement se dissiper pour faire place à une insécurité alimentaire minimale de type IPC Phase 1 à partir d’octobre quand les stocks alimentaires des ménages seront reconstitués suite aux récoltes dont les perspectives sont pour le moment bonnes. Toutefois, des poches localisées de forte insécurité alimentaire pourraient continuer à exister à cause de l’insécurité civile résiduelle et de la non conduite normale des activités agricoles par certains ménages antérieurement affectés par le conflit.

    En Centrafrique, la prise de conscience de la communauté internationale sur la situation sécuritaire du pays, milite en faveur d’un retour vers la normalisation des activités économiques dans ce pays les mois prochains. Au sud, l’insécurité alimentaire est déjà en diminution avec le démarrage des récoltes et l’occurrence de conditions plus favorables pour l’assistance alimentaire par les ONGs. Par contre au nord où les ONGs ont moins d’accès et où les activités agricoles ont subi de fortes perturbations suite au conflit, les récoltes n’ont pas encore commencée ce qui est normal en cette période. De ce fait, l’insécurité alimentaire de type IPC Phase 3 actuellement en cours dans cette zone, pourra persister et n’évoluera vers le stress, IPC Phase 2 qu’à partir d’octobre quand les récoltes seront effectives.

    Ailleurs, l’insécurité alimentaire minimale de type IPC Phase 1 va s’installer dans toutes les zones au fur et à mesure que les récoltes se généraliseront à partir d’octobre prochain.

    Figures Niveau du prix du mil en juillet 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Figure 1

    Niveau du prix du mil en juillet 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Source: FEWS NET

    Niveau du prix du maïs en juillet 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Figure 2

    Niveau du prix du maïs en juillet 2013 par rapport à 2012 et à la moyenne sur les marchés de référence en Afrique de l’Ouest

    Source: FEWS NET

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 3

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 4

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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