Remote Monitoring Report

Pour la troisième saison consécutive, le conflit affectera négativement les productions agricoles dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest

June 2019

June - September 2019

Résultats de la sécurité alimentaire estimés en Juin-septembre 2019

October 2019 - January 2020

Résultats de la sécurité alimentaire estimés en octobre 2019-janvier 2020

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Les moyens d’existence continuent de se détériorer alors que le conflit se poursuit dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest. Le conflit a également limité l'accès aux champs et aux opportunités de main-d'œuvre et, associé aux prix élevés des denrées alimentaires, a entraîné une baisse continue du pouvoir d'achat des ménages. En conséquence, les PDI et les ménages pauvres ont plus de chances de continuer à vivre les résultats de la crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'en janvier.

  • Dans l’Extrême-Nord, l’insécurité alimentaire aigues Stress (Phase 2 de l’IPC), devrait persister pour les PDIs et ménages pauvres hôtes jusqu’en janvier en raison de l’épuisement progressif des stocks entre juin et aout et des pillages et destructions continus de biens par la secte Boko Haram. Le conflit touches négativement les moyens d’existence dans plusieurs localités des départements de Logone-Et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga.

  • Dans l’extrême-Nord, l’accroissement des retours de PDI, le soutien des partenaires et les bonnes perspectives pluviométriques pourraient favoriser des productions supérieures, dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest par contre, les productions vivrières et d’exportations attendues seraient en-dessous de la moyenne du fait de l’accès limité des producteurs aux champs, de la hausse du coûts des intrants et de la main-d’œuvre et des séries de journées mortes qui empêchent l’entretien des plantations.

 

ZONE

ANOMALIES ACTUELLES

ANOMALIES PROJETÉES

National

  • Au total, près de 792 000 populations déplacés internes dans l’Extrême-Nord et les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest et 379 000 réfugiés nigérians (dans la région de l’Extrême-Nord) et centrafricains (dans les régions de l’Est, du Nord et Adamaoua), selon UNHCR, avril 2019.
  • Malgré les efforts de sécurisation, Boko Haram constituera encore une menace et une limite pour un retour massif des PDI et réfugiés. Par ailleurs, la situation sécuritaire restera préoccupante dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest avec la poursuite des combats.

Extrême-Nord

  • Offre de denrées alimentaire sur les marchés locaux au-dessus de la moyenne et baisse des prix des céréales d’environ 23 percent pour sorgho et 17 percent pour le maïs par rapport à la moyenne quinquennale.
  • Persistance des incursions de Boko haram causant des pertes localisées de biens des ménages.
  • Des retours de déplacés motivés surtout par la pratique des activités agricoles et l’amélioration de la situation sécuritaires dans leurs villages d’origine.
  • Evolution des prix des céréales de base suivant la tendance saisonnière avec des niveaux en-dessous de la moyenne quinquennale, conséquence d’une demande typique des ménages et d’une disponibilité bonne sur les marchés.

Nord-Ouest et Sud-Ouest

  • Un niveau de violence qui affecte à la fois les PDI tentés parfois de retourner dans leurs villages d’origine jugés plus sûrs (237 000 retournés selon OCHA) et la population dans son ensemble avec de nouveaux cas de déplacés.
  • L'accès des ménages aux champs est limité en raison de barrages routiers et des menaces, Avec les taxes illégales imposées par des groupes armés, cela limite aussi l'approvisionnement de centres urbains et entrave l'assistance.
  • Les déplacements et l’accès limité aux champs affecteront négativement les activités agricoles et entrainer une baisse des productions vivrières. 
  • Une détérioration continue de l’accès alimentaire des ménages surtout dans les centres urbains du fait du niveau élevé des prix et aussi des moyens d’existence en raison de la baisse des revenus et de la suppression d’emplois dans les exploitations et dans l’industrie agro-alimentaire.

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2020

Région de l’Extrême-Nord

La situation en matière de sécurité s'améliore, mais les incursions de Boko Haram, notamment dans les départements de Mayo Tsanaga, Mayo-Sava et Logone-Et-Chari, se poursuivent. Au début de la période de soudure, la demande du marché des ménages est typique, car la plupart des ménages ont encore leur stock de la saison écoulée et ne dépendent pas beaucoup des marchés pour se nourrir. Les prix des aliments de base sont inférieurs à ceux de l'année dernière et à la moyenne des cinq dernières années. Avec l’amélioration de la situation s’sécuritaire, la région enregistre de 2017 à 2019 plus des cas de retour, environ 74 000 personnes et nouveaux déplacés, environ de 54 000.

Les exportations du bétail vers le Nigeria à partir des départements de Logone-Et-Chari et Mayo-Tsanaga, ont repris mais demeurent limitées. La réouverture récente du corridor Amchide-Mora stimulera probablement les échanges commerciaux avec le Nigéria, le principal débouché pour le bétail, les oignons et le poisson fumé. Contrairement à l'année dernière, lorsque les agriculteurs ont été forcés de vendre leurs animaux, cette année, ils sont en mesure de les vendre à des prix 15 percent à 20 percent plus élevés. Des cas de Gourme, une épidémie équine dans les pays du Sahel d'Afrique occidentale, ont été signalés dans la région. Cela a contraint les services de l'élevage à prendre des mesures pour contenir la maladie en interdisant l'accès des équidés aux marchés de bétail.

L’activité de mousson s’est renforcée au cours de la deuxième décade de mai, avec des pluies favorables à des semis, excepté dans le département de Logone-Et-Chari. Les cumuls pluviométriques en mi-juin sont supérieurs à la moyenne contribuant à la bonne levée des cultures de sorgho. Avec l’épuisement progressif des stocks des ménages pauvres, leur dépendance aux marchés va s’accroitre comme d’habitude jusqu’en aout. Les moyens d’existence restent encore sous pression du fait des pillages et destruction de greniers par la secte Boko Haram dans plusieurs localités des départements de Logone-Et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga. Même avec les nouvelles récoltes à partir de septembre, l’insécurité alimentaire aigues Stress (Phase 2 de l’IPC), pourrait affecter les PDI et les ménages pauvres hôtes jusqu’en janvier dans ces départements.

Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest

Les conflits se poursuivent dans le nord-ouest et le sud-ouest et des assassinats supplémentaires, des déplacements forcés de civils, des incidents de sécurité se caractérisent par des enlèvements, le blocage de routes, la destruction de marchés à Oshie, Tad, Njikwa, Nkun, Bamenda), des incendies de maisons, y compris des magasins de nourriture. L’imposition par les séparatistes de jours morts, de couvre-feux et d’autres mesures administratives, a eu des conséquences néfastes sur l’offre de marchés urbains et réduit les flux entre Douala et le Nigéria.

Globalement, les prix des denrées de base sur les marchés urbains sont supérieurs à ceux de l'année dernière : 25 percent pour le riz importé, environ 33 percent pour le maïs et les haricots, 10 percent pour l'huile de palme et 17 percent pour la pomme de terre. En revanche, dans les zones rurales, les producteurs ont difficilement accès aux marchés pour vendre leurs produits, ce qui a entraîné une chute des prix sur les marchés ruraux en raison d'une offre supérieure à la moyenne. Par exemple, sur les marchés locaux de Ndop, Wum, Fundong Kumbo, Nkambe, les prix du maïs ont enregistré une baisse de 13 à 22 percent par rapport à l'année dernière. L'insécurité affecte également les secteurs de l'agroalimentaire et de l'exportation. L'offre de qualité du cacao et du café étant réduit, il en résulte une baisse des prix de ces produits. Outre l'impact négatif de la baisse des prix mondiaux, le prix à la production par kilogramme de café est en baisse d'environ 12 percent et le cacao de 11 à 27 percent par rapport aux prix officiels. Pour faire face à la lenteur et aux difficultés de traitement, certains producteurs vendent du riz paddy à des commerçants de la région de l’Ouest qui le transforment, puis le revendent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. De même, dans les zones accessibles, les graines de palmier sont envoyées à Douala pour être traitées.

La saison des pluies a débuté en avril et a permis la plantation réussie de cultures telles que les haricots, les pommes de terre, le maïs et les ignames. Dans la mesure du possible, les personnes déplacées sont revenues dans leurs villages d'origine pour se lancer dans des activités agricoles. Malgré cela, les prochaines récoltes devraient rester inférieures à celles d'avant la crise. À la suite d'un conflit, certaines grandes exploitations n'ont pas été cultivées ni entretenues. En outre, l'offre locale de main-d'œuvre est faible pour les opérations de défrichage et de désherbage.

Dans les zones rurales plus calmes, l'accès à de nouveaux produits et la baisse des prix des denrées de base aident les ménages non déplacés à accéder à la nourriture. Les récoltes de maïs prévues pour juillet-août amélioreront probablement davantage les disponibilités alimentaires dans ces régions. Cependant, la baisse des revenus a des conséquences négatives sur leurs moyens de subsistance. Dans les zones urbaines les plus touchées par la hausse des prix des aliments de base, les stratégies des ménages pauvres consistent à augmenter la consommation d'aliments moins préférés tels que les légumineuses (arachides, soja) et les légumes (chou, gombo, feuilles amer) en tant que substituts de produits animaux (viande, poisson, lait et œufs). L'huile de palme produite localement remplace l'huile industrielle. Ainsi, les déplacés internes et les ménages hôtes pauvres situés dans des zones inaccessibles, les ménages urbains défavorisés seront confrontés à une crise d'insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 de l'IPC) tout au long de la période, ce qui s'explique par le déclin continu de leur pouvoir d'achat, maintenant des niveaux de prix élevés avec une offre de marché insuffisante et un accès réduit aux champs.

About Remote Monitoring

In remote monitoring, a coordinator typically works from a nearby regional office. Relying on partners for data, the coordinator uses scenario development to conduct analysis and produce monthly reports. As less data may be available, remote monitoring reports may have less detail than those from countries with FEWS NET offices. Learn more about our work here.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on some 28 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, and USGS, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica. Read more about our work.

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