Rapport Spécial

Évaluation de l’insécurité alimentaire chronique au Niger

Mars 2019

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.
Partenaires: 
Republic of Niger
DNPGCA
FEWS NET
IPC
CILSS
SAP

Contexte 

En mai 2018, le Réseau de systèmes d'alerte précoce contre la famine (FEWS NET), le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et l'Unité de soutien mondial pour la classification par phase intégrée (GSU IPC) ont réuni des représentants de différents ministères nigériens, des organisations non gouvernementales (ONG) internationales et locales et des agences des Nations Unies (ONU) pour préparer une analyse de l'insécurité alimentaire chronique à l'aide des outils de l’IPC. L’objectif de cette réunion était à la fois de comprendre la dynamique de l’insécurité alimentaire chronique au Niger et de guider les futures analyses de l’insécurité alimentaire à plus grande échelle au niveau sous-régional. En utilisant un éventail de données sur la quantité et la qualité des aliments consommés, sur les niveaux de malnutrition et sur les différents facteurs déterminants, les participants ont effectué un classement des niveaux de gravité de l'insécurité alimentaire chronique pour vingt-quatre zones comprenant treize zones de moyens d'existence prédominantes au Niger. Les équipes d’analyste sont effectué une estimation de la taille des populations en situation d’insécurité alimentaire chronique et identifié les principaux facteurs limitatifs et sous-jacents. La carte 1 rend compte des conclusions finales de cette analyse. 

Conclusions de la classification - Résumé 

La classification IPC de l’insécurité alimentaire chronique comprend quatre niveaux de sévérité de l’insécurité alimentaire chronique (IAC), à savoir : pas d’IAC (niveau 1), IAC légère (niveau 2), IAC modérée (niveau 3) et IAC sévère (niveau 4). L'analyse prend en compte trois domaines de sécurité alimentaire : la qualité des aliments consommés, la quantité des aliments consommés et la malnutrition chronique. À partir d’une analyse de ces domaines, assortie de  
données ventilées pour les vingt-quatre zones de classification du Niger (définies par l'intersection des régions et des zones de moyens d'existence), l'ensemble du pays a été classé en IAC modérée (niveau 3) à l'exception de la zone 14 (sud-est de la région de Maradi) et de la zone 23 (centre de la région de Zinder) qui ont été classées en IAC sévère (niveau 4). Au total, 32 % des 19,3 millions d’habitants du Niger ont été classés en IAC modérée (niveau 3) ou sévère (niveau 4). La prévalence estimée d’IAC sévère et modérée était la plus élevée dans les régions d’Agadez, de Diffa, de Maradi, de Tillabéri et de Zinder (zones 3, 6, 11, 20, 22, 23 et 24) où elle oscillait entre 40 et 50 %, contre 30 à 35 % dans d’autres régions du pays. Globalement, la région de Zinder affichait à l’échelle nationale la prévalence la plus élevée d’IAC modérée et sévère. C’est dans le sud-est de la région de Diffa et dans le centre de la région de Maradi que la prévalence d’IAC modérée et sévère était la plus faible bien que, même dans ces régions, un quart de la population soit en situation d’IAC modérée et sévère. Au niveau national, un tiers des ménages nigériens sont confrontés à une insécurité alimentaire chronique allant de modérée à sévère, subissent des carences alimentaires saisonnières deux à quatre mois par an et ont une alimentation peu diversifiée.  

Le mil, le sorgho et les légumes sont largement cultivés et les ménages habitant les régions plus sèches du nord du pays sont dépendantes du bétail transhumant qui est leur principal moyen d’existence. De nombreux ménages sont également fortement tributaires du petit commerce et les plus pauvres disposent de moyens d’existence plus précaires comme le travail occasionnel, la vente de bois de chauffage et de fourrage pour les animaux et le travail d'artisan. À travers tout le pays, pendant la saison sèche, beaucoup d’hommes émigrent pour aller travailler comme ouvriers dans le sud du Niger ou dans différentes parties de l'Afrique de l'Ouest. Comme on pouvait s’y attendre, les conditions de sécheresse au Sahel font que l'accès à des sources d'eau potable et à un assainissement amélioré est problématique pour de nombreux d’habitants. Beaucoup d’entre eux affirment aussi que la nappe phréatique est en train de s'épuiser et que les zones de pâturage se font de plus en plus rares, ce qui oblige les éleveurs transhumants à parcourir de plus longues distances avec leur bétail et leurs chameaux. De nombreux ménages tendent à avoir des enfants atteints de retard de croissance modéré et à présenter une capacite de résistance très limitée face aux effets de chocs tels que les sécheresses récurrentes ou encore a la désertification dues aussi bien au changement climatique qu’à la surexploitation des ressources naturelles, telles que le bassin du lac Tchad à l'est du Niger et les zones désertiques d'Agadez, de Diffa, de Tahoua et de Zinder. 

Classification de l'insécurité alimentaire chronique au Niger

Source: Mai 2018 Évaluation de l’insécurité alimentaire chronique 

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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